Blanche Odin, née le à Troyes et morte le à Bagnères-de-Bigorre, est une aquarelliste française.
Biographie Enfance et jeunesse Blanche Augustine Odin naît en 1865 à Troyes de Louise Anne Odin, corsetière, et de père officiellement inconnuActe de naissance daté du mars 1865 aux Archives départementales de l'Aube (actes de naissance 1865, vue 35). L'un des témoins sur l'acte de naissance, Jean Pascal Hippolyte Prot, greffier du tribunal de simple police de Troyes, père putatif, serait décédé en 1895. En août 1882, la mère de Blanche reconnait cette dernière comme sa fille naturelle, par acte dressé à Paris ().. Elle signera cependant ses premières œuvres, jusqu'en 1900, du nom de Prot ou Prot-Odin, en référence à son père putatifCatalogue du salon des artistes français 1888 sur Gallica.. En 1876, elle s’installe à Maubourguet avec sa mère qui va régulièrement en cure à Bagnères-de-Bigorre.. Dans les années 1870, elle habite Paris, y est pensionnaire au couvent des Ursulines, où elle prend goût au dessin et à l'aquarelle.. Elle se rend pour les vacances dans les Hautes-PyrénéesMonique Pujo-Monfran, Blanche Odin. Lumière d'aquarelle. Éditions du Plateau - Jean-Pierre Bru, Lannemezan, 1996..
Formation et influences Elle décide vers l'âge de vingt ans de se consacrer à la peinture et devient élève avant 1888 de la peintre sur émail et porcelaine et aquarelliste Delphine de Cool, à une époque où l'école des beaux-arts reste encore fermée aux femmes. Elle habite alors 11 rue Férou à Paris (). Elle suit ensuite vers 1895Gondy de Seinprez (nom de plume d'Émilie de Villers), Blanche Odin aquarelliste, La revue illustrée du 25 janvier 1910 sur Gallica. l'enseignement de l'aquarelliste Madeleine Lemaire, et également celui d'Ulpiano Checa, qu'elle rencontre à Bagnères-de-Bigorre à l'occasion des cures de sa mèreEn 1910 au Salon, elle est dite uniquement élève de de Cool.. Elle est influencée par la technique de Paul Sandby, John Robert Cozens, Giritin, Turner, John Constable. L'école anglaise a une influence sur sa pratique de l'aquarelle..
Carrière Elle expose à la Société des amis des arts à Versailles, au Salon des artistes françaisDictionnaire Benezit sur OxfordArt Online. de 1888 à 1946. (elle est sociétaire en 1901), au salon de l'Union des femmes peintres et sculpteurs, à la Société Nationale d'Horticulture de FranceLe Petit Parisien du 6 novembre 1909 sur Gallica., à l'Exposition universelle de 1900, etc. ainsi qu'en province.
Elle réalise le portrait de sa mère en .
Elle est récompensée du prix de l'Union des femmes peintres et sculpteurs en 1904 et du prix en 1907Catalogue du salon de l'Union des femmes peintres et sculpteurs, 1926., et obtient au Salon une mention honorable en 1907 puis une médaille de troisième classe en 1908. En 1909, elle est nommée Officier de l'Instruction Publique.
Elle réalise de nombreuses œuvres de commande, en particulier des représentations de bouquets de roses. À partir de 1902, elle ouvre à Paris, sous le patronage de Madeleine Lemaire, un atelier d'aquarelle qui connaît un grand succèsOn compte parmi ses élèves exposant aux salons : Alice Louise Pauline Aubert, Jean de Bermond d'Auriac, J. Boudier, Marie Jeanne Brenot, Zel Camps, Geneviève Marie Edmée Chochon, Simone Chollet, Daval-Cariage, Geneviève Cornille, Berthe Duminy, Marie Lucienne Epron, Lily Arthur-Giry, Louise de Lagrandval, Marie Thérèse Lebègue, Marie L. M., Lydie Lombart, Yvonne Michelaud, Ysabel Minoggio-Roussel, Juliette Colombe Mireaux, Marguerite Isabelle Monod, Adrienne Montfort, Madeleine Pinat, Élisabeth Rasteraeff-Baptendier, Yvonne Solle, Louise Jeanne Stella-Samson, Germaine Mélanie Marie Tailleur, Renée Tailleur, Marie Taranne, Yrhen ( Henry), Villevieille, Irène Vogtenberger, etc... Elle écrit dans une lettre, le : .vignette|Les contes blancs, Jules Lemaître (auteur) et Blanche Odin (illustratrice), Durel, 1900. En 1900, elle illustre de 69 aquarelles une édition de luxe des Contes blancs de Jules LemaîtreJules Lemaître et Blanche Odin (illustratrice), Les contes blancs, Durel, Paris, 1900.L'intermédiaire des bibliophiles, libraires, amateurs du janvier 1901 sur Gallica. ; en 1911, des reproductions de ses œuvres figurent dans Sur la pente sauvage de l'Arez (Nouvelles bretonnes) d'Yves Le FebvreLa Bretagne nouvelle, mars 1911..
En 1912, elle est présidente de section à l'Exposition des Arts de la Femme à ParisParis-Midi du 26 octobre 1912 sur Gallica. ; elle est élue la même année membre du Comité de l'Union des femmes peintres et sculpteursBulletin officiel de l'Union des femmes peintres et sculpteurs, 1912, .. gauche|vignette|Aquarelle de Blanche Odin en couverture de La Quinzaine illustrée, sans date, Fonds Laruelle, Département des estampes et de la photographie, BNF. Dès les années 1910, elle expose dans les galeries vers qui le marché de l'art se déplace, avec en particulier plusieurs expositions particulières à Galerie Georges Petit. La Première Guerre mondiale, qui entraine une forte réduction de l'activité des salons (à l'exception de celui de l'Union), ne freine ainsi pas sa productionExcelsior du 11 février 1918 sur Gallica.. La presse relaie ses nombreuses expositions et de nombreux particuliers acquièrent ses œuvresLe Soleil du 18 février 1910 sur Retronews..
Elle achète une maison en 1921 à Bagnères-de-Bigorre, où elle s'installe définitivement en 1934 avec sa mèreArchives départementales des Hautes-Pyrénées, recensement de Bagnères-de-Bigorre, 1936., qui décédera en 1939. Son atelier s'y situe au 6, rue Gambetta.
En 1938, elle fait don de quarante-huit aquarelles à la ville de Bagnères, et la ville inaugure une salle "Blanche Odin" au musée SaliesLa Petite gazette du janvier 1939 sur Gallica..
En 1941, une variété de roses reçoit son nom, en hommage à ses représentations multiples de cette fleurL'Avenir des Hautes-Pyrénées du 30 novembre 1941 sur Retronews..
En 1949, elle est nommée chevalier de la Légion d'honneur au titre du ministère de l'Éducation nationaleDécret du 30 août 1949. Parrain : Gaston Manent, sénateur des Hautes-Pyrénées..
Elle meurt à Bagnères-de-Bigorre à l'âge de .
Œuvre Technique Elle est reconnue avec ses aquarelles vives comme une virtuose du détail et de la couleur par la critique de l'époque : Citation reproduite dans L'Avenir des Hautes-Pyrénées du février 1925.. Elle peint, dit encore la critique, .
La grande précision de son geste dans la reproduction des fleurs, mais aussi la maîtrise du « fondu » ou de la « buée » dans ses natures mortes sont précocement reconnues. Ainsi à la Société d'Horticulture en 1905 : Félix d'Anner dans L'Intransigeant du 21 mai 1905 sur Retronews..
Elle développe une technique particulière pour ses aquarelles, plaçant une feuille de papier Arches 640 grammes sur une peau de chamois, ce qui lui permet de maintenir l'humidité par l'arrière de la feuille, et ainsi de maintenir le cycle de l'eauCette technique du cycle de l'eau ne sera théorisée par Jean Louis Morelle et Ewa Karpinska qu'au début du . pendant plusieurs jours. Cette technique lui permet de lever des blancs plus longtemps en retardant le séchage du papier.
La flamboyance de ses couleurs, transmise par son maître Delphine de Cool, est remarquée précocement par la critiqueLe Journal des arts du 16 décembre 1911 sur Retronews. ; cependant selon Monique Pujo Monfran, c'est dans les années 1925 que se déploierait sa « palette vive » caractéristique de ses aquarelles les plus connues. L'aquarelliste a souvent recours aux couleurs complémentaires, comme dans Bouquets de violettes et mimosas. ou encore dans Citrons et fleurs bleues.
Les fleurs, source d'inspiration Sa première aquarelle est une peinture d'un bouton de rose rouge fermé. Elle se prend de passion pour la peinture des fleurs, roses, pivoines, marguerites, pensées, lys, etc. qu'elle représente le plus souvent en intérieur, sous forme de bouquet, dans des vases. Son œuvre révèle aussi d'autres sujets naturalistes (dont des représentations d'animaux) et des portraits sur ivoire. Une aquarelle représente l'appartement du vieux Colombier à Paris, où elle résida jusqu'à la mort de son père.
Blanche Odin aime travailler d'après nature. En 1895, elle demande des roses à une amie : . vignette|Blanche Odin à Bagnères-de-Bigorre, photographie Studio Alix, vers 1950. Blanche Odin est une personne réservée mais dotée d'une riche vie intérieure. Le cycle de vie et de mort et le souvenir exhalé par les fleurs la fascinent, elle écrit par exemple ces phrases qui rentrent en résonance avec son œuvre : .
Quelques œuvres Dans les collections privées Dahlias jaunes, aquarelle sur papier, Sbd, (vente publique). Roses blanches et myosotis, collection particulière. Bouquet de roses, aquarelle, Sbd, (vente publique). Bouquet de dahlias, aquarelle, Sbd, (vente publique).
Dans les collections publiques Œillets rouges, vase Moustiers, musée Salies de Bagnères-de-Bigorre. Capucines, musée Salies. Vase de fleurs. Roses rouges sur une tablette de marbre. Jetée de roses sur l'eau. Le Vieux Banc, musée Salies. Vase et œillets, musée Salies. Pepita, musée Salies. L'Endimanchée de Campan, musée Salies. Roses variées, musée Salies (dernière aquarelle achetée par l’État en 1928).
Expositions Salon des artistes français 1888 : deux miniatures (signées Blanche Prot-Odin). … 1908 1910 : Le rouet et Nénuphars, aquarellesCatalogue du salon des artistes français 1910 sur Gallica.. … 1946
Salon de l'Union des femmes peintres et sculpteurs 1900 1904 ( prix de l'Union) 1907 ( prix de l'Union) … 1916 : Roses rougesParis : ancienne Gazette des étrangers du 16 avril 1916 sur Gallica.. 1918The New York Herald Paris du 20 mars 1918 sur Gallica. …
Expositions de la Société des amis des arts de Seine et Oise à Versailles 1901 : Raisins, Capucines et faux ébéniers, Iris (aquarelles)Catalogue de l'exposition des Amis des Arts de Seine et Oise 1901 sur Gallica.. 1903
Expositions de la Société Nationale d'Horticulture 1905 1909 1921Le Petit Parisien du 21 mai 1921 sur Gallica. 1934L'Action française du 29 octobre 1934 sur Gallica.
Galeries parisiennes Galerie Georges Petit en 1910 (expositions particulières conjointes de Blanche Odin, de Louise Abbéma et de Pierre WaidmannLa Chronique des arts et de la curiosité du 22 janvier 1910 sur Galica.), 1922 (exposition Chabanian et Blanche Odin)Le républicain des Hautes Pyrénées du 15 décembre 1922 sur Gallica., 1925L'Avenir des Hautes-Pyrénées du février 1825 sur Gallica., 1926 (les « Tout Petits » : Arsène Chabanian, Blanche Odin, Ludovic Janssen, Pietro de Francisco)Le Bulletin de la vie artistique du décembre 1926 sur Gallica., 1928 (exposition Lair, Blanche Odin, Marthe Moisset, Alfred Bergier)Le Figaro illustré du 20 décembre 1928 sur Gallica. et 1930 (exposition Blanche Odin et Jeanne Thoinot)Arts et Industrie du janvier 1930 sur Gallica.. Galerie Pont des Arts en 1918 (60 aquarelles de fleurs, fruits et légumes). Galerie Brunner en 1918 à l'exposition d'Art précieuxL'action française du 19 novembre 1918 sur Gallica.. Galerie Gautier en 1919 (exposition Carl Oscar Borg, Marcel Feguide, Blanche Odin, Pierre Lacoste, Émile Appay)Le Gaulois du 10 mai 1919 sur Gallica.. Galerie Saint HonoréLa Liberté du 21 janvier 1920 sur Gallica. en 1920 avec plusieurs peintres spécialistes de la fleur réunis par Émile Chaperon. Galerie Graat en 1931L'Art vivant du février 1931 sur Gallica..
Expositions de la Société des aquarellistes 1911 à la Galerie Georges PetitLe Mémorial des Vosges du 2 décembre 1901 sur Gallica.. 1918La Vérité du 17 février 1918 sur Retronews. 1919 à la Galerie Georges Petit. 1923 à la Galerie Georges PetitLa Française du 13 octobre 2023 sur Gallica.. 1926 à la Galerie Georges PetitL'Action française du 6 octobre 1926 sur Gallica..
Expositions en province et à l'étranger