Joseph Henri Maurice Richard (surnommé le ou encore la Comète), né le à Montréal (Québec) et mort dans la même ville le , est un joueur de hockey sur glace professionnel québécois. Il est un des joueurs de hockey les plus connus au Canada et dans le monde entier.
Joueur prometteur dès ses années juniors, il rejoint les Canadiens de Montréal de la Ligue nationale de hockey (LNH) pour la saison 1942-1943 mais voit sa première année gâchée par une blessure. Il parvient petit à petit à se faire une place au sein de l'équipe et dès sa deuxième saison, il remporte la Coupe Stanley de la finale des séries éliminatoires de la LNH. Richard joue toute sa carrière avec la franchise de Montréal, en grande partie à l'aile droite de la avec Elmer Lach au centre et Hector « » Blake à l'aile gauche. Entre 1943 et sa dernière saison en 1959-1960, l'équipe des Canadiens remporte huit Coupes Stanley, dont cinq consécutives de 1956 à 1960.
Après son premier but dans la LNH le , Richard en inscrit un grand nombre au cours de sa carrière. Ainsi, lors de sa deuxième saison, il est le quatrième joueur de l'histoire de l'équipe à inscrire plus de 30 buts. Au cours de la saison 1944-1945, il devient le premier joueur de l'histoire de la ligue à compter en . Le , dix ans jour pour jour après son premier but dans la ligue, Richard inscrit son et dépasse ainsi la marque record de 324 établie par Nels Stewart. Il est également le premier joueur à marquer dans la LNH le en déjouant Glenn Hall des Blackhawks de Chicago.
Parallèlement, par le biais d'articles de journaux, il incite les dirigeants de la LNH à éliminer leurs comportements discriminatoires vis-à-vis des joueurs de langue française. Il est à l'origine d'une émeute en 1955, qui prendra son nom par la suite. Cet événement est considéré par plusieurs comme le début de la Révolution tranquille au Québec.
Après sa carrière, les Canadiens décident de ne plus autoriser aucun joueur à porter son maillot fétiche, le numéro 9, et il est rapidement admis au Temple de la renommée du hockey. Il s'essaie brièvement au poste d'entraîneur des Nordiques de Québec mais après deux rencontres, ne supportant pas la pression, il décide d'arrêter l'expérience. Considéré par The Hockey News comme le cinquième meilleur joueur de tous les temps, il meurt le , à l'âge de , d'une insuffisance respiratoire alors qu'il souffre également d'un cancer et de la maladie de Parkinson. Des funérailles nationales. ont lieu en la basilique Notre-Dame de Montréal le , présidées par le cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal.
Biographie Son enfance et ses débuts Maurice Richard naît le d'Alice Laramée et Onésime Richard.. Il est le fils aîné d'une famille de huit enfants et grandit dans le quartier de Bordeaux à Montréal.. Comme de nombreux enfants de son époque, il apprend à patiner sur un lac gelé vers cinq-six ans mais joue également au baseball et fait ses études à l'école François-de-Laval.
Par la suite, il rejoint l'école technique de Montréal pour tenter de devenir mécanicien. Au cours de sa première année, il joue avec plusieurs équipes différentes : l'équipe de son école, l'équipe juvénile des Paquette du parc La Fontaine, l'équipe de Lachine et le de Bordeaux. Il joue soit sous le nom de Richard soit sous celui de Rochon au parc La Fontaine, club dans lequel il arrive sous l'impulsion de Georges Norchet, un ami de l'école technique. C'est à cette époque qu'il fait la connaissance de la sœur de Georges Norchet, Lucille, qui est plus jeune que lui de quatre ansDans le film « Maurice Richard » de Charles Binamé.. Lors de la saison 1938-1939, il inscrit 133 des marqués par son équipe des Paquette.
Richard rejoint les de Verdun en 1939. L'équipe est entraînée par Arthur Therrien qui lui conseille de rejoindre les Canadiens Seniors. En 1940-1941, il se fracture une cheville dès son premier match et ne joue plus de la saison. Pour sa deuxième saison, il ne joue qu'une dizaine de rencontres avant de se casser le poignet. En raison de ses blessures, il se fait réformer de l'armée en 1942.
Quelques mois plus tard, il est invité au camp d'entraînement des Canadiens de Montréal de la Ligue nationale de hockey (LNH) en et rencontre l'entraîneur des Canadiens, Dick Irvin. Le premier jour, il se fait remarquer par les autres joueurs et Ray Getliffe immortalise son surnom en déclarant : « Attention, voilà le ! » Malgré les réticences de Thomas Gorman, directeur général de la franchise, qui voit en Richard un joueur trop fragile pour jouer dans la grande ligue, Richard signe son premier contrat avec Montréal le pour un salaire de canadiens par année et une prime de .
Des débuts difficiles puis la Coupe Stanley thumb|alt=Photographie en noir et blanc d'une équipe de joueurs de hockey sur glace en train de poser sur la glace. 14 joueurs sont répartis sur la glace sur deux rangs, tous les joueurs sont en tenue pour jouer une rencontre|Les Canadiens de Montréal, octobre 1942 (Richard : rangée du fond, à partir de la droite).
Maurice Richard joue sa première partie dans la Ligue nationale de hockey lors de la saison 1942-1943, deux jours après avoir signé son contrat. La rencontre oppose les Canadiens aux Bruins de Boston dans le Forum de Montréal et Richard inscrit son premier point sur le premier but en faisant une passe à Tony Demers au bout d'une trentaine de secondes de jeu.. Il inscrit son premier but dans la LNH lors de son deuxième match personnel, le troisième de la saison pour son équipe, une victoire de 10 à 4 contre les Rangers de New York le .. Cependant, en raison d'une cheville brisée le de la même année, il ne joue que 16 matchs dans la saison et marque 11 points..
Richard commence la saison suivante sur le banc de l'équipe sans pouvoir prouver qu'il est en meilleure condition et prêt à jouer. Son envie de jeu lui fait finalement gagner sa place et il joue sa première partie contre les de Boston et inscrit un but. Il participe à 46 matchs dans la saison aux côtés de Elmer Lach au centre et Hector « » Blake. La ligne des trois joueurs est surnommée la en référence à leur capacité à inscrire des buts. Ainsi, lors de la dernière confrontation du calendrier, les Canadiens l'emportent 11 à 2 contre New York et les joueurs de la combinent un total de 8 points. L'équipe ne concède pas une seule défaite de la saison dans le Forum pour trois parties nulles et 22 victoires.. D'un point de vue personnel, Richard totalise 32 buts ; il est le quatrième joueur de l'histoire des Canadiens à dépasser la barre des 30 buts en une saison après Joe Malone, Édouard « Newsy » Lalonde et Howie Morenz.
Les Canadiens jouent le premier tour des séries éliminatoires 1944Au hockey sur glace, une « série éliminatoire » (en anglais « ») est un type de compétition qui se déroule après la saison régulière. Selon les cas, une partie ou la totalité des équipes prend part à cette phase et pour passer un tour, une équipe doit remporter un certain nombre de matchs. Ainsi, une série se jouant au meilleur des cinq matchs implique qu'une équipe doit remporter trois matchs pour se qualifier. La série « au meilleur des cinq matchs » ne peut compter au maximum que cinq matchs. contre les Maple Leafs de Toronto. Le , au cours de la deuxième rencontre de la série, Richard inscrit les cinq buts de son équipe lors de la victoire 5-1 ; la presse présente au match décide de mettre en avant Richard en lui remettant les trois étoilesDans certaines ligues, il est traditionnel à la fin d'un match de désigner les meilleurs joueurs. Dans la LNH, les trois meilleurs joueurs reçoivent chacun une « étoile ». du match.. Les Canadiens remportent la série 4 matchs à 1 et jouent la finale de la Coupe Stanley contre les Black Hawks de Chicago, dernière équipe qualifiée pour les séries. Les joueurs du Québec s'imposent en quatre rencontres sans concéder de défaite alors que lors du deuxième match, Richard inscrit un tour du chapeau.. Les joueurs de la inscrivent 48 points lors des séries dont 12 buts par Richard, le meilleur total de la LNH.. Malgré la victoire en finale de la Coupe Stanley, seul le gardien de l'équipe Bill Durnan est sélectionné dans la première équipe d'étoiles de la LNH alors que Richard, Émile Bouchard et Elmer Lach sont sélectionnés dans la seconde.
50 buts en 50 matchs alt=Photographie en noir et blanc de six joueurs des Canadiens de Montréal en pied. Les joueurs sont sur la glace répartis en deux rangs et près à jouer au hockey sur glace|thumb|left|Six joueurs des Canadiens de Montréal dont les joueurs de la au premier rang : Richard, Elmer Lach et Toe Blake. Richard commence la saison 1944-1945 comme il a terminé la saison précédente : le , il marque cinq buts et délivre trois passes lors d'une victoire 9-1 face aux Red Wings de Détroit, alors qu'il a passé la journée à déménager..
Le , Conn Smythe veut faire venir le dans son équipe des Maple Leafs, ce qui en ferait le premier joueur francophone à rejoindre l'équipe de Toronto ; il propose même la somme de aux Canadiens pour leur joueur plus pour la personne qui arriverait à conclure le transfert pour lui. Richard refuse de rejoindre Toronto et préfère rester à Montréal, dans sa ville où il est un symbole pour tous les francophones ; Smythe n'oubliera jamais cet affront.
Le , Richard égale le record de 44 buts en une saison détenu jusque-là par Joe Malone et ceci depuis la première saison de la LNH..
Le , les Canadiens de Montréal jouent le et dernier match de leur calendrier contre les Bruins de Boston et Richard comptabilise alors 49 buts après avoir eu un but refusé la veille au Forum de Montréal par l'arbitre et ancien joueur King Clancy.. Le inscrit son de la saison contre Harvey Bennett Sr. à de la fin du match et il devient ainsi le premier joueur de la LNH à inscrire 50 buts en 50 matchs. Il faut attendre 16 saisons pour qu'un autre joueur inscrive 50 buts en une saison : Bernard Geoffrion atteint la marque en 70 parties en 1960-1961 ; Mike Bossy est le deuxième joueur de l'histoire de la LNH à inscrire 50 buts en 50 matchs au cours de la saison 1980-1981. Des voix s'élèvent pour affirmer que la majorité des bons joueurs se sont engagés dans la Seconde Guerre mondiale et que Richard en profite pour être la vedette de la LNH. En réalité, il a lui-même essayé de s'engager mais a été réformé à deux reprises car jugé trop fragile.
Les Canadiens terminent la saison à la première place de la LNH grâce, notamment, aux membres de la Punch Line qui terminent aux trois premières places des compteurs, Elmer Lach en tête devant Toe Blake et Maurice Richard ; malgré tout, ils sont surpris lors du premier tour des séries et perdent quatre rencontres à deux contre les Maple Leafs de Toronto. Lors du cinquième match de la série, le , les Canadiens s'imposent 10-3 alors que Richard marque trois buts et fournit une passe lors de la troisième période. Il est le premier joueur à inscrire 4 points au cours d'une seule période de séries éliminatoires. Cette saison, les Canadiens sont mis en avant par la LNH en prenant cinq des six places de la première équipe d'étoiles par l'intermédiaire de Durnan, Bouchard, Blake, Lach et Richard..
Le trophée Hart thumb|alt=Photographie en noir et blanc de Toe Blake et Maurice Richard en train de discuter dans les vestiaires après un match des Canadiens de Montréal. Richard est situé sur la gauche alors que Blake est à droite de la photo|Richard et Toe Blake dans les vestiaires des Canadiens de Montréal.