Le mot hibou est un terme général du vocabulaire courant qui, en français, ne correspond pas à un niveau de classification scientifique. Il s'agit d'un nom vernaculaire dont le sens est ambigu en biologie car utilisé seulement pour désigner une partie des différentes espèces d'oiseaux rapaces classées dans la famille des Strigidés. Le français est marqué par une terminologie binaire simpliste hibou/chouette. Celle-ci n'est pas la femelle du hibou et les différences entre les deux ne reposent pas réellement sur des critères scientifiques., le hibou se distinguant de la chouette par la simple présence d'aigrettes, faites de plumes dépassant de la tête. Ces deux aigrettes semblables à des oreilles de chat lui valent parfois le surnom de chat-huant, bien que ce terme serve généralement à désigner la chouette hulotte.
Physiologie, comportement et écologie
Les caractéristiques générales des hiboux sont celles des Strigidaes. Ce sont donc des oiseaux rapaces généralement nocturnes, carnivores, au bec crochu et possédant des serres, avec des nuances pour chaque espèce : voir les articles détaillés pour plus d'informations sur leur description ou leur mode de vie.
Les aigrettes sont des touffes de plumes qui, dans le cas du hibou, donnent l'impression d'oreilles ou de cornes.
On dit que le hibou « hue », « hulule » ou « bouboule ».
Les hiboux sont surtout connus grâce à leur capacité de tourner leur tête à 360°. Cette particularité leur est due à cause de la forme de leurs yeux qui, contrairement à la majorité des espèces, sont en tube, ce qui empêche de les bouger. Les hiboux sont notamment dotés d’une ouïe incroyable qui leur permet d’entendre leur proie à de longues distances. De plus, leurs ailes sont adaptées à leur ouïe. Le plumage de leurs ailes possède des particularités, allant des franges de leurs plumes au velours sur le dessus de leurs ailes, qui permettent un vol silencieux, quasiment inaudible pour l’homme.
Noms en français et noms scientifiques correspondants
Les francophones désignent ainsi des rapaces que les spécialistes nomment, selon les espèces, hiboux, kétoupas et ducs.
Noms normalisés Liste alphabétique des noms normalisés selon la CINFO (2009, complétée en 2014) et Avibase, en regard du nom scientifique valide reconnu par la classification de référence (version 5.2, ) du Congrès ornithologique international.
Hibou d'Abyssinie – Asio abyssinicus Hibou de Jamaïque – Pseudoscops grammicus Hibou des marais – Asio flammeus Hibou du Cap – Asio capensis Hibou maître-bois – Asio stygius Hibou malgache – Asio madagascariensis Hibou moyen-duc – Asio otus Hibou redoutable – Nesasio solomonensis Hibou strié – Pseudoscops clamator
Noms divers Liste alphabétique de noms vernaculaires ou de noms vulgaires, non retenus par la CINFO, dont l’usage est attestéAttention aux appellations et traductions fantaisistes circulant sur l'Internet. Note : Cette liste est variable selon les usages et certaines espèces ont parfois d'autres noms encore. Les classifications évoluant encore, les noms scientifiques ont peut-être un autre synonyme valide.
Voir aussi : Grand-duc de Verreaux - Bubo lacteus
Symbolique
Le hibou, par son cri nocturne inquiétant, ses grands yeux scrutateurs et son mode de vie « en retraite », fut vecteur de nombreuses superstitions. Il reste toujours très lié au domaine du surnaturel, de la magie et de la spiritualité. Selon les époques et les cultures, le hibou a pris une image tantôt négative, tantôt positive.
Le hibou symboliserait l'intelligence et la réflexion.
Égypte En Égypte, il exprime le froid, la nuit, et également la mort. Mais paradoxalement, le hibou est aussi un grand symbole de sagesse et de connaissance.
Grèce et Rome antiques Dans la mythologie grecque, il est également l'interprète d'Atropos, celle des Moires qui coupe le fil de la destinée.
Pour les Romains, le cri du hibou présageait une mort prochaine. Il était également associé à la sorcellerie et à la magie noire.
Parce qu'il n'affronte pas la lumière du jour, le hibou fut également symbole de tristesse, d'obscurité, de retraite solitaire et mélancolique. Comme le chat et parfois le chien, on l'associe à l'occultisme, et on lui prête le pouvoir de voir les défunts dans l'au-delàcf.L'âme des animaux, Jean Prieur, 1986.
Culture celte Dans le récit médiéval Mabinogi de Math, Blodeuwedd, la femme infidèle de Llew, est transformée en hibou en punition de son adultère avec un seigneur voisin.
Christianisme Le PhysiologusLe Physiologue, Bestiaire Spirituel, VII. Le hibou., p. 6, Le Physiologue d'après la transmission arménienne et le "Bestiaire divin" de Guillaume de Normandie, avec Table Comparative entre les bestiaires arméniens et normands, édition annotée., bestiaire chrétien du , compare le hibou au Christ :
Nord-Amérindiens En Amérique du Nord, pour les Amérindiens de la prairie, le hibou a le pouvoir de donner aide et protection la nuit. De là, l'emploi des plumes du hibou dans les cérémonies rituelles.Dans les rites initiatiques de certaines sociétés algonquines, figure, perché dans la loge cérémonielle, un homme-hibou qui montre le chemin de la terre du soleil couchant, royaume des morts. Il remplirait ici une fonction de psychopompe. Il peut aussi être considéré comme annonçant la mort : quand le hibou chante, l'Indien meurt.
Usages contemporains Dans son poème Les Hiboux, Charles Baudelaire célèbre aussi cette sagesse :Dans les bandes dessinées Disney, le hibou est la plupart du temps associé à la figure du juge.
Hibou dans l'art
Hibou dans la culture Littérature Guillaume Apollinaire lui consacre le poème Le Hibou, dans le recueil Le Bestiaire ou Cortège d'Orphée. Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Philippe J. Dubois, Chouettes et hiboux, Gallimard, 1997, 36 p.
Guilhem Lesaffre, Anthologie des chouettes et des hiboux, Delachaux et Niestlé, Paris, 2006, 223 p.
Articles connexes Kakapo (Strigops habroptilus), aussi nommé perroquet-hibou Hiboux dans Harry Potter Chouette
Liens externes Document pédagogique du musée d'histoire naturelle de Fribourg "Hiboux et Chouettes"
Catégorie:Nom d'oiseau ambigu