L’abbaye du repos Notre-Dame ou Reclinatorium B. Virginis ou Bona requies B. M.Jacques-Paul Migne – troisième et dernière encyclopédie théologique – volume 16 – 1856 – archive de l’université d’Harvard – numérisé par Google Books est une abbaye de l'Ordre de Cîteaux fondée en 1226 par Jeanne de Constantinople et son mari Ferrand de Flandre près du pont de Marque. Au décès de Ferrand de Flandre en 1233, Jeanne lui fit construire un mausolée avant de l'y rejoindre à sa mort.
Autrefois l'abbaye était dans le diocèse de Tournai, et de la dépendance de Clairvaux.
Histoire
Moyen Âge Antérieurement à Marcq, l'abbaye est transférée à Marquette en 1227 par un échange avec les moines de Laon. Le transfert des religieuses s'effectue en 1236 à l'achèvement des bâtiments. En 1243, l'abbaye possède à Assenede de marais et de terres incultesAntoine Guillame Bernard Schayes – Les Pays-Bas durant la domination romaine : ou tableau historique, géographique, physique, statistique et archéologique de la Belgique de la Hollande, depuis les premiers temps historiques jusqu'au – volume 2 page 117 – archive de l'université du Michigan – numérisé par Google Books. En 1244, Jeanne de Constantinople se retire dans l'abbaye comme noviceJournal des demoiselles - 1846 - page 143 -- archive de l'université d'Harvard - numérisé par Google Books.
Le , les échevins de la ville de Lille accordent à l'abbaye une exemption de tous droits de chaussée et d'écluse pour toutes les choses appartenant à l'abbaye, moyennant cession de quelques rentes. En l'abbaye est pillée par les troupes de Philippe le belHippolyte-Romain-Joseph Duthillœul – Petites histoires des pays de Flandre et d'Artois – 1835 – page 352 – édité chez Foucart, rue des Écoles à Douai – archive de l'université de Gand – numérisé par Google Books.
En 1340, lors de la guerre de Cent Ans, les Anglais qui avaient pris Armentières en préparation du siège de Tournai passèrent par Marquette pour se rendre à Estevelde. Ils furent attaqués avec succès à l'emplacement de l'abbaye par le seigneur de Roubaix. Les comtes de Salisbury, de Suffolk et Guillaume de Montaigu demeurèrent emprisonnés en l'abbayeJean Froissart, Auguste Scheler - Œuvres de Froissart : Chroniques, volume 1, Partie 2 page 487 - 1867 - éditeur V. Deveaux - archive de l'université Harvard - numérisé par Google Books.
Le , Charles VI de France conduisit son armée contre les Flamands et logea en l'abbaye avant sa victoire lors de la Bataille de Roosebeke.
En 1404, une Sentence des échevins de Maldegem est dictée, par laquelle l'abbaye du repos de Notre-Dame de Marquette est condamnée à payer au prieuré de Papingloo, une redevance de Pour ses terres situées à MaldegemAuguste van Lokeren - Histoire de l'Abbaye de Saint-Bavon et de la crypte de Saint-Jean à Gand - page 101 volume 1 - 1855 - éditeur : L. hebbelynck - archive de la New-York public library - numérisé par Google Books.
En 1482, avant la paix signée par le traité d'Arras, l'abbaye est dévastée ainsi que neuf à dix gros villages. Le Traité d'Arras est signé le entre , roi de France et , empereur romain germanique et époux de Marie de Bourgogne, morte le . Il concerne le partage des terres du père de Marie de Bourgogne, Charles le Témérairemémoires par la société impériale des sciences, de l'agriculture et des arts de lille. - 1868 - page 284 - archive de l'université Harvard - numérisé par Google Books.
Temps Modernes En 1566, l'abbaye est marquée par la fureur iconoclaste et pillage par les « Hérétiques ».
En 1578, une bande de Hurlus (protestants calvinistes ainsi nommée car avançant en hurlant) menés par un dénommé Bras de fer attaque l'abbaye. La porte d'entrée située actuellement rue Sadi Carnot à Saint-André-lez-Lille, est défendue par une dizaine de soldats. Leur capitaine parvient à galvaniser la troupe prête à s'enfuir. Un des assaillants escalade le mur pour s'élancer dans les jardins. Mais il ne peut sauter car le jardin est inondé et la place estimée imprenable. De plus un soldat de la garnison décharge son arquebuse sur Bras de fer, son cheval prenant peur, il doit s'en aller , suivi par la meute. Le culte de la Vierge Marie étant vivace au , la victoire est très vite attribuée à la protection de la mère de Jésus. L'abbesse Marguerite de Bachemont fait placer une image de Marie dans la muraille , symbole du rempart opposé aux Hurlus. La légende va attirer une foule de curieux et de malades espérant une guérison miraculeuse« Le jour où la vierge sauva l'abbaye de Marquette des Hurlus », dans La Voix du Nord du , Rubrique Marcq-Lambersart et la métropole, p. 19..
En 1618 à proximité de l'abbaye est érigée près du pont une chapelle dans laquelle se trouve l'image miraculeuse de la Vierge Notre-Dame de la Barrière. Cette chapelle est bâtie près de la porte d'entrée en raison de l'afflux de pèlerins qui vont y défiler (actuelles rues Sadi-Carnot et Sainte-Hélène à Saint-André-lez-lille) jusqu'à la Révolution française, dans l'espoir d'une guérison miraculeuse. En 1925, une chapelle a été érigée au 106 de la rue Sadi-Carnot en souvenir du bâtiment ancien. Elle reproduit sous une forme miniaturisée la porte de l'abbaye de Marquette.
Le , Marie-Thérèse d'Autriche (1638-1683) épouse de vient visiter l'abbaye vers quatre heuresCameracum christianum ou Histoire ecclésiastique du Diocèse de Cambrai - 1849 - page 320 - éditeur L. Lefort à Lille - archive de l'Université de Gand..
Au , le bâtiment principal du lycée Notre-Dame d’Annay, qui était alors un couvent, servait de refuge aux moniales de l’abbaye de Marquette, qui se repliaient à l’intérieur des remparts en cas de danger. La façade du bâtiment du fond, classée par les monuments historiques, est du style dit « taille en pointe de diamant », et constitue le seul vestige du couvent.
Vis-à-vis de l'abbaye un pont dormant obligeait les bateaux de paille à décharger en partie pour passer. Il fut remplacé par un pont-levis en .
Le , pendant la guerre de Succession d'Espagne, en préparation du siège de Lille (1708), le prince de Nassau-Frise avance trois bataillons et trois escadrons près de l’abbaye. Le lendemain le poste français qui s’y trouve fut culbuté à la baïonnette par des grenadiers qui avaient traversé la Deûle à la nage. Le Prince Eugène arrive en l'abbaye le à deux heures du matinElie Benjamain Joseph Brun, Elie Brun - Les sept sièges de Lille : contenant les relations de ces sièges, appuyées des chartres, traitées, capitulations, et de tous les documents historiques qui s'y rattachent, avec trois plans époque de 1667, 1707 et 1792 - éditeur Derache - page 304 - Archive de l'université d'Harvard - numérisé par Google Books.
Époque contemporaine En 1792, un incendie ravage l'abbaye et les sépultures dont celle de Jeanne de Constantinople sont violées.
Les vestiges de l'abbaye ont été inscrits à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques en . Une campagne de fouilles programmées sur l'ancien site industriel de 2005 à 2007 permirent de retrouver des chapiteaux à crochet mais aussi la lame funéraire de Jeanne de ConstantinopleLa gazette du Nord Pas de Calais -édition du 5 mars 2010 -page 35. À proximité fut également découvert un Vicus, un bâtiment sur solin calcaire et quatre puits, un cimetière mérovingien de 136 tombes, une obole à charron à l'effigie de Justin , de l'armement scramasaxe et ambon.
Liste des abbesses 38 abbesses de B. Berthe de Marbais jusqu'à Pélagie Josèphe de Francqueville d'Abancourt (1767-1778)Jacques-Paul Migne - Troisième et dernière Encyclopédie théologique, volume 16 - 1856 - page 497 - archive de l'université de Harvard - numérisé par Google Books. L'une des dernières abbesses appartenait à une très grande maison de la noblesse française : la maison de Rohan, et plus particulièrement les Rohan-Guéméné : Geneviève-Armande-Élisabeth de Rohan-Guémené (1691-1753), a été abbesse de l'Abbaye Saint-Léger de Préaux avant de diriger celle de Marquette. Le , elle a représenté la reine Marie Lescynska, marraine de l'enfant baptisé ce jour-là à Douai. Margueritte III de Bachimont, fut la . Elle administra pendant 27 ans l'abbaye du Repos de Notre-Dame à Marquette, elle dépensa des sommes considérables pour l'ornement de l'église, la splendeur des édifices et divers travaux. Mais presque tout fut dégradé ou emporté par les hérétiques en 1566. On peut imaginer la souffrance de Marguerite. Après cette attaque elle fit abandonner le monastère trop exposé par ces temps de querelles, certaines des religieuses gagnèrent le refuge de l'abbaye à Lille (aujourd'hui Place du Concert, dont il reste un bâtiment dans l'école N.-D. d'Annay, anciennement le Bon Pasteur) tandis que d'autres, déguisées et habillées en bourgeoises partirent à Arras chez M. de Bellevallée, parent de l'une d'elles, conseillé à la Chambre d'Artois. Mais en septembre suivant les religieuses revinrent peu à peu à l'abbaye sans éveiller trop l'attention car le pays restait belliqueux. Cameracum christianum ou Histoire ecclésiastique du Diocèse de Cambrai, 1849, page 317 - éditeur L. Lefort à Lille - archive de l'université de Gand - Liste des abbesses : books.google.com
Personnalités liées Jehan de Roulers fut échevin et receveur de l’Abbaye de Marquette en 1504 ; Anne Delavaux née à Lomme au admise dans l'armée espagnole en tant qu'homme, se signala par de nombreux exploits sous le nom de Antoine de Bonne Espérance. Elle prit pension de retraite en l'abbaye du repos Notre-DameArchives historiques du Nord de la France et du midi de la Belgique, 1841, page 532 -archives de l'université de Californie -numérisé par Google Livres ; Michel Gousselaire (1629-1706) né à Mérignies décéda en l'abbaye écrivit des manuscrits sur les abbayes de Loos, de Marquette, Flines, & du verger. Prêtre, procureur et directeur de divers monastèresJean Nöel Paquot, Mémoires pour servir à l'Histoire littéraire des dix-sept provinces des Pays-Bas de la Principauté de Liège et de quelques contrées voisines, page 234, volume 1 - archive de la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lille - 1765 - numérisé par Google Livres.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Charles Séraphin Joseph Spriet, Marquette et l'abbaye du réclinatoire ou Bon-repos de Notre-Dame, Lille : Impr. Lefebvre-Ducrocq, 1890 (lire en ligne) Maurice Vanhaeck, Cartulaire de l'Abbaye de Marquette. Trois tomes, Lille : SILIC, 1937-1940 (lire en ligne le tome 1, lire en ligne le tome 2, lire en ligne le tome 3)
Articles connexes
Liens externes
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