Les Variations sur le nom « Abegg » en fa majeur pour piano ont été écrites entre 1829 et 1830 par Robert Schumann, et publiées comme son opus 1.

À propos de la musique Les Variations sur le nom est la première œuvre avec numéro d'opus du compositeur, à l'âge de vingt-et-un ans. C'est au cours de l'hiver 1829-1830, à Heidelberg, qu'il compose ces variations. Cependant, ce n'est pas une pièce directement prévue pour piano seul, puisque Robert Schumann avait d'abord songé à l'écrire pour piano et orchestre, avec toujours un grand niveau de virtuosité. Ce sont les Variations sur du compositeur Ignaz Moscheles qui le pousse à écrire pour piano seul. Il a d'ailleurs joué ces variations le à Heidelberg. C'est un an plus tard que Robert Schumann propose à son éditeur, Kistner, les Variations sur le nom . La lettre qu'il écrit à son éditeur est alors révélateur de la façon qu'il a de penser sa première œuvre. Dans cette lettre, il demande notamment que la maison d'édition . Deux numéros du Leipziger Lebensbuch montrent notamment l'importance que revêt cette premier œuvre pour le compositeur : écrit-il dans le numéro du . Le il écrit aussi . Mais le titre, portant la dédicace de est un montage de toutes pièces, comme le compositeur l'écrit lui-même à son ami Anton Theodor Töpken. Il s'agirait en réalité de Meta Abegg, une jeune fille de Mannheim qu'il courtisait alors. Mais c'est surtout le fait de pouvoir utiliser musicalement son nom qui pousse le compositeur à écrire ces Variations. Cependant les commentateurs ne peuvent aller plus loin que des spéculations sur la nature même de cette utilisation du nom d'Abegg.

Les cinq premières notes du thème sont ABEGG (il s'agit ici de la notation allemande : le B correspond au si , ou -flat en anglais) :

Les variations sur le nom « Abegg » ne sont pas la seule œuvre de Schumann à faire correspondre sons et lettres : le compositeur l'utilise par exemple également dans son Carnaval.

Structure Thème (Tema) Le mouvement indiqué est Animato. Il s'agit d'une mesure à 3/4, comme dans les trois variations suivantes.

La mélodie ABEGG (la - si bémol - mi - sol - sol) est jouée une première fois mezzoforte à la main droite, en octave, tandis que la main gauche joue les harmonies (avec un rythme de croche, du début à la fin du thème). Cette mélodie est déclinée en trois versions qui s'enchaînent. Le tout est ensuite rejoué pianissimo, toujours à la main droite, mais les octaves sont maintenant arpégés.

Vient ensuite linversus de la mélodie ABEGG (sol - sol - mi - si bémol - la), de nouveau décliné en trois versions, le tout rejoué deux fois (la première fois mezzoforte avec en plus un crescendo, la deuxième pianissimo et en arpégeant les octaves de la main droite).

Variation 1

Elle est en deux parties, chaque partie comportant une reprise.

Dans la première partie, les forte et sforzando ne durent que très peu de temps ; ils entrecoupent les phrases piano voire pianissimo. La plus longue phrase, pianissimo (avec un crescendo cependant à la fin) reprend à la main gauche la mélodie ABEGG (la - si bémol - mi - sol - sol) et sa première déclinaison (sol dièse - la - do - fa - fa).

La seconde partie contient de nombreux sforzando (accents) et termine brillamment sur un fortissimo.

Variation 2 Deux thèmes sont présents dans cette variation : le premier à la main droite, sur les temps (sur chaque noire) et le second à la main gauche, sur chaque contretemps. La variation démarre piano et un lent crescendo mène vers le forte à la troisième mesure. Un diminuendo s'ensuit, sur quatre mesures, pour arriver pianissimo. Le thème de la main gauche devient alors plus aigu que celui de la main droite, ce qui oblige l'interprète à effectuer un croisement de mains.

Variation 3 Cette variation est la plus rapide de la pièce de Schumann : corrente (en courant) est indiqué au début. La main gauche joue des croches, la droite des sextolets (six doubles croches par temps). La variation commence dans une nuance mezzoforte ; de nombreux éclats (crescendo, forte, fortissimo, sforzando) parcourent la pièce.

Le thème ABEGG est repris de nouveau à la main gauche dans une nuance pianissimo.

Cantabile

La variation s'accélère ensuite (accelerando) dans un grand crescendo de cinq mesures. Enfin, elle diminue et ralentit progressivement et se termine pianissimo sur une demi-cadence en fa majeur (cadence suspensive qui prépare le final).

Finale alla Fantasia Ce final, dans un tempo vivace, commence par un rythme noire - croche aux deux mains. L'aigu de la main droite, en chromatisme, peut faire penser à une nouvelle déclinaison du thème ABEGG (la - si bémol - si bécarre - do). La main gauche continue d'effectuer ce rythme noire - croche, tandis que la droite exécute plusieurs cascades de doubles croches, tout d'abord pianissimo, puis mezzoforte et enfin forte et fortissimo (ces nuances étant amenées par des crescendo successifs).

Le final se termine ensuite dans un très long diminuendo de 13 mesures, passant de mf (mezzoforte) à ppp''' (triple piano).

Accueil de l'œuvre et critiques

Rellstab, de la revue IRIS, juge en 1832 que « l'œuvre a été faite par un pianiste habile et qu'il s'agit là d'une composition tout aussi gratifiante et brillante que bien d'autres du même genre de Czerny, Herz et autres, et qui par conséquent mérite la même approbation ».

La critique du journal Wiener Zeitung'' est encore plus positive :

Références

Bibliographie

, p. 57

Liens externes

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