Le Thillot est une commune française de moyenne montagne située dans le département des Vosges ainsi que dans le massif du même nom, dans la région Grand Est. Elle est au coeur de la vallée de la Haute Moselle.
Elle est, ainsi que Ramonchamp et Rupt-sur-Moselle, ville-centre d'une petite agglomération de près de , composée également de Bussang, Ferdrupt, Fresse-sur-Moselle, Le Ménil et Saint-Maurice-sur-Moselle.
Ses habitants sont appelés les Thillotins .
Géographie Localisation Située à d'altitude dans la haute vallée de la Moselle c'est une commune de moyenne montagne logée dans une partie ouverte de la vallée semblable à un piémont du fait d'une large ouverture vers le Val du Menil. Le Point culminant du territoire se situe au Haut de la Lochère à 950 mètres d'altitude. Le Thillot est située à en amont de Remiremont, de Cornimont par le col du Ménil (), de Lure par le col des Croix () et de Thann par le col de Bussang (). La commune est placée sur le grand axe routier Benelux-Bâle. (La déviation de la RN 66 qui traverse le bourg n'est encore qu'un projet)..
Communes limitrophes
Géologie et Relief La commune possède le fond de vallée le plus ouvert de la vallée de la Haute Moselle, semblable à un piémont. Elle est une ville carrefour pour le secteur. A son nord, la voie vers le Val du Ménil et les Hautes-Vosges centrales, à son est les Hautes-Vosges du sud toutes proches en remontant la vallée de la Haute Moselle, à son sud le col des croix et la haute vallée de l'Ognon (Haute-Saône) et des Vosges Saônoises à son ouest l'aval de la vallée de la Haute Moselle.
Située à d'altitude la ville est totalement située à l'étage montagnard et fait partie intégrante des vosges moyennes. Chaillon est le petit sommet directement à son Nord qui surplombe directement le village de son altitude modeste de .
Malgré tout, il offre un point de vue remarquable sur l'aval de la vallée, depuis lequel on peut voir à l'ouest les sommets du Fort de Rupt, du Bambois et du Bélué tous situés dans la commune de Rupt-sur-Moselle, en aval. Au nord-est-est du Chaillon, surplombant la vallée du ruisseau de la colline de FresseTable d'orientation du Chaillon, l'altitude s'accroît et atteint au Draimont que Le Thillot partage avec Fresse-sur-Moselle, et encore plus au nord-est-est se trouve le Haut de la Lochère à d'altitude, point culminant de la commune. Sur le versant sud de la vallée, de l'ouest vers l'est, Le Thillot partage avec Ramonchamp l'épaule et la Tête du Géhant qui culmine à , la ligne de crête sud comprend la Tête Niqueuse à , le Col des Croix (), la Tête du Midi (Tête des Hautes-Mines) à et enfin la Tête des Noirs Etangs à qui est le second plus haut sommet de la commune.
Hydrographie
La commune est située pour partie dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse et pour partie dans le bassin versant de la Saône au sein du bassin Rhône-Méditerranée-Corse. Elle est drainée par la Moselle, le ruisseau du Menil, le ruisseau de Couard et le ruisseau le Vaxeux..
La Moselle, d’une longueur totale de , dont en France, prend sa source dans le massif des Vosges au col de Bussang et se jette dans le Rhin à Coblence en Allemagne.
Le ruisseau du Menil, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune du Ménil et se jette dans la Moselle à Ramonchamp, après avoir traversé .
La qualité de l'eau de ces cours d’eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité..
vignette|centre|redresse=2.1|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseaux hydrographique et routier du ThillotLa ligne de partage des eaux entre le bassin versant du Rhin et le bassin versant de la Saône est représentée par une ligne verte en tirets-points..
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée ( à ) en toutes saisons et un hiver rude (moins de )..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Ballon de Servance », sur la commune de Haut-du-Them-Château-Lambert à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...
Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site publié par Météo-France en ..
Urbanisme Typologie Au , Le Thillot est catégorisée petite ville, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine du ThillotUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération intra-départementale regroupant huit communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine du Thillot comprend trois villes-centres (Ramonchamp, Rupt-sur-Moselle et Le Thillot) et cinq communes de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction du Thillot, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (50,2 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (50,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (48,5 %), prairies (23 %), zones agricoles hétérogènes (14,1 %), zones urbanisées (12,7 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (1,6 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=2.1|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes La ville c’on dit du Tillet (1299) ; Demoingas don Teillat (1302) ; En cen don Teillat (1344) ; Tillet (1347) ; Au Tillat (XIVe siècle) ; Le peaige du Tillot (1418) ; « Du Thillat du parrochaige de Ramonchamp » (1435) ; Colin Patulloy du Tillat (1450) ; « Mengin Jaqueley du Thiellot on ban de Ramonchamps » (1493) ; Le Tillot (1561) ; Es destroitz du Theillot (1578) ; Au lieu du Thillot (1602) ; Le Tillot ou Thillot (1753) ; Tillot ou Thillot-sur-Moselle (1779)..
De l'oïl tillet « lieu planté de tilleuls », remplacé par l'oïl tillot., du latin classique tilia, de l’ancien français tel, til issus du masculin *tilius en latin populaire avec le suffixe diminutif -ottum, donnant le français « tilleul ». Le Thillot était initialement un lieu-dit du ban puis de la commune de Ramonchamp, qui doit son nom, selon les sources, à un tilleul sous lequel on rendait justice ou sous lequel était le péage par lequel passaient gens et marchandises qui arrivaient de la Franche-Comté voisine. La commune est née par le décret impérial du Bulletin des lois de l'Empire Français, tome 16., signé au château de Fontainebleau par l'Empereur Napoléon III, qui l'a clairement séparée de la commune de Ramonchamp.
Histoire framed|gauche|Le canton en 1852, où Le Thillot manque encore... L'histoire de la cité est dominée par une forte tradition industrielle : mines de cuivre dès le L'histoire de la Lorraine et des Vosges Vers 1550 : début de l'exploitation du cuivre au Thillot avec installation d'une fonderie à Saint-Maurice-sur-Moselle, manufacture de fer blanc à partir de 1727Forges et Manufactures Royales de fer-blanc au ou , tanneries... C'est dans une mine de cuivre du Thillot qu'a été attestée la première utilisation de la poudre noire en Europe pour l'extraction de minerai en 1617. grâce aux travaux archéologiques menés par la Société d'étude et de sauvegarde des anciennes mines (SESAM) depuis 1987 dans ces mines.
Vers 1850, le textile commença à s'implanter dans la vallée de la Moselle sous l'impulsion d'entrepreneurs en majorité Alsaciens. Mais à partir de la fin des années 1970, la crise du textile français a provoqué une baisse brutale de la population qui s'établissait encore à habitants en 1975.
Exploitée par la compagnie des chemins de fer vicinaux de la Haute-Saône, la ligne à voie métrique de Lure au Haut-du-Them, terminus initial, a été prolongée en 1912 jusqu'au Thillot, grâce à un tunnel de creusé sous le col des Croix.. Elle fermera le .
Le Thillot pendant la Seconde Guerre mondiale
Le ?? , le PC de la 8e armée française est installé à La Bresse et ses unités sont sur la Moselle. Le groupement du lieutenant-colonel Rethoré du (Régiment d'infanterie de forteresse) est à Remiremont, celui du lieutenant-colonel Blanloeil du est en amont, dans la vallée de la Moselle, au Fort de Rupt-sur-Moselle et le groupement Duluc du est au Thillot.
Le , le groupement du lieutenant-colonel Blanloeil du 68° Régiment d'Infanterie de Forteresse est à Servance, situé en Haute-Saône, juste de l'autre côté du Col des Croix, et le groupement du lieutenant-colonel Rethoré du est à Faucogney, situé également en Haute-Saône, de l'autre côté du Col du Mont de Fourche, non loin de Rupt-sur-Moselle. Les allemands y arrivant de l'ouest se renforcent devant Faucogney d'où le lieutenant-colonel Réthoré décide de décrocher, en y laissant beaucoup de matériel, pour se replier et tenir le Col des Croix.
Le , les allemands commencent à bombarder le Thillot depuis le versant sud du Col des Croix. La ligne de défense française qui passe alors par le Col des Croix est abandonnée au soir et la route descendant vers Le Thillot et y rentrant par le sud est dynamitée.
Le , le commandement français fait sauter un dépôt de 40 tonnes d'explosifs situé près de l'entrée de cette route dans l'agglomération, près de la gare du Thillot, - ce qui détruit en partie le quartier de ladite gare -, et les ponts sur la Moselle.
Le , Le Thillot est finalement traversé par plus de 300 chars ou véhicules blindés allemands et le quartier de l'Hôtel de Ville, sur la rive nord de la Moselle, est ravagé par les flammes. Dans le même temps, les allemands prennent pied à Remiremont et enfoncent les dernières lignes de défense françaisesBulletin de la Haute Moselle numéro 19.
Durant le deuxième conflit mondial la ville est traversée par le Schutzwall West, ce qui a des conséquences dramatiques pour la ville et ses habitantsLe Thillot, deux fois victime de la Guerre.
La commune est finalement libérée fin :