François René Auguste Mallarmé, né à Nancy, le , mort à Malines, le , est un homme politique français.
Parcours révolutionnaire
Mandat à la Législative La France devient une monarchie constitutionnelle en application de la constitution du 3 septembre 1791.
Le même mois, François-René Mallarmé, alors procureur-syndic du district de Pont-à-Mousson, est élu député du département de la Meurthe, le deuxième sur huit, à l'Assemblée nationale législative.
Il siège sur les bancs de la gauche de l'Assemblée. Le , il vote en faveur de la mise en accusation de Bertrand de Molleville, le ministre de la Marine. Le , il vote en faveur de la mise en accusation du marquis de La Fayette.
Mandat à la Convention La monarchie prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.
En , François-René Mallarmé est réélu député de la Meurthe, le deuxième sur huit, à la Convention nationale.
Il siège sur les bancs de la Montagne. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort et rejette l'appel au peuple et le sursis à l'exécution de la peine :Louis a été cent fois parjure ; le glaive de la justice s'est promené longtemps sur sa tête sans le frapper : il est temps que les représentants de la nation française apprennent aux autres nations Le , il vote contre le décret d'accusation contre Jean-Paul Marat. Le , il vote contre le rétablissement de la Commission des Douze. Le , il est élu président de la Convention, contre Jean-Denis Lanjuinais (député d'Ille-et-Vilaine).
Le , François-René Mallarmé est envoyé en mission dans les départements de la Meurthe, de la Haute-Saône et des Vosges, afin d'y accélérer la levée en masse. Le 9 nivôse an II (), il est envoyé dans les départements de la Meuse et de la Moselle afin d'y organiser le gouvernement révolutionnaire.
Le 8 thermidor an II (le ), Maximilien de Robespierre critique la gestion financière du Comité des finances et le décret sur les rentes viagères. Initialement, son discours inculpait plusieurs membres du Comité des finances : Quels sont les administrateurs suprêmes de nos finances ? Des brissotins, des aristocrates et des fripons connus : ce sont les Cambon, les Mallarmé, les Ramel, ce sont les compagnons et les successeurs de Chabot, de Fabre et de Jullien.Fin , il fut envoyé en mission dans la Haute-Garonne et le Gers, puis dans le Tarn et ne rentra à Paris qu'en janvier ou . De ses activités en province il gagna la réputation d'être un homme sanguinaire. Ainsi fit-il, à Verdun, exécuter 32 jeunes filles qui avaient offert des fleurs et des fruits au roi de Prusse.
Il s'amenda après la chute de Robespierre et envoyé en mission dans le Midi de la France, il ferma le Club des Jacobins de Toulouse et libéra un certain nombre de suspects, incarcérés sous la Terreur. Il fut lui-même décrété d'arrestation le 13 prairial an III (), mais peu de temps après amnistié.
Directoire, Consulat et Empire
En 1796 Mallarmé fut nommé commissaire de la République pour le département de la Dyle (Bruxelles). Il s'y fit un ennemi en la personne de Nicolas Rouppe, commissaire de la République pour la ville de Bruxelles. Les deux hommes n'eurent de cesse de se combattre. Rouppe gagna la partie et succéda à son rival, qui fut expédié d'abord à Namur, puis à Mont-Tonnerre.
Sous l'Empire, Mallarmé devint conseiller près la Cour d'appel d'Angers et en 1811 receveur des contributions à Lunéville, puis receveur des droits réunis à Nancy. Il semble avoir perdu beaucoup d'argent lors de la chute de l'Empire. Aussi se rallia-t-il à Napoléon lors des Cent-Jours et fut nommé sous-préfet d'Avesnes-sur-Helpe.
Interpellé par les Prussiens après Waterloo, il fut emprisonné six mois à Wesel.
Après 1815
François-René Mallarmé est frappé par la loi du 12 janvier 1816 qui bannit hors de France les régicides qui ont soutenu le retour de Napoléon Bonaparte. Il se réfugie à Bruxelles et, le , est interné par son ancien collègue conventionnel François Siméon Bézard (député de l'Oise) au couvent des Cellites de Malines, où il meurt le . Son ancien collègue conventionnel Marc Antoine Baudot (député de Sâone-et-Loire) affirme dans ses mémoires que Mallarmé était atteint de sénilité : La Gazette de France dit que Mallarmé, ex-conventionnel, est devenu fou, qu'il a fallu le renfermer à l'hôpital des fous à Malines. C'est une erreur ou une malignité en pure perte. Mallarmé, très âgé, est tombé dans l'enfance sénile Le fils de Mallarmé, Gabriel-Georges-Louis Mallarmé était en 1839 employé comme surveillant dans la maison d'arrêt de Saint-Lazare à Paris. Mallarmé est indiqué parfois comme étant l'ancêtre du poète Stéphane Mallarmé, alors qu'il s'agit de son frère ainé.
Les biographies de François Mallarmé donnent d'ailleurs plusieurs renseignements contradictoires sinon erronés. Dans certaines biographies il est indiqué qu'il fut fait chevalier (1808) et baron (1810) d'Empire. Il s'agit d'une confusion avec le préfet Claude-Joseph Mallarmé.
Références
Voir aussi Bibliographie Henry Poulet, « La vie de F.-R.-A. Mallarmé », Le Pays lorrain et le Pays messin, t. 8, 1911, p. 129-152, 212-228 et 284-305. Auguste Kuscinski, Dictionnaire des conventionnels, Paris, Société de l'histoire de la Révolution française, 1916, p. 425-427. Encyclopédie Universelle, Bruxelles, 1843-47 Encyclopædia Britannica, Eleventh Edition
Philippe Seguin, 240 dans un fauteuil. La saga des présidents de l'Assemblée, Paris, Ed. du Seuil, 1995, .
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