thumb|upright=1.2|La motrice , photographiée en 2017 dans le dépôt de Saint-Waast. L'Ancien tramway de Valenciennes fonctionne de 1881 à 1966. Après quarante ans d'interruption, un nouveau tramway de Valenciennes est mis en service en .
Grâce à l'action de la société des Tramways de Valenciennes à Anzin et extensions (créée en 1880), puis de la société des Chemins de fer économiques du Nord (CEN), créée à l'initiative du baron belge Empain en 1884, Valenciennes (qui compte alors environ habitants) et le Valenciennois disposent d'un important réseau de tramway à voie métrique, à traction vapeur dans un premier temps, puis, à compter de 1913, à traction électrique...
Ce réseau, concédé depuis 1923 par la Ville de Valenciennes (sauf le tronçon Denain et Lourches, concédé par cette communeGérard Urbain, op.cit. en bibliographie, cité par Séverine Frère et Cyprien Richer, L’arrondissement de Valenciennes (Rapport de convention ADEME-INRETS)) et qui subit les destructions des deux guerres mondiales et la concurrence routière, ferme définitivement en 1966.
Histoire Le projet Thérin Un premier projet de tramway à traction hippomobile, destiné tant aux voyageurs qu'au fret (et, en particulier au transport du charbon), est concédé par décret du par la ville à Adolphe Thérin, architecte à Saint-Omer, pour une durée de quarante ans après l'achèvement des travaux, avec deux lignes (selon la toponymie de l'époque) : De la place d'Armes de Valenciennes jusqu'à Vicoigne, par Anzin et Raismes, en suivant la route nationale n° 29, entre la place d'Armes et l'église Saint-Nicolas, la rue Ferrand et la route nationale 45 depuis la porte Ferrand jusqu'à la hauteur de la fosse 1 de la compagnie minière de Vicoigne (point kilométrique n° 48,3) ; De la place d'Armes de Valenciennes jusqu'à Bruay, se confondant avec la première ligne jusqu'à la Croix-d'Anzin et se détachant ensuite du tronc commun pour suivre la route nationale 48 jusqu'à la sortie de Bruay, vers Condé (point kilométrique 6,00).
Toutefois Thérin ne réalise pas les études prévues à la concession et l'administration menace de la déchoir de ses droits quand il les cède à M. D'Agiout, agissant au nom d'une International chèque banck, qui crée la société anonymeTramways de Valenciennes à Anzin et extensions. Le Conseil municipal approuve la rétrocession directe dans le cadre d'une convention du .
La société des Tramways de Valenciennes à Anzin et extensions vignette|alt=Carte postale ancienne montrant deux tramways à vapeur au terminus de la rue de Mons, sur la ligne de Blanc-Misseron|Deux tramways à vapeur manœuvrant au terminus de la rue de Mons (Ligne de Blanc-Misseron). vignette|alt=Carte postale ancienne montrant une rame du tramway à vapeur au terminus de Bonsecours|Rame du tramway à vapeur stationnant à son terminus de Bonsecours. Cette société des Tramways de Valenciennes à Anzin et extensions, de droit belge, dont le siège social était à Bruxelles et l'administrateur délégué M. Édouard Empain« Édouard Empain (1852-1929) prend conscience de l'importance du chemin de fer vicinal. En 1884, il s'associe avec Édouard Caze, député de la Haute-Garonne et secrétaire d'État dans le ministère Gambetta pour créer les Chemins de fer économiques du Nord S.A. » source citation : lien du 12/08/2009, obtint, le , une nouvelle concession devant expirer le et modifiant et complétant celle de 1877Article 16 du Cahier des charges du 19 février 1882 annexé au décret n°13055 du 19 décembre 1882..
Les lignes prévues à la concession de 1882 comprennent des modifications par rapport aux prévisions de la concession de 1877 et sont désormais les suivantes : De la place du Marché-aux-Herbes de Valenciennes jusqu'à la station de Raismes (ligne de Douai) en suivant la route nationale 29, entre la place du Marché-aux-Herbes et l'église Saint-Nicolas, la rue Ferrand, la route nationale 45, depuis la porte Ferrand jusqu'à l'avenue de la station de Raismes, enfin l'avenue conduisant à cette station. Cette ligne sera reliée par un embranchement à la gare des marchandises du chemin de fer de la compagnie des mines d'Anzin ; De la place du Marché-aux-Herbes de Valenciennes jusqu'au cimetière de Bruay, se confondant avec la première ligne jusqu'à la Croix-d'Anzin et se détachant ensuite du tronc commun pour suivre la route nationale n° 48Article 2 du Cahier des charges du 19 février 1882 annexé au décret n°13055 du 19 décembre 1882..
La compagnie exploite à titre provisoire les lignes aux dates suivantes avant la régularisation administrative de ses droits, constituée par la concession de 1882, sur les tracés suivants : Valenciennes - Raismes (passage à niveau de la compagnie du Nord) via la Croix d'Anzin, le ; Raismes (passage à niveau de la compagnie du Nord) - Raismes-Place, le . La Croix d'Anzin - Condé-sur-l'Escaut, le ; Raismes - Saint-Amand-les-Eaux, également le . En 1883, ces lignes sont prolongées vers : Condé-Place et Vieux-Condé ; Saint-Amand-Pont et Saint-Amand-Place ; Une nouvelle ligne est ouverte le : Valenciennes-Porte de Mons - Blanc-Misseron. La longueur totale du réseau exploité par la compagnie est de .
Le fait que la Société des Tramways de Valenciennes à Anzin et extensions soit une entreprise de droit belge et concessionnaire de lignes de tramways français posait d'importantes difficultés.
C'est pourquoi elle se transforma en société de droit français en 1884 et pris le nom de Société anonyme des Chemins de fer économiques du Nord.
thumb|upright=2.5|center|Carte animée de l'évolution des infrastructures ferroviaires de l'agglomération de Valenciennes, dont celles des anciens et actuels tramways, de 1880 à nos jours.
La société des Chemins de fer économiques du Nord vignette|Tramway à vapeur devant la gare, avant la Première Guerre mondiale. thumb|Tramway électrique au terminus de Bonsecours à Condé (années 1920).
La Société des Chemins de fer économiques du Nord (CEN) poursuit donc l'exploitation des deux lignes primitives du tramway de Valenciennes et reste un élément du groupe Empain.
Cette compagnie exploite ultérieurement d'autres réseaux de chemins de fer secondaires à voie métrique régies par la réglementation des voies ferrées d'intérêt local dans les départements de l'Isère, du Pas-de-Calais et de la Savoie, ainsi que deux lignes dans le département du Nord : Armentières - Halluin, , (1895 - 1935), Saint-Amand - Hellemmes, , (1896 - 1932). Ces dernières ne faisaient pas à proprement partie du réseau des tramways de Valenciennes (Armentières est à l'ouest de Lille). Elle disparurent toutes deux dans les années 1930.
Le développement du réseau Par deux décrets du , les CEN reçoivent la concession jusqu'au de quatre nouvelles lignes : ligne de la Croix-d'Anzin à Denain, entre la Croix-d'Anzin et Denain, pour le transport des voyageurs et marchandises. Cette ligne se détacherait des lignes Valenciennes - Raismes et Valenciennes - Bruai à la Croix-d'Anzin, suivrait la route nationale n° 48 jusqu'à la pyramide de Dompierre, puis la route nationale n° 29 vers Wavrechain. Établie désormais en site propre, elle se dirigerait ensuite vers le cimetière de Denain et pénétrerait dans cette ville par la rue de Valenciennes jusqu'à la rue de Villars, afin de pouvoir s'embrancher sur le chemin de fer d'intérêt local de Lille à Solesmes.Cette ligne sera prolongée, aux termes du décret du , à Lourches en empruntant le GC 49 jusqu'à la frontière avec Rœulx (peu avant le croisement avec les voies du chemin de fer).
ligne Raismes à la place de Saint-Amand, suivant la route nationale , par Vicoigne et le Moulin des Loups ; ligne de Bruai (cimetière) à Condé (porte de Tournai), suivant la route nationale , par Thiers, Escautpont et Fresnes ; ligne de Valenciennes à Blanc-Misseron, partant du carrefour de la route nationale n° 45 et du chemin de ceinture, puis empruntant le GC n° 78 jusqu'à la rencontre de la route nationale n° 29 et enfin suivant cette dernière route jusqu'à la frontière belge ; sur le territoire à Valenciennes, un embranchement en cul-de-sac, établi sur la route nationale n° 29, se dirigera vers la ville et se terminera à l'origine du chemin de Valenciennes à Saint-Saulve. Un décret du déclara d'utilité publique le prolongement de . de cette ligne à Valenciennes, du Chemin de Valenciennes à Saint-Saulve (près de la Porte de Mons) jusqu'au carrefour des rues Capelle et Wédière.Par un décret de 1890, les CEN sont autorisés par le gouvernement français à exploiter le prolongement de cette ligne en Belgique, de Quiévrain jusqu'à Roisin, dans le cadre d'une convention passée avec la SNCV.
Le décret du déclare d'utilité une fourche s'embranchant sur la ligne concédée en 1877 de Vieux-Condé, vers Bon-Secours (frontière belge) d'une part, et Hergnies, d'autre part.
Les extensions de la ligne de Condé La compagnie des CEN réalise les extensions suivantes Blanc-Misseron - Quiévrain en Belgique, en 1890, puis affermée au CEN ; Condé - Bonsecours (frontière), en 1892 ; Condé - Hergnies, en 1894 ; Denain - Lourches, en 1902.
L'extension vers Quiévrain L'extension de Blanc Misseron à la frontière est réalisée par les CEN, et la section belge, l'est par la SNCV, mais son exploitation est affermée aux CEN.
L'extension vers Lourches (apogée du réseau vapeur)
L’extension du réseau de tramways à vapeur s'achève en 1902, il comporte de lignes, dont une franchissant depuis le , la frontière belge afin de se raccorder au réseau de la SNCV à la gare de Quiévrain.
Le réseau compte alors quatre lignes, toutes ont leur terminus Place du Marché aux herbes à Valenciennes : VBH Condé Bonsecours et Hergnies Place ; VL Lourches PS ; VQ Quiévrain Gare ; VSA Saint-Amand Place ;
Les CEN exploitent également en Belgique la ligne de tramway vicinal Quiévrain - Roisin pour le compte de la Société nationale des chemins de fer vicinaux (SNCV).
Les indices sont à titre indicatifLes lignes ne possédant pas d'indice, on leur en attribue un qui reprend les premières lettres des villes terminus..
L'électrification du réseau est envisagée dès 1904 et les études débutent en 1911Des tramways belges en France, art. cit. en bibliographie. En 1914, les premiers tramways électriques commencent à circuler. L'alimentaion électrique se fait au moyen du courant continu . Un nouveau dépôt est mis en service boulevard Harpignies. Le réseau transporte alors trois millions de voyageurs par an.
La Première Guerre mondiale Le Conseil général note, après l'armistice, que des ouvrages d'arts et l'usine électrique du tramway sont détruites, et qu'il est nécessaire d'y remédier pour remettre le réseau en service.
L'entre-deux-guerres Pendant la période de l'entre-deux-guerres, de 1919 à 1923, d'importants travaux de reconstruction du réseau sont entrepris à la suite des dommages de la guerre. La ligne de Condé est électrifiée à son tour en 1923.
vignette|droite|Le tramway à Fresnes dans la période de l'entre-deux-guerres.
Deux nouvelles lignes sont mises en service durant l'entre-deux-guerres : Valenciennes - Saint Waast, le Valenciennes - Marly, le
Avec cette dernière mise en service, le réseau atteint son apogée, composée de six lignes dont le terminus est depuis 1902 fixé à la place du Marché aux herbes à Valenciennes, pour de réseau et quatorze millions de voyageurs pour cette année 1931 : VBH Condé Bonsecours et Hergnies Place ; VL Lourches PS ; VM Marly Place ; VQ Quiévrain Gare ; VSA Saint-Amand Place ; VSV Saint-Waast Place Taffin. Les indices sont à titre indicatif.
En 1932 commence la concurrence des autobus : l'entreprise Finand exploite quatre lignes d'autobus, et les CEN deux lignes.
La Seconde Guerre mondiale