La rue de Cléry est une rue du de Paris.
Situation et accès Cette rue débute rue Montmartre et se termine boulevard de Bonne-Nouvelle.
Les stations de métro les plus proches sont : Bonne-Nouvelle (lignes 8 et 9) ; Strasbourg - Saint-Denis (lignes 4, 8 et 9) ; Sentier (ligne 3).
Elle communique avec la rue Beauregard au nord par le passage de Cléry et la rue des Degrés .
Origine du nom Son nom provient de l'hôtel de Cléry, mentionné en 1540, dont les dépendances s'étendaient alors jusqu'aux fossés de la ville.
Historique La rue de Cléry correspond au chemin longeant les fossés côté campagne de l'enceinte de Charles V, qui reliait la porte Montmartre à la porte Saint-Denis. Le chemin se poursuivait dans le même axe vers le sud-ouest par l'actuelle rue du Mail, en direction de la porte Saint-Honoré.
Lors de la démolition du mur (l'actuelle rue d'Aboukir en longeait le pied) et du comblement des fossés (espace entre la rue de Cléry et la rue d'Aboukir) en 1633-1634, le chemin est transformé en une rue reliée au reste de la ville par des voies perpendiculaires (rue Chénier, rue Saint-Philippe, rue des Petits-Carreaux et rue Thévenot).
La rue a d'abord été appelée au le « chemin des Gravois » (la Butte-aux-Gravois était un dépotoir de déchets), la partie orientale (du croisement avec la rue Poissonnière jusqu'au boulevard de Bonne-Nouvelle) s'est d'ailleurs appelée la « rue Mouffetard » (à cause de l'odeur des ordures) au début du .
Bâtiments remarquables, et lieux de mémoire C'est dans cette rue que se trouvait un petit établissement, débit de boissons, où fut fondée fin 1868 la goguette des Enfants d'Apollon. Pierre Corneille a habité cette rue de 1665 à 1681, avant de s'installer rue d'Argenteuil où il mourut en 1684Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, , .. L'amiral de Vence y a habité également. Philippe de Cuisy (1691-1779), fermier général de 1744 à 1764, habita dans cette rue. Il contribua dans des proportions différentes des 64 autres fermiers généraux à l'édition dite des Fermiers généraux de 1762 par Joseph Gérard Barbou, à Paris, des Fables de La Fontaine. Henri-Joseph Thüring de Ryss, général de brigade de la Révolution française, librettiste et auteur dramatique français, y habita en 1794. vignette| , plaque Vigée-Lebrun. vignette|, niche avec statue de sainte Catherine. : fut le siège de l'hebdomadaire Samedi Soir, aujourd'hui disparu. : ici s'élevait au l'hôtel particulier de Robert Poquelin (v.1630-1715), dit Le Jeune, prêtre et docteur en Sorbonne, curé de l'église Saint-Sauveur, docteur en théologie de la maison de Navarre, doyen de la Faculté de ParisPoquelin . Le jardin de cet hôtel particulier allait jusqu'à la rue du Gros-Chenet à hauteur du . En 1700, l'abbé Robert Poquelin fait donation de son hôtel à Louis de Lubert (1676-1740), président à mortier au Parlement de Paris, et amateur de musiqueSource : BnF. Celui-ci le divise en appartements où logeront notamment le marquis de Pezay, le peintre François-Guillaume Ménageot et le marchand de tableau Lebrun. En 1775, Élizabeth Vigée s’installe avec sa mère, son frère et son beau-père dans l’hôtel de Lubert Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, , .. Elle y fait la connaissance de Pierre Lebrun (1748-1813), marchand de tableaux, qui lui fait découvrir sa galerie d’art. Le , elle épouse dans l’intimité Pierre Lebrun. En 1778, le couple Lebrun achète l’hôtel de Lubert aux héritiers de cette famille. De 1784 à 1785, les Lebrun agrandissent leur propriété en faisant construire par l'architecte Jean-Arnaud Raymond (1739-1811) un second bâtiment au fond du jardin qui va prendre le nom d'hôtel Lebrun dont l'entrée se trouve au de la rue du Gros-Chenet. L'architecte Jean-Arnaud Raymond est également chargé d’agrandir l’ancien hôtel de Lubert et il conçoit une salle destinée à la vente de tableaux. Un escalier relie l’hôtel à cette salle circulaire couverte d’une coupole lui offrant un éclairage zénithal. Des gradins surmontés d'arcades en plein cintre, elles-mêmes surmontées de rideaux, entourent cette grande salle, lui donnant un aspect de théâtre antique. Pendant la Révolution, l’Église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle de Paris étant fermée, la salle Lebrun est réquisitionnée pour la célébration de mariages et de baptêmes. Puis elle sert de salle de concert et disparait finalement au cours du . Plus aucune trace n’en subsiste aujourd’huiGallet (Michel), Les architectes parisiens du , Paris, Mengès, 1995. Leborgne (Dominique), Guide du promeneur 2e arrondissement, Paris, Parigramme, 1995. Forum Marie-Antoinette Les vestiges de l'hôtel Lebrun : Bibliothèque juive contemporaine
statue de sainte Catherine à l'angle de la rue Poissonnière ; Jacques Necker habita de 1766 à 1789 dans l'hôtel Le Blanc. Son épouse, Suzanne Curchod, y tenait un salon littéraire réputé. Madame de Staël naquit à cette adresse, en 1766.. : sur la façade, les médaillons représentant Napoléon III sont la reproduction des médailles reçues par la coutellerie Hamon lors de l’exposition universelle de 1855. L’enseigne de l’établissement, spécialisé dans le matériel destiné aux coiffeurs et aux barbiers, subsiste sous la forme d’une paire de ciseaux. : présenté erronément comme la maison du poète André Chénier (1762-1794)... En effet, à la date où André Chénier habitait au , il s'agissait d'un autre immeuble aujourd'hui disparu situé plus haut dans la rue (aux environs du actuel). L'édifice est situé au croisement avec la rue Beauregard ; une plaque sur la façade indique « pointe Trigano »« TOP 10 des maisons insolites à Paris », pariszigzag.fr, consulté le 12 juillet 2021.. D'une largeur de six mètres au plus large à deux mètres à la pointe, il est considéré comme l'immeuble d'habitation le plus étroit de Paris, d'autres immeubles plus fins n'étant pas habitables seulsnote: par exemple le 39, rue du Château-d'Eau n'a pas d'escalier pour accéder à l'étage..
Notes et références
Pour approfondir Bibliographie Renaud Gagneux et Denis Prouvost, Sur les traces des enceintes de Paris, promenade au long des murs disparus, Éditions Parigramme, Paris, 2004 . . Jacques Hillairet, Connaissance du Vieux Paris, rive droite, rive gauche, les îles & les villages, Éditions Payot & Rivages, Paris, 1993 .
Articles connexes Liste des voies du de Paris
Liens externes
Carte interactive des voies de Paris sur le site de la direction de l'urbanisme de la Ville de Paris
Cléry