Louvrage de Flaut est une fortification faisant partie de la ligne Maginot, située sur la limite entre les communes de Belvédère et de La Bollène-Vésubie, dans le département des Alpes-Maritimes.

Il s'agit d'un ouvrage d'artillerie, interdisant avec son voisin l'ouvrage de Gordolon l'accès des vallées de la Vésubie et de la Gordolasque.

Description L'ouvrage est construit sur le contrefort occidental du mont Péla (qui culmine à d'altitude) dominant la vallée de la Vésubie. Juste au-dessus du hameau de Flaut se trouvent les blocs 4 et 5 de part et d'autre d'un premier sommet à d'altitude ; les blocs 1 et 2 sont sur le versant méridional, à respectivement environ 840 et ; le bloc 3 est sur le versant septentrional à environ .

Souterrains

Comme tous les autres ouvrages de la ligne Maginot, celui de Flaut est conçu pour résister à un bombardement d'obus de très gros calibre. Les organes de soutien sont donc aménagés en souterrain, creusés au minimum sous douze mètres de roche (au Monte-Grosso, la profondeur atteint les ), tandis que les organes de combat, dispersés en surface sous forme de blocs, sont protégés par d'épais cuirassements en acier et des couches de béton armé.

La caserne de temps de guerre, la salle des filtres à air, les PC, le central téléphonique, les magasins à munitions, le centre de secours, les réservoirs d'eau, de gazole et de nourriture sont tous en souterrain, reliés entre eux par une galerie équipée d'une voie ferrée étroite de où roulent des wagonnets poussés à bras (les caisses d'obus font de 80 à ). L'entrée est de plain-pied, tandis que l'accès aux blocs de combat se fait par des puits (avec escaliers et monte-charge).

L'électricité était produite par trois groupes électrogènes, composés chacun d'un moteur Diesel (six cylindres, fournissant à 600 tr/min)La SMIM, Société des moteurs pour l'industrie et la marine, est basée à Paris, construisant des moteurs sous licence Körting. Les SMIM ont six cylindres à quatre temps, chacun avec de cylindrée (alésage de 190 mm, pour 260 mm de course). couplé à un alternateur, complétés par un petit groupe auxiliaire (un moteur 1 PJ 65, de à )Le nom du petit moteur Diesel CLM 1 PJ 65 correspond au fabricant (la Compagnie lilloise de moteurs, installée à Fives-Lille), au nombre de cylindres (un seul fonctionnant en deux temps, mais avec deux pistons en opposition), au modèle (PJ pour « type Peugeot fabriqué sous licence Junkers ») et à son alésage ( de diamètre, soit de cylindrée). servant à l'éclairage d'urgence de l'usine et au démarrage pneumatique des gros diesels. Le refroidissement des moteurs se fait par circulation d'eau.

Blocs

En surface, les cinq blocs sont dispersés pour réduire leur vulnérabilité aux bombardements. Chaque bloc de combat dispose d'une certaine autonomie, avec ses propres magasins à munitions (le à côté de la chambre de tir et le en bas du bloc), sa salle de repos, ses , ainsi que son système de ventilation et de filtration de l'air. toute la zone autour des blocs est battue par les fusils mitrailleurs installés dans les différents créneaux et cloches, se soutenant mutuellement. L'accès à chaque façade est bloqué par un fossé diamant, qui sert aussi à recevoir les débris de béton lors des bombardements. Étant donné que les positions de mise en batterie pour de l'artillerie lourde sont rares en montagne, le niveau de protection est moins important que dans le Nord-Est (les ouvrages construits en Alsace, en Lorraine et dans le Nord). Dans le Sud-Est (les Alpes), les dalles des blocs font d'épaisseur (théoriquement à l'épreuve de deux coups d'obus de ), les murs exposés , les autres murs, les radiers et les planchers un mètre. L'intérieur des dalles et murs exposés est en plus recouvert de de tôle pour protéger le personnel de la formation de (projection de béton à l'intérieur, aussi dangereux qu'un obus).

Le bloc 1 sert d'entrée mixte à l'ouvrage, regroupant l'entrée du matériel, qui se fait par un pont-levis ajouré (par lequel peut entrer un petit camion) et l'entrée du personnel, par une porte blindée. Le bloc est en plus équipé d'un créneau pour jumelage de mitrailleuses (avec un canon antichar de , mais cette arme mixte n'a pas été installée) dans l'axe de la route d'accès, ainsi que deux créneaux pour fusil mitrailleur (FM), une cloche GFM (GFM : « guetteur et fusil mitrailleur ») et une cloche lance-grenades.

Le bloc 2 est équipé de deux créneaux pour mortier de (avec une cadence de tir de 12 à 15 coups par minute à une portée maximale de ) tirant vers le nord-ouest alors que le bloc est à contre-pente, ainsi que d'une cloche GFM.

Le bloc 3 est une casemate d'artillerie d'action frontale tirant vers le nord-ouest, avec deux créneaux pour canon-obusier de modèle 1933 (12 à 13 coups par minute à une portée de ), chacun protégé par une plaque de de blindage avec orifice obturé par deux petits volets, deux cloches pour jumelage de mitrailleuses, deux cloches GFM et une cloche observatoire VDP (VDP : « vision directe et périscopique », indicatif ). Une issue de secours se trouve dans le fossé diamant, avec un créneau FM de défense des abords. Le bloc 3 est remarquable car il possède cinq cloches blindées et deux prises d'air, présentant ainsi les différents modèles utilisés sur les ouvrages Maginot.

Le bloc 4 est une casemate tirant vers le nord-est, avec deux créneaux pour mortier de , un créneau pour jumelage de mitrailleuses et une cloche JM. Sa défense rapprochée est assurée par deux créneaux pour FM en façade et une cloche GFM. Une issue de secours se trouve au fond du fossé.

Le bloc 5 est une petite casemate d'infanterie, avec un créneau pour jumelage de mitrailleuses tirant vers l'ouest, une cloche GFM et une cloche VDP (indicatif ). La façade est défendu par un créneau FM, auquel se rajoute un créneau optique pour communiquer avec l'ouvrage de Gordolon..

Les mitrailleuses et fusils mitrailleurs de l'ouvrage étaient chacun protégé par une trémie blindée et étanche (pour la protection contre les gaz de combat). Ils tirent la même cartouche de à balle lourde (modèle 1933 D de au lieu de pour la modèle 1929 C).. Les mitrailleuses étaient des MAC modèle 1931 F, montées en jumelage (JM) pour pouvoir tirer alternativement, permettant le refroidissement des tubes. La portée maximale avec cette balle (Vo = 694 m/s) est théoriquement de (sous un angle de 45°, mais la trémie limite le pointage en élévation à 15° en casemate et à 17° dans une cloche GFM), la hausse est graduée jusqu'à et la portée utile est plutôt de . Les chargeurs circulaires pour cette mitrailleuse sont de chacun, avec un stock de pour chaque jumelage.. La cadence de tir théorique est de par minute., mais elle est limitée à 450 (tir de barrage, avec trois chargeurs en une minute), 150 (tir de neutralisation et d'interdiction, un chargeur par minute) ou par minute (tir de harcèlement, le tiers d'un chargeur).. Le refroidissement des tubes est accéléré par un pulvérisateur à eau ou par immersion dans un bac. Les fusils mitrailleurs (FM) étaient des MAC modèle 1924/1929 D, dont la portée maximale est de , avec une portée pratique de l'ordre de .. L'alimentation du FM se fait par chargeurs droits de , avec un stock de par cloche GFM, par FM de casemate et pour un FM de porte ou de défense intérieure. La cadence de tir maximale est de par minute, mais elle est normalement de par minute pour économiser les munitions étant limité dans les ouvrages...

Histoire

Le premier projet du était de construire un ouvrage avec seulement deux blocs, soit une entrée et une puissante casemate : celle-ci devait être équipée avec deux canons-obusiers de , deux mortiers de 75, huit mitrailleuses et deux observatoires, le tout sous créneaux, surmonté par deux cloches GFM. Face au refus de la Commission d'organisation des régions fortifiées (CORF), les projets suivant morcèlent l'armement en plusieurs blocs.

Le bloc 6 n'a pas été construit, faute de crédit (report en second cycle) ; il devait comporter une tourelle pour deux canons de . Sa position aurait été soit à côté du bloc 3, soit du bloc 4. L'ouvrage a été construit par l'entreprise Borie, de à , pour un coût total de 23,5 millions de francs. (valeur de )Pour une conversion d'une somme en anciens francs de 1936 en euros, cf. ..

Il s'opposa en à l'avance des troupes alpines du corps d'armée italien ..

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

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Articles connexes Ligne Maginot Secteur fortifié des Alpes-Maritimes Avant-poste de Conchetas Avant-poste du Planet

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