Marc David Lasource, né Marc David Alba à Anglès (actuel département du Tarn) le , guillotiné à Paris, le , est un pasteur et homme politique français.
Révolutionnaire, il est député du Tarn à l'Assemblée législative (1791 - 1792) puis à la Convention nationale, dont il est président du au . Il s'engage avec ferveur dans la préservation des acquis de la Révolution, et après avoir travaillé avec Robespierre, il s'oppose à lui, ce qui lui vaut d'être guillotiné.
Biographie
Avant la Révolution David Alba prend le pseudonyme de « Lasource » à cause des persécutions envers les protestants. Il fait ses études de théologie au séminaire de Lausanne d' à et il est consacré à Lausanne le . Il exerce comme pasteur à Lacaune, puis à Roquecourbe et à Réalmont, avant de prêcher à Castres. Respecté, il est secrétaire du synode provincial du Haut-Languedoc. Il quitte le ministère après 1791.
Sous la Révolution
Député de l'Assemblée législative Élu député à l'Assemblée législative par le département du Tarn le , par 149 voix sur 278, il siège plutôt à gauche. Il prend souvent la parole pour défendre la Révolution, comme lorsqu'il dénonce les émigrés le , ou quand il demande la reddition de comptes des ministres, le de la même année. Le , d'après une motion proposé par lui, le prince Louis-Stanilas (futur Louis XVIII) est déchu de son droit à la régence. Le , il fait un grand discours pour demander l'élection par le peuple des administrateurs des deniers publics :
Le , il se prononce en faveur de la mise en œuvre de plus de moyens pour protéger la France des révoltes et invasions qui la menacent, avec le recrutement de 200 000 soldats supplémentaires et la construction de deux nouvelles manufactures d'armes. Le , il propose la création d'un camp militaire à Paris, puis demande à fixer une limite d'âge de mariage (13 ans pour les femmes, 15 pour les hommes) le . Le , il réclame la création de bataillons de volontaires. Le , il demande l'envoi de commissaires aux frontières.
Auparavant le , il propose le décret d'accusation contre le marquis de La Fayette, dont, pourtant il avait été un grand admirateur au temps du succès de ce dernier. Le , à la tribune de l'Assemblée législative pour l'accusation de La Fayette, il déclare : . Le , il obtient gain de cause, et La Fayette est décrété en état d'arrestation. Il fait ensuite de même avec l'ancien ministre Armand de Montmorin, arrêté le .
Député à la Convention gauche|vignette|Portrait de Marc David Alba. Son premier mandat de député termine officiellement le . Néanmoins, il est réélu dès le député du Tarn à la Convention nationale, avec 275 voix sur 438. Il siège tout d'abord avec les Montagnards, dont il devient secrétaire le . Il intervient souvent, demandant des mesures radicales contre les émigrés et autres opposants à la Révolution. Il devient membre suppléant du Comité de sûreté générale. Le , il fit partie des vingt-cinq membres du nouveau Comité de défense générale, appelé Commission de salut public, ancêtre du Comité de salut public, instauré par le décret du , il en fait partie de janvier à . En mission à Nice, il demande le rattachement de la ville à la France, et devient l'artisan de la réunion du comté de Nice à la France. Il se montre sans pitié envers les prévenus de l'association bretonne puis le , il dénonce Danton comme complice de Dumouriez.
En mission à l'armée du Var, lors du procès de Louis XVI, Lasource ne prend pas part aux deux premiers scrutins sur la culpabilité du roi et l'appel au peuple Louis XVI. Revenu à Paris, il vote pour la condamnation à mort, déclarant : .
Finalement, il se sépare des Montagnards peu après, et se rapproche des Girondins, car il était favorable à la guerre. De plus, il s'oppose à Maximilien de Robespierre au sujet de l'expulsion de 22 députés. Il dénonce aussi Jean-Paul Marat en ces termes : . Il s'abstient néanmoins de voter lors de la mise en accusation de Marat. Il attaque de même les interrupteurs qui peuplaient les tribunes, et dénonce l'existence de partis tendant à la dictature.
Président de la Convention et déchéance Il devient président de la Convention du au et vote sur le rétablissement de la Commission des Douze. Après l'arrestation des Girondins, il accuse Maximilien de Robespierre d'être responsable de la rédaction de la demande de proscription du concernant vingt-deux députés girondins : . Étant, lui aussi, compris dans cette proscription, il est arrêté.
Jugé devant le Tribunal révolutionnaire du 3 au 9 brumaire an II (24 au ), il se défend le à la Convention : . Il est condamné à mort le sous le prétexte d'avoir participé à , en même temps que Brissot, Vergniaud, Gensonné, Carra, etc.
Il est guillotiné à Paris le 10 brumaire an II (). Sur l'échafaud, il s'écria : .
Mariage Marc David Alba épouse en 1786 Jeanne Antoinette Catherine de Galtier de Laroque, qui meurt après un an de vie commune. Il se remarie donc le avec Jeanne-Antoinette de Noir de Cambon.
Iconographie s.d. - Portrait de David Albin Lasource, hst, par anonyme ' école française du XIXe 61 x41Vente publique succession Aristide Briand
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Histoire et dictionnaire de la Révolution française 1789-1799 de Jean Tulard, Jean-François Fayard, Alfred Fierro Camille Rabaud, Lasource, Député à la Législative et à la Convention (1763-1793), Paris : Fischbacher, 1889. (Ouvrage couronné par l'Académie Française)
Liens externes
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