Sœur Marcelle Baverez est une religieuse et résistante française, née à Besançon le et déportée et décédée le au camp nazi de Ravensbrück.
Biographie Marcelle Baverez voit le jour au sein d'une famille bourgeoise aux racines comtoises et lorraines. Son père est officier. Elle effectue sa scolarité au lycée Pasteur de Besançon puis, à l'âge de 16 ans, prépare le brevet supérieur auprès des sœurs de la Charité.
Parvenue à sa majorité, elle s'engage dans la vie religieuse et prononce ses vœux en 1920 au sein de la congrégation des religieuses hospitalières, filles de Notre-Dame des Sept Douleurs de Besançon. Après des affectations successives à Lucerne, Cannes, Lons-le-Saunier et Vesoul, elle revient à l'hôpital Saint-Jacques de Besançon où elle prend la direction de la pharmacie à partir de 1940, ce qui lui vaut le surnom de « sœur pharmacie ».
Très investie auprès des malades, elle s'engage dans la Résistance aux côtés d'autres religieuses de l'établissement. Leur action consiste notamment à faciliter la fuite de militaires captifs et de blessés ainsi qu'à cacher des personnes recherchées, recourant parfois à des stratagèmes audacieux. Au lendemain de l'armistice de 1940, l'hôpital accueille en effet entre 1 500 et 2 000 soldats blessés retenus en tant que prisonniers de guerre.
À partir de 1943, sœur Baverez, en lien notamment avec l'abbé Bourgeois, intègre un réseau de renseignement d'origine polonaise, le réseau F2, dont la direction en Franche-Comté est assurée par Pierre Breton, un Parisien opérant sous le pseudonyme de « Delsol ». Elle y occupe la fonction de chef de secteur sous le nom de code « Berthe ». Rattaché au Service de renseignement interallié, ce réseau compte de nombreux agents recrutés en France. Sœur Baverez cumule ainsi plusieurs formes d'engagement clandestin, menant des activités de renseignement tout en poursuivant son aide aux blessés et aux évadés.
Dénoncée par un indicateur, elle est appréhendée le et placée en détention à la Butte, à l'isolement. Elle subit de longs et violents interrogatoires menés par la Gestapo : au cours d'une séance de 23 heures, ses tortionnaires tentent de l'asphyxier en la comprimant entre deux matelas. Elle refuse cependant de livrer la moindre information et endure ces épreuves avec une grande fermeté.
Transférée à Dijon, elle est ensuite dirigée vers le camp de Compiègne en , puis déportée à Ravensbrück, où elle parvient le . Dans le camp, elle force l'admiration de l'ensemble des détenues, y compris les moins croyantes, par son courage et son abnégation. Affectée comme infirmière au Revier, elle s'efforce d'adoucir le quotidien des détenues et de secourir les plus vulnérablesListe officielle des personnes déportées dans le département du Doubs (consulté le )..
Elle contracte la typhoïde dans le camp et meurt des suites d'une méningite le .
Reconnaissance Une rue du quartier des Tilleroyes, à Besançon, rend hommage à son courage et à son héroïsme.
Distinctions
(décret du ).
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
. DVD pédagogique.
Articles connexes Robert Bourgeois Histoire de Besançon Personnalités liées à Besançon Liste de religieux français tués hors de France
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