Ivan Ivanov-Vano (en ), également appelé Ivan Ivanov ou simplement Ivanov-Vano, est un réalisateur, scénariste, directeur artistique, animateur et chef décorateur soviétique, né le à Moscou (Empire russe) et mort le à Moscou (Union soviétique).
Surnommé le « Patriarche de l'animation russe » ou le « Disney russe », il a fait partie des premiers créateurs de l'animation soviétique et russe.
Biographie
La vie d'Ivan Ivanov-Vano a fait l'objet d'une biographie écrite par Iouri Norstein à l'occasion du anniversaire de sa naissance auquel ont contribué , , , , S. Sokolov.. Éditée par sa fille Galina Ivanovna Ivanova, elle apporte une grande quantité d'informations et de précisions sur la vie du réalisateurSeules les cinq premières pages de l'ouvrage sont consultables en ligne ce qui explique que son enfance soit plus documentée. Jeunesse Ivan Petrovitch Ivanov-Vano (en ) est né le selon le calendrier julien en usage à cette époque à où actuellement se trouve la Place du manège. Son père, Piotr Ivanovitch Ivanov était enregistré comme paysan sans terre du gouvernement de Kalouga, , . Arrivé à Moscou vers 1870, il était devenu cordonnier et travaillait pour le propriétaire de l'immeuble où il habitait. Son épouse Elizaveta Mitrofanovna, avait donné naissance à sept enfants dont quatre avaient survécu au moment où Ivan Ivanovitch poussait son premier cri. Ainsi il se trouvait être le benjamin de la famille avec deux frères, Mikhaïl Ivanovitch et Nikolaï Petrovich, et deux sœurs, Evdokia Petrovna et Elizaveta Petrovna. Entre eux ils s'étaient donné des sobriquets: Dina pour Evdokia, Koko pour Nikolaï et plus tard Vania deviendra Vano, pseudonyme qu'il gardera toute sa vie. Sa mère travaillait comme journalière, allant de maison en maison pour les lavages et les travaux de couture qu'elle effectuait dans les cuisines ce qui permit à Vania qu'elle amenait sur son lieu de travail, de s'initier à des recettes qu'il exécuta plus tard, avec talent.
Dans ce quartier, ils habitaient, comme les autres pauvres, dans une construction sommaire donnant sur une cour intérieure avec dans le voisinage, des étudiants de l'Université de Moscou qui logeaient dans de petites chambres meublées à ou aux étages supérieurs des immeubles dont les rez-de-chaussée étaient souvent occupés par des librairies. Là, tout jeune, Ivan découvrit et admira les estampes de , Nikolaï Kassatkine, Ilia Machkov, Sergueï Malioutine, Mikhaïl Mikechine, Vassili Polenov, Apollinaire Vasnetsov, Viktor Vasnetsov, des livres de contes, des épopées, des loubki édités par Ivan Sytine qui furent une source d'inspiration pour ses représentations théâtrales au sein de la famille. Par ailleurs, malgré leur condition, ses frères et ses sœurs s'intéressaient aux arts : Mikhaïl était attiré par la photographie, Evdokia qui suivra des cours avec le peintre Ilia Machkov et Elizaveta s'investissaient dans le théâtre où elles participaient à des spectacles amateurs donc, en quelque sorte, Ivan Petrovitch prit la suite tout en se démarquant : il se mit à dessiner et à peindre sur toutes sortes de supports avec les crayons et les peintures que lui donnaient des étudiants et Mikhaïl, son frère aîné, qui continuait à s'occuper de sa fratrie.
Son père, strict avec sa progéniture frappait ses enfants si, par exemple, l'un n'était pas prêt pour aller à l'office religieux mais il ne reste guère de souvenirs de celui-ci car il est parti et a abandonné sa famille. Les jours fériés, sa mère, très pieuse l'amenait au couvent de Novodievitchi puis au où, au milieu des baraques de la foire, il admirait les théâtres de marionnettes et les spectacles que donnaient les bouffons, que l'on retrouvera bien plus tard dans ses dessins animés (voir Le Petit Cheval bossu vers la minute) où ils sont représentés d'une façon si pittoresque. Ces moments agréables passés au marché ont probablement ancré le goût qu'il a eu toute sa vie, où qu'il se trouve, pour se promener, regarder, rencontrer et discuter avec les vendeurs, marchander, acheter dans ces foires. Il était aussi subjugué par la beauté des offices religieux: il était capable de les réciter à tel point qu'un jour, dans les années 60, vers Pâques, ne pouvant assister à une cérémonie à la laure de la Trinité-Saint-Serge à Serguiev Possad, il a pu, avec l'aide d'un ami, la célébrer, intégralement, de mémoire, dans la voiture qui les conduisait à leur rendez-vous. D'autre part, sa fille témoigne, qu'adulte il n'allait pas à l'église mais qu'il respectait la coutume de célébrer les fêtes orthodoxes. D'ailleurs il se mariera dans la cour d'un monastère et en 1970, il utilisera des images d'icônes pour La Bataille de Kerjenets.
Études Après avoir fréquenté l'école paroissiale où on lui a enseigné la langue maternelle, l'histoire, la géographie, les mathématiques et bien sûr les préceptes religieux, il en est sorti avec son diplôme pour être affecté à 14 ans au département junior de l'école de peinture, de sculpture et d'architecture de Moscou. Ayant quitté sa mère pour vivre dans la famille de sa sœur Evdokia, il a retrouvé dans cet établissement, Konstantine Vassilievitch Spasski, son beau-frère qui y était professeur depuis 1907. Là, en plus des matières enseignées dans l'école précédente, il devait y apprendre une langue étrangère et suivre une formation dans les disciplines particulières à cet établissement : dessin de portrait, de buste, de modèle vivant, copie de tableau ancien, nature morte.
En dehors des programmes scolaires il était passionné par le théâtre, le spectacle de ballet dont il connaissait des ballerines. Il a même essayé d'entrer au théâtre Maly pour y devenir comédien, le directeur, étant un de ses amis, mais en vain. Cependant cela n'a pas été sans conséquences car, plus tard, il a fait des croquis de costumes pour des pièces. Il était aussi passionné par la lecture d'auteurs tels que Sergueï Aksakov, Alexandre Dumas, Nikolaï Leskov, Nikolaï Nekrassov, Alexandre Pouchkine, Walter Scott, Ivan Tourgueniev, Jules Verne. À 16 ans, il acheta son premier livre, Anna Karénine, et plus tard il a découvert Aristophane et Sophocle. Il a gardé cet intérêt pour la lecture toute sa vie : il a écrit quelques livres et surtout fourni des illustrations à leurs éditeurs.
On lui connaissait un attachement pour un jouet d'artisanat traditionnel: un sifflet en argile qui peut faire penser aux jouets de Dymkovo et quand il a réalisé certaines animations avec des sujets en argile pour varier les mises en scène, il a dû y retrouver des souvenirs d'enfance.
Tout jeune, c'était un enfant vif et agité qui passait ses vacances d'été avec la famille de son frère aîné à Bogorodskoïe où, toute la journée il pêchait et parfois capturait des oiseaux, il courait et jouait pieds nus avec les enfants du village, au chat, au , aux gorodki. À partir de 14 ans, il les passait dans la famille de sa sœur à Barvikha où il s'était intégré à une avec des jeunes plus âgés que lui pour pratiquer l'athlétisme, le football, le hockey et le ski en hiver. Ensuite il a joué au basket-ball où il a atteint le summum en participant à un match international en 1926. En 1920, il a commencé le tennis et a participé au championnat de la maison du cinéma mais a dû s'incliner devant Nikolaï Ozerov. Au début de 1954, s'étant gravement blessé à la jambe, il a dû arrêter de pratiquer et se satisfaire de devenir supporter. De plus, il n'était pas seulement un pratiquant de sports mais il a aussi utilisé ses compétences professionnelles pour illustrer des livres et des couvertures de magazines sportifs, pour être, en 1927, directeur artistique d'un des premiers dessins animés consacré au sport : La Patinoire. Pour ses 70 ans, la direction de la société de ski lui a remis un certificat de vétéran.
Formation professionnelle au Svomas puis au Vkhoutemas En 1918, tout en travaillant comme dessinateur puis comme dessinateur architecte au département de la construction de l'administration des transports de Moscou, il a poursuivi ses études dans les ateliers d'art libres d'État, Svomas, qui à cette époque avaient été divisés en deux. : le premier était réservé à la peinture et à la sculpture, le second à l'architecture et à la polygraphie où il a retrouvé , Ilia Machkov en tant que professeurs et un ami dont sa fille, Galina, a souligné l'influence sur son père. En 1920, ces deux écoles, sous la pression des étudiants, ont été regroupées en une seule dont le nom était l'acronyme Vkhoutemas. Il y a poursuivi sa formation jusqu'à son terme en 1923, où il a obtenu son diplôme de fin d'études. Alors qu'il pensait passer sa vie à illustrer des livres et des magazines, l'a entraîné à l'Institut supérieur cinématographique, (ГТК), (c'est ainsi qu'il s'appelait à cette époque) où il a été accepté après un examen dont Madame Iekaterina Eriomkina donne la teneur dans l'article qu'elle a écrit sur Ivan Ivanov-Vano .. Là, il a commencé, avec d'autres artistes issus de Vkhoutemas, en réalisant le premier dessin animé soviétique La Chine en feu. La Mécanique du cerveau qui a suivi, est un documentaire où il a travaillé pour des inserts animés.
Mejrabpom-Rous et Mejrabpomfilm
Avant fin 1926, il rejoignait l'équipe de Mejrabpom-Rous dirigée par où il utilisait une caméra Pathé modèle B, inventée par Pierre-Victor Continsouza, louée à .. Ils surnommaient ce lourd appareil de 8 kilogrammes le Pathé Chameau car les deux bobines qui le surmontaient lui faisaient deux bosses. Avec, ils ont pu réaliser deux films pédagogiques : le premier sur L'Industrie du verre et de la porcelaine et le second sur l'utilisation de l'avion pour protéger les cultures contre les parasites ou pour répandre de l'engrais.
Mais à la fn de 1926, l'usine brûla et ils sont allés poursuivre leur travail dans une écurie où l'on a fait des aménagements de fortune pour qu'ils puissent continuer. Ils ont continué accompagnés par le hennissement des chevaux en bruit de fond ce qui les a sans doute inspirés pour créer en 1929, le dessin animé Les Aventures de Munchausen et plus tard, après avoir eu l'opportunité d'avoir pu bien observer ces animaux, de dessiner les mouvements gracieux du Petit Cheval bossu. Monsieur Mossiaguine ayant récupéré son « chameau », ils se sont offert une caméra Debrie Parvo. "Vano" s'est inspiré d'un poème de Vladimir Maïakovski pour réaliser sa première œuvre sonorisée, un dessin animé de 7 minutes, Black and White dont le titre original n'est pas en russe mais en anglais car l'histoire illustre le racisme aux États-Unis. Ce court métrage a été suivi par Le Tsar Dourandaï dont les dessins étaient exécutés sur du papier et non sur celluloïd comme dans l'usine Disney. C'était le début d'une longue série de dessins animés basés sur des contes de fées et à cette occasion l'équipe avait visité le afin de trouver des idées pour représenter les personnages..
Pendant qu'il travaillait à Mejrabpom-Rous et à Mejrabpomfilm, en 1926, il avait rencontré Tatiana Borissovna Bekker, âgée de 24 ans. Il se marièrent dans l'enceinte du monastère de la Conception en 1928.. Son épouse, par sa mère Anna Andreïevna, cousine de l'actrice et révolutionnaire Maria Andreïeva, appartenait à la noble famille des Iourkovski. Le beau-père d'Ivan Ivanovitch, Boris Valentinovitch Bekker, était un grand ingénieur ferroviaire russe et soviétique, l'un des dirigeants du parti des cadets à Vologda et un « homme de haute culture » qui a initia son genre à l'art russe ancien, à la peinture d'icônes et à la culture de l'Âge d'argentru.rodovid.org/wk/Запись:1103295. De cette union naîtra, en 1932, Galina Ivanovna qui deviendra archiviste.
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