La Confrérie du Saint-Esprit. (plus rarement nommée Confrérie de l'Arche du Saint-Esprit) est une œuvre caritative fondée au (probablement « la plus ancienne des institutions de charité.») après les Hospitaliers fondés au .
Composée de laïcs., la Confrérie du Saint-Esprit fut créée antérieurement à l'année 1189. par Guy de Montpellier (fondateur de l'Ordre des Hospitaliers du Saint-Esprit) dans le but de réunir toutes les personnes souhaitant aider les pauvres, les malades et les orphelins.
Le fondateur : Guy de Montpellier thumb|right|200px|Guy de Montpellier, fondateur de la Confrérie du Saint-Esprit et de l'ordre des Hospitaliers du Saint-Esprit.
L’établissement de confréries et d’ordres religieux destinés à soulager les peines des malades connut, en Europe au , un important développement (explicable par l'essor démographique que connut cette période). La plus importante des organisations établies pendant cette période fut celle des frères Hospitaliers du Saint-Esprit et de sa confrérie laïque, la Confrérie du Saint-Esprit, fondés par Guy de Montpellier vers 1180.
Guy de Montpellier (ou Gui) (1160-1209) crée en 1195 à Montpellier le premier hôpital qui accueille et soigne toutes les misères : « L'hôpital de Montpellier était desservi par la Confrérie du Saint-Esprit, entièrement composée de laïcs. »
Son père, Guilhem VII de Montpellier (v. 1130-1172), de la dynastie des Guilhem, est seigneur de Montpellier et d'Aumelas. Guy est le frère cadet de Guilhem VIII de Montpellier (1157-1202) et de Raymond ou Raimon de Montpellier, moine et évêque d'Agde. thumb|right|140px|Armes des seigneurs de Montpellier, d'argent au tourteau de gueules
Il semble avoir fait son éducation chez les Templiers, mais en sortit relativement jeune. Après la mort de son père en 1172, exécutant ses dernières volontés, il se décida à fonder l'ordre des Hospitaliers du Saint-Esprit et à créer un autre ordre que celui des Templiers, destiné, dans son esprit, à d'autres combats : la charité, les soins, l'accueil et l'hospitalité universelle.
Le but de Guy était de reproduire le divin idéal de la charité universelle par un soulagement de toutes les misères (corps, âme, esprit) d'un caractère holistique (c.à.d. global).
Il recueillait les enfants trouvés, s'occupait de l’éducation de la jeunesse recueillie par l'ordre, de l'assistance de toutes les misères et de l'hospitalité aux personnes de toutes conditions.
Sa foi en acte était, au-delà de l'aspect purement caritatif d'exercer la charité en faveur du prochain, préconisée comme acte de justice.
C'est lui qui le premier créa le concept de "famille d'accueil" en expérimentant la création des placements familiaux.
Origines En même temps qu'il fondait l'ordre du Saint-Esprit, Guy de Montpellier eut l'inspiration féconde de lui adjoindre, « antérieurement à l'année 1189». une institution qui devait augmenter notablement et ses ressources et son influence. « Le premier peut-être dans l'Église» il conçut le projet de ces associations de personnes pieuses, qui, sans se lier par aucune règle religieuse ni aucun vœu, consacrent une partie de leur temps à des œuvres d'assistance et de charité. thumb|right|200px|Le pape Innocent III remettant l'habit de l'ordre aux Hospitaliers du Saint-Esprit. Nous savons d'une manière certaine à quelle époque fut fondée la confrérie du Saint-Esprit : elle remonte à l'origine même de l'ordre religieux du même nom. La confrérie du Confalon, réputée la plus ancienne de Rome, fut approuvée par Clément IV en 1264Elle avait pour but le rachat des captifs. ., c'est-à-dire plus de soixante ans après l'érection de celle du Saint-Esprit de Sainte-Marie in Saxia. Celle-ci en effet se trouve citée dans la troisième bulle d'Innocent III, de l'année 1204 ; le pape y écrit: « Nous voulons que les receveurs ou collecteurs de vos confréries soient placés sous la protection de saint Pierre et la nôtre, sauf le droit de leur seigneur, et que leur paix ne soit point troublée. Nous décrétons aussi que quiconque sera reçu dans votre confrérie, s'il arrivait qu'à sa mort l'église paroissiale à laquelle il appartient se trouvât en interdit, la sépulture ecclésiastique ne lui soit point refusée »
Dès cette époque, comme cette citation le démontre, la confrérie du Saint-Esprit était en fonctionnement, avec ses collecteurs et son organisation complète, non seulement à Rome, mais en beaucoup d'autres lieux. Paul Brune affirme qu'elle existait à Montpellier avant que Guy ne vint se fixer à Rome : « son institution remonte au berceau même de l'Ordre. La preuve nous en est fournie par le fait de son existence à Marseille antérieurement à l'année 1189, époque où les confrères fondèrent l'hôpital de cette ville ». Il est donc permis de croire que dès l'origine, chaque hôpital avait pour annexe indispensable une confrérie.
Les premiers hôpitaux de la confrérie Son hôpital du Saint-Esprit, le premier construit à Montpellier, fut réalisé en 1195. Il était situé au faubourg du Pyla-Saint-Gély et fut détruit en 1562.
En 1204, le pape Innocent III fit construire à Rome, un hôpital appelé Santa Maria de Sassia. Sur ordre du pape, Guy de Montpellier fut appelé à Rome et reçut la charge de cet hôpital, qui devint dès lors le Santo Spirito de Sassia, qui disposait de 300 lits et soignait plus de 1 000 malades par jour (et qui reste de nos jours un des plus grands hôpitaux romains).
L'exemple donné par le pape fut imité dans toute l'Europe. À la fin du on comptera une centaine de filiales de l'ordre en Italie, ainsi que de nombreuses autres principalement en France (spécialement en Bourgogne et en Franche Comté) mais aussi en Belgique, Suisse, Allemagne, Pologne, Angleterre, Irlande, Espagne, etc... Ainsi, presque chaque ville hébergea un hôpital et une Confrérie du Saint-Esprit (ou Confrérie hospitalière du Saint-Esprit).
Buts La confrérie du Saint-Esprit avait un double objet : l'augmentation des revenus des hôpitaux et l'assistance paroissiale.
Le premier de ces deux buts était atteint par le moyen des redevances annuelles que les confréries payaient, soit à la maison dont elles dépendaient, soit au chef même de l'Ordre. Nous possédons à ce sujet un bon nombre de documents. Souvent, ces redevances étaient assez minimes ; mais, par leur multiplication, elles ne laissaient pas de former un total important. En outre partout où existait la confrérie, les quêtes annuelles étaient nécessairement plus fructueuses et les aumônes plus abondantes. Les prieurs étaient les gardiens naturels des troncs et bassins des églises ; ils en remettaient le produit, en même temps que leur prestation, entre les mains du commandeur magistral.
L'ordre entier avait donc grand intérêt à multiplier les associations. Mais les paroisses en tiraient des avantages bien plus considérables encore. La confrérie remplissait, mais sur une plus vaste échelle, un rôle analogue à celui des sociétés de Saint-Vincent de Paul. L'assistance des pauvres, la visite des malades et des infirmes étaient les premiers devoirs des confrèresEn 1587, année de disette, le Conseil de la ville d'Arbois décide, entre autres mesures, que pour subvenir aux nécessités des malheureux, la confrérie du Saint-Esprit sera réorganisée. (Annales d'Arbois, Bousson de Mairet, p. 209) . Une part des revenus était réservée à cet usage charitableDans le courant de l'année 1489, la confrérie d'Arbois distribua aux pauvres de la ville 80 quartaux de froment. — Archives de l'hôpital, E. 194.. La seconde partie servait à l'entretien de la maison et de la chapelle de la confrérie. Souvent, dans les campagnes, la confrérie prenait à sa charge tous les frais d'entretien du coite. Dans les églises plus riches, elle contribuait à la décoration, fournissait le laminaire aux fêtes solennelles, faisait réciter des offices somptueux, se chargeait de faire venir des prédicateurs de renom, etc. Ajoutons enfin que la confrérie contribuait puissamment au maintien de la paix et de la concorde parmi les citoyens ; les règlements faisaient aux confrères un devoir de soumettre tous leurs différends à l'arbitrage des prieurs et de mettre avec zèle toute leur influence au service de la paix publique.
Activités Les quatre priorités de la confrérie furent fixées par leur fondateur Guy au : la charité, les soins, l'accueil, l'hospitalité universelle.
Aux origines, l'emploi de ses membres était d'entretenir les enfants exposés et orphelins, les estropiés et invalides, les insensés et troublés d'esprit, d'assister les vieillards pauvres, les familles tombées en nécessité, qu'on appelait les pauvres honteux, mais aussi les malades de la peste. Ils logeaient aussi les pèlerins, dotaient les filles pauvres, enseignaient les arts libéraux et mécaniques aux orphelins afin de les insérer dans la société ; enfin ils exerçaient, disaient leurs statuts, « tous les actes de miséricorde et de charité, méprisant leur propre vie pour le salut de leur prochain ».
Au , l'ordre religieux compte plus d’un millier d’hôpitaux, dont 400 en France.
Membres La Confrérie du Saint-Esprit fut fondée par Guy de Montpellier et confirmée par les trois papes Eugène IV, Sixte IV et Jules III., composée de laïcs sans vœux religieux (« L'ordre du Saint Esprit se composait de religieux obligés par un vœu, et de laïcs qu'on regardait comme chevaliersextrait de Cours d'histoire des états européens : depuis le bouleversement de l'empire romain d'occident jusqu'en 1789 De Frédéric Schoell, Franz Xaver Zach. Publié par de l'imprimerie royale et chez Duncker et Humblot, 1830.. »), de personnalités diverses (Charles VIII, roi de France, Henri VII, roi d'Angleterre, la reine Élisabeth d'York, Marie de Bourgogne, Jean et Christine de Danemark, Jacques IV d'Écosse, l'empereur Maximilien , la reine de Pologne, le roi Louis XII de France, etc. furent par exemple membres de la Confrérie.) et toutes personnes voulant aider les pauvres et les malades.
En France, la confrérie reçue encore des lettres patentes du roi Charles VII le ..
Réception des nouveaux membres au La Règle de la confrérie précise en détail l'admission des nouveaux membresRégula, chapitre IV. Qualiter societas nostra petentibus detur.: « Lorsque quelqu'un demandera à être associé aux frères et désirera se recommander à leurs prières, il se présentera au chapitre et se prosternera contre terre, pendant que le prieur ou un autre prêtre récitera sur lui les prières suivantes. Cela fait qu'on lui accorde la société en lui faisant toucher l'Evangile et l'étole, avec ces paroles : « nous vous donnons société avec nous, par la participation à toutes nos prières et au mérite de nos œuvres de charité ». Les assistants répondent : Deo gratias. Ensuite le nouveau confrère recevra de tous les frères le baiser de paix et on inscrira son nom sur le livre de la confrérie. »Histoire de l'Ordre Hospitalier du Saint-Esprit. Paul Brune; Editeur: C. Martin; 1892; p. 156
La Confrérie tenait une place distinguée à la tète des œuvres paroissiales: « La noblesse et la riche bourgeoisie tenaient à honneur de se faire inscrire sur le registre des confrères et de s'associer aux bonnes œuvres de l'Ordre.»
Les funérailles des membres La sollicitude du pape s'étendit jusqu'aux funérailles des confrères. Suivant ses ordres, deux draps funèbres, qu'il avait donnés lui-même, devaient servir à leurs obsèques (l'un, plus riche, était réservé aux nobles). Seize membres de la confrérie, portant des torches et quatre chandeliers d'argent, devaient accompagner le corps jusqu'à la tombe. Un service funèbre devait être célébré à la mort de chaque associé et tous les jeudis, une messe dite pour les membres vivants et défunts.
Sixte IV termine en recommandant avec les plus vives instances l'hôpital et la confrérie du Saint-Esprit à toute la sollicitude de ses successeurs, les priant surtout de ne pas les donner en commende, sous peine de détruire de nouveau des institutions si nécessairesBulle du 21 mars 1477 Diplomata, l, p. 99..