Le régiment Semionovsky (en ), était avec le régiment Préobrajensky le régiment d'infanterie le plus ancien de la Garde impériale russe.

Dissous en 1918, son nom est repris depuis par le séparé de fusiliers Semionovsky ().

Historique du Régiment Semionovsky Ce régiment fut fondé par l'empereur Pierre le Grand en 1687. Il doit son nom au village de Semionovskoïe, situé à l’est de Moscou.. Ce régiment est l’héritier du régiment Petrov, formé en 1683, par le tsar Alexis pour les divertissements guerriers de son fils Pierre Alexeïevitch de Russie, alors âgé de onze ans. Cette petite troupe armée se composait alors d’une cinquantaine de jeunes boyards et de courtisans et était stationnée dans le village de Preobrajenskoïe. Mais très vite de nouveaux jeunes gens vinrent grossir les rangs de cette joyeuse troupe, une partie fut donc transférée au village de Semionosvskoïe.. De jeunes enfants issus de la grande noblesse russe de l’époque composaient l’entourage du jeune Pierre Alexeïevitch de Russie : les Dolgoroukov, Galitzine, Cheremetiev, Pozorovski, Repnine, Boutourline, Narychkine, Tolstoï et bien d’autres..

En 1687, cette troupe armée stationnée au village de Semionovskoïe prit le nom de Régiment Semionovsky.

Ce fut au cours de la campagne d’Azov (1695) que le régiment Semionovsky reçut son baptême du feu.

En 1698, le Régiment Semionovsky se composait de trois bataillons, auxquels il faut ajouter deux compagnies militaires distinctes composées de bombardiers (en service sur les mortiers, les obusiers) et des grenadiers.

En 1800, sur ordre de Paul de Russie, le Régiment Semionovsky fut débaptisé et reçut le nom de Régiment de la Garde de Sa Majesté Impériale Alexandre Pavlovitch. Mais en 1801, Alexandre le restaura dans son ancien nom.

Grande Guerre du Nord thumb|left|200px|Prise de la forteresse de Noteborg, d’après une œuvre du peintre russe Alexandre Evstafievitch Kotzebue.

Le , à l’occasion de la prise de la forteresse de Narva, ce régiment prit le nom de Régiment de la Garde Semionovsky. Après cette bataille, alors que certains officiers russes se constituèrent prisonniers, les Régiments Semionovsky et le Régiment de Grenadiers Moskovski placés sous le commandement du général Bader continuèrent le combat.

En 1702, le Régiment Semionovsky se distingua à la prise de la forteresse de Noteborg, en récompense, chaque soldat ayant participé à cette victoire sur les troupes suédoises reçut une médaille d’argent.

Le , le régiment et le Corps volant russe s’illustrèrent à la bataille de Lesnaya.

Le , ce régiment d’infanterie de la Garde fut engagé à la bataille de Poltava.

Prise d’Otchakov En 1788, au cours de l’assaut mené contre la forteresse d’Otchakov, Sergueï Vassilievitch Nepeïtsyne fut grièvement blessé à la jambe et fut amputé sous le genou. Cette blessure devait en toute logique mettre un terme à sa carrière militaire, mais il rencontra le remarquable ingénieur et inventeur russe Ivan Petrovitch Koulibine (1735-1818). Celui-ci conçut et fabriqua une jambe artificielle pour Sergueï Nepeïtsyne. Sa force de caractère, sa persévérance lui permirent de rester en service dans l’Armée impériale de Russie jusqu’à sa retraite. Au cours de la Guerre patriotique, il reprit du service. Il s’illustra à la bataille de Kliastitsy. Puis à la tête d’un détachement de cavalerie formé de Cosaques et de dragons, il harcela les troupes françaises, tuant les traînards, ôtant à l’ennemi son fourrage, ses vivres, coupant toute communication. Pour ces faits de guerre, il reçut l’ordre de Saint-Georges (). Alexandre fut informé de la vaillance de ce soldat infirme et pour le récompenser de sa bravoure, l’empereur ordonna son transfert au prestigieux Régiment Semionovsky. Le valeureux Nepeïtsyne continua la guerre au sein de ce régiment.

Guerres napoléoniennes thumb|right|250px|Monument érigé en mémoire de la bataille de Borodino

Au cours de la Guerre de la Quatrième Coalition, les troupes du Régiment Semionovsky s’illustrèrent aux batailles de Guttstadt, d'Altenkirchen et à la bataille de Friedland.

Pendant la Guerre patriotique de 1812, les trois bataillons du Régiment Semionovsky firent partie de la Brigade de la division d’infanterie de la Garde ( Corps d’infanterie). Au cours de la bataille de la Moskova (bataille de Borodino pour les Russes), ce régiment de la Garde fut mis en réserve. Après la prise de la redoute Rajewski par les troupes de la Grande Armée, les soldats du Régiment Semionovsky repoussèrent les attaques de la cavalerie lourde française menées sur le centre de la position russe par le maréchal Joachim Murat. Dans ces contre-attaques, on déplora la mort de 120 soldats du Régiment Semionovsky.

Au cours de la Guerre de la Sixième Coalition, le Régiment Semionovsky fut engagé dans les batailles de Lützen, Bautzen, Kulm et la Bataille de Leipzig.

Au cours de la Campagne de France (1814), il prit part à la prise de Paris.

Mutinerie du Régiment Semionovsky thumb|left|200px|Portrait du général Grigori Iefimovitch Schwartz En 1820 survint ce que l’on nomma en Russie l’Histoire de Semionovsky - Семеновская история 1820.. Mécontents de la nouvelle nomination du général Grigori Iefimovitch Schwarz (1791-1822), à la tête du régiment Semionovsky, militaire connu pour sa rigueur excessive n'hésitant pas à frapper lui-même les soldats, selon André Maury, La Conspiration des décabristes, , Les Éditions mondiales, Paris, 1972, certains soldats se réunirent dans la soirée du . Après délibération, ceux-ci refusèrent de monter la garde. L’arrivée du commandant de la Compagnie ne leur fit pas changer d’avis. Entourés par deux compagnies du Régiment de la Garde Pavlovski, ils furent emmenés manu militari et emprisonnés dans la forteresse Pierre-et-Paul. Les soldats du régiment manifestèrent leur solidarité envers leurs camarades mis en état d’arrestation. Ceux-ci exigèrent leur libération ou la mise en détention de tout le régiment. L’administration militaire opta pour la seconde solution. Désarmé, escorté par des Cosaques, le Régiment Semionovsky fut conduit à la forteresse Pierre-et-Paul.

Ces événements durèrent quatre jours et se déroulèrent pendant l’absence de l’empereur puisque, à cette époque, Alexandre séjournait à TroppauAndré Maury, La Conspiration des décabristes, . Le , le tsar ordonna la dissolution du Régiment Semionovsky, les officiers, les soldats de rang subalterne furent transférés dans différents régiments de l’Armée impériale de Russie. En 1823, avec d’autres unités de la Garde, Alexandre de Russie recréa ce Régiment. Le général Grigori Iefimovitch Schwarz comparut devant une cour martiale. Pour ses manières brutales et injustes, il fut accusé d’avoir provoqué les soldats du rang et renvoyé de l’armée. Quant aux soldats instigateurs de la rébellion, ils furent condamnés à recevoir le châtiment du fouet et condamnés aux travaux forcés.. Cet événement secondaire annonçait l'insurrection décabriste du www.belletrist.ru.

Autres conflits du Ce régiment fut également engagé dans différents conflits de la fin du : Guerre russo-turque de 1828-1829, l’Insurrection de Novembre, la Guerre russo-turque de 1878-1879.

Au Le , le Régiment Semionovsky fut impliqué dans la répression menée contre le soulèvement de la population russe contre le régime tsariste.

En 1917, le Régiment Semionovsky se déclara partisan du nouveau régime.

En 1919, le Régiment Semionovsky se dirigea vers le nord-ouest pour rejoindre l’armée de volontaires du général Nikolaï Ioudenitch.

Par ses actions ce régiment était, pour les bolchéviques, le plus haï de toute l’Armée impériale.

Chronologie thumb|right|250px|Le châtiment par le fouet

: Pierre , empereur de Russie, lève une unité d’infanterie composée de compagnons de jeux au village de Préobrajenskoïé. 1687 : Cette unité est renommée Régiment Semionovsky et régiment Préobrajensky ; 1695-1696 : Le Régiment est engagé dans la Campagne d’Azov ; 1698 : Le Régiment est formé par trois bataillons ; 1700-1721 : Participe à la Grande Guerre du Nord et plus particulièrement aux batailles de Narva, Noteburg, Lesnaya, Poltava, ; 1700 : Après la bataille de Narva, renommé Régiment de la Garde Semionovsky ; 1704 : Participa à la prise de la forteresse de Narva et d’Ivangorod ; 1705 : Participa à la prise de Mitau ; 1709 : Prend part à la bataille de Poltava ; 1710 : Engagé dans la bataille de Vyborg ; 1711: Au cours de la Guerre russo-turque de 1710-1711, S’illustre au cours de la bataille du Prout ; 1713 : Il s’illustra lors de la bataille de Friedrichstadt ; 1714: Prend part à la Bataille de Gangut ; 1722: Le Régiment Préobrajensky est engagé dans le conflit opposant la Russie à la Perse ; 1737 : Participa au siège et à la prise de la forteresse d’Otchakov ; 1737-1739 : Il s’illustre lors de la Guerre russo-turque ; 1739 : Engagé dans le siège et la prise de la forteresse Kothyn ; 1742 : Engagé dans la Guerre russo-suédoise ; 1787-1792 : Participe à la Guerre russo-turque ; 1805 : Les et du Régiment Semionovsky quittent Saint-Pétersbourg pour l’Autriche, le détachement Tsarévitch de la Garde Impériale de Russie fut impliqué dans la bataille dite des Trois Empereurs, le , le régiment regagna sa caserne à Saint-Pétersbourg ; 1807 : Le , la totalité du régiment quitte Saint-Pétersbourg pour se rendre en Prusse où le , à Guttstadt puis à Altenkirchen, il combattit les troupes du maréchal Ney puis à Altenkirchen. Le , à Friedland, le régiment engagea le combat contre les troupes de Napoléon , en août, le régiment fut de retour à Saint-Pétersbourg ; 1812 : En mars 1812, le Régiment Semionvskiki se rendit dans la ville lituanienne de Vilna, il fut incorporé dans la Armée de l’Ouest placée sous le commandement du très controversé Michel Barclay de Tolly ; 1813 : Sous le commandement du général Tormassov, nommé de façon temporaire, commandant suprême de l’Armée impériale de Russie après le décès du feld-maréchal Koutouzov, ce Régiment d’infanterie de la Garde traversa le fleuve Niémen. Le , en présence d’Alexandre et du roi de Prusse Frédéric-Guillaume II, il fait une entrée triomphale dans Dresde. Le détachement Tsarévitch combat les troupes françaises à Lützen, les et , il fut engagé dans la bataille de Bautzen. À Kulm, la grande bravoure démontré par le régiment au cours de la bataille amena la reconnaissance de l’empereur d’Autriche François , afin d’honorer le détachement de la Garde, le monarque autrichien ordonna la construction d’un monument dédié au régiment Semionovsky. Son inauguration eut lieu le en présence de Nicolas de Russie, Ferdinand d’Autriche et du roi de Prusse Frédéric-Guillaume III. Sur ce monument honorant les héroïques soldats du détachement du Régiment Semionovsky furent inscrits les noms des officiers de la Garde impériale morts au combat. À Leipzig, le régiment fut placé en réserve. 1814 : le , en présence de l’empereur Alexandre , à Bâle, le régiment traverse le Rhin puis sous le commandement du feld-maréchal Barclay de Tolly fut stationné à Langres. Comme régiment de réserve, il fut engagé dans toutes les batailles de la Campagne de France (1814). Le , il entra dans Paris. Le Régiment Semionvski part pour la Normandie et, le embarque à Cherbourg. Le , il fait son entrée à Saint-Pétersbourg. À cette occasion, Alexandre ordonne la construction d’un arc de triomphe en son honneur, en récompense des excellents services rendus par le Régiment Semionovsky entre 1812 et 1814. 1820 : Après l’acte de mutinerie perpétré par le Régiment Semionovsky, Alexandre ordonna sa dissolution : les officiers et les soldats de rangs subalternes furent transférés dans différents régiments de l’Armée impériale. En 1823, le nouveau Régiment Semionovsky fut reformé avec d’autres unités de la Garde impériale ;