Les Angolares constituent une population de Sao Tomé-et-Principe. En nombre, c'est le second groupe du pays Mohamad Z. Yakan, « Angolares », in Almanac of African Peoples & Nations, Transaction Publishers, New Brunswick, N.J., 1999, p. 176 , après les métis et avant les Forros. Le recensement de 1950 dénombrait Angolares, ils seraient aujourd'hui environ Gerhard Seibert, « Castaways, autochtons or maroons ? The debate on the Angolares of Sao Tomé island », in P. J. Havik et M. Newitt (dir.), Creole societies in the Portuguese colonial empire, University of Bristol, 2007, p. 109. Ce sont les seuls Africains de pure souche dans l'archipelDominique Gallet, « Les Angolares », in Sao Tomé et Principe : les îles du milieu du monde, Karthala, Paris, 2008, p. 51-52 . Généralement pêcheurs, ils sont établis le long du littoral, au nord-est et surtout au sud de l'île de São Tomé, entre São João dos Angolares et Porto Alegre. Ils ont longtemps vécu séparés des autres populations et leur identité culturelle (angolaridade) est forte, marquée par l'histoire – voire la légende – qui leur confère une image de valeureux, voire de redoutables résistants.

Ethnonyme Les premières informations publiées Gerhard Seibert, « Os angolares da ilha de São Tome: Náufragos, Autóctones ou Quilombolas? », in Textos de Historia. Textos de História. Revista do Programa de Pós-graduação em História da Universidade Federal do Rio Grande do Sul, vol. 12, , 2004, , et la première occurrence du terme « Angolares » sont dues à Cunha Matos (1776-1839), officier à Sao Tomé entre 1797 et 1814, puis gouverneur de 1816 à 1817 Raimundo José da Cunha Matos, Corographia Histórica das Ilhas de S.Thomé, Príncipe, Anno Bom e Fernando Pô, Porto, 1842.

Histoire Trois grandes hypothèses s'affrontent pour expliquer l'origine des Angolares.

Selon une version diffusée par les autorités coloniales jusqu'à l'indépendance, les premiers arrivants seraient les survivants d'un naufrage survenu entre 1540 et 1550 près des îlots rocheux de Sete Pedras, au sud-est de l'île, celui d'un vaisseau transportant quelque huit cents esclaves à destination du BrésilLawoetey-Pierre Ajavon Traite et esclavage des Noirs : quelle responsabilité africaine ?, Éditions Menaibuc, Paris, 2005, p. 113-114 . Établis dans une région montagneuse, les rescapés n'auraient pas fait parler d'eux jusqu'en 1574. Ils mènent alors une longue série d'actions violentes contre les intérêts des colons, notamment sous l'influence d'un chef charismatique, Amador, qui s'autoproclame « roi de São Tomé ». Les Angolares se rendent effectivement maîtres de l'île entre 1595 et 1596, mais les Portugais parviennent à capturer Amador. Ses partisans prennent le maquis jusqu'au . Une autre hypothèse envisage un peuplement de l'île avant l'arrivée des Portugais Carlos Neves Lemos, Esboço Histórico das Ilhas de S.Tomé e Príncipe, 1975. Aux yeux des intellectuels et nationalistes santoméens, elle a le mérite d’affirmer une histoire de l’archipel indépendante de celle de la colonisation, mais ne semble pas, à ce jour, avoir été confirmée par des faits historiquesJean-Louis Rougé et Emmanuel Schang, « Histoire des créoles et génétique : le cas de l'angolar », in Sciences et techniques du langage. Revue du Centre de linguistique appliquée de Dakar, , 2012, , . La troisième hypothèse présente les Angolares comme des descendants d’esclaves marrons enfuis des plantations au cours des nombreuses révoltes qui ont éclaté au milieu du Luiz Ivens Ferraz, « A Linguistic Appraisal of Angolar », In Memoriam António Jorge Dias, Junta de Investigações Científicas do Ultramar, Lisbonne, 1974, vol. 2, .

Langue et culture Ils parlent l'angolar (ou crioulo angolar, crioulo n'golá), un créole à base lexicale portugaise.

La culture des Angolares est riche en contes Egoismo castigado : Fábula angolar (António de Almeida et Maria Cecília de Castro, Garcia de Orta, vol. 5, 2, 1957, p. 319-325) ; O galo, a galinha e o falcão : Fabula angolar (A. de Almeida et M. E. de Castro e Almeida, Garcia de Orta, vol. 7, 1, 1957, p. 187-192) et chants traditionnels que l'on dit influencés par la tradition bantoueEmmanuel Schang, L'émergence des créoles portugais du golfe de Guinée, Université Nancy 2, 2000, p. 19.

Économie La pêche joue un rôle central. Les Angolares se servent de dongos, des pirogues monoxyles creusées dans le tronc de fromagers (Ceiba pentandra) ou de mûriers, traditionnellement à rames avec de petites voiles carrées.

Ce sont les femmes qui se chargent de la transformation et de la commercialisation des produits de la pêche. Elles élèvent également des chèvres et vendent du tissu ou d'autres articles.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie António de Almeida, « Contribution à l'étude de l'anthroponymie des Angolares (S. Tomé) », in Studia onomastica Monacensia (Munich), vol. 3, 1961, , traduit de « Contribuição para o estudo da etnologia dos Angolares », in Conferência internacional dos Africanistas ocidentais, comunicações ciências humanas, , vol. V, 1958, António de Almeida, Da origem dos Angolares habitantes da Ilha de S. Tomé, Ottosgráfica, Lisbonne, 1962, 21 p. Manuel Gonçalves, Manuel Joaquim Sobral, « Angolares. Uma aproximaçao antropologica », in Geographica. Revista da Sociedade de Geografia de Lisboa, 1973, IX, 34, Richard Greef, « Die Angolares. Neger der Insel São Tomé », in Globus. Illustrierte Zeitschrift für Länder- und Völkerkunde, 1882, XLII, 23, Gerardo A. Lorenzino, « Linguistic, Historical and Ethnographic Evidence on the Formation of the Angolares, a Maroon-descendant Community in São Tomé (West Africa) », in Portuguese Studies Review, (1-2), 2007, , Fernando de Macedo, Anguéné: Gesta africana do povo Angolar de S. Tomé e Príncipe, Sá da Costa, Lisbonne, 1989, 142 p. Fernando de Macedo, Teatro do imaginário angolar, Coimbra, Cena Lusófona, 2000, 142 p. Laurinda Nambongo, Os angolares de S. Tomé e Príncipe : mito ou realidade ? Tentativa de identificação histórica e sócio-cultural, Luanda, 2003 Jean-Louis Rougé et Emmanuel Schang, « Histoire des créoles et génétique : le cas de l'angolar », in Sciences et techniques du langage. Revue du Centre de linguistique appliquée de Dakar, , 2012, , Gerhard Seibert, « Os angolares da ilha de São Tome: Náufragos, Autóctones ou Quilombolas? », in Textos de Historia. Textos de História. Revista do Programa de Pós-graduação em História da Universidade Federal do Rio Grande do Sul, vol. 12, , 2004, , , traduit en anglais sous le titre « Castaways, autochtons or maroons ? The debate on the Angolares of Sao Tomé island », in Philip J. Havik et Malyn Newitt (dir.), Creole societies in the Portuguese colonial empire, University of Bristol, Department of Hispanic, Portuguese & Latin American Studies, Bristol, 2007, p. 105 et suiv. Izequiel Batista de Sousa, São Tomé et Principe de 1485 à 1755 : une société coloniale : du Blanc au Noir, L'Harmattan, Paris, 2008, 374 p. (texte remanié d'une thèse de doctorat d'Histoire soutenue à l'Université de Paris 1 en 1998) Francisco Stockler, « O Povo dos Angolares », in Revista Illustrada. As Colonias Portuguezas'', 1884, II (4),

Filmographie Miongo Ki Ôbo: Mar e Selva, film documentaire d'Ângelo Torres, Portugal et Sao Tomé-et-Principe, 2005, 52 min (version originale sous-titrée en anglais) The Angolares people of Sao Tome and Principe, AFP News Agency, vidéo mise en ligne le , 2 min 18 s

Articles connexes Histoire de Sao Tomé-et-Principe Démographie de Sao Tomé-et-Principe

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