L'agriculture étrusque s'appuie sur une région fertile (Etruria felix) et, l'intérêt des Étrusques à la mise en valeur de leur sol que leur avait inspiré des traités d'agriculture.
Également soucieux de leur mythologie, la Maris est leur déesse des champs, de la fertilité et de l'agriculture. Leurs pratiques religieuses et divinatoires, déterminent le bornage étrusque, qui leur permet de délimiter les champs et de régler les conflits de propriété et d'usage, et l'hydraulique étrusque résout les problèmes d'irrigation.
Histoire Aucun document écrit directTous les écrits des pratiques étrusques sont des auteurs latins. concernant l'agriculture étrusque ne nous est parvenu, mais l'archéologie atteste bien l'intérêt porté par les Étrusques à l'agriculture, comme en particulier la découverte d'un bronze votif, représentant un laboureur () provenant d'Étrurie septentrionale connue sous le nom « Statuette du laboureur d'Arezzo »Phographie et conservé au Musée national étrusque de la villa Giulia Yves Liébert, Regards sur la truphè étrusque, 162.
Seule la comparaison avec les règles des agronomes grecques et romains et l'analyse des instruments agricoles qui ont été retrouvés lors de fouilles, soit en reproduction miniature dans les tombes étrusques, ou reproduites sur des vases (une série d’outils, de faux et surtout de charrues) nous éclairent sur la méthode de travail du paysan étrusque et nous permettent de déduire les étapes et périodes pour travailler la terre : labourage, semailles, désherbage, terre tassée autour des racines, houement, extraction des plantes malades, transport des gerbes de blé, battage, vannage, récolte des chaumes, mise en meules de la paille, brûlage des chaumes.
Les étapes finales de battage et de vannage sont incertaines par le manque d'indices et d'outils.
Productions L'essor de l'agriculture s'accompagna d'une mise en valeur du territoire par la réalisation de travaux d'irrigationDenys d'Halicarnasse en vante les mérites et Martial les compare avec ceux de l'Espagne.
Céréales Les Étrusques produisaient des céréales dont le blé constituait le principal élément, suffisamment pour en exporter dans les pays voisinsL'Étrurie vint au secours de Rome menacée par la famine à plusieurs reprises. L'essor de l'agriculture s'accompagna d'une mise en valeur du territoire par la réalisation de travaux d'irrigation maîtrisée par l'hydraulique étrusque. Clusium et Arezzo produisaient du blé tendre (siligo) et Pise la farine de blé dur (semoule alica). Clusium était réputée pour son épeautre (far Clusinum 26 livres au boisseauPline) et sa farine très blanche (candoris nitidiCol. II, 6) pour confectionner la bouillie populaire (Clusinœ pultesMart. XIII, 8).
Olives La culture de l'olivier n'a été un élément important de l'économie qu'à partir du , car auparavant l'huile était directement importés d'Égée comme le témoignent les restes de très nombreuses amphores grecques. Retrouvés dans des nécropoles étrusques, les fresques et les vases témoignent souvent de scènes de gaulage ou de personnages tenant de longs bâtons. À cette époque, les produits de l'oléiculture servaient principalement à la confection d'onguents, de cosmétiques ainsi qu'à l'éclairage. Fruits Malgré des « vergers riches en pays falisque » (Ovide) et d'un pays « partout planté d'arbres au point de paraître un immense verger continu » (Varron), nulle trace ne décrit les fruits qu'ils produisaient. Il en est de même pour les légumes. Vigne thumb|upright=1.2|Infundibulum du musée archéologique de Florence. Les Étrusques maîtrisent la greffe de la vigne (cépages Tudernis d'Ombrie, Talpona d'Arezzo…) et sont producteurs de vin, rouges appréciés des Romains, et blanc doux qu'ils préféraient pour leur consommation courante (l'Apianœ des banqueteurs) à partir des Le vin était exporté vers le sud de la France par navires entiers. Ils furent les premiers viticulteurs de la péninsule. Toutes leurs vignes étaient conduites en hautains. Columelle indique qu'un seul de leur cep pouvait porter jusqu'à mille grappes de raisin. Pline l'Ancien rapporte qu'à Populonia, une des capitales de l'Étrurie, une statue de Jupiter avait été sculptée dans un seul cep de la taille d'un homme.. Étaient célèbres les vins de Graviscæ, celles de Statonia, Luni, mais pas ceux de Véies (Horace, Perse, Martial les qualifiaient de piquette » destinés aux bourses des avares).
Ils utilisent différentes substances pour modifier le goût du raisin, dont les débris sont éliminés par l'usage d'un filtre : l'Infundibulum, largement utilisé par les Grecs.
Fibres textile Tarquinia était réputée par la culture du lin (celui des robes flottantes de la Truphè étrusque) et son tissage (fin du ) des toiles de navires. Leurs filets de chasse sont également réputées pour leur finesse et solidité. Cheptel thumb|upright|Broche à rôtir. L'élevage du bétail avait une grande importance. Les animaux servaient au travail des champs au transport et à la guerre. Certains étaient domestiqués pour leur consommation courante. Citons le moutons, le bœuf, le buffle, le cheval, le lapin, la chèvre et le cochon. Bois Les forêts naturelles, très riches, fournissaient en bois les industries navale et minière.
Outillage L'araire est simple (sans coutre ni oreilles-versoir), comme les autres outils (faucilles, houes, binettes, serpes à élaguer et à émonder, pelles, pioches, faucilles à fourrage ou à blé…), comme en témoignent les objets votifs (en bronze) retrouvés dans les tombes, quelques-uns en fer ayant réellement été utilisés, ou les représentations sculptés de la Tombe des Reliefs, de la frise de la situle de la Chartreuse de Bologne.
Territoires de cultures
La propriété agricole jusqu'à l'Ager publicus du début du appartenait majoritairement à la classe dirigeante (principes et gentilices). La production était, suivant les endroits, spécialisée dans le vin, les céréales ou l'olive. Dans les fermes des campagnes, les esclaves (servus) fournissait une abondante main d'œuvre à bon marché.
Il existait aussi des petits paysans indépendants souvent issus d'affranchis vivant de leur agriculture mixte.
Les Étrusques se divisaient les champs avec précision, délimités par des frontières précises définies par le bornage étrusque. La division de la terre correspondait en symétrie avec celle du ciel opérée par le templum, où chaque section était sous la protection d'une divinité spécifique et interprété par les prêtres, les haruspices et les augures, l'enlèvement d'une pierre de bornage sans un contrat officiel de vente était considéré comme un acte sacrilège.
L'institution de propriété privée en ÉtrurieLes contrats pour la vente ou le transfert de propriété est confirmée par quelques-unes des inscriptions étrusques.
Les champs étaient rigoureusement délimités par des vignes qui poussaient sur des peupliers, des érables ou des ormes comme supportsTarchon, d'après la légende est supposé avoir délimité ses terres avec des treillages de vignes blanches.
À partir du les terres nues agricoles étaient gérées selon le modèle des latifundia que les Romains reprendront.
Techniques La charrue (longueur d'un sillon) est l'unité de mesure pour les terres agricoles.
On leur doit également la technique de la friche qui, en Étrurie, était limité à 9 sillons tracés, et des techniques d'irrigation très développées spécialement dans régionde autour de Véies, où de nombreux tunnels, comme le Ponte Sodo ont été creusés dans la roche pour collecter et canaliser l'eau de pluie.
Pline le Jeune décrit l'Étrurie intérieure en ces termes :
Notes et références
Bibliographie . Alain Hus, Les Étrusques : peuple secret, 126, 1957. Yves Liébert, Regards sur la truphè étrusque, 162, 2006. Bernard M. Henry, Le Vocabulaire agricole étrusque, 1984.
Articles connexes Vie quotidienne chez les Étrusques
Agriculture Catégorie:Civilisation étrusque Catégorie:Histoire de l'agriculture en Italie Etrusque Catégorie:Histoire de la vigne et du vin