Adolf Anderssen est un joueur d'échecs allemand né le à Breslau (province de Silésie) et mort le dans la même ville, alors dans l'Empire allemand. Considéré comme le meilleur joueur du monde après un important tournoi tenu à Londres en 1851Barcza, Alfody et Kapu, , il est considéré comme l'un des meilleurs représentants de l'école romantique .

Biographie et carrière Débuts aux échecs Issu d'une famille ouvrière et pauvre, Karl Ernst Adolf Anderssen apprit le jeu d'échecs de son père à l'âge de 9 ansBarcza, Alfody et Kapu, . Passionné, il dévore toute la littérature échiquéenne qu'il peut trouver, mais se consacre avant tout à ses études de mathématiques. En 1836, il est reçu au baccalauréat avec mention. Pendant cette période, il pratique peu, s'intéressant surtout à la composition : il publie à l'âge de 24 ans une étude de finales, Aufgaben für Schachspieler, qui lui donne un important succèsBarcza, Alfody et Kapu, . En , Aufgaben für Schachspieler est réédité sous le titre Gourmandises pour joueur d'échecs. Devenu professeur au lycée à Breslau et son avenir étant assuré, il commence alors sa carrière de joueur amateur à 30 ans.

Après un premier match disputé en 1848, Anderssen affronte Daniel Harrwitz, l'un des meilleurs joueurs d'Europe en obtenant un score nul de 5 à 5. Pour un pur amateur, ce résultat est remarquable. La même année, le Illustrierte Zeitung, journal d'échecs allemand, publie son portrait, ce qui était considéré comme un grand honneur à l'époqueBarcza, Alfody et Kapu, .

Vainqueur du tournoi de Londres 1851

Ne pouvant jouer sérieusement que pendant ses congés scolaires, Anderssen s'inscrivit en 1851 au premier tournoi européen d'échecs qui avait lieu en même temps que l'exposition universelle de Londres. Il prend le dessus sur tous les meilleurs joueurs d'Europe, ainsi que sur le champion du monde officieux : Howard StauntonBarcza, Alfody et Kapu, . Le tournoi de Londres était un tournoi à élimination directe. Anderssen battit successivement Lionel Kieseritzky, Szén, Staunton et enfin Wyvill en finale.

Match contre Paul Morphy (1858)

Devenu une célébrité, Adolf Anderssen relâcha ses efforts et manqua son tournoi suivant à Manchester (1857)Barcza, Alfody et Kapu, . Peu après, en 1858, il se fit battre par le « météore prodigieux », l'Américain Paul Morphy, sur le score sans appel de 2 victoires à 7 avec 2 parties nullesBarcza, Alfody et Kapu, .

Vainqueur du tournoi de Londres 1862 thumb|Adolf Anderssen vers 1860 Reprenant l'entraînement, Anderssen affronte en 1860 la nouvelle étoile montante des échecs autrichiens, le baron Ignác Kolisch : il obtient 6 victoires et subit 6 défaites. L'année d'après, en 1861, Kolisch déménage à Londres dans le but de battre Morphy, mais ce dernier délaisse la vie échiquéenne. Kolisch décide donc d'affronter Anderssen pour asseoir sa réputation. Au terme du match, Anderssen gagne par le score de 4 à 3Barcza, Alfody et Kapu, .

L'année suivante, en 1862, il remporte la du tournoi de Londres. C'est la première fois qu'une pendule est introduite pour contrôler le temps de réflexion des joueursBarcza, Alfody et Kapu, . Dépassant Louis Paulsen, Anderssen remporte le tournoi avec 12 points sur 13 possibles .

Matchs contre Neumann et Steinitz (1864-1866) Après le tournoi de Londres 1862, de 1863 à 1867, Anderssen ne participa à aucun tournoi. Il ne joua que des matchs ou des parties amicales, notamment contre Rosanes en 1862-1863, contre Berthold Suhle en 1864 et contre Carl Mayet en 1865. En 1864, il fut coéditeur du Neue Berliner Schachzeitung avec Gustav Neumann contre lequel il perdit des matchs amicaux en 1864 et 1865 à Berlin (sur les scores de 6 à 8 et de 12,5 à 15,5). Les revers continuèrent en 1866, quand il perdit son match contre l'Autrichien Wilhelm Steinitz sur le score serré de 6 à 8 et aucune partie nulleBarcza, Alfody et Kapu, ainsi qu'un match contre Neumann à Berlin (+9 –13 =2). En 1867, Anderssen fut absent des tournois de Dundee et de Paris, n'ayant pu obtenir de congé.

Vainqueur du tournoi de Baden-Baden 1870

En 1868, Anderssen remporta le tournoi d'Aix-la-Chapelle, en 1869, celui de Barmen. En 1870, il participa à un tournoi international richement doté en prix qui se disputait à Baden-Baden. Plusieurs innovations y furent testées pour la première fois : sous peine de perdre la partie, le temps de réflexion de chaque joueur était limité à une heure pour vingt coups; les joueurs devaient remettre une copie lisible de leur partie sous peine de perdre un demi-point. Anderssen gagna le tournoi à deux tours sur le score de 11 points sur 16, battant Steinitz deux fois qui avait accumulé 10,5 pointsBarcza, Alfody et Kapu, .

Fin de carrière (1871-1879) En 1871, Anderssen perd un premier match contre Johannes Hermann Zukertort, mais prend sa revanche l'année d'après en gagnant les trois parties. Par la suite, il participe à différents tournois majeurs mais termina seulement troisième du tournoi de Vienne 1873, deuxième dans le tournoi de Leipzig 1877 organisé pour le cinquantième anniversaire de ses débuts aux échecs (à neuf ans) ; et sixième du tournoi international de Paris en 1878Barcza, Alfody et Kapu, . Bien qu'ayant remporté quelques tournois mineurs (Leipzig 1871, Altona 1872 et Leipzig 1876), on dut se rendre à l'évidence : le temps des échecs romantiques était révolu ; l'époque du jeu scientifique et positionnel débutait.

Adolf Anderssen s'éteint en 1879, laissant l'empreinte d'un homme passionné, jamais accablé par une défaite et toujours prêt à lutter contre les meilleurs. Il fut un des rares maîtres à ne se faire aucun ennemi et mena la vie tranquille d'un enseignant modeste.

Palmarès 1845 - 1862 Année Vainqueur ou ex æquo Deuxième ou troisième 1845(Breslau) Match contre Bledow : 0,5-4,51846(Breslau) Match contre Von der LasaArticle de G. H. Diggle sur le site chesscafe. : +2 –2 ou 2–41848(Breslau) Match contre Daniel Harrwitz : +5 –51851(Berlin) Matchs contre Mayet : 4–0 ; contre Falkbeer : +2 –1et contre Dufresne : 13–5 (+12 –2 =2)(Londres) Matchs contre Löwenthal : +5 –2 et +5 –4Tournoi international de Londres : 15 / 21 (+14 –5 =2)(Londres) « Partie immortelle » contre Kieseritzky : 1–0Tournoi du club de Londres : 7,5 / 8(Londres) Match amical contre : 4,5–3,5(Leipzig) Match contre Pitschel : 2–2 (+1 –1 =2)(Londres) Match amical contre Kieseritzky : 3,5–7,5 (+3 –7 =1)(Breslau) Match contre Von der LasaThe Chess Player, , v.1, , match en cours : 5–101852(Berlin) Partie contre Dufresne : 1–01851-1859 (Breslau) Parties amicales contre 36 parties furent publiées en 1912 par Von Gottschall dans sa biographie d'Anderssen. : 0,5–8,5 ; 0–9 ; 0–4 ; 0–2 ; 0–4ou +2 –29 =132 parties sur Chessgames ; Courte biographie et parties de Eichborn sur ChessGames.com185318541855(Berlin) Matchs contre Mayet : +14 –6 =1 et Dufresne : 4–0(Leipzig) Match contre Pollmacher : +3 –11856(Breslau) Match contre Hillel : +2 –11857Tournoi de Manchester ( britannique) (-, éliminé en demi-finale) : 1 / 2 (+1 –1)1 - 0 contre Harrwitz et 0 -1 contre Löwenthal(Manchester) Match contre Kipping : +4 –51858(Paris) Match contre Harrwitz : 4,5–2,5 (+3 –1 =3)(Paris) Match contre Morphy : 3–8 (+2 –7 =2)Match amical contre Morphy : +1 –51859(Berlin) Matchs contre Mayet : +14 –2 et Dufresne : 4–0(Breslau) Match amical contre Suhle : 31–17 (+27 –13 =8)(Cologne) Match contre Carstanjen : 7,5–3,5 (+7 –3 =1)(Breslau) Matchs amicaux contre Lange : 1,5–3,5 (+1 –2 =1) et 3,5–4,5 (+3 –4 =1)1860(Paris) Match contre Kolisch : 5,5–5,5 (+5 –5 =1)(Paris) Match amical contre Laroche : +3 –2(Paris) Match contre : 3,5–1,5 (+3 –1 =1)(Berlin) Match contre Hirschfeld : 16,5–12,5 (+14 –10 =5)(Paris) Match amical contre De Riviere : 2,5–3,5 (+2 –3 =1)1861(Londres) Match contre Kolisch : 5–4 (+4 –3 =2)(Londres) Match amical contre Löwenthal : +2 –1(Rotterdam) : Matchs contre Dufresne : +4 –1 ; Raland : 3–0contre Dupre : 2,5–0,5 et contre Messemaker : +2 –11862Tournoi international de Londres : 12 / 13 (+12 –1 =1)(Londres) Match amical contre Steinitz : +2 –1(Londres) Match contre Paulsen : 4–4 (+3 –3 =2)(Breslau) : match contre Rosanes : 2,5–2,5 (+2 –2 =1)Tournoi à handicap de Londres ()(victoire de Mackenzie devant Deacon)

1864 - 1878 Année Vainqueur ou ex æquo Deuxième à sixième 1864(Breslau) Match contre Zukertort : 5,5–3,5 (+5 –3 =1)(Berlin) Matchs amicaux contre Suhle : 4–4 (+3 –3 =2)et contre Schallopp : +6 –1(Berlin) Match contre Neumann : 6–8 (+4 –6 =4)1865(Berlin) Matchs contre Mayet : +5 –2 =1 ;contre De Riviere : +2 –2 =1 et contre Knorre : +3 –1(Berlin) Match contre Neumann : 12,5–15,5 (+11 –14 =3)(Breslau) Matchs contre Zukertort : 8–15 (+6 –13 =4) et 4–10 (+3 –9 =2)1866(Berlin) Match contre Minckwitz : 8,5–3,5 (+8 –3 =1)(Berlin) Match contre Neumann : 10–14 (+9 –13 =2)(Londres) Match contre Steinitz : +6 –8(Breslau) Match contre Zukertort : 1,5–2,5 (+1 –2 =1)1867(Breslau) Match contre Samuel Mieses : 4,5–0,51868(Berlin) Match contre Zukertort : 8,5–3,5 (+8 –3 =1)Tournoi d'Aix-la-Chapelle (-) : +2 –1 =1( allemand de l'ouest, ex æquo avec Lange)(deuxième après le départage perdu contre Lange : 0–1)1869Tournoi de Hambourg (-) : 4 / 5 (+4 –1 =1)( allemand du nord, ex æquo avec Paulsen)Match de départage contre Paulsen : 1,5–0,5Tournoi de Barmen : 5 / 5 ( allemand de l'ouest)1870Tournoi de Baden-Baden : 13 / 18 (+12 –4 =2)(Baden-Baden) Match contre Paulsen : 0,5–2,51871Tournoi de Leipzig (-) : 4,5 / 5( allemand du centre, ex æquo avec )Vainqueur après le départage contre Mieses : 1–0Tournoi de Krefeld (-) : 4 / 5 (+4 –1) ( allemand de l'ouest)(ex æquo avec Paulsen et Minckwitz)Tournoi de départage ( après Paulsen) : +1 –1(Berlin) Match contre Zukertort : +2 –51872Tournoi d'Altona : 3,5 / 4 ( allemand du nord)1873Tournoi de Vienne () : 8,5 / 11 (+17 –9 =4) (victoire de Steinitz et Blackburne)1876Tournoi de Leipzig (-) : 3,5 / 5 (+3 –1 =1)( allemand du centre)Tournoi de départage contre Goering et Pitschel : 2 / 2(Leipzig) Match contre Paulsen : 4,5–5,5 (+4 –5 =1)1877(Leipzig) Match de départage contre Zukertort : 1–0Tournoi de Leipzig (-) : 8,5 / 11 (+7 –1 =3)( allemand du centre ; congrès national officieux)(victoire de Paulsen, : Zukertort après départage)(Leipzig) Match contre Paulsen : 3,5–5,5 (+3 –5 =1)1878Tournoi de Paris () : 12,5 / 22 (+11 –8 =3)(victoire de Zukertort et Winawer devant Blackburne)Tournoi de Francfort () : 6 / 9 (+5 –2 =2) ( allemand de l'ouest)(victoire de Paulsen devant Adolf Schwarz)

Style de jeu Adolf Anderssen, a l’instar, des joueurs de l’ère romantique avait un jeu offensif, combinatoire. Il n’hésitait pas à sacrifier du matériel.

Parties célèbres Anderssen a produit deux parties qui représentent plutôt bien le romantisme de cette époque : « l'Immortelle » contre Lionel Kieseritzky en 1851 et « la Toujours Jeune » disputée contre Jean Dufresne en 1852.

Adolf Anderssen était sociétaire de la Société des échecs de Berlin, un des plus anciens clubs d'échecs allemands.

Notes et références

Annexes

Bibliographie

Hermann von Gottschall: Adolf Anderssen, der Altmeister deutscher Schachspielkunst. Leipzig 1912 (Nachdruck: Edition Olms, Zürich 1980 ). Mario Ziegler: Das Schachturnier London 1851. St. Ingbert 2013 , S. 55–63. Karl, Nr. 1/2018 (mit dem Themenschwerpunkt Anderssen & von der Lasa).

Liens externes

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