Le musée des Œuvres de la cathédrale de Pise en Toscane (en italien ), se trouve sur la Piazza del DuomoÉgalement appelée la place des miracles ; Piazza dei Miracoli., dans le bâtiment où se trouvait au la salle du chapitre de la cathédrale. Il fut inauguré en 1986 pour conserver le trésor de la cathédrale ainsi que les éléments des monuments sacrés déplacés pour des raisons de restauration et de sauvegarde et qui nécessitaient un espace pour leur exposition publique.

Parmi les sculptures se remarquent en particulier celles de Tino di Camaino et celles de Giovanni Pisano, y compris la Vierge à l'enfant en ivoire, sculptée en 1300Il se peut que les dates mentionnées soient différentes de plus ou moins une année par rapport à d'autres textes. Cela tient au fait que la république de Pise utilisait un calendrier dont l'année commençait à la date de la conception du Christ, le 25 mars de l'année précédente, et non à celle de sa naissance et qu'il n'est pas toujours évident de savoir de quel calendrier l'on parle. par Giovanni Pisano pour le maître-autel de la cathédrale. Dans la salle du trésor, sont présentés de nombreux reliquaires des XVII et siècles et quelques-uns d'époque médiévale, parmi lesquels se trouvent ceux contenant (selon la légende) des pierres du Golgotha et un morceau du vêtement de San Ranieri ermite et patron de Pise. En outre, sont également conservés des peintures du au siècle, une série de marqueteries en bois provenant de l'ancien chœur de l'abside, une collection d'ornements sacrés et diverses pièces étrusques, romaines et égyptiennes. Ces dernières furent rassemblées par Carlo Lasimio, conservateur du Camposanto. Enfin, également grâce à Lasimio, sont présentées des estampes aquarellées représentant les fresques du Camposanto, qui pour beaucoup d'entre elles demeurent aujourd'hui, le seul témoignage de ce qu'elles furent.

Du cloître du musée on peut admirer une splendide vue du campanile. Histoire L'édifice fut érigé vers la fin du pour servir de résidence aux chanoines de la cathédrale. Il est composé de deux corps de bâtiment en briques, de formes rectangulaires, disposés en L et délimitant un cloître. Des parties de cette époque sont encore visibles, surtout au croisement de deux ailes où existe toujours une voûte peinte à fresque d'origine. Au début du , l'édifice fut transformé, par la volonté de l'évêque Carlo Antonio Dal Pozzo, en un séminaire diocésain. On lui doit la façade actuelle de style florentin, sur laquelle se détachent du crépi clair, l'encadrement en pierre des fenêtres et des deux portails placés symétriquement. En 1784, le séminaire fut transféré Piazza Santa Caterina et le bâtiment devint une propriété privée : vendu à l'érudit et collectionneur d'art Giovanni Rosini, il devint pour une courte période, l'académie pisane des Beaux-arts. En 1887 il redevenait un édifice religieux sous la forme d'un monastère féminin. Les modifications dénaturantes qui en suivirent furent éliminées au cours de la dernière restauration engagée peu de temps après que l'Œuvre de la cathédrale devienne en 1979, le bâtiment adapté aux besoins d'un musée.

Rez-de-chaussée

Salle 1, maquettes La salle accueille une maquette en bois de la cathédrale réalisée par G. Bandecchi (1827-1832), qui offre une vue intérieure à travers une ouverture placée en-dessous.

Sont également présentées, deux maquettes plus petites de la place, réalisées en albâtre par les ateliers Barsanti ().

Il est également possible d'admirer les inscriptions relatives à la fondation de la cathédrale, la pierre commémorative se trouvait sur la façade de l'église.

Des panneaux expliquent brièvement l'histoire de la place.

Salle 2, porte de San Ranieri La salle conserve uniquement la porte en bronze réalisée au par Bonanno Pisano. Elle était placée dans le transept de San Ranieri (qui est celui de droite, au sud, du côté du campanile). Ce fut l'un des rares éléments que l'on pu sauver de l'incendie de 1595 (celle en place aujourd'hui à la cathédrale est une copie). Elle est entièrement en bronze, constituée de 24 plaques représentant des scènes du Nouveau Testament. thumb|Schéma iconographique de la porte Schéma iconographique : Six prophètes Six prophètes Annonciation Visitation Nativité Voyage des Mages et péché originel Présentation au temple Fuite en Égypte Massacre des Innocents Baptême Tentation Transfiguration Résurrection de Lazare Entrée à Jérusalem Lavage des pieds La Cène Baiser de Judas Crucifixion Descente aux Limbes Résurrection Ascension Mort de la Vierge Christ en croix Marie en gloire

Salle 3, éléments provenant de la cathédrale La salle abrite des mosaïques en marbre, des bas-reliefs et des chapiteaux provenant de la façade de la cathédrale ainsi que quelques éléments du mobilier d'origine du presbytère et des fragments arabes.

Entre les œuvres exposées on note en particulier : Des panneaux marquetés et les élégants chapiteaux corinthiens qui révèlent autant l'influence des arts classiques qu'arabes sur la production artistique pisane des et siècles, Également une série de panneaux marquetés du , comportant des bas-reliefs romains du , L'imposante statue d'un griffon, œuvre de l'artisanat islamique remontant à l'époque des Taïfas (1031-1086) et provenant certainement d'une prise de guerre d'une des batailles gagnées par les pisans contre les musulmans, probablement celle des Baléares (1113-1115). D'autres sources indiquent qu'il pourrait s'agir d'un objet fabriqué en Égypte à l'époque fatimide () et serait arrivé à Pise comme butin de guerre au cours du pillage de la Palerme sarrasine (1063)Pour une vue d'ensemble de ces batailles, voir, république de Pise.. L'origine hispano-arabe est également suggérée par d'évidentes analogies entre les inscriptions dans le bronze (se référant à son possesseur qui était un particulier, duquel on déduit le caractère laïque du griffon) et les épigraphes espagnoles. Utilisé à l'origine comme sortie d'eau d'une fontaine, il fut placé à Pise comme acrotère du toit de la cathédrale. Extraordinaire témoin de la métallurgie médiévale, le griffon présente un exemplaire équilibre entre abstraction et vitalité de la représentation, il est orné également de précieuses arabesques en relief. De plus, il est possible d'admirer un crucifix en bois polychrome de style bourguignon, du milieu du , il faisait partie d'un groupe sculpté représentant une Déposition dont il est le seul élément restant.

Salle 4, éléments provenant du campanile La salle suivante contient une maquette en bois du campanile exécutée en 1992 par le professeur Giancarlo Geri (1935-2008), restaurateur des mobiliers en bois auprès des Œuvres de la cathédrale pisane.

On y trouve aussi de petits chapiteaux et une mosaïque de marbre, qui de même, proviennent du campanile.

Salle 5, éléments provenant du baptistère En cette salle sont exposés : de nombreux petits fragments en provenance du baptistère, trois mascarons et deux têtes en marbre réalisés par Nicola Pisano, un pied de colonne avec un lionceau en marbre de la fin du , des fragments de corniche de la clôture du presbytère en marbres polychromes de Guido da Como (milieu du ), on trouve également une maquette fort intéressante en bois, qui est un écorché du baptistère, réalisée par Giancarlo Geri à l'échelle 1/31. Elle met en évidence la conformation originale de la couverture tronc-pyramidale à base dodécagonale à l'intérieur et semi-sphérique à l'extérieur, une reconstitution en plâtre (échelle 1/7) réalisée par Giuseppe Fontana en 1867 qui n'appartient pas au baptistère : il s'agit en effet d'une maquette approximative de la chaire de la cathédraleApproximative en particulier au niveau intermédiaire des écoinçons qui s'apparentent plus à ceux de la chaire de la cathédrale de Sienne. À la défense de Giuseppe Fontana, lorsqu'il réalisa cette maquette en 1867, la chaire de la cathédrale de Pise était encore démontée en éléments dispersés (dont certains d'ailleurs furent perdus), à la suite de l'incendie de 1595. La chaire ne fut remontée qu'en 1926., réalisée par Giovanni Pisano.

Salle 6, statues du baptistère La salle s'impose immédiatement à la vue car elle fait partie d'un antique donjon aujourd'hui englobé dans le corps du bâtiment. La fresque sur la voûte, représente le Christ pantocrator entouré des symboles des Évangélistes, elle remonte au .

Sont exposées dans cette salle, les statues originales du baptistère, qui ont été sculptées par Giovanni Pisano. 23 d'entre elles, en calcaire de San Giuliano Terme, décoraient à l'origine, les gables du second niveau du baptistère, elles sont conservées ici afin de les protéger des agressions atmosphériques qui les ont déjà notablement corrodées. Elles furent enlevées entre 1846 et 1946 et exposées initialement à l'intérieur du baptistère avant d'être placées dans le musée. Elles représentent, à l'exception de deux guerriers et d'un prophète, des personnages féminins.

Sont également présents ici, trois bustes de Giovanni, provenant aussi du baptistère : une Vierge, un Christ bénissant et Saint Jean l'Évangéliste.

Galerie couverte du cloître En continuation de la salle 6, sont exposés sous la galerie, les grands bustes en marbre de San Giuliano Terme, sculptés par Giovanni probablement au cours de la décennie 1270, qui servaient à la décoration du niveau du baptistère réalisé par son père, Nicola Pisano. Ils étaient placés au-dessus de l'arcature. Pour les protéger, des copies leur furent substituées, les originaux furent, dans un premier temps, mis à l'abri à l'intérieur du baptistère, cela jusqu'à l'ouverture du musée. Dans l'ordre où ils se trouvent, ils représentent : saint Jean-Baptiste ; Moïse ; saint Luc ; saint Matthieu ; une Vierge à l'enfant ; saint Jean l'Évangéliste ; saint Marc ; le roi David ; un prophète non identifié.

On découvre encore en ce lieu, en plus d'une vue splendide sur le campanile, un vasePeut-être un bénitier ? (1617-1618) de Francesco Giolo, qui fut un temps à l'intérieur de la cathédrale et quelques statues de Tino di Camaino qui à l'origine faisaient partie du sépulcre d'Henri VII de Luxembourg. Ce monument était placé dans l'abside de la cathédrale, derrière le maître-autel mais, pour des raisons politiques, il fut démantelé, endommagé ensuite par l'incendie de 1595 et en fin de compte, éparpillé dans plusieurs endroits de Pise comme le Camposanto ; quelques statues furent placées dans la partie haute de la façade de la cathédrale. Elles furent depuis remplacées par des copies et les originaux placés dans la présente galerie (d'autres éléments du sépulcre se trouvent en salle 8). Toutefois, la tombe est restée dans la cathédrale, elle se trouve dans le transept de San Ranieri.

Salle 7, Giovanni Pisano On accède à cette salle par un corridor dans lequel sont exposés 23 fragments sculptés avec des formes humaines et zoomorphiques, qui proviennent de l'assise de l'ancien murLa gradule. qui, entre 1298 et le milieu du , ceinturait la cathédrale. Il fut démonté afin de construire le parvis ; il n'en reste aujourd'hui en place qu'une longueur d'environ 25 m.

Dans la salle elle-même, se trouvent exposées sept œuvres en marbre de Giovanni : La Vierge à l'enfant, dite d'Henri VII, qui est datée de 1312 et se trouvait dans le tympan externe de la cathédrale, au-dessus de la porte de Bonanno, avec la statue d'une femme agenouillée et deux enfants au sein, allégorie de Pise (1312). Un triptyque de 1306 composé de Saint Jean-Baptiste et le commanditaire, au centre une Vierge à l'enfant, Saint Jean l'Évangéliste. Les trois statues étaient placées dans le tympan au-dessus de la porte du baptistère.