L'histoire de l'équipe de France de football est marquée par sa double victoire en coupe du monde, à domicile en 1998 et en Russie en 2018, et à ce titre constitue une des plus importantes équipes du football international.

La France a le cinquième plus beau palmarès de la coupe du monde avec deux victoires et quatre podiums (deux fois deuxième et deux fois troisième - derrière le Brésil, l’Allemagne, l’Italie et l’Argentine, mais devant l’Uruguay, l’Angleterre et l’Espagne). Elle est la troisième nation européenne dans la hiérarchie et l'histoire de cette compétition derrière l'Allemagne et l'Italie.

Les Bleus de 1904 à aujourd'hui La genèse

right|thumb|L'équipe de France USFSA des JO de 1900. La création de l'équipe de France de football est liée à la fondation de la Fédération internationale de football association (FIFA) en 1904. Désormais, les matches internationaux se disputent sous l’autorité de cette fédération internationale. Pourtant avant son premier match officiel en 1904, des matchs de sélections françaises ont lieu dès la fin du . La plupart des matchs se déroule sous l'égide de l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA). Notons ainsi les cinq matches internationaux disputés par la sélection USFSA face à la Belgique et l’Angleterre amateurs entre 1900 et 1904 avec une victoire française en 1900 contre la Belgique (6-2) et quatre défaites contre l’Angleterre amateurs. Lors du tournoi de football des Jeux olympiques d'été de 1900, une sélection USFSA est constituée avec des joueurs du Club français. Cette sélection obtient la médaille d'argent. Notons que ces matches des sélections françaises disputés entre 1895 (sélection de Paris ; joueurs britanniques résidant à Paris principalement) et 1904 ne sont pas pris en compte. D’autres fédérations n’ont pas suivi cet exemple, et considèrent leurs matches internationaux datant d’avant 1904 comme d’authentiques matches internationaux.

thumb|right|400px|Le match France-Suisse en 1905 au Parc des Princes, est le deuxième match de l'histoire de l'équipe de France. L’équipe de France de football démarre donc son histoire officielle le par un honorable match nul en Belgique (3-3)Serge Laget, « Le match par lequel tout commença » in France Football, , mardi 25 décembre 2001, page 10.. Les trois premiers buteurs français se nommaient Louis Mesnier, Marius Royet et Gaston Cyprès. La France dispute cette année-là, un second match non officiel face à l'Union Saint-Gilloise défaite 3-1, le . En 1905, la France dispute son premier match à domicile face à la Suisse. La France remporte à cette occasion la première victoire de son histoire. Les années qui suivirent furent peu glorieuses avec notamment deux cinglants revers contre le Danemark subi à trois jours d’intervalle (0-9 puis 1-17) lors des Jeux olympiques de Londres. Exclue de la FIFA le , l'USFSA est toutefois encore chargée des sélections olympiques de l'été 1908. Malgré cette position affaiblie, elle délègue deux équipes de France A et B pour représenter la France à Londres. Le règlement autorisait cette double sélection, mais la France était la seule à utiliser cette étrange possibilité. De plus, de nombreux forfaits furent enregistrés dans les rangs des joueurs de l'USFSA, et nombre des 44 joueurs français sélectionnés arrivèrent le matin même du match sur le lieu de compétition après un long voyage en train et bateau. C'est une véritable pantalonnade et ces deux rencontres olympiques furent rétroactivement comptabilisées comme matchs officiels de l'équipe de France A (matchs et 12). À partir du match contre la Belgique du , c'est le Comité français interfédéral (CFI) qui procède aux sélections en tant que seule fédération reconnue par la FIFA.

En effet, en 1907 avait été fondé l’Amateur Football Association, en Angleterre, par les clubs universitaires, afin de protéger l’amateurisme des progrès du professionnalisme. L’USFSA sympathisa avec l’AFA, et fit pression pour l’UEFA acceptât son adhésion. Cependant, l’UEFA n’acceptait de reconnaître qu’une fédération par pays, et par conséquent, comme la FA était déjà membre, refusa de reconnaître l’AFA, ce qui provoqua le départ de l’USFSA. Ainsi, la France était désormais représenté par le Comité Français Interfédéral pour la Propagande des Sports, fondé le , provisoirement à partir de , puis définitivement en . Aussi, les matches entre les sélections USFSA et AFA, à Paris le (victoire anglaise 8-0) et à Ipswich, le ne peuvent être considérés comme officielles : la dernière rencontre consista en la plus lourde d’une équipe de France de football, puisque les amateurs de l’USFSA furent battus, pour ne pas dire hachés menu, par leurs homologues anglais, 20 buts à zéro ! À cette occasion, l’attaquant Samuel Hulme, de l’université de Cambridge, scora à 11 reprisesFIFA/IFFHS: Reasons for excluding or including full A internationals (1901-1910) sur iffhs.de. Le CFI ne parvint pas à se mettre d'accord avec l'USFSA, membre fondateur du Comité international olympique (CIO), pour présenter une équipe de France aux JO de 1912. Un accord fut cherché jusqu'au dernier moment, puis en , la France fut contrainte de déclarer forfait.

thumb|L'équipe de France en janvier 1914. Malgré ces conflits entre les différentes fédérations qui coexistent dans l’hexagone rendant impossible la sélection des onze meilleurs joueurs du pays, quelques belles performances sont à signaler. La victoire en Italie en 1912 (3-4) notamment.

La Première Guerre mondiale interrompt les activités de l'équipe de France et provoque la mort de 17 de ses internationaux : Marius Royet (Union Sportive Parisienne), Raymond Gigot (Club Français Paris), André François (Racing Club de Roubaix), André Puget (Racing Club de Paris), Albert Jenicot (Racing Club de Roubaix), René Fenouillère (Red Star Amical Club de Paris), Pol Gaston Morel (Red Star Amical Club de Paris), Francis Vial (Club Athlétique de Vitry), Charles Dujardin (Union Sportive Tourquennoise), Émile Dusart (Racing Club de Roubaix), René Camard (Association Sportive Française), Julien Denis (Racing Club de Calais), Charles Géronimi (AF Garenne Colombes Paris), Ernest Guéguen (Union Sportive Servannaise et Malouine Saint-Malo), Jean Loubière (Gallia Club de Paris), Pierre Six (Olympique Lillois) et Julien Verbrugge (Association Sportive Française). Le gardien de but Zacharie Baton (Olympique Lillois) est quant à lui mutilé après avoir perdu une jambe en 1915« Faits intéressants et curieux à propos des internationaux et joueurs nationaux (1901-1910) » sur iffhs.de.

La première victoire face aux Anglais (2-1) en 1921 marque les débuts réels d’une équipe de France sélectionnant désormais les meilleurs joueurs du pays à la suite de la création de la FFF en 1919. L’USFSA rejoint finalement la FFF en 1921, et les Bleus sont bien désormais l’équipe de France et plus seulement une sélection de joueurs évoluant dans telle ou telle fédération.

En 1923 l'équipe de France connaît une année noire avec six défaites en six matchs dont un 8-1 à Amsterdam face aux Pays-Bas. Afin de stopper l'hémorragie en vue des Jeux olympiques d'été de 1924 que la France organise, un entraîneur britannique, Charles Griffiths est engagé.. Malgré des débuts prometteurs avec une victoire face à la Belgique le , la France s'incline ensuite face à la Suisse au mois de mars. Griffiths est vivement critiqué pour sélectionner des joueurs évoluant en province. Pourtant cette année-là, la finale Coupe de France de football est remportée pour la première fois par un club de la province : l'Olympique de Marseille face à un autre club provincial, le FC Cette. Pour préparer le tournoi la France se mesure à l'Angleterre et au club anglais de West Ham. Après une défaite face au onze anglais, la victoire sur les hammers redonne de l'allant aux français. À la suite du tirage au sort du tournoi de football des JO, la France est exemptée du tour préliminaire et entame la compétition directement en huitième de finale. Le , les Tricolores battent la Lettonie largement (7-0) et se qualifie pour les quarts de finale. Ils y affrontent l'Uruguay l'un des favoris du tournoi. La France s'incline cinq buts à un et est éliminée.

Les années 1930

En , la France participe à la première Coupe du monde et y fait bonne figure (Lucien Laurent inscrit d'ailleurs le tout premier but de l'histoire de la coupe du monde contre le Mexique) malgré une poule relevée avec l’Argentine (finaliste des JO de 1928) mais ne parvient pas à passer le premier tour : victoire 4-1 contre le Mexique mais défaites 0-1 contre l'Argentine et le Chili.

thumb|Les Bleus face aux Pays-Bas en 1949. En 1931, c’est l’Allemagne qui s’incline 1-0 face aux Bleus, puis l’Angleterre sombre corps et biens (5-2) le face à une équipe de France survoltée. En , l'équipe de France effectue une tournée dans les Balkans. Elle y affronte la Yougoslavie le (défaite 2-1), la Bulgarie le (victoire 5-3 avec un quadruplé de Jean Sécember) et enfin la Roumanie le (défaite 6-3). Citons également le match gagné en Hollande (4-5) en 1934. Pour ce match de préparation en vue de la Coupe du monde 1934, seuls trois joueurs français (Mattler, Liétaer et Alcazar) évoluent en Division 1. Les huit autres joueurs évoluent en Division 2 Nord : Alexis Thépot, Jacques Mairesse, Alfred Aston au Red Star ; Jean Nicolas, Roger Rio à Rouen ; Jules Cottenier, Georges Verriest au RC Roubaix ; et Fritz Keller à Strasbourg. Thépot, Mairesse, Aston, Nicolas, Rio, Verriest et Keller seront même sélectionnés pour la Coupe du monde de football 1934 en Italie. Lors de cette Coupe du monde, la France est opposée lors du premier tour à l'Autriche, qui fait partie des favorisJean-Jacques Vierne, « L'heure des professionnels a enfin sonné » in France Football, , mardi 25 décembre 2001, page 18.. Le , la France s'incline seulement trois buts à deux après prolongation. À leur retour à Paris, le , les joueurs Français sont accueillis en héros par une foule de quatre mille personnes venues leur rendre hommage« Autriche-France : 3-2 a.p. » in France Football, , mardi 25 décembre 2001, page 23.Coll., La grande histoire de la Coupe du monde, Éditions L'Équipe, 2009, page 13..

Le premier joueur noir sélectionné en équipe de France de football (Raoul Diagne) fêta sa première cape dès 1931. Il évoluera 18 fois chez les Bleus avant la Seconde Guerre mondiale. Le premier joueur d'origine nord-africaine sélectionné chez les Bleus fut le Marocain Larbi Ben Barek. Larbi détient toujours le record de longévité en équipe de France de football : 15 ans et 10 mois de 1938 à 1954. Raoul Diagne et Larbi Ben Barek disputent ensemble un fameux match en Italie le face aux champions du monde en titre.L'équipe de France « black, blanc, beur » naît de fait ce soir-là. Lors de la coupe du monde 1938 en France, les Bleus font bonne figure mais se retrouvent contre l'ogre italien en quart de finale. À Colombes, devant 60 000 spectateurs, les Bleus sont défaits 3-1 en encaissant notamment un doublé du joueur italien Piola.

La génération dorée des années 1950

Après la guerre, les Bleus signent quelques brillants résultats comme une victoire 0-4 en Tchécoslovaquie en 1948 ou un match nul 2-2 en 1951 contre l’Angleterre à Highbury. Il s’en faut de très peu que l'équipe de France des Vignal, Jonquet, Baratte et Flamion soit la première équipe du continent à battre les Anglais sur leurs terres ; les Hongrois réalisent cet exploit deux ans plus tard.

La génération dorée des Fontaine, Kopa, Piantoni, Vincent, Penverne, Wisnieski, Jonquet, Cisowski s'inscrit directement dans la suite de cette équipe de 1951. La France devient alors l’une des toutes meilleures équipes nationales, mais elle rate sa coupe du monde en 1954 (défaite 0-1 contre la Yougoslavie et succès 3-2 insuffisant contre le Mexique) à la suite d'une phase de préparation bâclée.