Saint-Hilaire, ou Saint-Hilaire-du-Touvet, est une ancienne commune française située sur le Plateau des Petites Roches dans le département de l'Isère, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Depuis le , elle est une commune déléguée de Plateau-des-Petites-Roches.
Située en région grenobloise, elle accueille notamment la Coupe Icare., plus grande manifestation mondiale de vol libre..
Ses habitants sont appelés les Saint-Hilairois (Saint-Hilairoises).
Géographie vignette|gauche|Panorama de Saint-Hilaire au bord de la falaise. La commune se situe sur le plateau des Petites Roches, un balcon naturel, à environ d'altitude, en bordure orientale du massif de la Chartreuse, dominé par la dent de Crolles, qui renferme un labyrinthe souterrain.
Sites géologiques remarquables L'« ancienne cimenterie de Crolles » est un site géologique remarquable de qui se trouve sur les communes de Saint-Hilaire et de Crolles. En 2014, il est classé « deux étoiles » à l'« Inventaire du patrimoine géologique »Inventaire du patrimoine géologique : résultats, Ministère de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer - DREAL Auvergne-Rhône-Alpes, 24 janvier 2014 (mis à jour le 31 mars 2015), accès le 23 septembre 2016..
Transport thumb|gauche|Le funiculaire en 1970.
Outre le funiculaire qui relie Lumbin à Saint-Hilaire, la ligne de bus 6550 Transisère dessert la commune.
Lieux-dits et écarts
Communes limitrophes
Histoire
Au Moyen Âge, le château épiscopal de Saint-Hilaire-du-Touvet se trouvait à la place du "Chalet", proche de la gare de la funiculaire. En contrebas du Chalet, il y avait la basse-cour fortifiée, au lieu-dit Pré de la Cour, toponyme qui en conserve la mémoire. Aucun château ne s'est conservé jusqu'à nos jours.
Aucun grand événement ni bataille marquante n'ont marqué l'histoire de Saint-Hilaire. On se contentera de fournir quelques dates qui ont marqué la vie des habitants de Saint-Hilaire.
Les terres de Saint-Hilaire ont été longtemps (du Moyen Âge à la Révolution) propriété des évêques de Grenoble. Droit que les évêques avaient acquis par donations de riches propriétaires (ex Les Porte-Traine), par transferts (ex. : prieuré de Saint-Martin de Miséré à l'évêché), par échange (ex. avec le seigneur de Montfort) ou par achats. Un document daté de 1260 fait référence aux chefs de famille de Saint-Hilaire jurant fidélité à l'évêque de Grenoble. Cette fidélité durera jusqu'à la Révolution.
En 1293 est construit par les évêques le château de Saint-Hilaire. Ce n’était pas un château mais plutôt une maison forte. C'était la résidence des représentants (les châtelains) des évêques qui administraient leurs biens et rendaient la justice. Il servait de résidence secondaire aux évêques. En 1495 il était encore en bon état. Il fut abandonné à la fin du . Du château il ne reste qu’un souvenir et le nom d’un lieu-dit le Pré de la Cour (de la cour de justice).
Le les habitants de Saint-Hilaire et de Saint-Pancrasse furent exemptés de leurs servitudes. Ils devenaient des hommes libres. Ils obtenaient par exemple le droit de se marier avec une personne d'une autre commune. Cependant il fallut attendre 1423 pour voir abolir le droit de mainmorte qui permettait au seigneur de récupérer les biens d'un défunt sans descendance directe.
: élection du premier maire de Saint Hilaire, Jean Vial.
1836 : ouverture de la première école chez des particuliers. Il faut attendre 1862 pour que Saint-Hilaire se dote d’une école réservée aux garçons et 1872 aux filles.
1865 : ouverture de la route La Terrasse - St Bernard. 1888 : ouverture de la route des tunnels Les Eymes - St Pancrasse. Avant l'ouverture de ces routes on pouvait accéder de la vallée au plateau des Petites Roches soit par le chemin du Manival (St Ismier - Les Baures) soit par le chemin de Craponoz (Bernin - St Pancrasse) soit par le Pal de fer (Montfort - St Hilaire) soit par le chemin du Grand Mollard (La Terrasse - St Bernard)
1898 : Henri Fabre lance du bec Margain un aéroplane qui atterrit à Lumbin.
1903 : installation de cabines téléphoniques.
1924 : création du Syndicat d'Initiative et construction de la table d'orientation.
1928 : installation du réseau électrique.
1929 : installation du bureau de poste (dans l'école des filles).
Le temps des sanatoriums thumb|320px|Les trois sanatoriums dans les années 1930 L’implantation des sanatoriums sur le plateau des Petites-Roches au XXe siècle a profondément marqué l’histoire, l’économie et le paysage de la commune de Saint-Hilaire-du-Touvet, dont ils constituèrent pendant plusieurs décennies l’un des principaux pôles d’activité. L’histoire des centres de santé de Saint-Hilaire-du-Touvet commence en 1900.
1900 : création de la Société anonyme des sanatoriums des montagnes de la Grande Chartreuse. Le projet avorte toutefois faute de financements suffisants.
1916 : relance du projet de construction de sanatoriums sur le plateau des Petites-Roches.
1920 : début des travaux du funiculaire de Saint-Hilaire-du-Touvet, destiné au transport des matériaux nécessaires à l’édification des établissements. 56 000 tonnes de matériaux de construction sont transportés par le funiculaire pour le seul établissement de l'AMMhttps://www.funiculaire.fr/le-funiculaire/historique/. Grâce au système de contrepoids, une cabine montante, une cabine descendante, avec zone d'évitement au milieu, où les voies se dédoublent, il fonctionne avec un moteur de 35 watts seulement. les travaux du funiculaire s’achèvent en 1923. : inauguration du funiculaire en présence du président de la République, Gaston Doumergue. Il est ouvert au public la même année.
: début de la construction du sanatorium de l’AMM (Association métallurgique et minière), un établissement de 300 curistes, qui sera terminée en 1928. L’ouverture a lieu le : inauguration du sanatorium de l’AMM par Louis Loucheur, ministre de la Santé, de l'hygiène et de l'Assistance publiquehttps://www.adepal-ppr.fr/medias/files/il-etait-une-fois-les-etablissements-de-sante-de-st-hilaire-du-touvet.pdf.
deux autres établissements suivront en 1933 et 1935.
1933 : ouverture, le , du Sanatorium du département du Rhône, de 646 lits.
1935 : inauguration par le président du conseil, Édouard Herriot, du Sanatorium des étudiants de France dont l’activité avait commencé dès 1933. (la pose de la première pierre est organisée le par le sénateur André Honorat)
L’implantation des sanatoriums sur le plateau transforma profondément l’économie locale. Ces établissements devinrent l’un des principaux employeurs de la commune, où de nombreux habitants travaillèrent comme personnels soignants, techniques, administratifs ou de service. Leur présence entraîna également le développement de commerces, d’hébergements et de services destinés aux malades, aux familles et aux visiteurs.
Les sanatoriums contribuèrent aussi à l’équipement du village : certaines infrastructures publiques furent financées ou soutenues par les établissements de santé, à l’image du bureau de poste, dont la création fut liée à l’activité des centres de cure. L’afflux de patients, de personnels et de visiteurs participa ainsi à rompre l’isolement traditionnel de Saint-Hilaire-du-Touvet et à dynamiser durablement la vie locale.
Les établissements étaient visibles depuis la vallée du Grésivaudan, en particulier lorsque le soleil du matin se reflétait sur les vastes surfaces vitréeshttps://www.linflux.com/lyon-et-region/region/les-sanatoriums-des-petites-roches-a-saint-hilaire-du-touvet-lecho-dun-monde-disparu/.
Durant la Seconde Guerre mondiale, la résistance présente sur le plateau n’avait pas fait de Saint-Hilaire un lieu d’affrontement mais une base de repos, de soin et de convalescence en utilisant les facilités offertes par les sanatoriums et la bienveillance de leurs directeurs.
La deuxième vie des sanatoriums
À partir des années 60 et de l’utilisation des antibiotiques pour soigner la tuberculose, les activités des trois établissements changent, ainsi que leur dénomination. Ils sont reconvertis en établissements hospitaliers de convalescence et de rééducation au début des années 1970. Le Sanatorium de l'AMM devient AMM Rocheplane Le Sanatorium du département du Rhône devient Centre médico-chirurgical (CMC) Les Petites-Roches Le Sanatorium des étudiants devient le Centre Universitaire de Cure (qui sera renommé en 1983 Centre médico-universitaire Daniel-Douady) où un nouveau bâtiment est construit dans les années 1970, le bâtiment Pierre Puech qui abrite une piscine et un gymnase.
En 1968, une avalanche atteint pour la première fois le CMC Les Petites Roches, sans faire de victimes. D’autres avalanches s’abattent sur le plateau au cours des deux décennies suivantes occasionnant des dégâts sur les bâtiments, en particulier en 1970, 1978 et 1981. thumb|320px|Relocalisation des Centres Médicaux à Grenoble À partir des années 1990, la question de la délocalisation des établissements du plateau est progressivement posée. Si le risque d’avalanche est souvent invoqué, plusieurs sources soulignent également des considérations de rentabilité, de taux d’occupation en baisse et de rationalisation de l’offre hospitalière, dans un contexte de regroupement des structures de soins dans la vallée grenobloisehttps://www.toraval.ch/hopitaux-de-saint-hilaire-du-touvet-perspective-personnelle-sur-un-fiasco-en-termes-damenagement-du-territoire/.
En 2008, l’Etat ordonne la délocalisation du Centre médico-universitaire Daniel-Douady (CMUDD) et du Centre médico-chirurgical (CMC) pour raison de sécurité.. En 2009, la Préfecture de l’Isère ordonne également leur destruction
Octobre 2008 : fermeture progressive de Rocheplane, premier ouvert et premier fermé. Il déménage à Saint-Martin-d’Hères mais garde le nom de Rocheplane. Mai 2009 : fermeture du CMC qui déménage à Échirolles sur le site de l'hôpital sud de Grenoble et devient l'institut de rééducation. Octobre 2010 : fermeture définitive du CMUDD qui déménage à La Tronche (Clinique du Grésivaudan) et devient l'Unité Soins-Etudes.
À partir de 2011, les établissements sont désaffectés et laissés à l'abandon.
en 2018 les travaux de démolition commencent. Le site est désamianté, et en 2019 des bulldozers achèvent de faire disparaître les constructions pour rendre le site à la nature.
Le , la commune fusionne avec Saint-Bernard et Saint-Pancrasse pour former la commune nouvelle de Plateau-des-Petites-Roches dont la création est actée par un arrêté préfectoral du .
le , le funiculaire centenaire, dernier vestige de cette aventure des sanatoriums, est à son tour frappé par une avalanche, et en partie détruithttps://france3-regions.franceinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/isere/video-isere-le-funiculaire-de-saint-hilaire-du-touvet-devaste-par-les-intemperies-2395876.html.
Politique et administration Liste des maires vignette|La mairie.
Depuis le , Saint-Hilaire fait partie de la commune nouvelle du Plateau-des-Petites-Roches, résultant de la fusion de Saint-Bernard-du-Touvet, Saint-Hilaire et Saint-Pancrasse par arrêté préfectoral du .
Population et société Démographie
Sapeurs-pompiers La caserne est de conception récente (1999) et moderne ; anciennement située dans les actuels garages communaux de Saint-Hilaire, elle a migré un peu plus loin au niveau du rond-point.
C'est une caserne composée exclusivement de sapeurs-pompiers volontaires, dont les effectifs varient aux alentours d'une vingtaine de personnes et dont les membres habitent le plateau. L'appel est effectué au moyen d'un bip porté par les sapeurs-pompiers en permanence et chaque commune du plateau dispose d'une sirène. Depuis l'été 2006, l'appel est sélectif : seul l'équipage au départ est appelé (système TAGIS). Les sapeurs-pompiers se mettent disponibles depuis un ordinateur ou leur mobile : ils ne peuvent être appelés que s'ils sont disponibles au planning.