Philippe Garrel est un réalisateur français né le Les gens du cinéma pour extrait de naissance. à Boulogne-Billancourt.

Ses réalisations reviennent souvent sur la jeunesse contestataire des années 1960 dont il est issu.

Biographie Famille et vie privée Philippe Garrel est le fils de l'acteur Maurice Garrel. et le frère du producteur Thierry Garrel. Il est le père des acteurs Louis Garrel et Esther Garrel qu'il a eus avec la comédienne Brigitte Sy..

Il a partagé pendant dix ans la vie de la chanteuse Nico puis pendant vingt ans celle de la réalisatrice Caroline Deruas avec qui il a eu une fille, Lena Garrel, actrice.

Il a mis en scène, au cinéma, ses amis et plusieurs membres de sa famille..

Jeunesse et formation Profitant de la carrière florissante de son père dans le cinéma des années 1960, il devient stagiaire à 16 ans sur Le Vieil Homme et l'Enfant de Claude Berri. Ayant les moyens de racheter des chutes de pellicule à la fin du tournage, il réalise — en trois jours — son premier court métrage Les Enfants désaccordés ; entretien avec Philippe Garrel, Cahiers du cinéma, , octobre 2011., dans lequel Maurice Garrel joue le rôle du père.

Avec Bernadette Lafont, Jackie Raynal, Pierre Clémenti, Daniel Pommereulle, André Weinfeld, Jean-Pierre Kalfon, il rejoint le groupe Zanzibar, un ensemble de jeunes dandys et d'artistes engagés dans un cinéma d'avant-garde expérimental, fondé et financé par la mécène Sylvina Boissonnas..

Carrière dans le cinéma Si son premier long métrage Marie pour mémoire date de 1967, il lui faut attendre 1982 pour accéder à la renommée critique avec L'Enfant secret qui reçoit le prix Jean-Vigo.

À la fin du mois de , paniquant devant l’ampleur de la contestation, il part à Munich pour tourner son deuxième long métrage, Le Révélateur, avec Bernadette Lafont et Laurent Terzieff.

Sa rencontre avec la chanteuse Nico lui inspire plusieurs films dont elle composera la musique. Entre 1970 et 1972, il tourne La Cicatrice intérieure, au Nouveau-Mexique, en Islande, en Italie et en Égypte., Les Hautes Solitudes en 1973, Un ange passe en 1975, Le Berceau de cristal en 1976. De sa séparation douloureuse d'avec Nico il tirera L'Enfant secret, avec deux anciens acteurs de Robert Bresson, Anne Wiazemsky et Henri de Maublanc..

À partir des années 1980, son cinéma, très expérimental jusque-là, renoue avec la narration. Il reconnaît d'ailleurs cette rupture dans son œuvre :

Liberté la nuit (1984) raconte à la fois le combat d'un homme et d'une femme durant la guerre d'Algérie et un double amour. Philippe Garrel donne le rôle masculin à son père, Maurice, et les rôles féminins à Emmanuelle Riva et Christine Boisson.

Dans Rue Fontaine (1984), un court métrage réalisé pour le film à sketchs Paris vu par... 20 ans après, il rassemble à l'écran Jean-Pierre Léaud et Christine Boisson et se met lui-même en scène..

En 1987, il réalise Les Ministères de l'art pour la télévision ; il s'y entretient avec Jacques Doillon, Chantal Akerman, André Téchiné, Benoît Jacquot, Leos Carax, Juliet Berto et Werner Schroeter.. Puis il revient sur sa difficile histoire d'amour avec Nico dans J'entends plus la guitare.

Son plus grand succès en salles, avec entrées, est Le Vent de la nuit en 1999.

Dans Les Amants réguliers (2005), récit autobiographique sur les événements de mai 68, il donne le principal rôle masculin à son fils Louis Garrel. Le film, diffusé sur Arte devant téléspectateurs, ne fera que entrées. par la suite en salles.

En 2013, il tourne La Jalousie avec son fils et Anna Mouglalis... En , il tourne à Paris L'Ombre des femmes avec Clotilde Courau et Stanislas Merhar.. Le film ouvre la Quinzaine des réalisateurs lors du festival de Cannes 2015Voir sur Allociné..

Il dirige à de nombreuses reprises des élèves du Conservatoire national supérieur d'art dramatique où il donne des cours de comédie.

Récompenses Philippe Garrel est récompensé deux fois à la Mostra de Venise par le Lion d'argent du meilleur réalisateur : en 1991 pour J'entends plus la guitare et en 2005 pour Les Amants réguliers, qui vaut au chef opérateur William Lubtchansky un Osella, saluant sa « remarquable contribution artistique ».

Garrel déclare en recevant son prix en 2005 :

Analyse de l'œuvre vignette|Philippe Garrel à la Berlinale 2023. Son œuvre, favorablement accueillie par une bonne partie de la critique, à commencer par les Cahiers du cinémaDans le Top 10 des Cahiers du cinéma, il figure parmi les six cinéastes les plus cités., trouve néanmoins une audience publique relativement confidentielle.

Très influencés par l'underground, ses premiers longs métrages, produits de manière artisanale, vont à contre-courant de la dramaturgie et des modes de financement majoritaires de l'industrie du cinéma.. Ses films reposent généralement sur un canevas très ténu, une narration linéaire, des décors et des dialogues réduits à leur strict minimum et plusieurs plans fixes. Le rythme est souvent lent et ses réalisations comportent une esthétique contemplative dérivant, par instant, vers l'onirisme. Son œuvre constitue un ensemble cohérent par l'expression d'un « je » cinématographique.. En effet, ses réalisations le mettent souvent en scène dans une série de personnages conçus comme des alter ego sur l'exemple de François Truffaut auxquels ils empruntent aussi le thème de l'adolescence perturbée.

Dans plusieurs films, les personnages ont le même âge que le réalisateur : lorsqu'il est adolescent, ils sont adolescents ; une fois qu'il devient père il filme son fils Louis dans Les Baisers de secours et, avec La Naissance de l'amour, il parle de la vie de famille et des rapports amoureux du point de vue de l'homme de 45 ans qu'il est devenu.

Les Cahiers du cinéma notent, à la sortie de La Naissance de l'amour en 1993, que, périodiquement, Garrel arrive à un problème esthétique, une question artistique qui ne peut se résoudre facilement.. Cet obstacle revivifie son cinéma. C'est ce qui arrive à la fin des années 1970, lorsque, avec les films de la fin de la première période (Voyage au jardin des morts ou Le Bleu des origines), Garrel arrive à une limite dans sa veine , celle de . Il repart alors vers l'autobiographie et réalise L'Enfant secret, film que les Cahiers qualifient de . La limite de la veine autobiographique serait Elle a passé tant d'heures sous les sunlights, où le cinéaste paraît vouloir : aussi bien les claps des plans que la crise d'appendicite qu'il vient d'avoir.

Les trois films suivants sont écrits avec des scénaristes (comme Jean-François Goyet) ou des écrivains (Muriel Cerf, Marc Cholodenko) tandis que Garrel se dote d'équipes de tournage et de montage plus professionnelles qu'à ses débuts. C'est ensuite sans doute après s'être confronté à la question du deuil dans J'entends plus la guitare, film d'après les Cahiers, qui aborde la mort de la chanteuse Nico, qu'il a pu réaliser La Naissance de l'amour, un de ses plus beaux films selon la revue qui le qualifie de , où la douleur est aussi présente mais où .

Si on décèle plusieurs emprunts à la Nouvelle Vague (notamment à Jean-Luc Godard ou à Jean Eustache), son cinéma, intimiste et personnel, s'en écarte en grande partie. Dans l'entretien qu'il accorde au magazine Les Inrockuptibles après la sortie d'Un été brûlant (2011), il se définit lui-même comme le disciple de Jean-Luc Godard :

L'écrivain et critique Éric Neuhoff, dans un billet évoquant l'ensemble de son travail, ainsi que celui de Benoît Jacquot et de Jacques Doillon, estime leur cinéma , , composé d'histoires d'incestes, d'hommes mûrs couchant avec de jeunes adolescentes..

Accusations de violences sexuelles

En , cinq comédiennes accusent Philippe Garrel d'avoir des gestes déplacés, de tenter des baisers non consentis et de leur avoir demandé des relations sexuelles en échange d'un rôle. Parmi elles, Anna Mouglalis réitère son accusation en et le qualifie de prédateur....

Filmographie Cinéma Longs métrages

Courts métrages 1964 : Les Enfants désaccordés 1965 : Droit de visite 1968 : Actua 1. 1972 : Athanor 1978 : Voyage au jardin des morts 1984 : Paris vu par... 20 ans après, segment Rue Fontaine

Télévision 1967 : Le Jeune cinéma : Godard et ses émules, entretiens réalisés pour l'ORTF avec des réalisateurs proches de Jean-Luc Godard.

Distinctions Récompenses Prix Jean-Vigo 1982 pour L'Enfant secret Mostra de Venise 1991 : Lion d'argent du meilleur réalisateur pour J'entends plus la guitare Mostra de Venise 2005 : Lion d'argent du meilleur réalisateur pour Les Amants réguliers Prix Louis-Delluc 2005 pour Les Amants réguliers Berlinale 2023 : Ours d'argent de la meilleure réalisation pour Le Grand Chariot

Nomination Lumières 2016 : meilleur réalisateur pour L'Ombre des femmes

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Ouvrages . Jacques Déniel (sous la dir. de), Philippe Garrel, éditions Studio 43 (Dunkerque) - MJC de Dunkerque, 1989. . Stefano Della Casa et Roberto Turigliatto, Philippe Garrel, Lindau Cinema, 1994. RosaMaria Salvatore, Traettorie dello sguardo Il cinema di Philippe Garrel, Il Poligrafo, 2002. Quim Casa (sous la dir. de), Philippe Garrel El cine revelado, Festival de Saint-Sébastien, 2007. Valentina Domenici, Il corpo e l'immagine Il primo cinema di Philippe Garrel, Armando editore, 2008. . Dominique Bax (sous la dir. de), Philippe Garrel, Théâtre au cinéma Bobigny 2013, 2013. Thibault Grasshoff, Philippe Garrel : une esthétique de la survivance. Essai sur la mémoire et la mélancolie, Lettmotif, 2015. Kim Eunhee (sous la dir. de), Philippe Garrel, désespoir éblouissant, hm, 2016. Michael Leonard, Philippe Garrel, Manchester University Press, 2020.

Articles

Dans les Cahiers du cinéma : Entretiens : « Cerclé sous vide » (n° 204, ) ; « Entretien avec Philippe Garrel » (n° 344, ) ; « Le refus du drame » (n° 424, ) ; « Propos rompus » (n° 447, ) ; « Au hasard de la rencontre » (n° 533, ) ; « L'homme d'une seule prise » (n° 563, ) ; « L'art et mai 68 » (n° 606, ) ; « Mon but est de faire des films d'amour politiques » (n° 671, ) ; « Une caméra d'actualités » (n° 711, ) Dialogues : « Dialogue en apesanteur, Philippe Garrel rencontre Leos Carax » (n° 365, ) ; « Dialogue avec Serge Daney » (n° 443/444, mais 1991) ; « Dialogue avec Maurice Pialat » (n° 477, ) Document : « Philippe Garrel, voyage second » - Discussion publique inédite de Philippe Garrel à Digne, (n° 688, )

Films sur Philippe Garrel 1998 : Philippe Garrel, portrait d’un artiste de Françoise Etchegaray. Entre 1975 et 1982, le cinéaste Gérard Courant a réalisé 6 longs métrages d'entretiens audio avec Philippe Garrel pour ses Carnets filmés qu'il a ensuite mis en images et qui ont tous été édités en DVD (3 doubles DVD) en 2012 par les Éditions L'Harmattan. Gérard Courant a ensuite poursuivi son travail de mémorialiste autour de l'œuvre de Garrel jusqu'en 2016 avec en particulier un ensemble de films tourné en 2015 à Séoul (Corée du Sud). Depuis 1975, Gérard Courant a consacré plus de 20 heures de films à Philippe Garrel et à son cinéma : 1975 : Philippe Garrel à Digne (Premier voyage) 1979 : Philippe Garrel à Digne (Second voyage) 1982 : Cinématon #193 1982 : Passions (entretien avec Philippe Garrel I) 1982 : Attention poésie (entretien avec Philippe Garrel II) 1982 : L'Art, c'est se perdre dans les châteaux du rêve (entretien avec Philippe Garrel III) 1982 : L'œuvre d'art est unique car elle consolide notre liberté (entretien avec Philippe Garrel IV) 1982 : Jean Seberg, Philippe Garrel et Les Hautes solitudes 1999 : Zanzibar à Saint-Sulpice 2012 : Conversation avec Nanako Tsukidate en forme de promenade à travers mes films et les cinémas de Philippe Garrel et de Werner Schroeter 2015 : Philippe Garrel vu par Jackie Raynal, Philippe Azoury et moi 2015 : L’Exposition Philippe Garrel au MMCA de Séoul 2015 : Philippe Garrel à Séoul (Première Master Class)