L'Ange pleureur est une sculpture d'un tombeau de la cathédrale d'Amiens popularisée pendant la Première Guerre mondiale par les soldats de l'armée britannique qui envoyaient de par le monde des cartes postales le représentant.

Historique LAnge pleureur ou Ange qui pleure est un symbole fréquent de la statuaire funéraire. En France, c'est l'un des éléments les plus connus de la cathédrale Notre-Dame d'Amiens. C'est l'un des symboles funéraires ornant le mausolée du chanoine Guilain Lucas de Genville, chanoine de la cathédrale Notre-Dame d'Amiens, aumônier du Roi, seigneur de Démuin, mort le 18 août 1628.

Cette œuvre fut exécutée en 1636 par Nicolas Blasset, sculpteur amiénois qui travailla pour la cathédrale de 1630 à 1659.

La tradition rapporte que la statue de l'''Ange pleureur n'était pas prévue dans le projet initial, mais, comme un différend financier opposait l'artiste et le chapitre cathédral, le sculpteur consentit, moyennant finance, à rajouter la sculpture de l'ange.

Caractéristiques vignette|gauche|150 px|Tombeau du chanoine Lucas. Le mausolée se superpose à deux autres tombeaux, celui de l'évêque Arnoul de la Pierre, dont il ne reste que le soubassement, surmonté du gisant du cardinal Jean de La Grange et enfin celui du chanoine Lucas. C'est dans la partie supérieure que se situe lAnge pleureur.

Cette sculpture est visible dans le déambulatoire, au dos du maître autel, face à l'entrée de la chapelle axiale, au-dessus du gisant du cardinal de La Grange, mains jointes, dans un enfeu du soubassementJean-Luc Bouilleret (sous la direction) Amiens, Collection La Grâce d'une cathédrale, Editions La Nuée Bleue p. 217.

Dans la partie supérieure, le chanoine Guillain Lucas, fondateur d'une Maison de Charité, également appelée « École des enfants bleus »Description historique de l'église cathédrale de Notre-Dame d'Amiens - Antoine Pierre M. Gilbert - 1833 (page 271), destinée aux orphelins, est représenté de profil, agenouillé sur le côté d'une statue de la Vierge à l'Enfant, montrée de face. Entre le chanoine et la Vierge, au centre du monument, le célèbre Ange pleureur symbolise le chagrin des orphelins dont le chanoine avait pris soin. .vignette|L'ange pleureur, entre une vierge à l'enfant et l'orant du chanoine Guillain LucasLe petit angelot ou Putto, assis, pied gauche en avant, a la main gauche posée sur un sablier (symbole de la brièveté de la vie), et la droite soutenant, au niveau de la tempe, sa tête légèrement inclinée. Dans son abandon à la douleur, il prend ainsi appui avec le coude sur le crâne d'un squelette, symbole de la mort.

Alors que deux autres chérubins, dépourvus d'ailes, décorent symétriquement le fronton du mausolée, c'est ce petit personnage, plus porteur d'émotion et installé plus bas (donc plus proche des fidèles et des visiteurs), qui fut l'objet, de la part des Amiénois et des habitants des villages proches, d'une admiration dès le .

Une notoriété locale Sa popularité prit une ampleur particulière au . Quelques représentations, gravures et dessins ayant alors commencé à circuler, la reproduction plus ou moins fidèle de cette petite statue devint presque un phénomène de mode locale. Des familles de notables ou de commerçants aisés en ornèrent leur tombe familiale. Christine DebrieFille de René Debrie ; docteur en histoire de l'art, conservateur du musée Antoine-Lécuyer de Saint-Quentin (Aisne), auteur de plusieurs ouvrages. en répertoriaChristine Debrie, Nicolas Blasset : Architecte et sculpteur ordinaire du roi, 1600-1659, Nouvelles éditions latines, 1985, ouvrage consultable partiellement en ligne. ainsi sept au cimetière de La Madeleine à Amiens et une dans celui de Saint-Agnan à GrivesnesDébut avril 2010, la statuette en pierre blanche de la tombe de la famille Lenain, au cimetière Saint-Aignan de Grivesnes n'est plus visible. Sa disparition est-elle due à l'initiative de la famille (dans un souci de protection), ou au contraire à un acte de malveillance (vol) ? .

Une reproduction en plâtreEn plâtre, vraisemblablement (Information à confirmer dès que possible !) est installée dans le transept Nord, près de l'autel dédié à saint Joseph dans l'église de Bovelles, édifiée en 1870.

Une copie a aussi été réalisée en 1874 par Gédéon de Forceville pour contribuer à l'illustration du monument installé de nos jours au milieu du rond-point de la place du Maréchal-Joffre entre la rue des Otages et la rue de Saint-Fuscien, non loin de la gare, à AmiensSite personnel d'un Amiénois.

Une notoriété mondiale Pendant la Première Guerre mondiale, des centaines de milliers de cartes postales, de médailles, de presse-papier, de bénitiers, de bijoux, etc. furent fabriqués à l'effigie de cet ange et vendus par les commerçants d'Amiens notamment aux soldats du Commonwealth qui les emmenèrent ou les envoyèrent à leurs familles, aux quatre coins de l'empire britannique.

Bibliographie Georges Durand, Monographie de l'église cathédrale Notre-Dame d'Amiens'' (2 volumes de texte et un volume de planches), Amiens et Paris, 1901-1903, tome 2, pages 79-83, lire en ligne

Articles connexes

Cathédrale Notre-Dame d'Amiens

Liens externes Richesses en Somme : Anges pleureurs en pays de Somme

Notes et références

Notes

Références

Ange pleureur Ange pleureur Ange pleureur