Sylvain-Phalier Lejeune, né le à Issoudun, mort le à Saint-Josse-ten-Noode, est un homme politique de la Révolution française.

Biographie

Mandat à la Convention

En , Sylvain-Phalier Lejeune, alors administrateur du directoire du district d'Issoudun, est élu député du département de l'Indre, le cinquième sur six, à la Convention nationale.

Le député de la Montagne Il siège sur les bancs de la Montagne. Le , il prononce une opinion sur les subsistances au terme de laquelle il propose : 1° Le supplice du tyran et l’expulsion de sa famille entière, dans le plus court délai possible ; [...]

3° Que des travaux publics soient adjugés, et ouverts dans chaque département de l'Empire ; un recensement général des blés récoltés dans l'étendue de la France, et que les propriétaires de grains soient contraints de les conduire aux marchés, et de les vendre ; [...]Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort et se prononce contre l'appel au peuple et contre le sursis à l'exécution de la peine. Il affirme, lors du deuxième appel nominal, relatif à l'appel au peuple : [...] je me croirais coupable de tout le sang que cette mesure pourrait faire couler, je dis non.Le , il est absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat. Le , il vote contre le rétablissement de la Commission des Douze. Il approuve les journées du 31 mai et du 2 juin ; le , il critique les mesures que propose Bertrand Barère, au nom du Comité de Salut public, qu'il juge insuffisantes et demande :

1° Que toute administration qui se permettra quelque acte tendant au fédéralisme soit cassée, et que l'exercice de ses fonctions soit conféré provisoirement aux administrateurs de district de son ressort [...].Le , il demande que Charles Alexis Brûlart de Genlis (député de la Somme) soit décrété d'accusation devant le tribunal révolutionnaire, son épouse, Félicité de Genlis, étant passée à l'émigration et ayant rejoint Louis-Philippe d'Orléans.

Le , Lejeune est élu secrétaire de la Convention aux côtés de Jacques Garnier (député de la Charente-Inférieure) et de Dominique-Vincent Ramel-Nogaret (député de l'Aude) sous la présidence de Jacques-Nicolas Billaud-Varenne (député de la Seine).

Le , Lejeune est élu membre du Comité de sûreté générale. Le 14, il en sort à l'initiative du remaniement opéré à l'initiative du Comité de Salut public, dominé par Maximilien de Robespierre, qui choisit des membres moins favorables à Georges Danton.

Le représentant en mission Le , Sylvain-Phalier Lejeune est envoyé en mission aux côtés de Pierre-François Piorry (député de la Vienne) dans les départements de l'Indre et de la Vienne afin d'y accélérer la levée en masse. Le , il est rappelé à Paris.

Le , il est envoyé en mission, aux côtés de ses collègues Jean-Marie Collot d'Herbois , de Jacques Isoré et de Joseph Lequinio, dans les départements de l'Aisne et de l'Oise, afin d'y « faire toutes les réquisitions qu'exige le salut public ». Au cours de leur mission, lui et Lequinio font arrêter les nobles de l'Aisne.

Le , il est renvoyé en mission dans le département de l'Aisne, cette fois aux côtés de Louis-Félix Roux, afin d'y « prendre les mesures de salut public qui seront nécessaires et accélérer l'exécution des lois relatives aux subsistances ».

Le 9 nivôse an II (), il est envoyé en mission dans les départements du Doubs et du Jura afin d'y organiser le gouvernement révolutionnaire. Le 13 germinal (), sa mission est étendue au département de la Haute-Saône.

Le « dernier Montagnard » Après la chute de Robespierre, Sylvain-Phalier Lejeune est rappelé à la Convention, le 19 thermidor (le ).

Il fait partie, d'après l'historienne Françoise Brunel, des « derniers Montagnards ». Le 13 prairial an III (le ), au terme du rapport de Pierre-Toussaint Durand de Maillane (député des Bouches-du-Rhône), membre du Comité de législation, et sur une dénonciation du district de Besançon, Lejeune est décrété d'arrestation. Il est libéré par la loi d’amnistie votée lors de la clôture de la Convention.

Du Directoire à l'exil Sous le Directoire, il est nommé contrôleur principal des droits réunis à Murat (Cantal), puis, quand ce contrôle est supprimé comme trop proche de Saint-Flour« Lejeune (Simon-P.) », in Joseph-François et Louis Gabriel Michaud (dir.), Biographie universelle, ancienne et moderne : ou, Histoire, par ordre alphabétique, de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes. Ouvrage entièrement neuf, rédigé par une société de gens de lettres et de savants, vol. 71, Michaud frères, 1842, p. 230-232., à Saint-Affrique (Aveyron). Privé de cet emploi sous le Consulat, il se retire à Orléans. Pendant les Cent-Jours, il est à Paris avec sa femme et sa fille, rue Montagne-Sainte-Geneviève. En 1816, il s'exile volontairement en Belgique. En effet, d'après une note conservée aux Archives nationales, il peut rentrer en France quand il veut, ne figurant pas sur les registres des signataires de l'Acte additionnel). Installé à Saint-Josse-ten-Noode, dans la périphérie de Bruxelles, il meurt dans cette commune en 1827, après son épouse, Jeanne-Françoise PrévostAuguste Kuscinski, « La "petite guillotine" du conventionnel Lejeune », La Révolution française : revue d'histoire moderne et contemporaine, dirigée par Alphonse Aulard, Société de l'histoire de la Révolution française, Centre d'études de la Révolution française, Paris, Charavay frères, 1881-1939, tome 41, juillet-décembre 1941 p. 511-527..

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Michel Biard, Missionnaires de la République: les représentants du peuple en mission, 1793-1795, CTHS, 2002, 623 pages . Henri Hours, Naissance d'un département: dictionnaire biographique des administrateurs du département, des districts et des cantons du Jura pendant la Révolution française, 1790-an VIII : suivis de quelques biographies détaillées, Société d'émulation du Jura, 1991, 522 pages. Auguste Kuscinski, « La "petite guillotine" du conventionnel Lejeune », La Révolution française : revue d'histoire moderne et contemporaine, Société de l'histoire de la Révolution française, Centre d'études de la Révolution française, Paris, Charavay frères, 1881-1939, tome 41, juillet-, p. 511-527. Charles-Alexandre Lecherbonnier, Silvain-Phalier Lejeune, représentant du peuple à la Convention nationale, élu par la commune révolutionnaire de la ville d'Issoudun le , décrété d'accusation et emprisonné le 13 prairial an IV, proscrit en 1816 comme ayant voté la mort du roi, Issoudun, Imprimerie L. Sery, 1901, III-220-II pages. . Pierre Libois, Les Représentants du peuple: Prost et Lejeune dans le Jura en l'an II; les luttes politiques, Declume, 1936, 174 pages. Henri Wallon, Les Représentants du peuple en mission et la justice révolutionnaire dans les départements en l'an II (1793-1794), vol. 3: Le Sud-Est, l'Est et la région de Paris, Hachette et cie, 1889, 450 pages. Le Jura contre Paris: le mouvement fédéraliste jurassien de 1793 : actes de la table-ronde du , La Société, 1994, 242 pages.

Liens externes

Catégorie:Député de l'Indre Catégorie:Naissance en août 1758 Catégorie:Naissance à Issoudun Catégorie:Décès en février 1827 Catégorie:Avocat français du XVIIIe siècle Catégorie:Membre du Club des jacobins Catégorie:Conventionnel régicide Catégorie:Représentant en mission Catégorie:Député de la Convention nationale Catégorie:Personnalité morte en exil Catégorie:Décès à 68 ans