La Sittelle de Chine (Sitta villosa) est une espèce d'oiseaux de la famille des Sittidae. C'est une sittelle de petite taille, mesurant de longueur. Les parties supérieures sont gris-bleu, les parties inférieures d'un chamois-grisâtre terne à un orange-cannelle, avec les joues blanches. Il existe un dimorphisme sexuel marqué : le mâle adulte se distingue par sa calotte très noire, quand celle de la femelle est de la même couleur que le dos, ou tout au plus gris foncé quand le plumage est usé. Chez les deux sexes, un trait oculaire gris sombre s'étend en avant et en arrière de l'œil, surmonté d'un net sourcil blanc le séparant de la calotte. Le chant est variable, et composé de répétitions de petits sifflements invariants. L'espèce se nourrit principalement d'insectes en été et complète son alimentation avec des graines et des fruits. Le nid est généralement placé en hauteur dans le trou d'un conifère. Le couple élève une nichée par an, comptant cinq ou six oisillons.

La Sittelle de Chine vit depuis le centre de la Chine jusqu'au Nord-Est du pays, jusqu'en Corée et dans l'extrême Sud-Est de la Russie. Jusqu'à trois sous-espèces sont distinguées, S. v. villosa, S. v. bangsi et S. v. corea, aux répartitions et colorations légèrement distinctes. La Sittelle de Chine est phylogénétiquement proche de la Sittelle corse (S. whiteheadi) qui se trouve pourtant à plusieurs milliers de kilomètres sur l'île méditerranéenne, et ces deux espèces sont elles-mêmes étroitement apparentées à la Sittelle à poitrine rousse (S. canadensis), nord-américaine. L'aire de répartition de l'oiseau étant très vaste et les effectifs ne semblant pas trop décliner, l'Union internationale pour la conservation de la nature considère l'espèce comme de « préoccupation mineure ».

Description Plumage et mensurations thumb|left|Une Sittelle de Chine, photographiée descendant le long d'un tronc d'arbre tête la première, en Chine.

Les parties supérieures de la Sittelle de Chine sont gris-bleu, avec la calotte noir brillant à gris foncé ; les parties inférieures sont plutôt claires, allant du chamois-grisâtre terne à l'orange cannelle. La coloration varie assez sensiblement selon le sexe, l'usure du plumage et la sous-espèce. L'espèce possède un sourcil blanc marqué, ainsi qu'un trait oculaire noir plus ou moins bien défini. Le bec est fin et pointu, avec le bord de la mandibule supérieure (le culmen) droit, ce qui peut donner l'impression que la pointe du bec remonte vers le haut. Le bec est noir-ardoise, avec la base de la mandibule inférieure bleu-gris. L'iris est brun à brun-foncé, et les pattes et doigts sont ternes, gris-bleu à gris-brunâtre.

Il existe un dimorphisme sexuel assez marqué : le mâle a une calotte très noire et un trait oculaire noir net encadrant un sourcil blanc contrastant, alors que chez la femelle la calotte est à peine plus sombre que le reste des parties supérieures en plumage frais, devenant plus foncée avec l'usure des plumes, d'abord par le front, pour finir plus ou moins lavée de noir-suie. Son trait oculaire est également moins bien défini, plus terne, et son sourcil plus fin. La femelle est globalement plus terne que le mâle, avec notamment les scapulaires moins vives, les plumes des ailes bordées de brun et les parties inférieures plus sombres et moins colorées. Le mâle juvénile a la calotte plus noire que la plus sombre des femelles, mais toujours moins noire et moins brillante que celle du mâle adulte ; ses parties inférieures sont en revanche plus sombres et davantage colorées de cannelle. Chez la sous-espèce nominale, les juvéniles ont aussi du cannelle bordant les plumes de leurs ailes, quand les bordures des plumes des adultes sont généralement plus ternes, tirant vers le gris. Chez la sous-espèce S. v. bangsi, les adultes ont les bordures des plumes cannelle, et sont globalement plus colorés que la sous-espèce S. v. villosa, le mâle ayant les parties inférieures orange-cannelle et la femelle chamois-cannelle, ternes. Cependant, à la fin de l'hiver, les deux sous-espèces ont des colorations plus pâles et assez similaires. La sous-espèce S. v. corea est souvent rapprochée de la sous-espèce nominale, en plus pâle, grisâtre et plus petite.

La Sittelle de Chine est une petite sittelle, mesurant de longueur. Chez S. v. villosa, l'aile pliée mesure pour le mâle, pour la femelle ; chez la sous-espèce S. v. bangsi, c'est pour le mâle, pour la femelle. Chez S. v. villosa, la queue mesure pour le mâle, pour la femelle ; chez S. v. bangsi, c'est pour le mâle, pour la femelle. Le bec mesure et le tarse . L'adulte pèse , et en moyenne pour les juvéniles qui arrivent à maturité.

Espèces similaires Cette espèce se trouve par endroits en sympatrie avec la Sittelle torchepot (S. europaea), mais s'en distingue par sa plus petite taille, son sourcil blanc clairement apparent, la calotte noire chez le mâle, et des parties inférieures relativement unies, sans les sous-caudales et les flancs roux. Dans l'ouest de sa zone de répartition, la Sittelle de Chine peut également être trouvée avec la Sittelle de Przewalski (S. przewalskii), et elles ont toutes deux des parties inférieures vivement colorées de cannelle. S. villosa se distingue en revanche facilement par son trait oculaire noir, quand la Sittelle de Przewalski a les joues très claires contrastant avec la poitrine. La Sittelle de Chine est enfin très proche phylogénétiquement et morphologiquement de la Sittelle corse (S. whiteheadi), qui est cependant endémique de Corse et qui a généralement des parties inférieures beaucoup moins vives ; une Sittelle de Chine en plumage usé a les parties inférieures tout juste plus chamoisées qu'une Sittelle corse en plumage frais. Les deux espèces sont étroitement apparentées à la Sittelle à poitrine rousse (S. canadensis), qui a quant à elle les parties inférieures encore plus vives, avec un trait oculaire plus marqué.

Écologie et comportement Voix

La Sittelle de Chine chante au sommet des pins et des épicéas. L'ornithologue britannique Simon Harrap donne trois types de cris de base. Le premier est un cri dur et prolongé en schraa, schraa, rappelant le Geai des chênes (Garrulus glandarius), et similaire à certains cris trouvés chez la Sittelle corse (S. whiteheadi), la Sittelle kabyle (S. ledanti) ou la Sittelle de Krüper (S. krueperi). Ces cris sont produits individuellement ou en séries irrégulières espacées de 0,3 à une seconde, quand l'oiseau est agité ou excité. Le deuxième type de cris consiste en des cris de contact calmes, des sifflements plus mélodiques formant des séries plus ou moins longues et plus ou moins régulières en whip, whip whip, quip-quip-quip-quip, devenant parfois un quit, quit… couinant. Le chant est composé de ce type de notes, en nombre de cinq à trente, le volume augmentant dans la première partie du chant. Des petits sifflements ascendants sont également émis, au rythme de sept notes par seconde et pendant 1,5 à , parfois introduits par une note plus haute, formant ainsi un tsi-pui-pui-pui-pui…. Ce type de chant est variable, et peut devenir plus cliquetant, avec douze unités par seconde, duiduiduidui…, comme peuvent le faire certaines Sittelles à poitrine rousse (S. canadensis), mais en plus doux et plus aigu. Le dernier type de cri consiste en des notes courtes et nasales, en quir, quir, produites en longues séries très rapides, ou de manière irrégulière.

Alimentation thumb|Une Sittelle de Chine, un insecte dans le bec.

En été, la Sittelle de Chine se nourrit presque exclusivement d'insectes, et ces invertébrés sont également la seule source d'alimentation des jeunes. En avril-août, des études en Chine ont montré que 98,5 % de son alimentation se composait d'insectes, dont des coléoptère (Coleoptera), hyménoptères (Hymenoptera), papillons, punaises (Heteroptera), homoptères (Homoptera, dont pucerons et cicadidés), de névroptères (Neuroptera) et de mouches (Diptera). Elle consomme les plus gros insectes en les tenant à l'aide de ses pattes et en les déchiquetant avec le bec ; elle peut également capturer des insectes en vol. Comme d'autres sittelles, la Sittelle de Chine fait des réserves de nourriture. En hiver, le régime alimentaire de cette sittelle comprend principalement des fruits à coque, des graines et les fruits d'arbres. L'espèce prend souvent part à des volées mixtes d'alimentation en hiver, où elle est observée en couple.

Reproduction Au Jilin, la saison de reproduction prend place fin avril-début mai. Le nid est généralement placé en hauteur dans la cavité d'un conifère (à plus de du sol, en moyenne), mais peut également être construit dans une souche pourrie ou dans un vieux bâtiment. L'entrée du nid fait environ de diamètre, et n'est pas maçonnée, mais l'espèce colmate les fissures à l'intérieur à l'aide de boue. Les deux partenaires construisent le nid durant sept à huit jours, faisant un bol à partir de fibres végétales, de plumes, d'herbes. La ponte compte quatre à neuf œufs blancs marqués de brun-rougeâtre et mesurant . La femelle couve seule tandis que le mâle la nourrit, et les petits sortent de l'œuf après 15 à 17 jours d'incubation. Les deux parents participent à leur nourrissage, et n'élèvent qu'une volée dans l'année.

Parasites Un acarien des plumes, Pteroherpus surmachi, a été décrit de chez S. villosa en 2011 par l'arachnologiste russe Sergei V. Mironov.

Répartition et habitat thumb|gauche|Répartition approximative de la Sittelle de Chine. Les données en Corée du Nord sont parcellaires. La flèche indique la répartition limitée dans le sud de Sakhaline. Les pointillés signalent l'expansion de la répartition vers le sud de la péninsule coréenne lors de l'hiver.

Cette espèce vit dans le Nord-Est de la Chine, en Corée, et dans l'extrême Sud-Est de la Russie. Elle a été signalée sur l'île russe de Sakhaline, mais pourrait n'y être qu'erratique. En Chine, sa distribution commence à l'ouest, dans l'Est du Qinghai, et s'étend vers l'est, dans le Sud-Est et le centre du Gansu, la plupart du Shaanxi, le Shanxi, le Nord du Hebei, jusqu'à la municipalité de Pékin. Une autre partie de l'aire de répartition commence dans le Sud du Liaoning (dans le Liaodong), et s'étale dans le Sud du Jilin et du Heilongjiang jusqu'à l'extrême Sud-Est de la Russie dans le kraï du Primorie. Elle est rare dans les deux Corées : elle niche rarement dans le Nord de la Corée du Nord et ne serait qu'erratique en Corée du Sud ou hivernante ; dans la péninsule elle est étroitement associée aux forêts de Pin rouge du Japon (Pinus densiflora). En Chine, elle peuple les forêts de conifères (Pinus, Picea), parfois mêlées de chênes (Quercus) et de bouleaux (Betula).