Paul Jacquier (Orange, - Paris, ) est un militaire français, Compagnon de la Libération par décret du . Engagé dans l'armée dès 1928, il est déjà un officier d'expérience lorsque survient la Seconde Guerre mondiale. Combattant dans la Royal Air Force et les forces aériennes françaises libres au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, il est fait prisonnier après que son avion a été abattu. Libéré à la fin de la guerre, il poursuit sa carrière dans l'armée et exerce diverses fonctions de commandement et de représentation au sein d'état-major avant de devenir directeur du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage. Après sa retraite des services actifs, il travaille dans le domaine minier avant de s'éteindre en 1995.

Biographie

Avant-guerre

Fils d'un officier de l'armée de terre, Paul Jacquier voit le jour à Orange dans le Vaucluse le . Destiné à une carrière militaire, il suit les cours du Prytanée national militaire de La Flèche puis s'engage dans l'artillerie en 1928. Il est formé aux écoles d'artillerie de Poitiers et de Fontainebleau jusqu'en 1934. En 1936, après être passé dans l'aviation, il obtient des brevets d'observateur, de navigateur et de pilote. Promu lieutenant, il est observateur aérien en Algérie en 1938. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, il est capitaine en poste en Syrie.

Seconde Guerre mondiale

Refusant l'autorité de Vichy, il rejoint le la base de la Royal Air Force d'Ismaïlia en Égypte. Il se trouve alors être l'homme le plus ancien dans le grade le plus élevé parmi les Français ayant également rejoint Ismaïlia. À ce titre, il négocie avec le chef de la base, l'Air marshal Arthur Longmore, pour que lui et ses hommes soient engagés dans la Royal Air Force avec la reconnaissance de leur statut de représentant français. À la suite de cet accord entre Paul Jacquier et Arthur Longmore sont créées le l'Escadrille Française Libre de Grande Reconnaissance (French Bomber Flight ), l'Escadrille Française Libre de Chasse (Free French Flight ) dont Jacquier prend le commandement et l'Escadrille Française Libre de Liaison (Free French Flight ). En août, Jacquier et son unité son intégrés au Squadron et participent à la défense du port d'Alexandrie et la protection de la flotte anglaise pendant le bombardement de Bardia. Puis il est déplacé en Palestine où il participe à la défense d'Haïfa. Le , il est blessé lors d'une mission et passe un mois à l'hôpital avant de reprendre les missions au Moyen-Orient. En , à la suite de l'inspection du général de Gaulle, le personnel français est libéré de son engagement dans la Royal Air Force et incorporé dans le commandement des forces aériennes françaises libres. Paul Jacquier participe aux combats à la frontière égypto-libyenne, puis aux opérations de la bataille de Crète lors desquelles, le , il est abattu par la Flak. Retenu prisonnier par les Allemands, il n'est libéré que le et est promu commandant.

Après-guerre

De 1947 à 1948, avec le grade de lieutenant-colonel, il commande un groupe de transport aérien à Alger puis est commandant en second de la 61e escadre de transport. Breveté de l'École supérieure de guerre, il est promu colonel en 1951 et affecté à l'état-major de la région aérienne. Puis il part pour Norfolk, aux États-Unis, pour suivre des cours à l'. De retour en Algérie en 1952, il est chef du commandement de l'air en Algérie, puis retourne en France où il sert dans le cabinet du maréchal Juin jusqu'en 1955. Il regagne l'Afrique entre 1955 et 1957 pour prendre le commandement de la Base école 707 Marrakech. Nommé général de brigade à l'issue, il devient chef du commandement de l'air en Tunisie. En 1958, passé général de division , il est adjoint au ministre du Sahara et travaille au sein de l'Organisation commune des régions sahariennes. Dans le même temps, il est commandant interarmées du Sahara. Il revient en Europe en 1961 pour prendre les fonctions de sous-chef d'état-major au sein du Grand Quartier général des puissances alliées en Europe.

Promu général de corps aérien, il devient en 1962 le directeur du SDECE jusqu'en 1964. Atteint par la limite d'âge, il se retire du service actif en 1966, totalisant plus de de vol.

Après avoir été rédacteur en chef d'une revue technique de 1967 à 1970, il est directeur délégué d'une société minière en Nouvelle-Calédonie jusqu'en 1973, année où il prend définitivement sa retraite. Paul Jacquier meurt le à Paris.

Décorations

Grand Officier de la Légion d'honneurCompagnon de la LibérationCroix de Guerre 1939-1945Avec trois palmesCroix de la Valeur militaireAvec deux palmesMédaille de la Résistance françaiseCroix du combattant volontaireCroix du combattantMédaille colonialeAvec agrafe "Libye"Médaille commémorative française de la guerre 1939-1945Médaille commémorative des services volontaires dans la France libreMédaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l'ordreAvec agrafes "Maroc", "Tunisie" et "Algérie"Commandeur de l'Ordre du Mérite saharienCommandeur de l'Ordre du Dragon d'AnnamAfrica Star(Royaume-Uni)Officier de l'Ordre de Georges (Grèce)Grand Officier de l'Ordre National(Côte d'Ivoire)Commandeur de l'Ordre National du Lion(Sénégal)

Références

Voir aussi

Articles connexes

Ordre de la Libération Libération de la France

Bibliographie

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Liens externes

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