vignette|Page de garde de l'Armorial général de la noblesse de l'Empire russe. Armorial général de la noblesse de l'Empire russeAcronyme : AGNER., en russe Общий Гербовник дворянских родов Всероссийской Империи.
Cet important recueil des armes de familles répertoriéesSelon les références présentées comme nobles dans la Russie impériale, toutes origines confondues, fut institué à l'initiative du tsar (oukase du Cet oukase contraignait toute famille noble à faire enregistrer ses armes pour publication et description dans l'Armorial, après aval du Sénat ainsi que de la représentation des nobles de l'oblast de résidence du chef de famille).
Loin de tous les blasons de la noblesse russe furent inscrits dans l’Armorial général. Un autre recueil officiel, intitulé Recueil des armoiries concédées par diplômes à la noblesse russe, non insérées dans l’Armorial général (en russe : Сборник дипломных гербов российского дворянства, невнесённых в Общий Гербовник), fut publié en 17 volumes distincts. Ce recueil comprenait encore 1 770 armoiries supplémentaires.
Une œuvre de longue haleine
Vingt volumes sont parus régulièrement, de 1798 () à 1917 () ; ce gigantesque travail de recensement s'est arrêté au cours de la préparation du , jamais paru, et concerne près de On y trouve aussi quelques blasons personnels, concernant notamment des personnes anoblies. Chaque blason y est accompagné de sa description ainsi que d'une brève notice sur la famille concernée.
Les cinq premiers volumes furent compilésLes volumes I à IV furent publiés en 1803-1809, le V avec les volumes VI à X, en 1836-1840 sous le règne du tsar , à savoir :
Volume , imprimé le : Blasons listés dans la partie armorial. Volume II, le Volume III, le Volume IV, le Volume V, le
Les quatre suivants sous celui du tsar :
Volume VI, le Volume VII, le Volume VIII, le Volume IX, le
Sous , un seul volume fut achevéPeut être à cause de l'extrême minutie dont le souverain faisait preuve en la matière, vérifiant personnellement la conformité des blasons présentés aux règles héraldiques:
Volume X, le
De même pour le règne d'À compter de ce volume, les blasons sont publiés en couleurs :
Volume XI, le
Sous , trois volumesOù l'on sent jusqu'ici l'influence grandissante de la noblesse allemande, notamment dans les décorations des cimiers et l'abondance des pièces et des fonds de sable :
Volume XII, le Volume XIII, le Volume XIV, le
Sous , six volumesOn y constate l'apparition de cimiers "slaves", parallèlement aux armes plus "classiques" ou d'inspiration germanique (cimiers sommés des pièces de l'écu) :
Volume XV, le Volume XVI, le Volume XVII, le Volume XVIII, le Volume XIX, le Volume XX, le
Un volume était en préparation à la chute de l'Empire. Le nombre de blasons concernés reste inconnu. La présentation des seuls 9 blasons répertoriés actuellement est de type germanisant.
Hiérarchiser la noblesse russe en hiérarchisant son héraldique
Poursuivant là l'œuvre de réorganisation du fondateur Pierre le Grand, le tsar souhaitait avant tout harmoniser la jeune héraldique russe avec les règles en usage en France, en Grande-BretagneNotamment sous l'influence du comte Bruce, en Italie et dans le Saint-Empire, tout en fédérant la noblesse au service de la dynastie.
C'est ainsi que les familles riourikides y furent répertoriées et entre-classées, dotées d'armes vraisemblablement inspirées de thèmes issus de l'antique vexillologie russe et reprenant généralement les symboles des bonnes villes dont leurs ancêtres avaient assuré le gouvernementExemple: armes des princes Odaïevsky, descendants des princes riourikides de Tchernigov, ville dont ils arborent l'aigle couronnée. Les nobles titrés, les anoblisC'est-à-dire directement par le souverain, et non par leur place dans le "tchin" ni par leur appartenance à un ordre de chevalerie. Appelés souvent diplômés en Russie, par référence au diplôme d'ennoblissement (= lettres), les courtisans virent leurs blasonsQuand ils en avaient un… enrichis de pièces d'honneur (aigleExemple: armes de la famille Koutaïssoff, d'origine servile, étoile(s)Exemple: armes de la famille Mochkoff, besant(s), etc.) et/ou de rôle (grenade(s)Exemple : armes de la famille Mikhailoff, anoblie en 1741, abeille(s), ruche, caducéeExemple: armes de la famille (von) Blok, etc.), évoquant la fonction du chef de famille dans l'Empire au moment de l'enregistrement des armes. Le culte familial (contemporain ou originel) est parfois aussi mentionné, par une croix pour les familles d'origine chrétienne, par une étoile de David, pour celles de confession israélite, ou par un croissant, pour celles d'origine tatare ou turque, etc.
Une œuvre inachevée
L'enregistrement des armes se faisant à titre et volontaire et onéreux, bien des nobles ou refusèrent ou oublièrent de s'y soumettreOu encore récupérèrent les armes du parent qui en avait fait publier dans l'AGNER., malgré les différentes facilités de paiement offertes par les souverains aux familles désargentées ; d'autre part, l'Armorial ne recense qu'un faible pourcentage de blasons des nombreux anoblis ou confirmés par fonctionSelon leur rang dans le tchin ou par distinctionNotamment les chevaliers héréditaires des Ordres impériaux, ne serait-ce que du fait de l'absence d'armes à faire enregistrerEn effet, de nombreux nobles russes, descendants de ces anoblis, n'en portaient pas, leurs ancêtres ne semblant pas s'être souciés d'un décorum peu traditionnel en Russie ; nombre d'armes publiées dans l'AGNER ont été spécialement composées à cette occasion. ou parce que les familles des personnes ainsi distinguées figuraient déjà, pour d'autres raisons, dans l'Armorial général…
En résumé, on estime que l'Armorial général répertorie les armes de près des deux tiers de la noblesse russe attestée à la veille de la grande guerre, soit la grande majorité des familles d'ancienne noblesse (boyards), princières ou pas, la quasi-totalitéEffectivement, certaines familles titrées n'ont pas, pour diverses raisons, jugé nécessaire de figurer dans l'AGNER. Ainsi des , d'origine franco-écossaise, pourtant brevetés le … des familles titrées en RussieSoit : de prince, 1 titre de marquis, de comte et de baron. Attention, ce comput intègre aussi les cas, assez rares, de familles autorisées à timbrer leurs armes de couronnes faisant référence à des titres étrangers (du Saint-Empire, surtout), dont le port leur était autorisé en tant que titres de courtoisie et/ou anoblies directement par les Romanov, mais une faible partie des anoblis par fonction ou par appartenance à un ordreAinsi, la famille du révolutionnaire Lénine, distinguée par son père (créé chevalier de l'ordre de Saint-Vladimir, classe, en 1882), n'y figure pas, quoique son entrée dans la noblesse russe soit un fait très connu (en Russie, du moins) (petite noblesse). Il ne contient aucun blason bourgeoisLes descendants de serfs affranchis ou de non nobles portaient parfois, notamment les citoyens honoraires héréditaires (classe nouvelle correspondant à peu près à la bourgeoise française de l'ancien régime), mais ce n'était pas là non plus une règle absolue, des armoiries. Ainsi les Tchekhov..
Armorial - liste des blasons
Liste des blasons (et des nomsEn regard de la transcription française moderne, plus proche, ad litteram, de l'orthographe cyrillique, nous avons indiqué l'ancienne transcription employée (= olim) jusqu'à l'époque de l'émigration blanche, et toujours portée par de nombreux descendants français de la noblesse russe, car cette transcription ancienne colle souvent bien mieux à la prononciation originale. de famille concernées) enregistrésCertains blasons n'ont jamais été publiés (derniers volumes), listés selon l'ordre alphabétique romainPour raison de simplicité, la base du classement retenue ici est l'orthographe française des noms ventilés.
Ce chapitre reproduit donc les armesEt leurs blasonnements, souvent fort complexes. de certaines familles russes (ou jureuses) publiées dans l’Armorial général.
Remarque : l'Empire ne reconnaissait et n'accordait que deux qualités (principat ou noblesse simple) et trois titres (comte de l'Empire russe, comte du Saint-EmpireLes souverains russes, princes du Saint-Empire sur leurs marches baltes, étaient habilités à demander régulièrement pour certains de leurs sujets des titres palatins. Ils ont néanmoins confirmé la plupart de ces titres dans l'Empire par l'octroi d'un titre russe de même niveau, réintégrant ainsi les familles concernées dans la hiérarchie russe., baron de l'Empire russeTitre assez décrié, car généralement accordé à des marchands ou à des ressortissants allemands ; comble d'ironie, un des bouffons de la cour en bénéficia.). Certaines branches cadettes de la Maison de Rurik n'utilisant plus leur qualité, l'Empire leur témoignait toutefois le respect légitime dû aux descendants du fondateur de la Russie par une adresse, indiquée ici comme titre de courtoisie, bien qu'il s'agisse d'une qualité.
A
ArmesLes armes non publiées ne sont pas figurées ici, mais sont décrites dans la partie blasonnement, le cas échéant (c'est-à-dire selon les sources - fiables - disponibles).Patronyme - Qualité/titre(s) - Illustration(s) - BlasonnementLocalisation (volume, cote) vignetteAdodourov ou Adadourov ; olim Adadouroff ou Odadouroff Ancienne noblesseAncienne noblesse = famille attestée comme noble avant l'avènement des Romanov; maison descendante de GlebÀ ne pas confondre avec Gleb Mikhaïlovitch Sorokoumoff, descendant du prince abkhaze Rededya ou Ridada, tué par le prince rourikide Mstislav Vladimirovitch Tmutarakan lors d'un célèbre duel (1022). OblaghineOu Honnète homme., général suédois passé en 1375 au service du grand-prince Dimitri Donskoï ; Gleb est aussi l'ancêtre des maisons GleboffDu moins les Gleboff descendants dOblaghine…, Koltovsky, Lapoukhine, Lapteff, Lodyjensky et Loupandine ; maison illustrée par le célèbre mathématicien et héraldiste Vassili Evdokimovitch (1709-1780), qui inspira bon nombre des règles de l'héraldique russe et composa la plupart des blasonsArmes adadouroviennes. des membres du régiment Préobrajensky qui portèrent Elisabeth Petrovna sur le trône (6 décembreCalendrier julien : 25 novembre. 1741). ÉcuLe dessin de l'écu ne correspond pas parfaitement à sa description, ici lacunaire. : (armes proches de celles des Lodyjensky) écartelé, en 1 de gueules à deux pals d'or croisant sur une flèche d'argent pointée vers le bas et posée en bande ; en 2 et 3, de sable à une fleur-de-lys naturelle d'or ; en 4, d'azur à un cerf cabré d'or, tenant à la gueule une double branche feuillée de sinople et orienté à dextre, mouvant d'une forêt d'or et d'une terrasse feuillée du même. Timbre : casque couronnéLa couronne indiquant ici qu'il s'agit d'une famille d'ancienne race. de gentilhomme d'ancienne raceC'est-à-dire dont le statut de noble préexistait à l'avènement des Romanoff.. Lambels : (dextre) or et azur ; (senestre) or et gueules.II, 48 vignetteAlfimov ; olim Alfimoff Ancienne noblesse ; famille suivie depuis le (prise de Kazan), d'origine boyarde et inscrite dans la noblesse de Moscou ; ce serait le voïévode Ivan Mikhaïlovitch, gouverneur de Samara, qui aurait capturé Stenka Razine et son frère (1671). Écu : parti, au 1 d'argent aux trois demi-vols de sable, superposés en pal ; au 2 de gueules au cimeterre d'argent, posé en barre, la lame vers le chef, et à la flèche d'argent posée en bande, la pointe vers le chef, passés en sautoir. Lambrequins : d'argent sur gueules. Timbre : casque couronné de gentilhomme d'ancienne race.II, 81 vignetteAlyabiev ou Aliabiev ; olim Alyabieff ou Aliabieff