L’armée française d’Orient (AFO), initialement corps expéditionnaire d'Orient (CEO) puis armée d'Orient (AO), est une unité de l’armée de terre française qui combat durant la Première Guerre mondiale sur le front d’Orient (aussi nommé Front de Salonique ou Front de Macédoine) entre 1915 et 1918C'est l'un des cinq groupes d'armées (GAN, GAC, GAE, GAR) créées et mises sur le pied de guerre par le Grand Quartier Général lors de l'ouverture d'un second front à Salonique et en soutien à l'armée Serbe. Cette armée connait plusieurs appellations successives et les historiens d'aujourd’hui l'appellent de façon synthétique « Armée d’Orient ».
L'armée française est d'abord engagée en , avec les Britanniques, dans la campagne des Dardanelles (également appelée campagne de Gallipoli) contre l'Empire ottoman, jusqu'en . Dès , elle participe également à l’ouverture d’un front « périphérique », destiné à aider la Serbie contre les forces armées allemandes, austro-hongroises et bulgares, et dont la ville grecque de Salonique est l’épicentre.
Le , toutes les Armées alliées en Orient (AAO) sont placées sous un commandement unifié et nommé commandement des Armées alliées en Orient (CAA ou CAAO). Le premier commandant en chef est le général français Sarrail, qui commandait alors l’armée d’Orient (AO). Cette dernière est rebaptisée Armée française d’Orient (AFO) et est successivement commandée par les généraux Cordonnier, Leblois, Grosseti, Régnault et Henrÿs.
Le CAA, avec à sa tête successivement les généraux Sarrail, Guillaumat et Franchet d’Espèrey commande ainsi les troupes de l’armée française d'Orient (AFO), de l’armée britannique, de l’armée serbe, de l’armée italienne, de l’armée russe et de l’armée grecque. En , les Armées Alliées d’Orient (AAO) comprennent près de hommes dont (8 divisions et une brigade de cavalerie) ; Grecs (9 divisions) ; Britanniques (4 divisions) ; Serbes (6 divisions) ; Italiens. Elles provoquent la défaite de la Bulgarie, reconquièrent la Serbie et la Roumanie, puis envahissent l’Autriche-Hongrie.
L'armée française d'Orient devient à partir de 1919, Armée du Danube, Armée de Hongrie et Corps d’occupation de Constantinople. Après les différents armistices de 1918, les combattants français ne sont pas démobilisés immédiatement. Certains participent à l’occupation de la Hongrie, de la Bulgarie et d’une partie de la Thrace. D’autres se battent en Russie du Sud jusqu’en dans la région d’Odessa. D’autres enfin occupent Constantinople. Les derniers soldats français rentrent après la fermeture de la base de Salonique au début de l'année 1921.
Entre 1915 et 1921, environ hommes au total ont combattu au sein de l'armée française sur le front d'Orient et jusqu'au , ont été tués, portés disparus et .
Création et différentes dénominations
du au : corps expéditionnaire d’Orient (CEO) (Gallipoli et Dardanelles). du au : corps expéditionnaire des Dardanelles (CED) (Gallipoli et Dardanelles). : les premiers éléments du corps expéditionnaire débarquent à Salonique et forment l’armée d'Orient (AO). : à partir du , les forces françaises de l’armée d'Orient (AO) constituent l'armée française d'Orient (AFO). L'AFO est sous les ordres du commandement des armées alliées en Orient (CAA). 1919 : l'AFO devient l'armée de Hongrie le jusqu’au , date de sa dissolution à la suite de laquelle l’armée du Danube reçoit, le , la dénomination d'armée française d'Orient (AFO )Jean Nicot, Conservateur au Service historique de l’Armée, Répertoire numérique es journaux des marches et opérations 1914 - 1918. Après l'armistice, les unités de l’armée d'Orient, commandées par Franchet d'Esperey, sont articulées en trois groupements, composés de divisions aux effectifs réduits, dont l'action s'exerce entre fin 1918 et début 1920 en Hongrie, en Russie et en Turquie : L’armée du Danube (AD) : les forces de l’aile droite de l'armée française d'Orient stationnées sur le Danube le et commandées par le général Berthelot, reçoivent la dénomination d'« armée du Danube ». L’armée de Hongrie (AH) : les forces stationnées au sud de la Hongrie, sous les ordres du général Paul de Lobit, reçoivent la dénomination d'« armée de Hongrie » le . corps d'occupation de Turquie puis corps expéditionnaire d'occupation de Constantinople (COC) 1920, le poste de Franchet d’Esperey est officiellement supprimé à sa demande et l'armée d'Orient ne se réduit plus qu’au COC. thumb|droite|Un exemple de collaboration alliée : un Capitaine italien, un Lieutenant russe, un Colonel serbe, un Lieutenant français, un gendarme grec. Les Sigles : CEO : corps expéditionnaire d’Orient CED : corps expéditionnaire des Dardanelles AO : armée d’Orient (ensemble des armées françaises en Orient) AFO : armée française d’Orient CAA : commandement des armées alliées en Orient AAO : armées alliées en Orient AH : armée de Hongrie AD : armée du Danube COC : corps expéditionnaire d’occupation de Constantinople
Les commandants Corps expéditionnaire (CEO, CED) puis armée d'Orient (AO)
: général d’Amade (CEO), Dardanelles : général Gouraud (CEO), Dardanelles : général Bailloud (CEO), Dardanelles : général Sarrail (AO), Salonique. Les troupes qui restent au Dardanelles jusqu'en passent sous le général Brulard sous le nom de corps expéditionnaire des Dardanelles (CED)
Armée française d’Orient (AFO) (sous les ordres du CAA) Armée française d’Orient (AFO) (sous les ordres du CAA) vignette|Le général Grosseti et son état-major à Florina en 1917. - : général Cordonnier - : général Leblois - : général Grosseti - : général Régnault - : : général Henrÿs Elle est divisée en groupes de division d’infanterie en : de divisions d’infanterie commandée par : - : général Lebouc - : général Gérôme : général Philippe D’Anselme. de divisions d’infanterie commandée par : - : général Leblois - : général Régnault : général Patey. de divisions d’infanterie commandée par : : général Paul de Lobit.
Commandement des armées alliées en Orient (CAA)
Le CAA commande les Armées alliées en Orient (AAO) dont l’armée française d’Orient (AFO). : général Sarrail : général Guillaumat - 1920 : général Franchet d’Espèrey
Effectifs et pertes de l'armée française en Orient vignette|Camp d'aviation de Topçin en mai 1916, des avions : Farman MF.11 et Nieuport 11. Au total, entre et français sont engagés en Orient entre 1915 et 1921. Sur le front des Dardanelles, les effectifs sont à leur maximum en avec environ organisés en deux divisions (la première renommée plus tard et la deuxième, renommée ). Sur le front de Salonique, les effectifs sont d'environ en , de en et de au maximum en avec huit divisions (, , , et DI et les , et DIC) et une brigade de cavalerie.
Les troupes sont formées essentiellement d’unités métropolitaines avec également une proportion d’indigènes coloniaux (Maghrébins et Sénégalais) plus importante que sur le front français et qui s’élève à 18 % de l’effectif total.
Selon Max Schiavon, depuis les opérations des Dardanelles en 1915, jusqu’au , les pertes sont de tués (dont aux Dardanelles), disparus (dont aux Dardanelles) et (dont aux Dardanelles)Max Schiavon, Le Front d'Orient. Des Dardanelles à la victoire finale, Tallandier, 2014, p. 114, 368. Lire en ligne. auxquels s'ajoutent les morts de froid et de maladie comme le paludisme, une grande part reposent au cimetière de Zeitenlik.
Historique des garnisons, campagnes et batailles thumb|droite|Une patrouille sur le Vardar en septembre 1916 Après la décision d’envoyer des troupes en Turquie, le , l’armée française d’Orient (AFO), d’abord appelée corps expéditionnaire d’Orient, puis armée d’Orient (AO), est commandée par le général d’Amade. Elle est déployée à Gallipoli puis à Salonique pour finir par repousser les Bulgares, occuper leur capitale, combattre en Crimée et occuper Constantinople.
Cette armée est massée dans la région de Salonique, la gauche vers Monastir (aujourd’hui Bitola) et la droite appuyée sur le lac Doiran.
Expédition des Dardanelles
Effectifs Le corps expéditionnaire comprend du au et du au une division d'infanterie, et du au deux divisions d'infanterie, renforcées de diverses unités d'artillerie lourde de campagne ou de côte et de troupes d'étapes qui arrivent pour la plupart dans le courant de . Les effectifs moyens sont du , date à laquelle la est débarquée au complet, au , date de l'embarquement pour Salonique de la (ex ), de , de troupe dont et Créoles, , et du au , date de l'évacuation des Dardanelles, de , de troupe, , AFGG 8,1,1 Annexes (1924) Annexe n° 438, p. 728-731.
Au total, près de français sont engagés dans l’expédition des Dardanelles sur au total pour l’ensemble des Alliés. Le maximum de l’effectif atteint est de fin lorsque deux divisions sont engagées : la coloniale ( d’infanterie du corps expéditionnaire d’Orient), au complet à la date du , commandée par le général Masnou jusqu'au puis le général Brulard et la d’infanterie ( d’infanterie du corps expéditionnaire d’Orient), débarquée à partir du .
Composition à la mobilisation thumb|droite|upright=1.2|Convois vers Monastir, une Decauville au premier plan avec un autre tiré par des bœufs (1916) En , le corps expéditionnaire d'Orient (CEO) est commandé par le général d’Amade'APPENDICE 1. TABLEAU DE COMPOSITION DU CORPS EXPEDITIONNAIRE D'ORIENT (C.E.O.) À SON DÉPART DE FRANCE ET D'ALGÉRIE (4 MARS 1915)' Dans . En ligne. Il est composé de la d’infanterie du corps expéditionnaire d’Orient commandée par le général Masnou qui comprend les unités suivantes : métropolitaine (général Vandenberg) (Lt-Col Philiipe) de marche d’Afrique ( R.M.A.) (Lt-Col Desruelles) coloniale (colonel Ruef) régiment mixte colonial régiment mixte colonial Artillerie : lieutenant colonel Brunet ; groupes de 75 Holtzapfel (12 pièces), Charpy (12 pièces), groupe de 65 Benedettini (8 pièces) ; ; de munitions mixte; 2 S.M.A venant de Bourges, France; un détachement de grand parc ; une Équipe mobile de réparation. Génie : compagnie 4/13 ; détachement de parc du génie 4/24, 2 sections de projecteurs de campagne. Télégraphie : détachement de sapeurs du 8e Génie (Angouleme) ; 2 postes de radio télégraphiques ; poste d'éclairage électrique du Q.G. Train : 1 compagnie du train type Maroc (venant d'Algérie) Intendance : 1 service des subsistances ; 1 parc de bétail ; 1 boulangerie de campagne ; 1 gestion d'habillement et de campement ; 1 détachement de C.O.A. Santé : 2 luts de réapprovisionnement ; 2 ambulances de colonne mobile ; 1 groupe divisionnaire de brancardiers ; 1 hôpital de campagne ; 1 hôpital d'évacuation ; Réserve personnel sanitaire
Le général sir Ian Hamilton commandant les forces de terre franco-anglaises en Orient.
Transport en Orient thumb|droite|Troupes à bord de La Provence. Les troupes sont transportées par bateau pour concentration à Lemnos. L’avant garde embarque sur l’Armand-Béhic et le Savoie (T.M.) à Toulon le ; sur le Djurdjura et le Vin-Long à Bizerte, le Chaouïa à Philippeville et le Carthage à Oran qui se concentrent à Sidi-Abdallah (Bizerte) pour former convoi et partir le . Tous arrivent à Malte le pour se joindre au St-Louis et l’Edgar-Quinet qui font route vers Lemnos le et arriver le . Un deuxième départ de Marseille a lieu le avec la Provence, le Dumbéa, le Magellan, l’Australien, le Charles-Roux, le Moulouya, le Théodore Mante ; de Toulon le avec la Savoie (C.A.), le Paul Lecat, la Lorraine, le Bien-Hoa, l’Italie, le Pélion, le Ceylan, le Amiral-Hammelin, le Hérault. Ils passent par Bizerte pour former deux groupes. Le premier groupe, arrivé de Marseille, part de Bizerte le 10 pour arriver à Lemnos le . Le deuxième groupe, arrivé de Toulon, part de Bizerte le pour arriver à Lemnos le . Le contre-amiral Guepratte commande la division navale française, qui fait partie des forces navales alliées en Orient commandées par l’amiral de Robeck'APPENDICE 2. TRANSPORT DU CORPS EXPEDITIONNAIRE D'ORIENT' Dans . En ligne .