thumb|Joris-Karl Huysmans par Coll-Toc (Les Hommes d’aujourd’hui, 1885) Coll-Toc est un pseudonyme qui désigne un duo de caricaturistes, Alexandre Collignon et Georges TocquevilleFiche de Coll-Toc sur le site de la BNF.. Caricaturant les hommes célèbres à partir de 1882, leur travail fait la première page des Hommes d'aujourd'hui. Peu à peu, Collignon travaille seul sous le pseudonyme ; il travaille également à illustrer des partitions de chansons, puis d'autres ouvrages, ce qui lui assure une renommée certaine ; il obtient les palmes académiques en 1888. Alexandre Collignon disparaît avec son pseudonyme en 1891.
Biographie Avant la collaboration Collignon est né à BarentinFiche de Collignon sur le site de la BNF. (Seine-Inférieure) le Acte du registre paroissial, cote 3E00999, page 71.. De la vie privée de Tocqueville, on ne sait quasiment rien.
Au début des années 1870, Georges Tocqueville et Alexandre Collignon publient séparément des œuvres littéraires.
Tocqueville
« L'ennemi », poème de Georges Tocqueville, parait en 1872 dans Littérature contemporaine, après avoir été retenu par le concours poétique de BordeauxÉvariste Carrance, Littérature contemporaine, , page 440, imprimerie Chayne, Bordeaux, 1872.. Le , la Ligue des Poètes publie « La mort d'une jeune fille », poème en proseLa Ligue des poètes, 25 mai 1872, A2 , pages 38 et 39.. En 1873, son nom réapparaît dans Littérature contemporaine avec « Boucle de cheveux »Évariste Carrance, Littérature contemporaine, , page 558, imprimerie Chayne, Bordeaux, 1873..
Il est également publié dans La Feuille de Madame Angot avec « La pièce de cent sous »La Feuille de Madame Angot, 14 décembre 1873, , pages 3 et 4.La Feuille de Madame Angot, 21 décembre 1873, , page 4.. Tocqueville collabore alors plusieurs fois avec ce périodiqueLa Feuille de Madame Angot, 25 janvier 1874, n°17, page 3., ainsi que le rapporte la correspondance particulière de La Revue Artistique :
Tout en continuant à écrire des poèmes, dont « Gloires de la Patrie », publié par Littérature Contemporaine en 1874Évariste Carrance, Littérature contemporaine, , page 374, imprimerie Chayne, Bordeaux, 1874., il compose aussi des romances, mises en musique par le ténor Alfred JolyLe Rappel, 14 décembre 1873, , page 4.La Feuille de Madame Angot, 18 janvier 1874, n°16, page 3.Georges Tocqueville, Donnez Toujours, Éditions Chatot, Paris 1874.Georges Tocqueville, Vieux Style, Éditions Chatot, Paris 1874. : annonce La Feuille de Madame Angot.
Dans les années 1876 à 1878, Georges Tocqueville est rédacteur au Journal de Rouen, où il acquiert une certaine notoriété. La municipalité fait appel à lui pour des apologies comme « Rouen, Rouen »Le Monde artistique, 4 mai 1878, A18 , page 5: Rouen. et des commémorations de grands hommes rouennais. Le Monde artistique rapporte que pour l'anniversaire de la naissance de François-Adrien Boieldieu sont lues des stances qui font honneur au jeune poète, auteur des « "Gloires de la Patrie »Le Monde artistique, 21 décembre 1878, A18 , page 3: Rouen.Le Monde Artistique, 22 décembre 1877, A17 n°51, page 5: Rouen.. Il écrit également pour le théâtre : Paris Plaisir relate dans son « Point des théâtres » d' :.
La même année 1878, différentes œuvres sont dédicacées à Georges Tocqueville : un poème de Alfred Devic, « Frimas de jeunesse »Le Parnasse, 15 juillet 1878, page 16., et un livre en vers de douze pages, « Songes de guerre »Alexandre Collignon, Songe de guerre, imprimerie Lecourt et Imollais, Sotteville (76).. L'auteur de cette dernière œuvre, dédicacée « À mon ami intime Georges Tocqueville », est Alexandre Collignon, qui habitait alors RouenLe Journal de Rouen, 29 octobre 1891, page 2..
Collignon
D'après Jean Adhémar., Alexandre Collignon et Tocqueville collaboraient à leurs débuts, mais Collignon a vite travaillé seul en gardant le pseudonyme. Il a débuté en 1870 à Rouen dans Le Tam Tam, revue créée en 1867 par Alfred Le Petit, qui illustrait de dessins Le Petit Rouennais, puis au Perroquet. Collignon fonde en 1878 une feuille caricaturesque, Le Binettoscope Rouennais, qui n'eut guère de succès.
Quelques mois plus tard, Alexandre Collignon conçut le projet d'une revue mensuelle rouennaise de 16 pages, Le Pierre Corneille, illustrée sur du papier de luxe et traitant de littérature, beaux-arts et musique. Il prend comme rédacteur en chef Julien Goujon, alors avocat, et réunit un comité de membres fondateurs comprenant Guy de Maupassant, Gustave Flaubert, Émile Zola, Sarah Bernhardt, Alphonse Daudet, Sully Prudhomme, François Coppée, Francisque Sarcey, André Gill et présidé par Victor Hugo. La revue est lancée en et conquiert rapidement plus de 200 abonnés. Mais, au bout de quatre mois (et quatre numéros), Collignon quitte Rouen pour Paris.. Il s'installe ensuite à Bois-Colombes avec sa famille.
Caricaturiste à Paris Débuts
La signature Coll-Toc apparaît à Paris pour la première fois au bas d'une caricature de Zola faite pour L'Esprit gaulois du L'Esprit Gaulois, 26 janvier 1882.. La même année, Coll-Toc signe des caricatures pour La Griffe dont « Calme plat » et « Apothéose du prussien Bazaine »La Griffe, 2 septembre 1882, n°7La Griffe, 1882, n°9., ainsi que pour La République anticléricale « Les ennemis de la calotte : Étienne Carjat »La République anticléricale, 16 décembre 1882, n°64.. En 1883-1884, Coll-Toc travaille pour La Science populaire, dont il fait la une le , ainsi que pour La Vie moderne, Le Drapeau et La Cravache parisienne.
Parallèlement à ses activités de presse, Collignon annonce dans des périodiques qu'il se met à la disposition (des lecteurs) . Ces libellés, que confirme Le Figaro en écrivant « le dessinateur Coll-Toc », . Coll-Toc fera ainsi des portraits et des caricatures que l'on retrouve dans des articles de journaux ou dans des ventes publiques, tels le docteur Adolphe Piéchaud, le général et poète François Pittié, les députés Auguste Maurel et François Varambon, etc.Les portraits à l'encre de Chine mis aux enchères à Drouot par Maître Libert sont attribués à "Collignon (Coll-Toc)" ().
Les Hommes d'aujourd'hui
En 1884, Coll-Toc entame une collaboration durable avec Les Hommes d'aujourd'hui, fondé en 1878 par Félicien Champsaur et André Gill. Il fera la caricature de la première page de très nombreux numéros.
1884 Louis Faidherbe (n° 234) Paul Bert (n° 235) Hippolyte Maze (n° 236) Adolphe Maujan (n° 237) Paul Déroulède (n° 238) Maurice Rouvier (n° 239) Victor Duruy (n° 240) Leconte de Lisle (n° 241) 1885 Guy de Maupassant (n° 246) Hilarion Ballande (n° 247) François Certain de Canrobert (n° 253) Henry Litolff (n° 255 Armand Després (n° 256) Frédéric Passy (n° 257) Auguste de Villiers de L'Isle-Adam (n° 258) Francis Magnard (n° 260) Henri Michelin (n° 262) Joris-Karl Huysmans (n° 263) () 1886 : Armand Silvestre (n° 265) Jules Lermina (n° 269) Louis Andrieux (n° 272) Edmond de Goncourt (n° 274) Jean Richepin (n° 280) Jules Barbey d'Aurevilly (n° 282) Félix Gustave Saussier (n° 283) John Grand-Carteret (n° 294) 1887 : François Bridel (n° 309), Charles Gilbert-Martin (n° 312) 1888 : Alfred Koechlin (n° 333) Charles Gounod (n° 352) Jules Péan (n° 362)
De 1884 à 1886, Coll-Toc fait des dessins pour Le Charivari (« Au Pays des singes »La Caricature, 4 septembre 1886, n°349, page 292.), pour Comic Annonces (« Général Boulanger ») et pour La Nouvelle Lune (« Le Cid à l'Opéra de Jules Massenet »La Nouvelle Lune, 15-30 novembre 1885., « Léon Vannier »La Nouvelle Lune, 27 novembre 1886.). Il illustre « Pour rire à deux », livre de contes de Olympe AudouardOlympe Audouard, Pour rire à deux, Intermédiaire des bibliophiles, n° 205, Editions A.Durel, Paris, 1897.Le Rappel, 20 décembre 1886, n°1628, encadré publicitaire de Marpon et Flammarion..
En , l'équipe des Hommes d'aujourd'hui lance Les Femmes d'aujourd'hui qui s'avéreront surtout des chanteuses et des actrices. Dix numéros paraissent, dont cinq illustrés en couverture par Coll-Toc : les n° 2 (Thérésa), n°3 (Sarah Bernhardt), n°7 (Marie Desclauzas), n°8 (Céline Chaumont) et n°9 (Marguerite Ugalde).
Renommée En 1886, Coll-Toc entame une collaboration avec les éditions A. Patay, qui publient des partitions de chansons illustrées. La première illustration de Coll-Toc semble avoir été pour Un chapelet de modiste ; d'autres suivent pour Le Sommeil du lion, Doux souvenirs, Ugène est un gueusard, C'est épatant Madame Durand, Le Château de Plaisance Les dernières illustrations datent de 1890.
En , Coll-Toc assiste à la fête organisée par John Grand-Carteret pour la sortie de son dernier ouvrage, Raphaël et Gambrinus, ou l'Art dans la brasserie. La Justice du écrit : . En 1887, John Grand-Carteret fera de nouveau appel à lui pour illustrer La Femme en Allemagne, puis en 1888 pour Pensées d'un gamin de Paris par un écrivain pas bégueule mais antipornographeJohn Grand-Carteret, Pensées d'un gamin de Paris, Éditions Louis Westhausser, Paris, 1888.. Grand-Carteret était aussi le directeur littéraire du Livre et l'Image ; il y rapporte , ajoutant : .
À la même période, Coll-Toc fait la première et la deuxième page de La Lanterne du avec « Le Salon humoristique de 1887 », série de 31 dessins et donne à La Caricature une série de dessins, « Sur le zinc »La Caricature, 23 juin 1887, n°391.. En toute fin d'année 1887 parait le de Salons pour tous ; la partie artistique comprend huit à dix dessins signés de noms de maîtres et artistes connus, dont Coll-TocLe XIX Siècle, , A18 n°5830, page 4.Le Radical, , , n°1..
Le , « Collignon (dit Coll-Toc) Alexandre, dessinateur », est nommé officier d'Académie pour services rendus à l'industrie et aux beaux-artsLe Figaro, 14 juillet 1888, .Le Temps, 17 juillet 1888, , supplément..
Fin
, qui continue cependant à travailler.
Coll-Toc dessine neuf estampes couleur, « Logé gratis », pour la Aux Armes d'Epinal, une caricature de l'horloger Henri Lioret pour La Cigale, une illustration de « Soufflavide et Grattamort » pour la partition de cette chanson pour duo comique de musiciens des éditions A. Patay. En 1889, Le Rappel fait en de couverture la réclame pour des ouvrages illustrés par Coll-Toc ; Judith Gautier y écrit pour « Calvaire d'amour » que son auteur Albert Hue, . Ce livre paru chez Auguste Ghio comporte un portrait de l'auteur et 42 dessins à la plume par Coll-TocLe Rappel, 6 décembre 1889, n°7210, page 4 : Chronique de la librairie..
En 1890, l'état de santé de Collignon se dégrade. Le Figaro du relaie une demande de secours : . Quelques jours plus tard parait dans Le Figaro un tract-réclame d'Alfred Le Petit : bravant les poursuites légales qui le menacent pour ses charges, il y annonce .
Mais ses ennuis de santé n'empêchent pas Collignon de travailler. Le , Le Figaro écrit en une : .
En 1890, Coll-Toc fait des illustrations comiques pour La Caricature : « La force prime le droit » (), « défense de fumer » (), « Un chat, deux chats » (), « À propos de bottes » (), « Signes d'argent » (), « L'honneur du mari » ()La Caricature, 1890, n°557,558,560,561,562,570., « Moins brave que Bridel » ()La Caricature, 1891, n°576,617,619.. Parallèlement, il illustre les textes d'Ernest d'Hervilly dans Le Journal pour enfants sages et dans deux albums d'images : La Grande Revue de Longchamp et Journal des enfantsLe Rappel, , n°7601, page 4.Le Temps, , n°10821.Le Temps, 22 décembre 1890, n°10811.. Coll-Toc dessine encore pour Le Nord Illustré, dont il fait les portraits du numéro spécial de Noël 1890, tiré à exemplaires, <ref>Le Nord Illustré, numéro spécial de Noël 1890.</ref>. Sa série de six dessins « La force prime le droit » sera publiée dans Le Journal du dimanche du 27 juillet 1891 et Le Roman pour tous du . Ses derniers dessins seront pour La Caricature avec « Képi zé schako font deux » (24 octobre 1891) et « Un fameux dentiste » (7 novembre 1891).
Coll-Toc disparaît en même temps que s'éteint Alexandre Collignon, inhumé à Bois-Colombes le 28 octobre 1891.