La Socapalm ou Société Camerounaise de Palmeraies est une société agro-industrielle du Cameroun. Plus importante entreprise de production d'huile de palme du pays, selon Socfin., elle produit en 2020 près de 51 % de l’huile de palme du Cameroun (pays qui doit encore importer environ 50 % de l'huile végétale qui y est consommée)..

Le groupe Socapalm avait en 2010 , sous-traitants qui auraient eux-mêmes . Au total, près de seraient dépendantes de Socaplam. Le groupe est une filiale de SOCFIN qui est son principal détenteur (remarque : avant , la SOCFIN était baptisée Socfinal (pour Société Financière Luxembourgeoise SA).

Selon Socfin, en 2020 la Socfinaf détient 67,46 % des actions de la Socapalm, et l'État camerounais en détient 22,36 %. Selon le journal Le Monde (2017) la Socapalm appartient majoritairement à la Socfin, société elle-même détenue pour un peu plus de 50 % par le Belge Hubert Fabri, et à près de 39 % par le groupe de Vincent Bolloré..

Employés Au , la Socapalm faisait travailler « directs » (dont ) et sous-traitants et . plusieurs Syndicats représentent les employés de la SOCAPALM : la Confédération des Syndicats Autonomes du Cameroun (CSAC) ; l'Union des Syndicats Libres du Cameroun (USLC) ; la Confédération Syndicale des Travailleurs du Cameroun (CSTC) ; et la Confédération Générale du Travail (CGT-LC).

Riverains Diverses ONG internationale, ou camerounaise (ex : Synergie Nationale des Paysans et Riverains du Cameroun ou SYNAPARCAM) sont également observatrices ou parties prenantes dans certaines négociations et autres démarches (notamment de rétrocession des terres non reprises au bail emphytéotique, conformément à l’Avenant du au Bail). Un magazine dénommé Trait d’Union est édité. Il se veut à la fois au service des riverains et des travailleurs de la SOCAPALM., en lien avec le site Web PalmEspoir, créé pour que le palmier à huile soit , dans le respect de l’environnement, des syndicats, des riverains et petits producteurs, avec un meilleur dialogue avec la Socapalm, ses actionnaires, et l'administration, via notamment les plates-formes de dialogue destinées aux échanges entre parties prenantes..

Actifs et production Selon une évaluation de 2010, elle gérait quelque de plantations de palmiers à huile, répartis dans les provinces du Littoral, du Sud et du Centre ; sur sept principaux sites de plantation : à Douala (Direction Générale et administrative) ; la plantation de Mbongo (crée en 1969) ; la plantation d'Edéa ; la plantation de Mbambou dans la Sanaga-Maritime (1974) ; la plantation d'Eséka dans le Nyong et Kelle (1970) ; la plantation de Dibombari dans le Moungo (1974) ; la plantation de Kienke dans l'Océan. (1978). S'y ajoutent plus de achetés avec la « Société des Palmeraies de la Ferme Suisse » (SPFS).

sont directement exploités et autres hectares le sont par des plantations familiales dont la production doit théoriquement et contractuellement être rachetée par les usines de la Socapalm..

En 2008, la Socapalm entre en bourse et semble à l'occasion avoir décidé de se diversifier dans les agrocarburants (biodiesel à base d'huile de palme) d'une part, et dans l'hévéaculture d'autre part, même si la récolte de latex devra attendre quelques années, le temps que les hévéas soient assez grands (dix ans plus tard, l'huile sera encore l'essentiel de la production du groupe ; avec en 2019 d'huile de palme produites, soit un quasi-triplement en , alors que le nombre d'hectares du bail s'est réduit).

+ Production oléagineuse et de latex. Produit Huile de palme latex d’hévéa 1980 sur (en propre) (...) 1990 (...) 2001 2010 (en propre) (...) 2019 sur (en propre) sur (en propre)

Histoire Avant l'arrivée des colons et l'installation de la SOCAPALM, cette région du sud-ouest de l'actuel Cameroun était une forêt pluviale de type guinéo-congolais, hot-spot de biodiversité. Elle était habitée par : des Bantous, paysans-chasseurs/pêcheurs des communautés de pygmées Gyele (ou Bagyeli) vivant principalement dans la région de KienkéThierry Terret, Appoline Abena, « Bapea, Yende et football chez les Pygmées Bagyeli du Sud-Cameroun. Pratiques sportives et activités physiques traditionnelles », Staps, 2/2005, , , ., dont il reste à individus, selon les sources. Bagyeli chasseurs-cueilleurs. Ces deux ethnie dépendaient fortement, bien qu'à des degrés différents, des ressources forestières et hydriques pour s'alimenter, se soigner et pour leur spiritualité.

Période coloniale Sous le protectorat allemand comme sous la tutelle française, le Cameroun a été choisi pour développer des plantations industrielles de palmier à huile. Pour cela, plusieurs populations villageoises ou de la forêt ont dû être déplacées.

Les colons allemands ont accaparé des terres, tout en conservant des réserves domaniales où reloger et nourrir les populations déplacées et leurs descendants. Sous la tutelle française du pays, les plantations allemandes ont été reprises et exploitées de manière dispersée par des particuliers.

Années 1950 Au début des , la Socfinol développe un nouveau modèle commercial, en fournissant des plants de palmiers aux villageois, puis en rachetant ensuite leur production, tout en construisant des routes et puits qui désenclavent des communautés auparavant isolées.

Localement, des populations, réclamant néanmoins une restitution des terres dont elles ont été spoliées quelques décennies plus tôt (ex la communauté Bomono-Ba-Mbengue demandant la restitution de de palmeraies laissés par le syndicat de la culture d’huile de palme (syndicat Furoelpalmen-Kultur (S.o.K) à la fin du bail contracté le .

Années 1960 et années 1970 Le , le Cameroun devient indépendant.

En 1963, le gouvernement, avec l'aide de la Banque mondiale lance un programme de développement de palmeraies à huile et d'huileriesGerber J-F (2008) Résistances contre deux géants industriels en forêt tropicale: populations locales versus plantations commerciales d'hévéas et de palmiers à huile dans le Sud-Cameroun. Montevideo: World Rainforest Movement (WRM) visant à lancer au Cameroun une production industrielle d'huile de palme (et du latex pour le caoutchouc).

En 1968, la Socapalm est créée le , par décret présidentiel pour mettre en œuvre le plan gouvernemental, ce qui est fait assez rapidement, avec environ plantés et créés en (de 1968 à 1980).. L'entreprise, alors sous tutelle du Ministère du plan et du territoire, est financée par des fonds de l'État et via des prêts accordés au gouvernement par la BIRD, la Caisse Centrale de Développement et la Banque européenne d'investissement. Son capital initial qui était de , passe à le ; il est réparti comme suit. : État du Cameroun : 45,45 % ; Office national de commercialisation des produits de base (oNCpB) : 46,7 % ; Société nationale d'investissement du Cameroun (SNI) : 7,84 %

Années 1980 Le Cameroun subit une crise économique qui affaiblit la SOCAPALM et toutes les autres grandes agro-industries introduites dans la région durant la période coloniale.

En 1986-1987, le groupe affronte une chute brutale des cours mondiaux de l'huile de palme.

En 1988 : des contrats de performances signés avec l'État camerounais (premier pourvoyeur de fonds) conduit la Socapalm à supprimer 11 % de son personnel, et à diminuer les avantages de ceux qui restent, tout en sous-traitant plus de travaux, etc. ; La région subit en outre une crise ethno-régionale et des conflits armés touchent les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du pays.

Des études quantitatives et qualitatives basées sur des analyses géospatiales et des enquêtes de terrain, montrent que cette crise a été source de destruction d'une grande partie des infrastructures socio-économiques, d'appauvrissement des communautés et d'un déclin de l'entretien de la plantation. Aux salaires bas et irréguliers, s'ajoutent des négligence dans la rénovation des maisons et infrastructures des camp d'ouvriers, aggravant la spirale de l'appauvrissement et de la baisse de la production dans une région où par ailleurs la population a été en grande partie privée de ses anciennes ressources (foncières, agroforestières, en plante médicinales notamment) par les monocultures dépendent désormais des salaires de l'agro-industrie pour sa survie.

Années 1990 En 1993 : une nouvelle unité de fractionnement (Mula Palm) et crée à Nkapa.

Selon l'association Sherpa et Samuel Nguiffo (avocat et directeur de l'ONG Centre pour l'environnement et le développement) : depuis les , la pression des programmes d’ajustement structurel du FMI et de la Banque Mondiale s'exercent au Cameroun au détriment des missions sociales initialement confiées à la Socapalm (missions qui devaient en quelque sorte compenser les pertes de foncier agricole et forestier pour les communautés locales).. L'ancien Ministre de l'agriculture du pays devient le nouveau Directeur Général de la Socapalm et il est chargé de lancer une importante restructuration (suppression de 37 % des effectifs) et de préparer une privatisation la société.

Année 2000-2010 En 2000, la privatisation est officialisée, à Yaoundé par une convention de cession (pour de fCFA) des 90 % d'actions détenues par l'État.

L'opération se fait au profit de Palmcam, un groupement d'intérêts nationaux et étrangers, l'État ne conservant que 10 % des parts, en garantie des terres exploitées.

L'État accorde à Palmcam un bail emphytéotique avantageux de pour , mais assorti à des engagements : Les alinéas g et h de ce bail stipulent que l'entreprise s'engage : alinéa g) - à veiller, lors des extensions des plantations, à prendre en considération les exigences de la protection de l'environnement et associer les institutions nationales compétentes aux études y relatives qu'il initiera, alinéa h) - à ne pas replanter sur les parcelles d'une superficie totale de situées autour des communautés villageoises sans qu'au préalable l'Administration ait distrait toute parcelle pressentie comme espace vital. La superficie exacte de chacune des parcelles concernées sera déterminée par l'Administration et le Preneur. L'Administration désignera dans chaque cas la communauté villageoise bénéficiaire.

La conventionArt. 8, alinéas 8.4.1 et 8.4.2 de la Convention. contient une délégation de service public imposant au repreneur de poursuivre les missions de service public connexes à l'activité de l'ancienne entreprise d'État ; la convention dispose que. : alinéa 8.4.1 - le Repreneur se porte fort de manière ferme et inconditionnelle : - à poursuivre l'exécution de toutes les missions de service public assurées par la SOCAPALM à la date de signature des présentes, au maximum dans les conditions et niveaux actuels. - à continuer et à faire assumer la charge financière correspondante alinéa 8.4.2. - ces engagements sont pris notamment dans les domaines suivants : - la mission de service public en matière de santé, d'éducation et de logement - l'appui au développement et à la vulgarisation agricole du palmier à huile. Dans ce volet, le repreneur s'engage en particulier à formuler périodiquement des propositions d'extension des plantations villageoises. - la collecte et l'achat de l'ensemble des productions des plantations villageoises dans un rayon de autour des plantations SOCAPALM. - l'entretien des infrastructures routières de SOCAPALM et l'appui logistique en matière de sécurité. (dans les qui suivent, de nombreux villageois, riverains des plantations et ONG reprocheront à la Socapalm de ne pas avoir respecté ces engagements)