Ferdinand Aldegonde de Jouvencel, né à Versailles le , mort à Ville-d'Avray le , est un conseiller d'État et homme politique français.

Polytechnicien, Ferdinand de Jouvencel commence par être officier d'artillerie, puis devient juriste et entre au Conseil d'État. Député du centre gauche sous la monarchie de Juillet de 1842 à 1848, il est nommé ensuite conseiller d'État, mais il s'oppose au coup d'État de 1851 et est mis à la retraite.

Après le Second Empire, il est nommé président du Conseil d'État provisoire en 1870-1871. Il est ensuite député de 1871 à 1873 ; il est républicain constitutionnel, libéral et catholique.

Biographie Jeunesse, formation, début de carrière thumb|left|upright=0.5|Armes des Jouvencel Ferdinand de Jouvencel, né en 1804, issu d'une famille d'origine lyonnaise, est le fils de Blaise de Jouvencel (1762-1840), maire de Versailles et député.

Reçu à l'École polytechnique en 1822Selon le registre matricule de l'école, il mesure , est blond, le front découvert. Site de la bibliothèque de l'École polytechnique (fiche matricule dans la rubrique Famille polytechnicienne), Ferdinand de Jouvencel en sort et devient officier d'artillerie en 1824 à la sortie de l'école.

Il donne sa démission en 1825, suit des études de droit, et s'inscrit comme avocat au barreau de Paris en 1827 ; il entre ensuite au Conseil d'ÉtatErnest Glaeser (dir.), Biographie nationale des contemporains, 1878, 368.Larousse, Grand dictionnaire universel du .. Auditeur en 1830, auditeur de première classe en 1831, il devient en 1832 maître des requêtes en service ordinaire. Il se fait remarquer comme rapporteur au contentieuxSite de la bibliothèque de l'École polytechnique (Notice dans la rubrique Famille polytechnicienne).

Il remplit en 1835-1836 une mission en Algérie avec Jean-Jacques Baude et Justin de Chasseloup-Laubat., et reçoit ensuite la Légion d'honneur.

Député sous la monarchie de Juillet En 1842, Jouvencel accepte la candidature indépendante qui lui est offerte dans le Selon l'ancienne numérotation des arrondissements de Paris. Le comprenait les quartiers du Faubourg-Saint-Germain, des Invalides, de la Monnaie et de Saint-Thomas-d'Aquin. de Paris, et il est élu député par 684 voix sur , soit 58 % des suffrages exprimés, contre le candidat du gouvernement, M. de Jussieu.

Ferdinand de Jouvencel siège au centre gauche et défend les intérêts de son arrondissement. Il vote généralement avec la frange dite de l'opposition dynastique, les monarchistes constitutionnels de gauche. Selon certaines sourcesD'après Larousse, Grand dictionnaire universel du et d'après ., il vote pour que les fonctionnaires ne puissent pas être éligibles à la Chambre ; mais selon d'autres sourcesD'après la notice biographique sur le Site de la bibliothèque de l'École polytechnique, il aurait au contraire voté pour le cumul des fonctions publiques avec celles de député, étant lui-même concerné, cumulant ses fonctions au Conseil d'État avec son mandat parlementaire. Il vote contre l'indemnité Pritchard.

Il est réélu en 1846 au avec 57 % des suffrages exprimés, contre deux autres candidatsRéélu le août 1846 par 607 voix (sur , avec ), contre 213 à Adrien de Gasparin et 102 à M. Thorigny. .. Il est favorable à une réforme électorale dans le sens de l'adjonction des capacités.

Ferdinand de Jouvencel signe en 1848 la demande de mise en accusation du ministère Guizot, puis il se rallie au gouvernement républicain.

Conseiller d'État, opposant au coup d'État

Le gouvernement provisoire le nomme Conseiller d'État. Il signe la protestation de ce corps contre le coup d'État du 2 décembre 1851, et quitte alors la vie publique.

Admis à la retraite à la date du , Ferdinand de Jouvencel passe presque tout le second Empire à l'écart des affaires publiques. Il accepte seulement des fonctions bénévoles, comme président du bureau d'assistance judiciaire près le conseil d'État. Il fait une seule tentative, infructueuse, pour entrer au Corps législatif, en 1863Le 31 mai 1863, candidat indépendant dans la de Seine-et-Oise, il ne réunit alors que 4 % des voix face à trois autres candidats dont le candidat officiel déjà en place : Il obtient contre à l'élu officiel, Aymé Stanislas Darblay, à M. Bos et à M. de Selve. ..

Préside le Conseil d'État provisoire, puis est de nouveau député thumb|Jouvencel préside le conseil d'État provisoire en 1870-1871. Après la proclamation de la République le , Ferdinand de Jouvencel est nommé membre de la commission provisoire remplaçant le conseil d'État. Ses collègues le choisissent pour président du conseil d'État provisoire.

Il est candidat aux élections complémentaires du à l'Assemblée nationale, en Seine-et-Oise, où il possède de vastes propriétés à La Ferté-Alais dans l'arrondissement d'Étampes. Il est élu représentant de ce département, comme républicain modéré, par sur , et . Constitutionnel, libéral et catholique fervent, il siège à gauche au sein du groupe de la gauche républicaine, soutient la politique de Thiers, se prononce contre le pouvoir constituant de l'Assemblée, pour le retour à Paris, mais ne prend pas activement part aux débats.

Jouvencel, malade, ne peut plus se rendre à l'Assemblée à partir de . Il meurt au cours de la législature, le , après une maladie de plusieurs mois. Il est inhumé au cimetière du Père Lachaise (division 9)., à Paris.

Il est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1836.

Famille Ferdinand de Jouvencel épouse en 1838 Pauline Caroline Mala (morte en 1898), fille de l'avocat Antoine François Mala et de Françoise Michelle Émilie Tripier, petite-fille de l'avocat et député Nicolas Tripier (1765-1840) et nièce de son collègue au conseil d'État Felix Tripier (1804-1882) ; la carrière de celui-ci sera semblable à la sienne, y compris la démission au lendemain du coup d'État du .

Sa femme hérite en 1842 de son grand-père le Château de BrandonMémoires de la Société Éduenne des lettres, sciences et arts, volume 28, Autun, 1900.. Ils ont comme enfants : Paul Henri Aldegonde Olivier de Jouvencel (né en 1844), polytechnicien, sous-préfet de Fontainebleau en 1877Voir le site de la bibliothèque de l'École polytechnique, catalogues, rubrique Famille polytechnicienne, fiche matricule.. Malvina Marie de Jouvencel, qui épouse Charles Fortuné Léonce de Masin, colonel d'état-majorEugène Fyot, Le château et les seigneurs de Brandon, 1900..

Mandats parlementaires - : Député de Paris (ancien ), centre gauche. - 1848 : Député de Paris (ancien ), centre gauche. - 1873 : Député de Seine-et-Oise, gauche républicaine.

Décorations , 1836.

Écrits Observations sur le projet de loi relatif aux chemins de fer de l'Ouest, par M. F. de Jouvencel, ..., Paris, Duverger, s.d. (). A Messieurs les électeurs du département de Seine-et-Oise, adresse du , Paris, 1871.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie « Ferdinand-Aldegonde de Jouvencel », dans Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du , Paris, 1866-1867, tome 9.

. « Jouvencel (Ferdinand-Aldegonde de) », dans Ernest Glaeser (dir.), Biographie nationale des contemporains, 1878, 368 . Eugène Fyot, Le château et les seigneurs de Brandon, 1900.

Articles connexes Liste des députés de Seine-et-Oise Château de Brandon Conseil d'État (France) Blaise de Jouvencel

Liens externes

Site de la bibliothèque de l'École polytechnique (Notice biographique et fiche matricule dans la rubrique Famille polytechnicienne) Catalogue de la Bibliothèque Nationale de France

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