thumb|Gisant. d'un évêque (Henri de Ville ?) à la cathédrale de Toul, dans le chœur, portant le surhuméral. . thumb|Saint Mansuy, évêque de Toul, portant le surhuméral (cathédrale de Toul). thumb|La pierre tombale de saint Gérard à la cathédrale de Toul. Le surhuméral y est représenté. . thumb|Sculpture d'un évêque de Liège portant le rational, dit aussi surhuméral, réalisée entre 1510 et 1520 (musée du Cinquantenaire, Bruxelles). Le surhuméral est un ornement religieux de l'Église catholique romaine, porté sur la chasuble. Cet ornement, toujours utilisé, est porté lors des grandes célébrations par quatre évêques dont celui de Nancy et de Toul.

Origines Des origines peu connues L'histoire de ce rare ornement épiscopal est curieuse. Son emploi viendrait d'une concession papale au . Il aurait certaines analogies avec le pallium, et rappellerait par son symbolisme, sa richesse, sa forme, le rational (pectoral) et l'éphod (huméral) du grand-prêtre juif.

Au Moyen Âge, cet ornement était porté par les évêques de Wurtzbourg, Ratisbonne, Eichstätt, Naumburg, Halberstadt, Paderborn, Minden, Spire, Metz, Augsbourg, Prague, Olomouc, Liège, et Toul.

Une confirmation du privilège en 1865 La Révolution française ayant balayé un grand nombre de privilèges, non rétablis par le concordat de 1801, certains crurent pouvoir disputer à bon droit aux évêques de Nancy et de Toul, héritiers des évêques de Toul, le privilège du surhuméral. Pour clore définitivement ces discussions, Charles Lavigerie sollicita l'avis de qui confirma, par bref daté du , ce privilège.

Aujourd'hui, un privilège très rare De nos jours, seuls quatre ecclésiastiques le portent: l'archevêque métropolitain de Cracovie, en Pologne : Marek Jędraszewski (depuis 2017), l'évêque d'Eichstätt, en Allemagne : Gregor Maria Hanke (depuis 2006), l'évêque de Nancy et de Toul, primat de Lorraine, en France : Pierre-Yves Michel (depuis 2023), l'archevêque métropolitain de Paderborn, en Allemagne : Udo Bentz (depuis 2023).

Le privilège du surhuméral est attaché au siège de ces évêchés aussi, lorsqu'un évêque est appelé ailleurs, doit-il en abandonner le port, comme Charles Ruch en 1919, lorsqu'il quitta le siège de Nancy pour celui de Strasbourg. Certains prélats nancéiens, à l'instar de Charles Lavigerie ou de Joseph-Alfred Foulon demandèrent à Rome avec succès, lors de leur nomination en dehors de Nancy, le privilège de pouvoir conserver l'usage du surhuméral à titre personnelAbbé Gustave Clanché, « Étude sur le surhuméral des évêques de Toul », La vie & les arts liturgiques, 1926, tiré-à-part, Aubin à Ligugé, p. 12, note 3..

À noter qu'en tant que métropolitains, les archevêques de Cracovie et de Paderborn ont également l'usage du pallium. Lorsqu'ils portent ces deux ornements simultanément, le pallium est positionné sur le rational.

Surhuméral ou rational ? Le terme de surhuméral est propre aux prélats nancéiens (qui héritèrent du privilège accordé aux évêques de Toul). Dans les pays germaniques et polonais, on parle de rational. La forme du surhuméral diffère de celle du rational.

Le surhuméral consiste en une large bande circulaire aux dessins réguliers, enrichie et bordée de pierres précieuses, avec de part et d'autre de la poitrine, deux fanons riches et frangés. Du dessus et aux épaules partent encore deux demi-disques, frangés aussi, remplis chacun par un motif. Certains modèles portent, brodée près de l'encolure, l'inscription « pater et filius et spiritus sanctus » (le rational d'Eichstätt, dont la forme reste proche du surhuméral, porte l'inscription fides spes charitas). L'usage du surhuméral à Toul est attesté depuis 1165. Ce privilège fut rendu à l'évêque du diocèse de Nancy-Toul par un bref du .

Exemplaires conservés thumb|Jean Albert Marie Auguste Bernard portant le surhuméral confectionné pour Marc-Armand Lallier, et qu'il donnera au Musée Lorrain - Palais des Ducs de Lorraine Huit exemplaires de surhuméraux sont actuellement conservés : trois à la sacristie de la cathédrale de Nancy (un modèle fabriqué pour, le fermoir porte ses initiales, Joseph-Alfred FoulonBernard Berthod, Gaël Favier, Élisabeth Hardouin-Feugier, « Surhuméral », Dictionnaire des Arts liturgiques du Moyen Âge à nos jours, Châteauneuf-sur-Charente : Frémur, 2015, 441-442. Reproduit en photographie. - c'est le plus ancien modèle conservé ; deux modèles fabriqués pour Pierre-Yves Michel en ). un à la sacristie de la cathédrale de Toul. un à la sacristie de la basilique de Saint-Nicolas-de-Port (modèle réalisé au début des années 2000 pour Jean-Louis Papin - ce modèle est porté régulièrement, notamment lors de la procession de la Saint-Nicolas, début décembre). trois au Musée Lorrain - Palais des Ducs de Lorraine (inv. 77.8.12, 77.8.14, 77.8.15 - modèles fabriqués pour Turinaz et Lallier. Ces surhuméraux ont été donnés à la Société d'histoire de la Lorraine et du Musée lorrain par Jean Albert Marie Auguste Bernard en 1977). thumb|left|Vitrail dans la crypte de l'église Saint-Sébastien de Dieulouard, aux armoiries de Marc-Armand Lallier.|120px À noter que la sacristie de la cathédrale de Nancy conserve également un rational à la provenance inconnue.

Usages héraldiques Le surhuméral a parfois été utilisé dans les armoiries de certains évêques nancéiens, à la manière d'un pallium.

Cet usage n'est plus en vigueur aujourd'hui.

Voir aussi

Bibliographie Abbé Pierre-Étienne Guillaume, Le surhuméral : prérogative séculaire des seuls évêques de Toul, chez les Latins, en raison de l'antiquité de leur église, Nancy : impr. Vve Raybois, 1865, 7 p. Xavier Barbier de Montault, « Le surhuméral des évêques de Toul », Mémoires de la Société d'archéologie lorraine, Nancy : Crépin-Leblond, 1887, 10 p. Abbé Eugène Martin, "Rational et surhuméral", Revue de l'art chrétien, Bruges : Desclée de Brouwer & Cie, 1904, 19 p. « Rationale », The Catholic Encyclopedia, tome XII, New York, Robert Appleton Company, 1911. http://www.newadvent.org/cathen/12651c.htm. Abbé Gustave Clanché, « Étude sur le surhuméral des évêques de Toul », La vie & les arts liturgiques, n°139, , 402-412. Alde Harmand, Le surhuméral des évêques de Toul, s.l., mémoire de maîtrise en histoire (Université Nancy 2), 1997, 232 p. Non diffusé. Andrew Casad et Drew Rosato, What is a Rationale?, . (Document PDF). Sacerdotal Apologiae. Http://edoras.duhs.duke.edu/papers/THEO_673_3.pdf. Trésors d'une cathédrale, catalogue de l'exposition tenue au musée d'art et d'histoire de Toul du au ; Toul : Musée d'art et d'histoire et Service du patrimoine de la Ville, 2007, p. 46 et suivantesLa notice concernant le surhuméral de Foulon, conservé à la cathédrale de Nancy, le présente faussement comme ayant été réalisé pour Turinaz.. Bernard Berthod, Gaël Favier, Élisabeth Hardouin-Feugier, « Surhuméral », Dictionnaire des Arts liturgiques du Moyen Âge à nos jours, Châteauneuf-sur-Charente : Frémur, 2015, 441-442, avec le concours pour cette notice d'Étienne Martin. Vestments of the Celtic Orthodox Christian Church. celticchristianity.org. http://celticchristianity.org/library/vestments.html.

Articles connexes Diocèse de Nancy-Toul Liste des évêques de Toul Liste des évêques de Nancy Liste des primats de Lorraine Liste des évêques de Tongres, Maastricht et Liège

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Références

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