La Melpomène est un torpilleur, tête de série de la classe La Melpomène, lancé en 1935, mis en service dans la Marine nationale française et utilisé pendant la Seconde Guerre mondiale.
Présentation générale La Melpomène est la première unité d'une série de 12 petits bâtiments dont la mission est la protection des convois côtiers contre les sous-marins. Construits à partir de 1933-1934, ils sont mis en service entre 1936-1938. Dénommés à l'origine escorteurs, ils seront rapidement reclassés torpilleurs légers. Surnommés "les 600 tonnes" en raison de leur déplacement, ce sont des bâtiments très fins et rapides, mais leur robustesse et leur rayon d'action en service de guerre se révèleront insuffisants.
Six d'entre eux se réfugieront en Grande-Bretagne en mais faute d'équipage (conséquence de l'opération Catapult), trois seulement (dont La Mélpomène) seront réarmés par les Forces navales françaises libres (FNFL]).
Les six autres resteront dans la Marine de Vichy. Trois se saborderont à Toulon le et les trois autres seront capturés par les Allemands à Bizerte, le . Plusieurs de ces six derniers bâtiments seront armés par la Regia marina italienne et la Kriegsmarine allemande, puis coulés par les Alliés ou bien de nouveau sabordés.
Caractéristiques
Son équipage est de 105 marins : 5 officiers, 15 officiers-mariniers et 85 quartiers-maître et matelots.
Son indicatif visuel est T 143 (T : torpilleur - 14 : division - 3 : numéro d'ordre dans la division).
Sa longueur est de , pour une largeur de et un tirant d'eau moyen de .
Son déplacement normal est de et de en ordre de combat.
Propulsion
L'appareil évaporatoire : 2 chaudières à petits tubes et flamme directe, timbrées (vapeur surchauffée à 350°.
L'appareil propulsif : 2 turbines Rateau à engrenage simple réduction développant 22.000 cv (24.000 cv à feux poussés), actionnant 2 hélices. Ses soutes peuvent embarquer de mazout.
Son énergie électrique est fournie par 2 moteurs diesel alimentant électrogènes.
Sa vitesse normale en ordre de combat est . La Melpomène a atteint 36,5 nœuds aux essais, à feux poussés. Sa distance franchissable est de à et de à .
Armement
Artillerie principale : Deux pièces simple de sous masque ; une plage avant. une sur le rouf arrière.
Lutte antiaérienne : Deux pièces jumelées de de chaque bord et sur l'avant du rouf.
Torpilles : Une plateforme de 2 tubes lance-torpilles de .
Grenades : Un grenadeur de sillage (20 grenades anti sous-marines).
Dragage : Une drague légère de type "Ronarc'h" pour cisailler les orins des mines.
À son entrée en service, La Melpomène embarquait une torpille Ginnochio et un filet indicateur anti-sous-marins de de long sur de haut. Modernisation sous pavillon FNFL
Débarquement de la torpille Ginnochio et du filet indicateur ASM.
Renforcement de artillerie antiaérienne : Deux canons "pom-pom" de sur le rouf arrière à la place de la pièce de . Deux canons de sur les ailerons de la passerelle.
Détection : Un radar de veille et un asdic anti sous-marin.
Historique La Melpomène a été mise sur cale en aux Ateliers et chantiers de Bretagne à Nantes, lancé le et admise au service actif en . Elle sera mise en réserve en , condamnée le puis démolie en 1950.
Basée à Brest au début de la guerre, La Melpomène est engagée dans l'Atlantique, la Manche et la Mer du Nord.
La Melpomène participe activement et efficacement à l'évacuation des troupes enfermées à Dunkerque (opération Dynamo).
Le , La Melpomène est saisie par les Britanniques à Portsmouth (opération Catapult).
Le petit torpilleur est restitué et armé par les FNFL le et participe à de nombreuses missions anti-sous-marines, sous le commandement d'un lieutenant de vaisseau (le LV Favreau du 07/09/1940 au 27/11/1942, puis le LV Despreau du 27/11:1942 au 01/09/1943).
Au cours d'une de ces missions, le "600 tonnes" est abordé par le destroyer de la Royal Navy, qui lui occasionnera une déchirure sur bâbord avant. Heureusement il n'y aura aucun blessé mais La Melpomène sera indisponible, en réparation, pendant .
En , le bâtiment est rétrocédé à la Royal Navy qui décide de le placer en réserve à Hartpool.
La fragilité des "600 tonnes" et la perte par fortune de mer du Branlebas mais surtout les difficultés à entretenir ces unités dont les pièces de rechange se trouvent en France occupée, ont conduit les Britanniques à désarmer prématurément ces torpilleurs légers pourtant très récents.
Remorquée vers Cherbourg le , La Melpomène sera condamnée le puis démolie.
Bien que de courte carrière, La Melpomène a fait l'objet d'une citation à l'ordre de l'armée de mer.
Notes et références
Bibliographie
Voir aussi Liens externes
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