L'église Saint-Martin de Plaimpied est une ancienne abbatiale, située dans la ville de Plaimpied-Givaudins, dans le département du Cher, en France.
Réputée pour la qualité de la sculpture de ses chapiteaux, cette église romane date des . Elle est classée au titre des monuments historiques par la liste de 1840.
Histoire Fondation L'église de Plaimpied-Givaudins revendique sa fondation par Richard II, archevêque de Bourges et pionnier de la réforme grégorienne en Berry.. Richard, mort en 1093, est représenté par un gisant du visible dans le transept sudLe gisant du fondateur, initialement placé dans la nef devant l'autel a été restitué par le musée de Bourges en 1993 pour le neuvième centenaire de sa mort ; elle constitue une importante abbaye de chanoines réguliers soumis à la règle de saint Augustin dans toute sa rigueur, avec son idéal de pauvreté et de vie communautaire et l'accomplissement de toutes les fonctions ecclésiastiques au service des populations. Cette fondation contemporaine de celle de Miseray à Heugnes correspond au déploiement et à la reconstruction de nombreuses églises dans le Berry après l'an mil et au moment de la réforme grégorienne due à Grégoire VII : célibat des prêtres, condamnation du nicolaïsme, principes réaffirmés par le concile de Bourges de 1031..
La construction de l'abbatiale est commencée à la fin du (1080), la crypte est réputée avoir accueilli la sépulture de Richard II en 1093, la construction du chevet et des transepts se prolonge jusqu'en 1130 mais la nef, difficile à dater en raison de ses destructions et de ses remaniements du et du , est achevée plus tard. On peut considérer que l'ensemble de la construction a pris cent ans ; elle est dédiée à saint Martin..
Le Berry subit de nombreux troubles pendant la guerre de Cent Ans (1337-1453) du fait de sa position charnière entre le royaume de France et l'Aquitaine. Pendant les guerres de Religion (1562-1598), l'abbatiale n'est pas épargnée, avec l'incendie et la destruction de la façade occidentale et des deux premières travées qui ne furent pas relevées, ainsi que de la voûte de la nef dans l'hypothèse où elle était achevée ; en témoigne l'épigraphie concernant la restauration par Messire Anthoine Fradet, abbé commendataireL'abbé commendataire nommé par le roi ne fait pas partie du chapitre du monastère il en perçoit les bénéfices et a la charge de son entretien, certains Abbés de Plaimpied contribuèrent aux restaurations (voir la liste des abbés) en 1654, ornée d'un bas relief de saint Georges terrassant le dragon et surmontée de ses armes"L'an 1654 monsieur messire Anthoine Fradet de Saint Aout conseiller du roi en ses conseils d'estat et privés abbé commendataire de Saint-Martin de Plaimpied et Meaubec chantre et chanoine en l'église métropolitaine et cathédrale trésaurier de la sainte chapelle du palais royal de Bourges seigneur de Marmaigne a faict rétablir cette église qui avait été bruslée autrefois par les gens de guerre". La pauvreté des habitants empêche le remplacement des cloches cassées au moment des guerres de Religion. En 1564, le seigneur de Germigny leur accorde 20 livres pour la fourniture d'une petite cloche. Il faut attendre 1644 pour que l'église soit pourvue d'une cloche plus importante nommée Maria Magdalena. Dès 1774, une autre la rejoint au pignon au-dessus de la porte d'entrée ; elle est baptisée Sainte-Catherine. Pour mieux les abriter, on envisage la construction d'un clocher mais ce projet ne sera jamais réalisé. L'abbatiale est classée partiellement monument historique en 1840 et inscrite en 1931 et 2011 pour les parties encore non classées, bâtiments de l'ancienne abbaye et terrains.
Restaurations Plusieurs restaurations sont nécessaires au cours des siècles.
Au , la poussée des voûtes nécessite l'installation d'arcs-boutants à chaque travée sur les murs nord et sud de la nef sous l'abbé commendataire Pierre de Plas. Bertrand de Roffignac cite un contrat de 1546 concernant ces travaux et pense reconnaître les armes de cet abbé sur les piles.
En 1654, Antoine Fradet termine la reconstruction après incendie et destructions liés aux guerres. Une ou deux travées ainsi que la façade romane sont supprimées, Une nouvelle façade est refaite. Le plafond de la nef et du bas-côté nord et la croisée du transept sud, les trois piliers rectangulaires du côté nord de la nef datent de cette restauration.
De 1738 à 1740, sous l'abbé Picot de Combreux mais financée par la succession de l'abbé Claude Hanriau, la façade est reprise avec rétablissement d'un porche, le plafond de la nef et du bas-côté nord est refait. Une sacristie est construite contre le transept nord.
En 1750, la tour de la croisée est restaurée, amputée des deux tiers de sa hauteur.
En 1866, le porche est supprimé, les piliers de la croisée sont repris, les arcs-boutants du côté nord sont supprimés, ils étaient devenus inutiles, le bas-côté nord n'étant plus voûté ; l'escalier menant à la crypte est rétabli.
En 1883, le plafond de la nef est repris.
En 1900 la voûte de chœur est refaite...
Liste des abbés
. Pierre (1100-1118) Étienne (1164-1200). sous ce nom, deux personnages distincts? Galtier (1214) Gaufred (1214) Jean (1237) A... (1277). Gaufred II (1294) Guillaume (1313) Raymond, (134.) Aimeric (1380) Étienne II (1415) Guichard Millon (1423-1431) Jean Huguet (1438-1450), Abbé régulier Gilles de Glons, Abbé régulier en 1469, 1492 et 1496 Jean le Groing en 1478? Christophe Gelons 1499? Robert de Cambray, neveu de l’Archevêque de Bourges, Guillaume de Cambray. Blason : de gueules à trois cérots d’or, 2 et 1. Philippe de Bourbon, Abbé commendataire (1506-1510) François de Bueil (1513-1524), archevêque de Bourges en 1521, mort à Paris le Nicolas de Heure (1525-1527) Abbé régulier Aimeric H, vers 1530 Jean de Plas, évêque de Périgueux en 1524 blason : d’argent à trois jumelles de gueules. Pierre de Plas (1533-1550) Abbé commendataire, restauration des arcs-boutants. Blason: d’argent à trois jumelles de gueules Jean Cosson 1550 Abbé régulier Sébastien de L'Aubespine (1552-1559) Abbé commendataire, évêque de Limoges en 1552, ambassadeur en 1558 Pierre de Thollet (1572-1581) Abbé commendataire Jean de Thollet (1581-1616) Abbé commendataire de Plaimpied et de Noirlac, Aumônier de la reine. Blason: de gueules à la tour crénelée d’argent. Antoine Fradet (1624-1658) Abbé commendataire, enterré à la Sainte-Chapelle de Bourges puis à la Cathédrale en , restauration de 1654. Blason: d'or à trois fers de lance de sable posés 2 et 1 Claude de Caillebot de la Salle (1666-1672) Abbé commendataire. Blason : d’or à six annelets de gueules. Gabriel de Saint-Estève (1672-1680) Abbé commendataire, évêque de Couserans en 1680 François de Caillebot de la Salle (1680) Abbé commendataire Silvin Gaudon Robert le Hours (1683-1708) Abbé commendataire. Blason: d’argent à un ours de sable, défendu et onglé d’argent, passant sur un terrain de sinople. Honoré Tournély (1708-1722) Abbé commendataire, chanoine de la Sainte Chapelle de Paris Claude Hanriau (1722-1738) Abbé régulier, restauration de bâtiments de l'abbaye, sa succession finança la réfection de la façade et du plafond de la nef. Blason: écartelé au et d’or à 3 molettes de 7 branches posées 2 et 1, au et d’azur à la fasce d’argent chargée de 3 merlettes Henry Picot de Combreux (1738-1777) Abbé commendataire, restauration du clocher qui est amputé des deux tiers Jean-Baptiste de Maufoult (1777-1791)
Situation L'église se situe dans le bourg de Plaimpied-Givaudins ; elle côtoie la grange aux dîmes et l'ancien logement de l'abbé., Plus bas près du canal on trouve les anciens moulins banaux de l'abbaye. Elle est proche de la mairie et du parc municipal. Elle est à dix kilomètres de la cathédrale Saint-Étienne de Bourges et à vingt-cinq kilomètres du prieuré d'Allichamps, dont l'abbaye avait la charge. Plaimpied-Givaudins est une commune située dans le département du Cher et dans la région Centre-Val de Loire. Cette commune se situe au sud de Bourges, au cœur du Berry et proche de Bruère-Allichamps (centre de la France).
Description vignette|alt=Plan de l'église de Plaimpied (source BNF.fr|Plan de l'église de Plaimpied par François Deshoulières (congrès archéologique de France, Bourges, 1931). vignette|alt=Plan de la crypte de l'église de Plaimpied (source BNF.fr)|Plan de la crypte de l'église de Plaimpied par François Deshoulières. L'église est construite sur un plan en croix latine orienté avec une nef pseudo-basilicale au-dessus d'une crypte bien conservée sous l'ensemble du chœur. La longueur totale de l'église est de , la largeur au niveau des transepts est de et la hauteur sous la coupole est de .
Nef La haute nef à trois vaisseaux adopte un parti basilical, elle est éclairée par des grandes baies ouvertes dans les murs des bas-côtés mais sans clair-étage. Le vaisseau central est séparé des bas-côtés, encore voûté d'arêtes pour le vaisseau sud, par des supports composés avec colonnes engagées recevant les arcs brisés des grandes arcades. Elle ne comporte que quatre travées, la façade occidentale et les deux premières travées ayant été détruites au . Le vaisseau principal est couvert d'une charpente du , la voûte antérieure, si elle a existé, a été détruite du fait des gens de guerre. La voûte du bas-côté nord s'est écroulée au , il a été recouvert d'un simple plancher, les colonnes engagées du mur nord sont la trace de cette ancienne voûte..
Transept La croisée est couverte d'une coupole à base octogonale reposant sur des trompes, elle est percée en son centre pour le passage des cordes du clocher, la porte de l'escalier du clocher est sur le mur ouest du transept nord. Les deux transepts sont couverts d'un berceau en arc brisé et à l'extrémité s'ouvrent par une large fenêtre en plein cintre.
Chœur Le chœur s'ouvre sur un arc brisé comme les trois autres côtés de la croisée, après deux travées il se termine par une abside voûtée en cul-de-four dont il est séparé par une arcade en plein cintre. Il est bordé de chaque côté de deux absidioles orientées parallèles dans la prolongation des nefs latérales. Outre la qualité du décor sculpté — chapiteaux, frises, colonnes —, ce qui en fait l'originalité est l'importance des larges baies en plein cintre de l'abside qui le rend très lumineux. À l'écoinçon des deux arcades du chœur, un corbeau de chaque côté est la trace d'une poutre de gloire disparue. Deux autres absidioles échelonnées sur le mur oriental des deux transepts figuraient initialement réalisant le plan classique d'une abbaye bénédictine, seule l'absidiole côté nord a laissé une trace dans le mur extérieur.
Crypte La crypte est accessible sur le côté du chœur dans le transept nord. Elle est constituée de trois nefs, de trois travées se terminant par des absides et elle est éclairée par des fenêtres au ras du sol. Les colonnes sont monolithiques et les voûtes sont en arête. L'intérêt de cette crypte ce sont les peintures romanes bien préservées qui ornent l’enduit des voûtes : décor de fleurettes, de têtes de moine, de cordons, et même sur une croisée d'arête, un svastika.. La sortie sud de la crypte donne sur l'extérieur depuis le .
Chapiteaux et mobilier Chapiteaux