Bek David Campbell, dit Beck ou parfois Beck Hansen, est un auteur-compositeur-interprète, producteur et musicien multi-instrumentiste américain, né le à Los Angeles.
Son style musical mélange des styles aussi variés que la pop, le folk, le rock psychédélique, le hip-hop, la country, le blues, le R'n'B, le funk, le rock indépendant, le noise rock, le rock expérimental, le jazz, le lounge ou la musique latine.
Né à Los Angeles en 1970, Beck s'est d'abord doté d'un style hip-hop et folk en commençant à jouer dans des bars et cafés locaux. Il a déménagé à New York en 1989 et est devenu proche du petit mouvement anti-folk de la ville. Il retourne à Los Angeles au début des années 1990. Son premier single est MTV Makes Me Want to Smoke Crack, mais c'est en 1994, avec le titre Loser qu'il connaît son premier succès international. Il sort dans la même année l'album Mellow Gold, qui inclut Loser. Il sort ensuite un album de blues, puis Odelay, en 1996, qui comprend certains de ses plus grands succès comme Devils Haircut ou Where It's At. L'album devient vite un favori des critiques et se mérite plusieurs récompenses. Le psychédélique Mutations sort en 1998, suivi du très funk Midnite Vultures en 1999. Le calme et acoustique Sea Change en 2002 (influencé par Neil Young et Serge Gainsbourg) montre une face beaucoup plus sérieuse de Beck, tandis que Guero (2005) retourne au style dOdelay avec une production basée sur les échantillons musicaux. En 2006 vient The Information, qui prend ses sources de l'électro-funk, du hip-hop et du psychédélique; en 2008 Modern Guilt, qui s'inspire de la musique des années 1960 ; et en 2014 vient l'album folk Morning Phase, récompensé du prix Album de l'année lors de la 57e cérémonie des Grammy Awards le 8 février 2015. Son treizième album studio, Colors, un opus pop, sort en octobre 2017 après un long processus de production. En novembre 2019 sort l'album studio Hyperspace en collaboration avec Pharell Williams.
Grâce à un assemblage de styles musicaux, de paroles ironiques et d'arrangements postmodernes incluant des échantillons, des boîtes à rythmes et de l'instrumentation en public, Beck est acclamé par la critique et le public dès les débuts de sa carrière. Certains le considèrent même comme étant un des artistes le plus idiosyncratique et créatif du rock alternatif des années 1990 et 2000. Ses deux albums les plus populaires et primés sont Odelay et Sea Change, tous deux classés dans la liste des 500 plus grands albums de tous les temps du magazine Rolling Stone.
En 2001, Beck a participé à la bande-son du film Moulin Rouge avec une reprise de Diamond Dogs de David Bowie. Il a aussi chanté sur The Vagabond et Don't Be Light, morceaux présents sur l'album de Air, 10 000 Hz Legend. Il participe quelques années plus tard à la BO du film Eternal Sunshine of the Spotless Mind de Michel Gondry.
Enfance et adolescence Bek David Campbell naît le à Los Angeles, de parents artistes.. Son père, David Campbell, était un chef d'orchestre et arrangeur musical canadien (qui a collaboré plus tard avec son fils). Quand il quitte le nid familial, Beck le nom de famille de sa mère Bibbe Hansen, une danseuse du Velvet Underground, proche d’Andy Warhol (elle apparaît dans le film Prison) et fondatrice du groupe punk satirique Black Fag. Son grand-père, Al Hansen, est un personnage important du mouvement artistique Fluxus. Lorsque ses parents se séparent, Beck, 10 ans, reste avec sa mère et son frère Channing à Los Angeles, où il est influencé par la diversité de styles musicaux qui s'y retrouve. Ce sont d'ailleurs ces styles qui se retrouveront plus tard dans ses enregistrements. Il obtient sa première guitare à 16 ans et devient un musicien de rue, jouant souvent des reprises de Lead Belly au Lafayette Park. Pendant l'adolescence, il découvre la musique de Sonic Youth, Pussy Galore et X, mais reste peu intéressé à tout ce qui se trouve à l'extérieur de la sphère du folk pendant encore plusieurs années, jusqu'après le début de sa carrière. La premier style musical plus contemporain avec lequel Beck connecte est le hip hop, style qu'il a entendu pour la première fois grâce à des disques de Grandmaster Flash dans le début des années 1980. À 17 ans, Beck devient fasciné par un disque de Mississippi John Hurt qu'il écoute chez un ami et passe ensuite des heures dans sa chambre à essayer de recopier ses techniques de fingerstyle. Peu après, il explore le blues et le folk plus en profondeur et découvre Woody Guthrie et Blind Willie Johnson.
Beck quitte l’école secondaire en dixième année et voyage. Il dit plus tard que bien qu'il considérait l'école comme étant importante, il ne s'y sentait pas en sécurité. En Allemagne, il passe beaucoup de temps avec son grand-père, Al Hansen. À son retour, il fait une demande pour entrer dans une école d'art, mais sa candidature est rejetée. Il traîne au Los Angeles City College, consultant des disques, des livres et des vieilles partitions dans la bibliothèque. Il utilise une fausse pièce d'identité pour assister à certains cours et il devient ami avec un professeur de littérature et sa femme poète.
Carrière
Débuts et premières sorties (1988-93) Beck débute comme un musicien folk, alternant entre le country blues, le Delta blues et le folk plus traditionnel dans son adolescence. Ses premières performances musicales se font dans des autobus, où il fait principalement des reprises de Mississippi John Hurt et des titres originaux, en ajoutant parfois des compositions improvisées. «Je montais dans le bus et je commençais à jouer du Mississippi John Hurt avec des paroles complètement improvisées. Un soûlon s'est mis à me crier dessus en m'appelant Axl Rose. Donc j'ai commencé à chanter à propos d'Axl Rose et de la digue et des passes d'autobus et de la strychnine, en mélangeant le tout», raconte-t-il plus tard. Il faisait également partie d'un groupe appelé Youthless qui animait des événements inspirées du Dadaïsme dans des cafés. «Nous avions des micros de Radio Shack et des haut-parleurs fabriqués à la main et nous demandions à certaines personnes dans le public de réciter des comic books ou de faire du beatbox, ou encore on enroulerait tout le public dans du ruban adhésif», se remémore-t-il. En 1988, il produit une cassette d’enregistrement maison appelée The Banjo Story.
En 1989, Beck prend un bus pour New York avec à peine plus que huit dollars et une guitare. Il passe l'été à essayer de se trouver un emploi et un logement avec peu de succès. Il commence finalement à fréquenter le Manhattan's Lower East Side et tombe sur les premiers balbutiements du mouvement anti-folk. Ce mouvement de chansonniers acoustiques, influencé par une esthétique punk, est mené par Roger Manning, Michelle Shocked, John S. Hall et King Missile. «La mission était de détruire tous les clichés et d'en fabriquer des nouveaux», raconte Beck à propos de ses années passées à New York. «Tout le monde se connaissait. On pouvait aller sur scène et dire n'importe quoi et on ne se sentait pas bizarre, on ne sentait pas de pression.» Inspiré par cette liberté et par les performeurs locaux, Beck commence à écrire des chansons surréalistes à propos de la pizza, de MTV et de travail au McDonald's, transformant des pensées ordinaires en chansons. Beck est colocataire avec le musicien Paleface. Il dort sur son sofa et participe à des soirées à micro ouvert avec lui. Hanté par l'idée de passer un autre hiver à New York sans logement, Beck retourne à Los Angeles dans les premiers mois de 1991. «Je n'en pouvais plus d'avoir froid, d'être fatigué et de me faire battre», raconte-t-il. «C'était difficile d'être à New York sans argent, sans logement [...] j'ai en quelque sorte utilisé tous les amis que j'avais. Tout le monde dans le milieu s'est tanné de moi.»
De retour à Los Angeles, Beck travaille dans un magasin de vidéos à Silver Lake, «faisant des choses comme mettre en ordre alphabétique les films de la section pornographie». Il commence à jouer dans des bars et des cafés comme Al's Bar et Raji's. Pour garder le public, souvent indifférent, engagé dans sa musique, Beck joue d'une manière amusante et spontanée. «J'étais en train de jouer une chanson de Son House et tout le public parlait. Donc peut-être par désespoir ou par ennui, ou à cause de l'ennui du public, j'inventais des chansons ridicules juste pour voir si les gens écoutaient», raconte-t-il des années plus tard. Virtuellement inconnu du public et énigme pour tous ceux qui le rencontrent, Beck monterait sur scène entre deux actes dans des bars locaux pour jouer «d'étranges chansons folk», accompagnées par «ce qui pourrait être le mieux décrit comme étant une performance artistique». Il vit de petits boulots et joue de manière informelle sur les scènes locales. Ces concerts ont eu lieu dans des clubs de tous les genres - des clubs punks aux cafés concerts et comprenaient des bizarreries comme le port de masques de stormtrooper de Star Wars et la mise à feu de sa guitare. Beck rencontre quelqu'un qui lui offre de l'aide pour enregistrer des démos dans son salon et il commence à donner des cassettes un peu partout.
Finalement, Beck rencontre Margaret Mittleman, le directeur d'acquisition des talents du West Coast pour BMG Music Publishing et Tom Rothrock, Rob Schnapf et Brad Lambert, fondateurs de Bong Load Custum Records, qui seront de véritables propulseurs pour sa carrière. Schnapf a vu Beck performer à Jabberjaw et a senti qu'il s'intégrerait parfaitement à leur petite entreprise. Beck exprimait alors déjà un certain intérêt pour le hip hop, et Rothrock le présente à Carl Stephenson, producteur pour Rap-A-Lot Records. Beck et Stevenson collaborent pour produire le titre Loser et d'autres expérimentations musicales comme l'album Golden Feelings, tout en sortant plusieurs singles indépendants.
Premier succès : Mellow Gold et albums indépendants (1993-94) En 1993, Beck vit dans un hangar infesté de rats à Los Angeles avec très peu d'argent. Loser, produit dans la cuisine du producteur Carl Stevenson, sort comme un single en mars 1993 en vinyle 12'' en seulement 500 copies. Le morceau combine boîte à rythmes, funk, rap et une guitare bluesy ainsi qu’un extrait de la reprise de I Walk on Guilded Splinters de Dr. John par Johnny Edward Jenkins. Le titre est d'abord joué sur la radio alternative universitaire de Santa Monica, mais devient rapidement un succès national et international. À la suite de plusieurs offres de maisons de disques différentes, Beck choisit Geffen Records, qui lui offre moins d'argent mais la possibilité de produire et de distribuer des albums sur des labels indépendants.
En 1992, Beck part à Olympia, Washington, pour enregistrer un album pour la maison de disques de Calvin Johnson, K Records. Au début de l’année 1993, le single MTV Makes Me Want to Smoke Crack paraît chez Flipside et Golden Feelings sur Sonic Enemy sous forme de cassette.
En 1994, la parution officielle de Mellow Gold avec Geffen est un succès. Un autre disque indépendant, A Western Harvest Field By Moonlight, sort en janvier chez Fingerpaint. En même temps, Beck sort Stereopathic Soulmanure (lo-fi, noise rock) avec l’aide de Flipside Records et One Foot In The Grave (folk acoustique), résultat de son voyage à Olympia, avec K Records. Il commence alors à faire des tournées, notamment avec le festival Lollapalooza. Malgré ses trois albums complets et quelques EP, les critiques et le public continuent à le réduire à son seul grand succès : Loser.
Remise en question et Odelay (1994-97)