L'ordre de l’Hermine est un ordre de chevalerie fondé en 1381 par le duc de Bretagne Jean IV., en souvenir de la bataille d'Auray de 1364, victoire décisive pour la maison de Montfort dans la guerre de Succession de Bretagne (1341-1364).
En 1448, sous le règne de François , l'ordre devient l'ordre de l'Hermine et de l'Épi. Il perd de son importance sous les règnes de François II et d'Anne de Bretagne.
Histoire Origines et création Lors de son exil à la cour d'Angleterre de 1377 à 1379, le duc de Bretagne Jean IV est fait chevalier de l'ordre de la Jarretière et peut observer l'intérêt d'une institution qui lie fortement un groupe de fidèles à la personne du roi.
Le roi Édouard III d'Angleterre a fondé en 1344 un ordre de chevalerie royale, l'ordre de la Table ronde, de quarante membres, puis en 1349 l'ordre de la Jarretière avec un nombre de membres non déterminé. Il a été imité par le roi de France Jean le Bon qui crée en 1351 l'ordre de l'Étoile (l'ordre de la Toison d'or et l'ordre du Croissant ne datent que de 1431 et 1434).
De retour en Bretagne en 1379, se heurtant à l'hostilité d'une partie de la noblesse, Jean IV crée en 1381 l'ordre de l'Hermine.
Description de l'ordre Son siège se trouvait non loin du lieu de la bataille d'Auray, dans une chapelle à Saint-Michel-des-Champs. Un clergé permanent, composé d’un doyen et de huit prêtres, est affecté au monastère édifié sur le lieu de la bataille. Il en coûte par an au trésor ducal.
Sa devise était : .
Le peu d'informations disponibles à son sujet ont été transmises par Guillaume de Saint-André qui décrit l'ordre en 1381, car les statuts originels de l’ordre ont été perdus.
Ses membres s'engagent à se réunir chaque année à la Saint-Michel, date anniversaire de la victoire d'Auray, pour une messe à la collégiale de Saint-Michel-du-Champs à Auray.
Un ordre ouvert aux femmes L'ordre de l'Hermine était ouvert aux femmes. On en connaît neuf, notamment Jeanne de Navarre et Jeanne, vicomtesse de Rohan, qui a laissé son collier à Saint-Michel d’Auray en 1401. En 1445, c'est Jeanne d'Albret, comtesse de Richemont, qui est reçue dans l'ordre de l'Hermine et en 1447, Isabeau d'Écosse, duchesse de Bretagne.
Par la suite, l’ordre de l’Étole et de la Jarre, fondé en 1403 par Ferdinand d'Aragon, admet aussi les femmes.
Évolutions du L'ordre est modifié en 1448 par le duc François et fusionné avec l'ordre de l'Épi, pour devenir l'ordre de l'Hermine et de l'Épi.
Dans la seconde moitié du , l’ordre de l’Hermine devient moins politique qu’honorifique. Sous le duc François II, il n’est plus conféré que pour des raisons diplomatiques à des ambassadeurs en visite ou pour conforter des alliances. François II qui obtient le classement, par bulle papale, de la collégiale d’Auray, semble n’avoir plus assisté aux messes commémoratives qui s’y déroulaient.
François II fonde ensuite l'ordre de la Cordelière qui prévaut sous le règne de la duchesse Anne, qui devient reine de France en 1491 et de nouveau en 1499.
Ses insignes sont de nouveau portés par le dernier duc de Bretagne, François III (1518-1536), fils du roi de France François Ier et de Claude (1499-1524), elle-même fille d'Anne de Bretagne et de Louis XII, lors de son couronnement ducal à la cathédrale de Rennes en 1532.
Ils sont ensuite totalement délaissés.
Éléments symboliques Le collier de l'ordre Comme dans les ordres royaux français, les colliers appartenaient à l'ordre. Ils étaient remis, après la mort de leurs possesseurs, aux doyens et chapelains de Saint-Michel-des-Champs, siège de l'ordre, près d'Auray, pour être convertis en calices ou ornements et employés pour les bonnes œuvres de la chapelle. Dans une lettre de Jean V datée de 1437, son fils Jean V, il est indiqué que les officiers ducaux avaient l’ordre de poursuivre les héritiers des membres décédés afin de récupérer les colliers. Ceux-ci servaient ensuite à entretenir la chapelle de l’ordre, à Auray.
Aucun exemplaire ni dessin précis du collier n'a été conservé. Le dernier collier de l'Hermine qu'on pouvait voir représenté était sculpté en albâtre sur le tombeau de Jean IV, dans la cathédrale de Nantes. Il est détruit durant la révolution française en 1793.
Dans un compte-rendu de 1424, le collier du duc est décrit comme étant une magnifique chaîne en or couverte de bijoux et de perles, à laquelle était attaché un pendant d’hermine, également orné de bijoux.
Le collier de l'ordre se composait de deux chaînes d'or, formées elles-mêmes d'agrafes ornées d'hermines. Ces deux chaînes étaient attachées à leurs extrémités par une double couronne ducale où deux hermines émaillées étaient suspendues. Une banderole entourait les chaînes et portait la devise . Il comprenait une banderole tourbillonnant autour d'une file d'hermines passantes . À une couronne à hauts fleurons, dite alors « royalle », était suspendue par une chaînette une autre hermine passante colletée, emblème personnel de Jean IV. Un petit anneau, figurant des épis de blé, a par la suite été ajouté par le duc François pour l'ordre de l'Hermine et de l'Épi de blé.
L'hermine
Le symbole de l'hermine en Bretagne est rattaché à diverses légendes.
L’apparition de l’hermine dans les armes des ducs de Bretagne remonte à Jean II de Dreux, fils de Pierre Mauclerc (1213-1237) qui appartenait à la famille capétienne de Dreux, issue de Robert , fils du roi Louis VI. La maison de Dreux avait pour un blason échiqueté avec une bordure, et Jean II de Dreux, duc de Bretagne, brisait ses armes d'un canton d'hermine. Il fut aussi le premier à faire figurer son écu sur les deniers d'argent, contribuant ainsi à populariser ses armoiries, puis celle de ses successeurs qui portèrent l'hermine plain.
En 1316, le duc Jean III de Bretagne dit Le Bon, change d'armoiries. Ne pouvant plus souffrir la seconde épouse de son père, Yolande de Dreux, il retire de ses armes l'échiqueté et la bordure appartenant aux Dreux. La brisure d'hermine devient les armes plaines du duc de Bretagne.
Liste de récipiendaires
Jeanne d'Albret, comtesse de Richemont, qui est reçue chevalière de l'ordre de l'Hermine 1445 Isabeau d'Écosse, duchesse de Bretagne, en 1447. Jeanne de Navarre (1370-1437), vicomtesse de Navarre. Jehan de Parcevaux (1360-1425), capitaine de la ville et du château de Lesneven, seigneur de Mézarnou, paroisse de Plounéventer<ref>Henri Frotier de La Messelière, Généalogie de la maison de Parcevaux, 1904, BnF, Cabinet d'Hozier, 261, Fr.31142.</ref>. Jeanne de Rohan (1339-1403), vicomtesse de Rohan Les Gentilshommes du duché de Bretagne, Chevaliers de l'Hermine. Jeanne de Navarre, vicomtesse de Rohan. On lit dans son testament du , rapporté dans les Preuves de dom Morice : ..
Une nouvelle version de l'ordre (1972)
Une décoration homonyme de l'ordre de l'Hermine a été créée en 1972 à l'initiative de René Pleven, président du Comité d'étude et de liaisons des intérêts bretons (CELIB). Elle distingue des personnalités qui œuvrent pour le rayonnement de la culture bretonne. Le collier, différent de celui du Moyen Âge, a été dessiné par Pierre Toulhoat.
L'ordre de l'Hermine est désormais décerné par l'Institut culturel de Bretagne.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Dom Lobineau, Histoire de Bretagne, tome II, Paris, 1707, . Mikael Jones, « Les signes du pouvoir. L'ordre de l'Hermine, les devises et les hérauts des ducs de Bretagne au », MSHAB'', tome LXVIII, 1991, .
Articles connexes Ordre de chevalerie Liste des ordres, décorations et médailles de la France
Liens externes
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