Henry Malineanu (Bucarest, Roumanie, - Bucarest, ) était un compositeur de musique légère, comédies musicales, musique de théâtre et film et chef d'orchestre roumain d'origine juive.

Il fut chef d'orchestre aux Théâtres (1942-1944), "Gioconda" (1944-1948), directeur musical et chef d'orchestre au "Théâtre de Revues" ("Teatrul de Revista") de Bucarest (1950-1958).

Biographie Né à Bucarest en 1920, il a étudié parallèlement à son lycée au Conservatoire Royal de Musique sous la direction des grands professeurs Cecilia Nitzulescu-Lupu (violon), (harmonie), Mihail Andricu (musique de chambre)... et fonde à seulement 16 ans son propre groupe de jazz appelé « Tango », puis « Metropol », avec lequel il se produit en direct à la radio.

Un premier contact avec le monde de la scène, dans la troupe du « Nouveau » Théâtre de Calea Văcăreşti lui permet déjà de collaborer avec de grands noms de l’époque tels que le compositeur Max Halm, le metteur en scène Jacob Sternberg, les acteurs Sidi Tal, .

Rapidement remarqué par le grand compositeur, chef d’orchestre et homme de théâtre , il obtient à 18 ans le poste de pianiste dans l’orchestre du théâtre « Alhambra » et fait ses débuts dans la revue « De la munte la mare » sur la scène du jardin « Colos ». À propos de Mălineanu, Vasilescu déclarera qu’il le considère comme « mon disciple le plus cher, presque un fils ».

L’année 1938 lui apporte également le premier enregistrement de ses propres chansons sur disques Columbia et Electrecord, ainsi que son admission en tant que membre de la Société des compositeurs Roumains après ses premiers succès musicaux: le tango « Iubește-mă așa cum sunt » et la chanson « Întoarce-te curând », écrite pour Lya Craciunescu et reprise par Jean Moscopol ainsi que par le jeune Gică Petrescu. Henry Mălineanu participe régulièrement, avec Ion Vasilescu, à la création de chansons et de numéros musicaux pour les représentations de l’« Alhambra » jusqu’en 1940, puis au « Teatrul Ion Vasilescu » à la comédie musicale « Suflet candriu de papugiu ».

Dans le même temps, il rencontre (1908-1973), parolier et auteur de livrets déjà affirmé, avec qui il collaborera, dans une étroite amitié, plus de 30 ans.

Contraint de quitter officiellement les lumières de la rampe à cause des lois antisémites, il continue à composer et écrire sous la protection d’Ion Vasilescu et sous le pseudonyme de courageuses personnalités de la scène de nombreuses chansons inoubliables dans les revues des théâtres « Alhambra » et « Gioconda » : par exemple  « Astă seară mă fac ‘praf ‘ » est parue avec les paroles, mais aussi la musique signées par le dramaturge Tudor Mușatescu.

Après la création en 1941 du théâtre juif « Baraşeum » (où il œuvre aux côtés de compositeurs et chefs d'orchestre comme et Teodor CosmaPère du compositeur Vladimir Cosma ), il crée sur la scène de ce théâtre avec Eugen Mirea les revues à succès « Primăvara în Do major », « Dai un ban dar face », « Barașeum ’42 » et « Allo Barașeum » qui lancent des chansons comme « …Că doar n-o să trăiesc cât lumea ! » ou « Pe cine-aș fi iubit, dacă n-ai fi fost tu ?… »

Parallèlement, il collabore avec Ion Vasilescu pour les revues créés par celui-ci au théâtre « Gioconda »: « Gioconda Palace » (1943), « Răpirea Giocondei », « Gioconda iubește », « Giocondita », etc.

Après 1944, il réintègre le théâtre d’Ion Vasilescu en tant que chef d’orchestre et directeur musical associé et participe à la création (cette fois à l’affiche !) de revues appréciées du public tels que Aliații Giocondei » (1945), “Aliații Giocondei » (1945), « Gioconda la Savoy » (1946),  «Giocondele vesele » (1946), etc. dans lesquelles les chansons à succès se suivent: « Ce să fac dacă-mi placi ? », « Primul nostru tango », « Ce bine ne-nțelegem noi doi »,  « Mai dă-mi un telefon », « Fericirea mea e-n mâinile tale », alors qu’au Théâtre « Boema » la revue « Dragoste pe puncte » (1947) lance « Ce cauți tu în viața mea » (plus tard interdit par le régime communiste...), “Adevărata mea dragoste”, « Valsul nostru »…

Il est membre fondateur avec Jack Fulga, Puiu Maximilian, et Maria Tanase du Théâtre d’État des revues (ou Théâtre d’estrade -1949) et plus tard de l’Ensemble d’estrade (1952), dont il devient le directeur musical entre 1950-1958.  Ainsi il crée la musique du « Spectacle No.1 » (ou « Premier spectacle») qui sera joué plus de trois cents fois, réunissant 150 000 spectateurs.  Parmi les spectacles les plus réussis on peut citer « Le Concert des peuples » (1953). Pour celui-ci il compose « Dragi mi-s cântecele mele », un véritable hymne dédié à la musique roumaine authentique, chanté par l’immortelle Maria Tanase.  

Les revues « Între noi- femeile » (1958), « Concert în re hazliu » (1960), « Expozitie de muzica ușoară » (1963) lancent de nombreuses chansons appréciées par le public (« Mica serenadă », « Am început sa-mbătrânesc », « Cine n-a iubit măcar o dată », « Gama », « Signorina Musica », « E de necrezut », « Îmi placi din ce în ce mai mult » etc)

Des chansons dans lesquelles il combine magistralement les rythmes folkloriques roumains avec des mélodies dansantes dans des orchestrations de jazz lui apportent l’appréciation d’un public encore plus large : « Hop și-așa », « Garofița » (qui est rapidement devenu un succès dans de nombreux pays), « Cele mai frumoase fete » etc.

La longue collaboration avec le théâtre Fantasio de Constanta dirigé par le compositeur Aurel Manolache donne vie aux revues « Revelion în iulie » (1968), « Super Fantasio » (1974), « Veselia n-are vârstă » (1977), « Revista de aur » (1979), « Fantasiada » (1980), « Fantasiorama » (1981), « Nunta la Fantasio » (1984) ainsi que « Cioc, boc, hai la joc » et "Avioane de hârtie" (spectacles pour enfants, 1982 et 1985), qui ont bénéficié d’une large appréciation de la part du public. Dans ces spectacles, il a travaillé avec une équipe de grands noms de la vie scénique roumaine : Eugen Mirea, le metteur en scène Nicuşor Constantinescu, les chorégraphes Oleg Danovschi et Cornel Patrichi, la scénographeTeodora Dinulescu.

Les années 60 voient la naissance de la nouvelle génération d’interprètes roumains de musique légère, pour qui il composera des chansons à grand succès telles que « Nici-o dragoste nu e ca a noastră » (Margareta Pâslaru), « Nimeni » (Doina Badea), « Dacă n-oi trăi acum »(Dan Spătaru). Dans le même temps, des chansons comme « Aș vrea iar anii tinereții » et « Nu se poate » (avec laquelle Ioana Radu a remporté le 1er Prix au Festival de musique légère de Mamaia en 1969) le consacrent comme l’un des auteurs les plus appréciés de romances (chansons lyriques typiquement roumaines).

Toujours pendant cette période, Henry Mălineanu crée avec Eugen Mirea au Théâtre Nottara les comédies musicales « Lady X », « Au fost odată… două orfeline » (« Il était… deux orphelines ») et « Bună seara domnule Wilde », ces dernières considérées comme des sommets indéniables du genre en Roumanie, plébiscitées par le public, adaptées et reprises par de nombreux théâtres en Roumanie et à l’étranger.

Il est l’auteur de l’opérette « Suflet de artist » (1963), basée sur les chansons et la vie d’Ion Vasilescu, mise en scène au Théâtre d’Opérette de Bucarest et interprétée dans les rôles principaux par Ion Dacian et Silly Popescu.

Henry Mălineanu a également créé la musique de nombreux films et pièces de théâtre (dont l'iconique « Căruța cu paiațe » ou les longevives « Comedie de modă veche » et « Micul infern » qui ont ravi le public plus de cinq cents représentations).

Henry Mălineanu est le grand-père du pianiste français Dimitri Malignan (1998-).

Œuvres

Chansons Henry Mălineanu a composé des centaines de chansons (plus de 450 sont enregistrées à l’Union roumaine des compositeurs et musicologues); voici une liste alphabétique des 100 plus connues, avec les auteurs des textes et les interprètes originaux ou notables: