Charles Michon, né le à Joigny (Yonne) et mort le à Montauban (Tarn-et-Garonne), est un colonel français, commandant l'École de cavalerie en 1940.
Il est notamment connu pour avoir commandé la résistance héroïque des Cadets de Saumur, lors de l'invasion des troupes allemandes, en .
Origines Charles, François Marie Michon descend de la famille de François Michon (1700-1777), notaire royal à Pont-à-Mousson. Sous le Premier Empire, son aïeul, Pierre François Bénigne Michon (1774-1813), lieutenant-colonel d'artillerie, est décoré de la Légion d'honneur et obtient le titre de chevalier du Premier Empire.
Il passe son enfance à Dole (Jura) où sa famille habite le « château des Commards » dans le quartier du même nom.
Première Guerre mondiale Il intègre l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1903 (promotion de La Tour-d'Auvergne) puis, en 1905, l'École de cavalerie de Saumur. Jeune officier de cavalerie (chasseurs d'Afrique), vers 1907, aux Béni-Snassen, il se bat au Maroc.
Il se porte volontaire en 1915 pour l'infanterie qui, décimée par les combats des tranchées, recrute dans toutes les armes. Il est à Saint-Mihiel avec le régiment d'infanterie et tombe au mois de décembre, grièvement blessé, dans la tranchée de Calonne. Il reste deux jours sous les cadavres, passant pour mort. Il en réchappe, grièvement blessé et presque infirme. Ses blessures le font souffrir terriblement jusqu'au terme de sa vie.
Seconde Guerre mondiale Le , il est nommé commandant en second de l'École de cavalerie de Saumur. Promu au grade de colonel en , il prend le commandement de l'école quelques jours avant les combats.
Sous l'autorité du général Paul-Marie Pichon, commandant la région militaire, le colonel Charles Michon, a participé, avec d'autres unités, à la défense de la Loire, assisté de son adjoint opérationnel, le commandant Lemoyne, sur un secteur d'environ trente kilomètres, dans la région de Saumur, de Candes au Thoureil. Cette résistance s'est déroulée sur trois jours, grâce aux forces françaises composées principalement par les élèves-officiers, au nombre d'environ 790 aspirants (550 élèves officiers de réserve (EOR) de cavalerie et 240 du train).
Fin , à la suite de l'invasion allemande, l'École de Cavalerie est chargée de la défense du secteur le long de la Loire sur un front d'environ .
Le , l'école reçoit l'ordre de repli à Montauban.
Le à midi, le maréchal Pétain donne l'ordre de cesser tous les combats. Le colonel Michon n'admet pas que l'école quitte Saumur face à l'ennemi sans combattre. Il convoque le jour même tous les cadres, leur expose la situation et sa décision mais étant donné les ordres supérieurs, ils sont libres de ne pas être du même avis ; tous sont volontaires. Les élèves-aspirants sont ensuite réunis pour leur exposer la situation ; tous sont également volontairesSelon le témoignage de Jean Zimmermann, cadet de Saumur grièvement blessé le , au cours des combats au poste de commandement du colonel Michon..
Ainsi, dès le , avant que ne retentisse l'appel du 18 Juin, l'École de cavalerie entre la première dans la Résistance.
Du 18 au , pour diriger les opérations et souffrant toujours de ses anciennes blessures, le colonel Michon se fait seconder par son chef d'état-major, le chef d'escadron Lemoyne.
Sans être une troupe de combat, sans approvisionnement sérieux et munis de ses seules armes d'instruction, l'École de cavalerie affronte la puissance de feu moderne des blindés de la division de cavalerie allemande du général Feldt et bloque l'invasion sur la Loire pendant trois jours.
L'histoire a retenu ces faits sous le nom de « résistance des Cadets de Saumur ».
Dans une citation à l'ordre de l'armée du , le général Weygand écrit : . Sur -officiers, 79 sont morts ou disparus, 32 sont blessés en traitement, 15 sont en convalescence. Il n'en reste que 366Rapport du colonel Michon à Montauban le ..
Le colonel Michon meurt peu après à Montauban, le . Son corps est inhumé, 7 ans plus tard, à Dole dans le caveau de famille.
Hommages Une rue de Saumur porte son nom.
La promotion des , division d'instruction 94/04, baptisée le par le général Bonavita, porte le nom de « Promotion colonel Michon ».
Citations du colonel Michon . . .
Notes et références Notes
Références
Bibliographie
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