Les Azéris (en ), aussi appelés Āzarīs , Turcs azéris (Azərbaycan türkləri), ou Turcs (Türklər), forment un groupe ethnique d'origine turcique qui vit principalement dans le nord-ouest de l'Iran et dans la République d'Azerbaïdjan. On les trouve aussi dans une large zone du Caucase au plateau iranien et également dans le Nord Est de la Turquie, dans le village de Sütveren dans le district de Kelkit par exemple.

Les Azéris sont en majorité musulmans chiitesAzéri "du nord" et Azéri "du sud" Ethnologue.com (consulté le 22 août 2006) et ont un patrimoine culturel composé d'éléments iraniens, caucasiens et turcs.

Le terme Azerbaïdjanais (en ) désigne les citoyens de la république d'Azerbaïdjan et eux seuls(cf "Turcs en Iran" - Cahiers d'études sur la Méditerranée orientale et le Monde turco-iranien, , juillet-décembre 1992..).. Le terme « Azéris » est parfois utilisé de manière abusive en tant que synonyme de « Azerbaïdjanais » et inversement.

Clarification des termes employés Historiquement, les peuples turcs de l'Azerbaïdjan iranien et du Caucase s'appelaient eux-mêmes, ou étaient appelés, « Turcs ». Quand la Transcaucasie devint une partie de l'empire russe, les autorités russes, qui appelaient traditionnellement « Tatars » tous les peuples turcs, ont commencé à appeler ce peuple les « Tatars caucasiens » pour les distinguer des autres peuples turcs Demoscope Weekly. Alphabetical list of people, living in the Russian empire, 1895.. C'est à partir du début du que l'ethnonyme « Azerbaïdjani » a commencé à apparaître, plus particulièrement depuis l'époque de la République démocratique d'Azerbaïdjan (1918-1920). L'ethnonyme moderne, « Azerbaiïdjani » est largement répandu depuis les années 1930. Certains Azerbaïdjanis se réfèrent à eux-mêmes en tant que « Turcs Azerbaïdjanis », marquant ainsi le caractère turc et la spécificité de leur identité azerbaïdjanie au sein du groupe plus large des peuples turcs. La plupart des Azerbaïdjanis d'Iran se désignaient eux-mêmes comme « Turcs » jusque dans les années 1990.

Le développement d'une identité collective turque azérie n'a eu lieu qu'à partir de la fin du , à une période où l'identité nationale azerbaïdjanie émergeait en tant que force politique.

Le nom « Azéri » désigne également une langue iranienne qui était en usage dans la région appelée Azerbaïdjan avant l'arrivée des peuples turcs, durant les premiers siècles de l'expansion islamique. Les sources de l'époque se servent du nom « Azéri » pour désigner à la fois la population de l'Azerbaïdjan et la langue qu'ils parlent. L'utilisation de cette langue a décliné jusqu'à disparaître après la turquification de la région. Des auteurs turcs ont alors repris le terme « Azéri » pour désigner la langue turque parlée en Azerbaïdjan, et ce terme a été repris par certains orientalistes occidentaux.

L'Azerbaïdjan désigne la région au nord-ouest de l'Iran, partagée entre les États modernes de la République d'Azerbaïdjan et de l'Iran. Les termes « Azerbaïdjan du nord » et « Azerbaïdjan du sud », utilisés sans connotation politique, servent à désigner les régions géographiques de l'Azerbaïdjan situées au nord ou au sud de la rivière Araxe. Depuis l'époque safavide jusqu'aux , la région est sous contrôle iranien plus ou moins strict. Depuis la partition de l'Azerbaïdjan en 1828 à la suite du traité de Turkmanchai, la partie nord a été incorporée à l'empire russe puis à l'URSS. La partie sud fait partie de l'Iran depuis cette époque.

La formation de la région appelée Azerbaïdjan

Le groupe ethnique moderne des Azerbaïdjanais trouve son origine dans la région appelée Azerbaïdjan, qui s'étend depuis l'extrême est du Caucase au nord jusqu'aux contreforts septentrionaux des Monts Zagros au sud, entre l'Anatolie et la mer Caspienne.

Il est communément admis que l'Azerbaïdjan tire son nom d'« Atropatès », un satrape de la province de l'empire achéménide nommée « Mèdie Atropates ». C'est à partir du nom de ce gouverneur que dérivent les différents noms de la région, sous des formes grecques (Atropatène, Media Atropatos ou Tropatene), arménienne (Atrpatakan), moyen-persan (Āturpātakān) ou Āzarbāyjān sous sa forme persane moderne. L'Atropatène, depuis son cœur à l'est du lac d'Orumieh, s'est ensuite étendue vers le nord au cours de la période parthe puis sassanide, jusqu'au bassin de l'Araz. Suivant le déclin des Séleucides en Perse après -247, le royaume arménien exerce le contrôle sur des parties de l'Atropatène entre - 190 et 428 Strabo, "Geography" - Perseus Digital Library, Tufts University (consulté le ).. Les Albaniens ont fondé un royaume, l'Albanie du Caucase, au et sont restés largement indépendants jusqu'à ce que les Sassanides en fassent un vassal en 252. L'Albanie du Caucase a été un royaume chrétien entre le . "Voices of the Ancients: Heyerdahl Intrigued by Rare Caucasus Albanian Text" par Zaza Alexidze - Azerbaijan International, été 2002 (consulté le )..

Les Arabes musulmans ont battu les Sassanides et les Byzantins au cours de leur marche dans la région du Caucase. Les Arabes font de l'Albanie du Caucase un État vassal après que la résistance chrétienne, menée par le prince Javanshir, s'est rendue en 667. Entre le , les auteurs arabes commencent à se référer à la région entre les rivières Koura et Aras en tant que « Arran ».

Langue

La langue azérie, aussi appelée « azéri », « azari », « turc azéri », ou « turc azerbaïdjani », unifie les Azéris, qui l'appellent Azərbaycan dili ou azərbaycanca, parfois Türki dans l'Azerbaïdjan iranien. Elle est mutuellement intelligible avec le turkmène et le turc (dont les dialectes parlés par les Turcomans d'Irak et les Kachkaïs). Toutes ces langues ont une origine commune dans la langue parlée par les Oghouzes, qui sont arrivés dans le Caucase depuis l'Asie centrale au . Elle a commencé à se développer en tant que langue littéraire vers le .

L'azerbaïdjanais, la langue officielle de la République d’Azerbaïdjan, est parlée aujourd’hui par plus de 90,6 % de sa population. Il est également parlé par plus de 10 millions de personnes en Iran (16 % de la population environ). dans les régions de l’Azerbaïdjan iranien et dans toutes les grandes villes d'Iran), en Géorgie à cause d’une présence historique, en Turquie et en Russie avec l’immigration. Parfois on parle de l’azéri ou encore de l’azéri-turc. L’azerbaïdjanais est une définition géopolitique et l’azéri-turc est ethnolinguistique.

L’azerbaïdjanais appartient à la famille des langues altaïques, au groupe turc et au sous groupe oghouz comme le turc et turkmène, le tatar de Crimée, le gagaouze. L’azerbaïdjanais observe la règle de l’harmonie vocalique. Il ne connaît ni genres ni articles. Il possède 6 cas : nominatif, génitif, directif, accusatif, locatif, ablatif. C’est une langue agglutinante — les relations entre des mots se créent à l’aide des suffixes ajoutés à la fin des mots.

La langue a graduellement supplanté les langues iraniennes utilisées dans la région jusqu'alors (tat et pehlevi au sud, des langues caucasiennes telles l'oudi au nord) et devient la langue dominante dans la région avant le . Cependant, les minorités à la fois en Iran et en République d'Azerbaïdjan continuent à parler d'anciennes langues, et les mots d'emprunts au persan et au pehlevi sont nombreux en azéri.

La conquête russe de l'Azerbaïdjan au a coupé entre deux États la communauté linguistique. L'Union soviétique a promu le développement de la langue puis a fait reculer son utilisation avec deux changements d'alphabet consécutifs : de l'alphabet arabe à l'alphabet latin, puis de celui-ci à l'alphabet cyrillique. En Iran, les Azéris ont continué à utiliser l'alphabet arabe comme ils l'avaient toujours fait. Après l'indépendance de la République d'Azerbaïdjan, l'alphabet a encore changé et les Azéris au nord ont adopté un script latin suivant le modèle des Turcs.

Répartition géographique et nationalisme À la suite des guerres russo-persanes du et , les territoires persans du Caucase (certains n'étant quasiment pas contrôlés) ont été cédés à l'empire russe. Ces territoires incluaient des parties de l'actuelle république d'Azerbaïdjan. Les traités de Golestan en 1813 et de Turkmanchai en 1828 fixèrent la frontière entre la Russie et l'Iran.

À la suite de ces divisions géographiques et historiques, les Azéris forment un groupe ethnique qui a connu une évolution différente de chaque côté de la frontière. Ils peuvent donc être distingués en deux sous-groupes : les Azéris du nord et les Azéris du sud, dont les caractéristiques diffèrent légèrement. Depuis l'indépendance de l'Azerbaïdjan de l'URSS en 1991, on a tout de même constaté une augmentation de l'intérêt pour la religion et une augmentation des liens transfrontaliers entre Azéris.

Le nationalisme azéri a été très actif à la fin de la Seconde Guerre mondiale. En , le Parti démocratique azerbaïdjani, lié au Tudeh et mené par Jafar Pishevari annonce la création d'une république autonome portant le nom de gouvernement populaire d'Azerbaïdjan et soutenue par l'URSS. Ce type de nationalisme peut être appelé nationalisme azéri iranien, mais un deuxième type de nationalisme existe aussi, le nationalisme azéri, qui revendique la réunion des peuples azéris dits « du nord » (république d'Azerbaïdjan) et « du sud » (Azerbaïdjan iranien). Ce type de nationalisme peut de plus être teinté de panturquisme. Ces différentes sortes de nationalisme pourraient expliquer les directions différentes prises par les recherches sur l'origine des azéris, comme cela est détaillé plus bas.

Les quinze dernières années ont connu une forte augmentation des sentiments nationalistes, comme le prouve l'augmentation des publications nationalistes des Azéris en Iran et leur intérêt grandissant pour la Turquie et la République d'Azerbaïdjan. Nombreux sont les Azéris iraniens qui regardent la télévision turque ou azerbaïdjanaise par satellite, ce qui leur a permis d'accroître leur connaissance de la Turquie et du dialecte turc anatolien.

Cette renaissance du nationalisme a amené à la création d'une nouvelle organisation, le « Güney Azərbaycan Milli Oyaniş Hərəkati » (« Gamoh ») (gamoh.org) (« Mouvement du réveil national de l'Azerbaïdjan du sud »), dirigé par Mahmudali Chohraganli. Gamoh milite pour l'auto-détermination, un état iranien fédéral, un gouvernement laïc, ce qui le place sous la menace du gouvernement iranien. Mahmudali Chohraganli, dont le père avait été torturé par la SAVAK pour nationalisme turc, a lui-même passé deux années en prison jusqu'à sa libération pour problèmes de santé en 1999.

Origines Dans la plupart des références, les Azéris sont désignés comme un peuple turc, à cause de leur langue turque et leur origine partiellement oghouze "Azerbaijan: People" - Encyclopedia Britannica (consulté le ) Cependant, il existe un débat concernant l'origine ethnique des Azéris. Le débat est lié au nationalisme moderne et aux revendications historiques sur le territoire azéri. Ce débat met en présence trois points de vue : les Azéris seraient d'origine turque en provenance de l'Asie centrale, ou seraient un peuple iranien ayant changé de langue à la suite des invasions turques, ou encore seraient indigènes au Caucase et auraient adopté la langue azérie, la culture perse et l'Islam. En conséquence, la détermination de l'origine turque, iranienne ou caucasienne des Azéris est fortement liée aux points de vue historiques des voisins de l'Azerbaïdjan.

thumb|280px|left|Bakou, Azerbaïdjan.

D'après l'Encyclopédie de l'Islam :

LEncyclopædia Britannica dit que les Azéris