Klaus Karl Anton von Dohnanyi, né le à Hambourg, est un homme politique allemand membre du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD).
Il commence à travailler comme juriste au début des années 1950 et adhère au SPD à la fin de la décennie. Il entame rapidement son parcours politique, devenant secrétaire d'État administratif du ministère fédéral de l'Économie en puis député fédéral de Rhénanie-Palatinat en . Il est ensuite désigné secrétaire d'État parlementaire du ministère fédéral de l'Éducation.
En , il est nommé ministre fédéral de l'Éducation et de la Science par Willy Brandt. Il quitte ses fonctions en même temps que Brandt, en . Deux ans après, il devient ministre d'État à l'office des Affaires étrangères.
Élu président du de Rhénanie-Palatinat en , il en est le chef de file pour les élections régionales mais échoue à déloger Bernhard Vogel du pouvoir. Il continue alors de siéger au Bundestag et renonce donc à son mandat au Landtag.
Il est investi en premier bourgmestre de Hambourg après la démission de Hans-Ulrich Klose. Il échoue à maintenir la domination du SPD aux élections de l'année suivante, mais l'absence de majorité conduit à une répétition des élections qui donne la majorité absolue au Parti social-démocrate. Le scénario de blocage se reproduit en , mais après le scrutin anticipé de , il est en mesure de constituer une avec le .
Il démissionne en , après des interventions policières polémiques, et quitte la vie politique.
Biographie Enfance et jeunesse Fils du juriste Hans von Dohnányi et de Christine Bonhoeffer, il commence son cursus scolaire à Leipzig. Il la poursuit à Ettal et la termine à Potsdam en passant son baccalauréat en . Il est ensuite enrôlé dans la Wehrmacht, alors que son père trouve la mort en au camp de concentration d'Oranienbourg-Sachsenhausen.
À l'issue de la Seconde Guerre mondiale, il entreprend d'étudier le droit à partir de . Trois ans plus tard, il passe son premier diplôme juridique d'État et un doctorat en droit civil.
Il continue son cursus à l'université Yale, où il obtient en un Master of Laws (LLM). Il revient en Allemagne de l'Ouest et commence à travailler à la fois dans un cabinet d'avocats et à l'Institut Max-Planck pour le droit privé étranger et international. Embauché en par Ford Motor Company à Cologne, il devient deux ans après directeur du département de la planification.
Au cours de l'année , il adhère au Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) et passe avec succès son second diplôme juridique d'État. Il est nommé en directeur général de l'institut de recherche sur le marketing et le management Infratest.
Débuts en politique Il commence son parcours politique le , quand Karl Schiller le choisit comme secrétaire d'État administratif du ministère fédéral de l'Économie. Aux élections législatives fédérales du , qui voient le prendre le pouvoir, il est élu député au Bundestag.
Ministre fédéral Hans Leussink le nomme alors secrétaire d'État parlementaire du ministère fédéral de l'Éducation. Le , Klaus von Dohnanyi est désigné à ministre fédéral de l'Éducation et de la Science dans le premier cabinet fédéral de Willy Brandt. Il est confirmé, neuf mois plus tard, dans le cabinet Brandt .
Il quitte cependant le gouvernement après que Helmut Schmidt a pris la suite de Brandt le . Il fait son retour à un poste subalterne le , en tant que ministre d'État de l'office des Affaires étrangères, sous la responsabilité du vice-chancelier Hans-Dietrich Genscher.
Les élections de 1979 en Rhénanie-Palatinat 220px|left|thumb|Klaus von Dohnanyi et le président du SPÖ Bruno Kreisky lors du congrès du en . À l'approche des élections législatives régionales du en Rhénanie-Palatinat, le fait de lui son président et son chef de file.
Les sociaux-démocrates parviennent à rassembler sous son égide 42,3 % des suffrages exprimés et faire élire sur 100, ce qui constitue à cette époque leur meilleur résultat. Toutefois, la du ministre-président Bernhard Vogel parvient à conserver sa majorité absolue.
Dohnanyi fait alors le choix de continuer à siéger au Bundestag et à exercer ses fonctions gouvernementales. Il renonce ainsi à occuper son siège au Landtag de Rhénanie-Palatinat et Werner Klein prend donc la présidence du groupe parlementaire.
À Hambourg 220px|right|thumb|Klaus von Dohnanyi et le bourgmestre-gouverneur de Berlin-Ouest Eberhard Diepgen à la conférence des ministres-présidents (KMP) à Bonn en . Après que Hans-Ulrich Klose a annoncé sa démission, le Parti social-démocrate de Hambourg l'appelle pour prendre la direction du gouvernement de la ville-Land. Le , Klaus von Dohnanyi est investi à premier bourgmestre de Hambourg. Il bénéficie alors d'une solide majorité absolue de sur 120. Il renonce en conséquence à son poste gouvernemental et son mandat de député fédéral.
Il est donc le chef de file du Parti social-démocrate d'Allemagne pour les élections législatives locales du . Alors qu'il est lui-même élu député au Bürgerschaft, le SPD subit sa première défaite depuis : avec 42,7 % des voix, il n'obtient que , soit 0,5 point et un élu de moins que l'Union chrétienne-démocrate. Toutefois, aucune majorité ne se dégage du fait de la présence des écologistes. Après qu'il a échoué à négocier un accord de soutien sans participation avec les , de nouvelles élections sont organisées le . Le Parti social-démocrate l'emporte largement avec 51,3 % des suffrages exprimés et .
La situation se répète à l'occasion des élections du . Alors que la vire en tête avec 41,9 % des voix et , soit 0,2 point et un député de plus que le , le maintien des écologistes au sein du Bürgerschaft empêche de nouveau la constitution d'un gouvernement. Ce blocage amène à un nouveau scrutin le . Les sociaux-démocrates repassent en première position avec 45 % des exprimés, soit . Dohnanyi parvient cette fois à constituer une avec le , qui fait son retour à l'assemblée.
Il démissionne le , emporté par la polémique de la et les affrontements entre les forces de l'ordre et les de la Hafenstraße du quartier de St. Pauli, qui occupaient des immeubles relevant du domaine public.
Après la politique À la suite de la réunification allemande, il est conseiller pour l'économie de marché auprès de la Treuhandanstalt, agence chargée de la privatisation des biens publics de l'ancienne République démocratique allemande (RDA).
Famille
Son grand-père, Ernõ Dohnányi, est un célèbre pianiste, compositeur et chef d'orchestre hongrois. Ses oncles maternels sont le pasteur Dietrich Bonhoeffer, mort en au camp de concentration de Flossenbürg après avoir interné à celui de Buchenwald, et le juriste Klaus Bonhoeffer, exécuté à Berlin en 1945, tous deux résistants au nazisme. Son frère est l'illustre chef d'orchestre Christoph von Dohnányi.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Hambourg Premier bourgmestre de Hambourg Cabinet Brandt et
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