François Léon Jouinot-Gambetta, né le à Paris 8 et mort le à Antibes, est un général de division français.

Il s'illustre durant la Première Guerre mondiale au sein de l'Armée française d'Orient à la tête d'une brigade de cavalerie (dite brigade Jouinot-Gambetta) de l'Armée d'Afrique, composée des , chasseurs d'Afrique et du régiment de marche de spahis marocains, notamment lors de la prise d'Uskub (aujourd'hui Skopje) le .

Biographie Famille François Léon Jouinot-Gambetta est le fils d'Antoine Gabriel Jouinot (1843-1871), ingénieur, et de Benedetta Gambetta (1840-1931)Dossier de la Légion d'Honneur de François Léon Jouinot-Gambetta, Cote LH//1380/19, Base de données Léonore.

Il épouse, le à Marseille, Blanche Augustine Haÿ, née le à Lens et morte le . Cette dernière présentait, avant la guerre, des modèles du couturier Paul Poiret. Les époux n'auront aucun descendant.

Il est le neveu de Léon Gambetta, dont il relève le patronyme en ajoutant à son nom celui de Gambetta, nom de sa mèreArchives de l'état civil de Paris en ligne, acte de naissance /946/1870. Mention marginale : le décret du 6 novembre 1903 l'autorise à ajouter à son nom celui de sa mère (Gambetta) et à s'appeler légalement Jouinot-Gambetta(consulté le 8 avril 2012).

Carrière militaire Avant guerre Engagé volontaire le comme chasseur au 6e régiment de chasseurs d'Afrique en Algérie, il passe avec le grade de maréchal des logis (du ) au 1er régiment de spahis (escadron du Soudan) le et rejoint le Soudan.

Il rejoint ensuite le 9e régiment de hussards comme élève officier le et suit les cours de l’École de cavalerie de Saumur d’ au . Il sera successivement sous-lieutenant le et lieutenant le .

Placé hors cadre le il est envoyé le en Afrique occidentale jusqu’au . Chargé de l'organisation militaire de la mission Paul Blanchet en MauritanieLa mission Paul Blanchet, Annales de géographie, Année 1900, n°48, pp. 458-462, il recrute, instruit et arme une quarantaine d'anciens tirailleurs. Il est blessé par balle dans un guet-apens le à Atar.

Du au , il est en mission auprès du gouverneur général civil de l’Algérie et il est porté sur les rôles du régiment de hussards en , puis du d’Afrique en septembre et du de spahis ou il obtient le grade de capitaine le .

Mis à la disposition du ministère des Affaires étrangères en au service géographique pour la délimitation de la frontière algéro-marocaine, il accomplit ensuite une mission à Tanger au Maroc en où il reste jusqu’au et est remis à disposition du ministère de la Guerre.

Il intègre avec le grade de capitaine le de cuirassiers le et est nommé chef d’escadron le . Muté le au 6e régiment de chasseurs d'Afrique, il rejoint l’Algérie le .

Colonel le , il commande le régiment de marche de spahis et les troupes marocaines.vignette|Avance française en 1918.

Première Guerre mondiale Au début de la guerre, il se consacre à la mise sur pied des escadrons et bataillons auxiliaires marocains et après un long séjour au front français, où il commande successivement une brigade et une division d'infanterie, Jouinot-Gambetta part pour le front d'Orient.

Promu général de brigade de cavalerie le , il succède au colonel Henri Descoins au commandement de la cavalerie de l’Armée française d'Orient, alors composée de 10 escadrons.

Il s'illustre particulièrement à la tête de sa brigade de cavalerie, dite brigade Jouinot-Gambetta, composée des 1er, chasseurs d'Afrique et du Régiment de marche de spahis marocains, lors de la prise d'Uskub (aujourd'hui Skopje) le Uskub ou le rôle de la Cavalerie d'Afrique dans la victoire, Berger-Levrault, 1920, Préface d'Aristide Briand.

Le , Jouinot-Gambetta est élevé à la dignité de grand-officier de la Légion d'honneur avec la citation suivante : JORF du 23 janvier 1919, p. 892. En ligne..

Après guerre Il est promu général de division en 1920.

Il meurt à Juan les Pins dans sa villa la Haie-Blanche le après une courte maladie et est inhumé au cimetière du Père-Lachaise le Notice nécrologique de Jouinot-Gambetta, Revue économique française, n°6, novembre-décembre 1923, p.469.

La brigade de cavalerie Jouinot-Gambetta en 1917-1918 La brigade formée de trois régiment est composée de chasseurs d'Afrique et de spahis et compte environ 3 000 hommes.

Régiment de marche de spahis marocains (RMSM) (5 escadrons, 1 compagnie de mitrailleuse, 1 section de canon de 37 mm) : lieutenant-colonels Gustave Dupertuis jusqu'en puis Edmond Guespereau Edmond Guespereau est né le 5 juillet 1871 à Hanches. Avant la Grande Guerre, il intègre l’école d’application de la cavalerie (Saumur) puis participe en tant qu'officier au sein des Chasseurs d'Afrique et Spahis à diverses campagnes en Afrique du Nord française. Il est fait Chevalier de la Légion d'Honneur le 31 juillet 1912. Au cours de la guerre, il devient chef d’escadron au Régiment de Marche de Spahis Marocains (RMSM) le 31 août 1916 puis, promu lieutenant-colonel, il commande le régiment à partir du 3 avril 1918. Il est cité à plusieurs reprises. Edmond Guespereau est promu Général de brigade le 18 mai 1926 et élevé à la dignité de Grand officier de la Légion d'honneur le 4 juillet 1931. Il meurt le 22 septembre 1962 à Paris. Edmond Guespereau était titulaire des décorations suivantes : Grand Officier de la Légion d’Honneur, Croix de Guerre 1914-1918 avec huit citations (cinq palmes et trois étoiles), Commandeur du Ouissam Alaouite du Maroc, Officier du Nicham Iftikar, Officier des Saints Maurice et Lazare d’Italie. Source: Dossier de la Légion d'Honneur d'Edmond Guespereau, Base de données Léonore. de chasseurs d'Afrique (4 escadrons, 2 sections de mitrailleuses, 1 section canon de 37 mm) : lieutenant-colonel Paul Lespinasse de BournazelPère de Henri de Bournazel. Voir notice biographique de Paul Lespinasse de Bournazel dans Biographies des principales personnalités françaises décédées au cours de l'année, Hachette, 1962, pp.140-141. de chasseurs d'Afrique (4 escadrons, 2 sections de mitrailleuses, 1 section canon de 37 mm,) : lieutenant-colonel Jean LabauveVoir Dossier de la Légion d'Honneur de Jean Labauve, Base de données Léonore.

La prise d'Uskub (29 septembre 1918)

Le , la brigade Jouinot-Gambetta prend Uskub, important nœud ferroviaire, après un raid de plus de 80 km à travers les monts de Macédoine. Cette victoire constitue l’une des dernières charges à cheval de l’histoire de la cavalerie française. Elle a pour conséquence la capitulation des forces germano-bulgaresLa XIe Armee allemande (surtout composées de troupes bulgares) du général von Steuben et le , la Bulgarie signe un armistice avec le général Franchet d’Espèrey.

Grades : colonel : général de brigade : général de division

Décorations (1919) Fait Chevalier de la Légion d'Honneur le 29 décembre 1900, promu Officier le 10 juillet 1907, promu Commandeur par décret du 30 janvier 1915 avec rang au 30 décembre 1914, élevé à la dignité de Grand officier le 22 janvier 1919 avec rang au 28 décembre 1918.

, agrafes « Soudan » « Sénégal » «Afrique Occidentale » (décret du ) (décret du ) (décret d’autorisation de port du ) (protectorat français de Tunisie) (décret d’autorisation de port du ) (décret d’autorisation de port du ) (décret d’autorisation de port du ) Chevalier de Sainte Anne de Russie de Cl (décret d’autorisation de port du ) Médaille d’argent de la Mutualité (Ministère de l’Intérieur du )

Citations

Hommages Jacques Bourcart décrit Jouinot-Gambetta comme un « grand Africain » et « une des figures les plus originales et les plus attachantes de l'armée d'Afrique, un chef adoré de tous ceux - même les plus humbles - qui ont servi sous ses ordres », un cavalier « d'une folle bravoure, généreux jusqu'à la prodigalité » dont « le goût du panache et des uniformes extraordinaires », l'entrain et la gaieté « évoquent irrésistiblement la figure d'un autre grand cavalier, de Murat», Jacques Bourcart, Notice nécrologique de Jouinot-Gambetta, L'Afrique française bulletin mensuel du Comité l'Afrique française et du Comité du Maroc, 1924, p.4.

Aristide Briand écrit dans sa préface de l'ouvrage de Jouinot-Gambetta, à propos de la prise d'Uskub en , « la chevauchée de vos cavaliers vers Uskub est une épopée magnifique. Les cavaliers de Murat n'ont pas fait mieux.»Général Jouinot-Gambetta, Uskub ou le rôle de la Cavalerie d'Afrique dans la victoire, Berger-Levrault, 1920, Préface d'Aristide Briand.

Notes

Bibliographie Général Jouinot-Gambetta, Uskub ou le rôle de la Cavalerie d'Afrique dans la victoire, Berger-Levrault, 1920, Préface d'Aristide Briand Thierry et Mary Moné, Du Burnou Rouge au Burnou bleu. Les Spahis du Marocains dans la Grande Guerre, Lavauzelle, 2004, Général Edmond Guespereau, « Le rôle de la cavalerie dans l'offensive d'Orient () » in L'Armée d'Orient vue à 15 ans de distance, Revue des Balkans, 1932 Jacques Bourcart, Notice nécrologique de Jouinot-Gambetta, L'Afrique française bulletin mensuel du Comité l'Afrique française et du Comité du Maroc, 1924, p.4

Voir aussi Articles connexes Armée française d'Orient Cheval dans la Première Guerre mondiale

Liens externes

Offensive du Drobopolje en Serbie, septembre 1918

Catégorie:Général français du XXe siècle Catégorie:Naissance en juillet 1870 Catégorie:Décès en novembre 1923 Catégorie:Décès à 53 ans Catégorie:Grand officier de la Légion d'honneur Catégorie:Naissance dans le 8e arrondissement de Paris Catégorie:Militaire français de la Première Guerre mondiale Catégorie:Élève de l'École de cavalerie de Saumur Catégorie:Armée d'Afrique (France)