Alain Porée, sieur du Breil, né à Saint-Malo le et mort dans la même ville le , parfois confondu avec son père ou son frère aîné qui s'appellent Charles PoréeGeorges Seigneur, Henri-Georges Gaignard, Connaître Saint-Malo, Fernand Lanore, 1992, 298 pages , , est un navigateur, corsaire et armateur français.
Il est, en 1708, le premier Français à affronter le Cap Horn d'est en ouestSeigneur, Gaignard, 1992, .
Biographie Alain Porée est le fils de Charles Porée (1621-1681), sieur de Blinais et de la Touche, et de Josseline Heurtault. Par son père, il est le petit-fils de Jean Porée (1583-1647), sieur de La Touche-Québriac, qui a commandé les 23 vaisseaux envoyés par les Malouins au blocus de La Rochelle en 1622 et qui sera procureur-syndic de Saint-Malo en 1642.
Il commence à naviguer à l'âge de 15 ans. Il est capitaine de la Reine-du-Ciel à 21 ans pour un voyage à Saint-Domingue.
Pendant la guerre de la Ligue d'Augsbourg En 1689, pendant la guerre de la Ligue d'Augsbourg, il reçoit le commandement du bateau corsaire le François-de-la-Paix. Valeureux écumeurs des mers, ses exploits de corsaire amènent son oncle, Jean Heurtault de Bricourt (1644-1705)), armateur principal de la frégate le Saint-Esprit, à lui donner le commandement de ce corsaire de 350 tonneaux, 34 canons et 250 hommes d'équipage. Il réunit alors son bateau avec le François d'Assise commandé par son frère aîné, Charles Porée (1652-1708), sieur de la Touche. Ils quittent la rade de Saint-Malo le . Le , ils rencontrent un vaisseau de guerre anglais, le (ou Dartmoor). Après cinq heures de combat ayant fait 58 tués et une quarantaine de blessés, le vaisseau anglais doit abaisser son pavillon devant les deux corsaires. Le Dartmoor est presque réduit à l'état de ponton. Ils rentrent dans la rade de Saint-Malo le . Ils ressortent pour faire une deuxième campagne fructueuse terminée le . Les navires anglais viennent bombarder Saint-Malo en . Porée, qui se reposait, accourt pour participer à la défense. Les Anglais doivent se retirer avec de lourdes pertes.
vignette|Portrait de Louis XIV orné de diamants offert par le roi en novembre 1696 à Alain Porée à la suite de sa prise du vaisseau de guerre anglais Darmouth. Le , Porée reprend la mer avec le Saint-Esprit et se réunit au Polastron du capitaine de la Bellière. Ils s'emparent facilement de marchands, mais le ils rencontrent quatre vaisseaux hollandais au large d'Ouessant : la Princesse-de-Danemark portant la marque du commandeur, pouvant porter 52 canons, mais n'en ayant que 38, la Princesse-d'Orange de 600 tonneaux et 24 canons, l' Amaranthe portant 20 canons, et un autre de même capacité. Les deux vaisseaux malouins réussissent à s'emparer de trois des navires hollandais, le quatrième peut s'échapper. Une tempête s'étant levée, chaque navire doit trouver seul son salut. Le Polastron réussit à rejoindre un port breton avec la Princesse-de-Danemark et l'Amaranthe. Le Saint-Esprit ne peut ramener seul le bateau hollandais à Saint-Malo le mais avec un navire anglais qu'il a capturé. À son retour, il trouve chez lui un portrait de Louis XIV entouré de diamants envoyé par le secrétaire d'État à la Marine Pontchartrain en récompense.
Après avoir réparé son navire et complété son équipage, il reprend la mer le . Il retrouve deux corsaires malouins, le François et la Gaillarde avec lesquels il prend au large d'Ouessant la flûte le Neptune, d'Amsterdam, chargée de denrées coloniales, qui est conduite à Paimbœuf par la Gaillarde. Le François amène à Brest la flûte la Providence capturée avec la Gaillarde. Resté seul, le Saint-Esprit s'empare du vaisseau hollandais le Saint-Michel-Ange de Rotterdam qu'il conduit à Port-Louis. Il reprend la mer et le et reprend le navire français le Sarah capturé peu de jours avant.
Après s'être reposé, il reprend la mer le pour les mers du nord avec le François-d'Assise, le navire de son frère Charles La Touche-Porée. Ils doivent se réunir avec deux corsaires, le Prudent et le Saint-Antoine, aux îles Féroé. Ne les ayant pas trouvés, ils retournent vers le sud. Le il s'empare du Suzanne, navire hollandais de 24 canons et 60 hommes d'équipage. Il relâche dans la vallée de la Vilaine. Il repart le , et le , il rencontre lAnnibal, corsaire de Flessingue de 34 canons et 160 hommes d'équipage du capitaine Van der Goes, l'oblige à amener le pavillon et l'amène à La Rochelle. Reparti en mer, le , il est pris en chasse par un corsaire de Flessingue, l'Aigle-Noir de 32 canons du capitaine Wandewerf. Après deux heures de combat, les Français réussissent à jeter des grappins et à monter sur le bateau l'obligeant à amener le pavillon. Porée est blessé au cours des combats. Il est remplacé par son second, Le Gobien, qui ramène le bateau et sa prise à Port-Louis le . De retour dans sa famille pour se remettre de ses blessures, il y trouve une épée d'honneur envoyée par Ponchartrain de la part du roiCette épée est restée dans la descendance d'Alain Poirée jusqu'en 1999 et sa vente chez Christie's. Ce n'est pas cette première épée qui fut vendue cette fois-ci, mais la seconde en vermeil. Les traités de Ryswick signés le 20- mettent fin à la guerre.
Pendant la guerre de Succession d'Espagne Expédition avec Duguay-Trouin La guerre de Succession d'Espagne va entraîner la reprise de la course en mer. Le Saint-Esprit est réarmé. Ayant une commission de l'amiral de France, il se joint, le , et se réunit avec la Railleuse du capitaine Pradel sous les ordres de René Duguay-Trouin qui commande la Bellone. Ayant quitté la rade de Brest le , ils se dirigent vers le nord mais la tempête disperse les navires, Porée se dirige vers le sud. Le , son navire rencontre aux environs des Blasquets, à l'extrémité de la péninsule de Dingle, un vaisseau hollandais de 40 canons. Les malouins réussissent à monter à bord quand Porée est atteint par un projectile qui emporte son bras gauche et reçoit une profonde blessure du côté gauche. Les Français rompent le combat et le vaisseau hollandais peut s'échapper. Porée est amputé du bras, et le chirurgien ne sachant pas comment l'opérer, Porée lui lit dans le livre de chirurgie la description de l'opération pendant que le chirurgien opère avec succès. Le Saint-Esprit est commandé par le second, Bézard, qui continue la course et rentre à Saint-Malo le .
Expéditions dans la Mer du Sud Les premiers navigateurs de la mer du Sud préférèrent passer par le détroit de Magellan, grâce au recours à des pilotes fortement rétribués. Jacques Gouin de Beauchêne, capitaine du Phelypeaux, navigue ainsi dans le détroit de Magellan en 1699, même s'il passe au retour d'ouest en est, par le cap Horn, dans un sens où la traversée est plus facile. Première expédition (1703-1705) Il reprend la mer vers le Sud le dans une expédition comprenant trois navires, le Saint-Joseph (capitaine Joseph Trublet de Nermont), le Baron-de-BreteuilIl s'appelait auparavant Comte-de-Plouer. (capitaine Jean-Baptiste Bécard des Aulnais) et le Saint-Esprit qui appartient à son frère et qu'il commande. Les armateurs qui sont nommés sont Charles Porée, sieur de La Touche, Jean Séré, sieur de la Villemartère et Jolif. Cependant ces armateurs ne sont que les représentants affichés d'une association de tous les commerçants de Saint-Malo comprenant Jean Magon de la Lande et Locquet de Granville. Le Baron-de-Breteuil arrive au cap des Vierges le . Après avoir essayé d'entrer dans le détroit de Magellan, il est résolu le de tenter le passage par le détroit de Le Maire. Après avoir doublé le cap Horn par l'est. Le Saint-Joseph est séparé des deux autres navires par une tempête au cap Horn. Il combat deux navires anglais placés sous le commandement de William Dampier aux île Juan Fernandez, le . Les deux autres navires arrivent aux îles Juan Fernandez le où ils tombent sur les corsaires commandés par William Dampier et les forcent à s'enfuir. Les trois navires restent huit jours sur l'île abandonnée par les Anglais, puis se rendent à Arica, à Ilo, à Pisco. Ils arrivent à Callao début juillet. Le Saint-Joseph rencontre les mêmes Anglais devant Callao le . Il reçoit une commission du vice-roi pour les poursuivre. Les navires font voile vers la France le . Après être passée par Cayenne, l'expédition est de retour le dans le Morbihan, où « ils ont été obligés de relâcher à cause de quatre corsaires flessingois qui manœuvraient comme pour vouloir les attaquer ». D'après l'état officiel, la cargaison des trois navires a été évaluée à Erik Wilhelm Dahlgren, Voyages français à destination de la mer du Sud avant Bougainville (1695-1749), dans Nouvelles archives des missions scientifiques et littéraires. Choix de rapports et instructions publié sous les auspices du Ministère de l'Instruction publique et des beaux-arts, Imprimerie nationale, 1907, tome 14, (lire en ligne).
Seconde expédition (1708-1710)