Jean II Stapleton, né en 1696 au Cap Français (Saint-Domingue), mort en 1776 à Nantes, est un négociant, planteur esclavagiste et armateur nantais, issu d'une famille des Irlandais de Nantes.

Biographie Origine et famille Créole de la colonie de Saint-Domingue, il est le fils du riche planteur esclavagiste Jean Stapleton et de Helène Skerrett.

En 1733, il épouse à NantesActe de mariage de Jean II Stapleton et Agnès O'Shiell (16 février 1733) : Saint-Nicolas, vue 6 (difficile à lire) et Table décennale, vue 187. Cf. AMN Registres paroissiaux. Agnès O'Shiell, fille de Luc O'Shiell, grand négociant et armateur négrier d'origine irlandaise jacobite qui travaille avec sa mère devenue veuve.. Lors de ce mariage, la dot d'Agnès s'élève à Cf. .

De ce mariage naîtront au château des Dervallières (paroisse Saint-Martin de Chantenay) plusieurs enfants, notamment : Luc-Edmond (1733Acte de naissance de Luc-Edmond Stapleton : Chantenay, 7 décembre 1733.), Hélène Agnès et Anne.

Luc-Edmond épousera en 1766 Marie-Anne de Lannion, dame d’Arradon, près de Vannes, où le couple établit sa demeure principale.

Hélène Agnès épousera en 1767 le comte Pierre-André Gohin de Montreuil, gouverneur de Saint-Domingue.

Anne épousera le Pierre François de Bardon de Segonzac (1749-1816), propriétaire du château de Segonzac, vicomte et capitaine des vaisseaux du roi devenu ensuite contre-amiral et commandeur de l'ordre de Saint-Louis en 1816 peu avant sa mortCf. .

Propriétés foncières Seigneurie des Dervallières En 1701, son père a acheté la seigneurie des Dervallières à Nantes, pour le prix de Les réfugiés jacobites dans la France du XVIIIe siècle, Patrick Clarke de Dromantin, p.144 et a agrandi le château.

La bibliothèque de Stapleton, aux Dervallières, se distingue par une plus forte proportion d’ouvrages de théologie que chez les autres négociants, et une part plus faible pour les sciences et les arts et surtout pour les belles-lettres. Elle contient plus d’écrits juridiques, ce qui est révélateur de son appartenance à la vieille noblesse.

Comté de Trèves En 1741, Jean II Stapleton achète lui-même le fief de la Grande Durandière (à St-Martin de Chatenay, Nantes), puis, en 1747, le domaine et château de Trèves dans l'actuelle commune de Chênehutte-Trèves-Cunault (Maine-et-Loire)Le 23 mars 1747, la terre de Trèves est vendue par le maréchal Adrien Maurice de Noailles pour à Jean II Stapleton, Adrien Maurice de Noailles ne l'ayant conservée que quelques jours, après l'avoir achetée au duc d'Estrées.. Dans l'achat figurent les châtellenies de Milly, Pocé, Villeneuve-Maillard, Sourches, Mardron, la Tour de Ménives. Le , Louis XV érige la baronnie en comté, en ajoutant à ces seigneuries les terres de Laillou (L'Aillou), Baucheron, Virollais, Saugré, la Mimerolle, les Noyers Aménard, Varennes-sous-Doué et Laleau. En 1762, le comté de Trèves est encore augmenté des terres du prieuré de Cunault.

En 1748, en relation avec cet achat, Jean II Stapleton emprunte livres tournois, au denier 20 (taux d'intérêt de 5 % ; cf. l'article rentes) à l'armateur nantais Guillaume Grou, son beau-frère : "Le fils Stapleton opère la création d'un comté, l'ensemble des terres acquises par deux générations en l'espace de soixante années s'étend sur une superficie de hectares" (analyse l'historienne Natacha BonnetCf. Analyse de Natacha Bonnet qui a étudié le parcours de cette grande famille de l'armement nantais). Les clauses du contrat notarié établissant le paiement à 400 milliers de sucres pesant, soit une année de la production de la plantation familiale.

Dès 1750, Jean II Stapleton fait reconstruire le château de Trèves, ne conservant que le donjon de l'ancien. Un immense escalier monumental donne accès au nouveau palais. L'escalier intérieur dessert diverses salles voûtées, nues et désertes. Des cuisines occupent le soubassement et plus bas figurent les prisons. Du château de Trèves, il ne reste véritablement que la tour jouxtant l'église. Sa litre seigneuriale orne l'église Notre-Dame de Cunault dont il est le seigneur.

Le total des patrimoines nantais et angevins s'élève à tournois. Les biens coloniaux de la famille totalisent 1,14 million de livres en 1789 contre en 1751.

Voir aussi Bibliographie Patrick Clarke de Dromantin, Les réfugiés jacobites dans la France du XVIIIe siècle, Presses universitaires de Bordeaux, 2005, 525 p. []

Liens externes

Notes et références

Catégorie:Naissance en 1696 Catégorie:Naissance à Saint-Domingue Catégorie:Naissance à Cap-Haïtien Catégorie:Décès en mai 1776 Catégorie:Personnalité de Saint-Domingue Catégorie:Propriétaire à Saint-Domingue Catégorie:Jacobite Catégorie:Armateur de Nantes Catégorie:Millionnaire au XVIIIe siècle Catégorie:Négociant du XVIIIe siècle Catégorie:Décès à Chantenay-sur-Loire