right|thumb|Château Vieux de Saint-Germain-en-Laye, siège de la cour de Jacques II et de ses successeurs. thumb|Armoiries de la maison Stuart en tant que rois d’Angleterre.
En 1688, le roi Jacques II qui régnait depuis 1685 perd son trône durant la Glorieuse Révolution anglaise. Son prénom en latin est Jacobus ; les royalistes britanniques et irlandais qui lui étaient restés fidèles ainsi qu'à ses successeurs sont connus comme « jacobites ».
Historique Jacques II traverse la Manche sur le navire d'un grand négociant irlandais devenu corsaire, Phillip Walsh, et il est accueilli en 1689 par son cousin le roi de France Louis XIV, qui l'installe avec ses courtisans et sa famille dans le château de Saint-Germain-en-Laye, qu'il a déserté depuis 1673 pour s'installer à Versailles The dukes of Ormonde- Page 193.
En 1700, le registre paroissial de Saint-Germain-en-Laye fait ainsi état de la présence de 1 729 noms de jacobites Jacobites in Paris and Saint-Germain en Laye. Leur cimetière est situé sous l'actuelle place du marché de la ville.
Cet exil français du roi Jacques II d'Angleterre est brièvement interrompu par le débarquement de Kinsale, qui le voit prendre pied en Irlande le à la tête de 30 navires et français, pour tenter sans succès de renverser la Glorieuse Révolution britannique. Le traité de Limerick de 1691 met fin à cette aventure.
La principale concentration de Jacobites sur le continent européen, s'était regroupée à Saint-Germain-en-Laye autour de Jacques II. Selon les calculs de l'historien Guy Chaussinand-NogaretUne élite insulaire au service de l'Europe : les jacobites au , page , constituent le chiffre moyen de la population jacobite de Saint-Germain, entre 1690 et 1702, cette période correspondant au maximum d'entrées sur les registres paroissiaux de la commune.
Il évalue au même niveau le nombre de réfugiés résidant à Paris, pour l'essentiel dans la paroisse Saint-Sulpice et dénombre quelque deux mille individus établis dans les ports — surtout bretons, la communauté des Irlandais de Nantes étant la plus nombreuse.
La cour de Saint-Germain est le centre de gravité de la Brigade irlandaise. Parmi les principaux serviteurs du roi Jacques II, Piers Butler vicomte de Galmoy (1652-1740), obtient le titre de comte de Newcaste. Il avait levé à ses frais un régiment de cavalerie, The Galmoy’s horse, au service de la cause jacobite, lors des batailles de La Boyne, d’Aughrim et du siège de Limerick. Pendant vingt ans, lors de la guerre de la Ligue d'Augsbourg il sert le roi de France à la tête d’un régiment d’infanterie à son nom, le régiment Butler. Il est promu maréchal de camp (1702), lieutenant général (1705), le plus haut grade de l’armée de terre. Il reçoit du roi de France une pension de non trouvé le 29 mai 2013, sur le site les-yvelinois.fr.
La cour jacobite fut l'occasion d'importer en France le système des loges maçonniques qui prévalait en Grande-BretagneLes premières loges françaises : une invention d'outre-Manche, sur le site historia.fr. Il est probable qu'une loge maçonnique ait fonctionné à Saint-Germain-en-Laye dès 1689 et qu'elle ait réuni les assez nombreux francs-maçons écossais qui y étaient présents.
En 1713, le chevalier de Saint-Georges est parti pour Bar-le-Duc avec la plupart des Jacobites protestants, la reine s'était à peu près retirée au Couvent de Chaillot, et la ville demeura pleine d'Irlandais catholiques dans la plus grande détresse. Selon le Mémorial de la Cour de saint-Germain,
Nombre de chômeurs, mendiant une solde ou une pension, humiliés, misérables, vivant dans des chambres meublées, dans les petits hôtels de Saint-Sulpice, tombent sous la dépendance du roi de France qui leur alloue quelque pension, ou vivent de la charité publique. À Saint-Germain et à Paris, 345 réfugiés misérables, tous des meilleures maisons d'Angleterre et d'Irlande, et beaucoup chargés de famille, vivent des petits secours que leur distribuent l'ex-reine d'Angleterre et le curé de Saint-Sulpice. D'autres acceptent de petites besognes d'espionnage qui entretiennent un courant de défiance et contribuent à dissoudre l'union autour du roi que la cour de Saint-Germain avait à peu près réussi à préserver. Les Jacobites se diluent dans la société ambiante et ne préservent leur originalité nationale que dans l'armée où les régiments les maintiennent en corps.
La déclaration royale du accorde la nationalité française aux officiers, gens de guerre et soldats ayant servi dix ans. Les alliances conclues très tôt, dans la noblesse la mieux nantie, avec des familles françaises ont également favorisé le glissement vers une naturalisation française, facilitée par le niveau de vie moyen élevé d'une partie des réfugiés.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Jacobitisme Rébellion jacobite
Bibliographie The Dukes of Ormonde, 1610-1745, de Toby Christopher Barnard et Jane Fenlon. La Noblesse au , de Guy Chaussinand-Nogaret, Emmanuel Le Roy Ladurie The Stuart court in exile and the Jacobites, d'Eveline Cruickshanks et Edward T. Corp Le Grand Exil - Les Jacobites en France, 1688-1715 de Nathalie Genet-Rouffiac La Cour des Stuart à Saint-Germain-en-Laye 1689-1718, G. du Bosc de Beaumont et M. Bernos, 1912, Paris, Émile-Paul éditeur.
Liens externes Les Jacobites à la cour française
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