Le régiment de la garde Finliandski ou régiment finlandais de la garde (en russe : Финляндский лейб-гвардии полк) fut créé le à Strelna.

C’est à la demande de la famille impériale et sous l’autorité personnelle du grand-duc Constantin Pavlovitch de Russie que fut créé un bataillon de la milice impériale. Cette unité militaire regroupait alors cinq compagnies d’infanterie et un peloton d’artilleurs. Les soldats du rang exerçaient la profession d’agriculteurs ou résidaient dans les villages appartenant à la famille impériale. Un grand nombre d’entre eux étaient d’origine finlandaise, natifs de Gatchina, d’Oranienbaum, de Krasnoïe Selo ou de Strelna. Le , le major-général Andreï Andreïevitch Trochtchinski reçoit le commandement de ce bataillonregiment.ru.

Historique Guerre napoléoniennes Les batailles d’Ulm et d’Austerlitz décimèrent les armées prussiennes et autrichiennes. Ces États alliés de la Russie demandèrent en cette fin 1806 l’aide d’Alexandre , mais l’Armée impériale de Russie, également affaiblie, était dans l’incapacité d’assurer non seulement la protection des monarchies alliées, mais également celle de ses propres frontières. Par l’oukaze du , l’empereur informa son peuple d’un prochain conflit avec la France. Il fit part également dans ce manifeste de la nécessité absolue de former une milice issue du peuple pour disait-il, renforcer l’Armée impériale. Elle reçut le nom de Police temporaire ou Zemsk. Répondant à l’appel du tsar, ce régiment fut créé, le , sous le commandement du grand-duc Constantin, en tant que bataillon de la milice impériale (en 1811 il devint le régiment finlandais de la garde) roman.by. Le bataillon de la milice impériale reçut son baptême du feu à la bataille de Guttstadt du et rencontra de nouveau les Français à Heilsberg, et à Friedland. Le bataillon fit encore preuve d’un grand courage, le de la même année, sous le commandement du colonel Trochtchinski, face aux chasseurs de la Grande Armée.

En raison de ses faits d’armes, le bataillon fut admis dans la garde impériale sous le nom de bataillon de la milice de la garde impériale, le . Le , Alexandre le renomma en Bataillon finlandais de la garde. Le bataillon emménagea peu après dans sa caserne située sur l’île Vassilievski à Saint-Pétersbourg. Le , il fut rebaptisé en régiment finlandais de la garde ou régiment de la garde Finliandski, sous commandement du général Maxime Konstantinovitch Kryjanovski (1777-1839). Ce dernier réorganisa le régiment, le divisa en trois bataillons composés chacun d’une compagnie de grenadiers, de trois compagnies de chasseurs et d’une demi-compagnie d’artilleurs www.museum.ru. Sous le commandement de ce général, le régiment de la garde Finliandski participa à la guerre patriotique de 1812.

Le , à Borodino, il reçut l’ordre de prendre position à Semionovskoï, à l’aile gauche de l’Armée impériale. Sous une pluie de mitrailles et de boulets, les fantassins se dirigèrent vers le ravin Semeniovski où il fut attaqué par la cavalerie française, puis les grenadiers et les chasseurs du régiment combattirent les Westphaliens, à la baïonnette. Dans l’action, le général Kryjanovski fut blessé à l’épaule. Le régiment s’illustra une nouvelle fois par sa bravoure du au , sous les ordres du général Bistrom, près du village de Krasnoï. Les chasseurs du régiment vainquirent les troupes françaises, et capturèrent un grand nombre de prisonniers, en s’emparant de neuf canons, de deux bannières et du bâton de maréchal de Davout www.rulex.ru. En cette année 1812, seul ce régiment possédait un grand nombre de soldats décorés de l’ordre de Saint-Georges www.vik-so.ru.

Le régiment de la garde Finliandski s’illustra au cours de la campagne d’Allemagne, il fut engagé dans les batailles de Lützen, Bautzen et Dresde. Entre le et le , les fantassins de ce régiment furent engagés dans une lutte acharnée pour la prise du petit village saxon de Goss situé près de la ville de Leipzig. Dans l’action, une partie du bataillon fut isolé des autres unités et acculé à un mur par les troupes françaises. Le grenadier Leonti Korennoï et d’autres fantassins portèrent secours aux officiers blessés, et couvrirent leur retraite ensemble. Au bout de quelques minutes, le grenadier se trouva seul face aux soldats français. Il engagea un combat inégal avec l’ennemi n’écoutant que son courage, armé de sa baïonnette et de son fusil. Au bout d’un court instant, le grenadier fut assailli par les soldats français, percé de dix-huit coups de baïonnette, et tomba. Admiratifs devant un tel courage, les Français lui apportèrent tous les soins nécessaires à sa guérison puis le libérèrent. Le régiment se vit décerner pour ses faits de guerre à la bataille de Leipzig de 1826 l’ordre de Saint-Georges.

Le , le grand-duc Constantin Pavlovitch fut nommé chef du régiment de la garde Finliandski.

Au cours du Le , le du régiment de la garde Finliandski forma avec d’autres unités polonaises le régiment de la garde Volynski.

Le régiment de la garde Finliandski fut la première unité militaire de la garde à prêter serment de fidélité au nouvel empereur Nicolas , le . Au cours de cette fameuse journée d’insurrection des Décabristes, ils assurèrent la protection du Palais d'Hiver et de la famille impériale.

En 1828, les et du régiment furent engagés dans le conflit qui opposa la Russie à l’Empire ottoman. Ces deux bataillons prirent part à la prise de la ville de Varna tenue par Omar Pacha. Lors de la révolte des Polonais en , les et furent mobilisés et s’illustrèrent à la prise de Varsovie. thumb|left|200px|Au cimetière ND de Smolensk, tombe des victimes de l’attentat perpétré au Palais d'Hiver le 17 février 1880

Après la mort du grand-duc Constantin Pavlovitch le , Nicolas nomma son fils, le grand-duc Constantin Nikolaïevitch, chef du régiment finlandais de la garde. Un quatrième bataillon de réserve fut créé en 1842. Lors des événements de Hongrie en 1848, le bataillon de réserve resta caserné à Saint-Pétersbourg, mais les trois bataillons actifs reçurent l’ordre de se diriger vers la Hongrie, sans toutefois prendre aucune part à la répression. Le bataillon de réserve fut dissous en 1850. En 1853, la Russie entra en conflit avec les puissances alliées (Empire ottoman, l’Empire français, le Royaume-Uni et le Sardaigne, et le bataillon de réserve fut alors reconstitué, en septembre de la même année. Le régiment finlandais de la garde regroupait donc six bataillons. En , les , et furent déployés à Vilna où ils demeurèrent pendant toute la durée du conflit en Crimée. Ils avaient pour mission d’assurer la protection de la Russie sur ses frontières du nord-ouest. Une compagnie de fusiliers fut incorporée dans chaque bataillon en , à cette même date, chacun des bataillons du régiment de la garde regroupait cinq compagnies.

Lors de l’insurrection polonaise de 1861-1864, deux bataillons du Régiment furent déployés dans le district militaire de Vilna. Ils prirent part à des opérations de répression contre les Polonais en révolte.

En 1873, une nouvelle réorganisation fut effectuée au sein du régiment de la garde Finliandski, quatre bataillons furent formés, regroupant chacun quatre compagnies.

Guerre russo-turque de 1877 En 1877, lors de la déclaration de guerre de la Russie à l’Empire ottoman, les quatre bataillons du Régiment furent mobilisés. Le général Lavrov (1838-1877), commandant du régiment, arriva à Iași, le . Dès son arrivée dans cette ville aujourd’hui roumaine, les difficultés commencèrent pour le commandant et son régiment. La voie ferrée étant impraticable, les fantassins franchirent à pied 965 kilomètres de Iași à Gorni Dubnik, dans l’urgence de rejoindre les postes, en 42 jours. Le voyage fut extrêmement pénible dans ce relief montagneux: ils subissaient les changements climatiques, au froid succédaient les vagues de chaleur et les fortes pluies. Afin d’encourager ses troupes et de montrer l’exemple, le général Lavrov s’était placé en tête de son régimentwww.peoples.ru.Les fantassins de l’unité attaquèrent la redoute tenue par les troupes d’Ahmed Hivzi le , sur les hauteurs entourant la ville de Plevna. Le général Lavrov fut chargé de mener ses troupes à l’assaut qui progressèrent en terrain découvert sous le feu de l’ennemi. Cet affrontement fut terrible. Après plusieurs attaques infructueuses, il mena un nouvel assaut, toujours à la tête de ses troupes, mais il fut mortellement blessé par deux balles ennemies. Le régiment déplora aussi un grand nombre de tués au cours de ces combats. Son manteau maculé de sang fut conservé et exposé dans le musée du régiment finlandais de la garde. Le , les troupes du régiment finlandais de la garde démontrèrent une nouvelle fois leur bravoure au combat, à la prise de Plovdiv (Phillipopolis). Il parvint avec deux autres régiments de l’Armée impériale à chasser les troupes ottomanes de cette ville. En récompense, ils portèrent désormais sur leur shakos l’inscription suivante : Pour Phillopopolis, .

Révolutionnaires et révolutions C’est le , que le groupe révolutionnaire Narodnaïa Volia plaça une charge d’explosif dans les sous-sol du Palais d’Hiver, au-dessous de la salle à manger. Alexandre II en retard par rapport au service échappa à l’attentat. Des soldats du régiment de la garde Finliandski étaient, ce jour-là, de garde au palais, et l’on dénombra parmi eux dix tués et vingt-quatre blessés. Les soldats tués furent inhumés au cimetière Notre-Dame de Smolensk de Saint-Pétersbourgwww.vik-so.ru.

Le grand-duc Constantin Nikolaïevitch mourut le , et Nicolas II nomma son fils Alexis chef du régiment, le .

Au cours de la révolution russe de 1905, les hommes du régiment finlandais de la garde barrèrent la route aux révolutionnaires, empêchant le déferlement des révoltés dans le centre de la capitale impériale, en outre, ils protégèrent la manufacture d’armes.

Le régiment prit aussi d’assaut la forteresse Constantin de Cronstadt (sur l’île de Kotline) en , dans laquelle des marins mutinés s’étaient retranchés.

Du au , le régiment célébra son centenaire et à cette occasion un monument fut érigé à la gloire du héros Leonti Korennoï et du régiment.

Première Guerre mondiale Les quatre bataillons furent mobilisés à la déclaration de la Première Guerre mondiale. Le , ils prirent part aux combats près du village de Tarnavka en Galicie, où ils capturèrent les premiers soldats allemands. Du au , ils s’illustrèrent lors des terribles engagements qui se déroulèrent dans la forêt Kozenitskikh. Le , au terme de cette effroyable lutte les bataillons victorieux poursuivirent les soldats de l’Armée impériale d’Allemagne.

Les quatre bataillons furent engagés ensuite pendant les premiers mois de 1915 dans les sanglants combats de la région de Łomża (située dans la voïvodie de Podlachie). Le , ils s’illustrèrent à la bataille de Krasnystaw (voïvodie de Lublin).

En 1916, afin de soulager les Français à Verdun, le régiment de la garde Finliandski fut engagé dans l’offensive Broussilov. Entre le et le , l’offensive russe fut stoppée par l’armée austro-allemande. Conjointement avec les troupes de l’Armée impériale russe, les quatre bataillons furent engagés pour briser les solides positions austro-allemandes sur la rivière Stokhod et prendre la ville ukrainienne de Kovel, mais ils échouèrent dans leur tentativeL’apparition du Front Sud-Ouest en mai et juin 1916 pages 290-291. Collection de Documents .Ils perdirent dans les marais de Pinsk un tiers des hommes et entre le et le au cours du second affrontement de Kovel, cette unité de la garde déplora la mort de tous ses officiers.

Du au , le régiment fut engagé dans l’offensive Kerensky regiment.ru.

Le régiment de la garde Finliandski fut dissous le .

En 1919, vingt-sept officiers de cette Unité de la garde restés fidèles à Nicolas II rejoignirent la Brigade d’infanterie du Don, et redonnèrent vie au régiment et à sa bannière.

Récompenses et honneurs militaires