Angélique Marguerite Le Boursier du Coudray connue sous le nom de Angélique du Coudray, née le , probablement à Paris, et morte le à Bordeaux, est une sage-femme française.
Elle est la première sage-femme française à enseigner l' en public.
Biographie Angélique Marguerite Le Boursier du Coudray est née le , probablement à Paris, de Pierre Le Boursier du Coudray et de Marguerite Baillivet.
Formation Après une formation auprès d'Anne Bersin à Paris, elle reçoit son diplôme de sage-femme le et devient sage-femme jurée le .
Carrière Après avoir été maîtresse sage-femme dans le quartier du Châtelet à Paris, elle se rend à Thiers en 1751 après que frère Côme l'a conseillée au seigneur de Thiers. Elle quitte rapidement Thiers et commence à donner des cours gratuitement aux femmes en charge d'accouchements en milieu rural en Auvergne et s'établit à Clermont. À partir d', lorsqu'elle présente sa Machine à Germain Pichault de La Martinière, elle utilise le nom « du Coudray ».
Pour rendre ses cours , elle invente sa Machine, un mannequin fait de bois, carton, tissus, coton, reproduisant en grandeur nature le bassin d'une femme en couches, ce qui permet différentes manipulations ; il est approuvé en 1756 par l'Académie de chirurgie. L'intendant d'Auvergne, qui la trouve , décide que les principales villes de sa province doivent disposer d'un mannequin.
lui accorde en un brevet l'autorisant à donner des cours dans tout le royaume et à dispenser des brevets d'exercice aux sages-femmes qu'elle forme. En 1768, le roi lui accorde un second brevet et une pension annuelle de . De 1759 à 1783, malgré des difficultés de santé liés à des crises de goutte et à une obésité, elle sillonne la France et instruit plus de notamment dans les villes comme Caen, Rennes, Rouen, Bordeaux, Angers ou Le Mans. Elle parcours toutes les provinces, fors l'Alsace et le Languedoc. Elle forme également des chirurgiensmedarus.. Elle fait ouvrir dans plusieurs grandes villes des maisons de maternité. La méthode de madame du Coudray, , lui valent . Elle est soutenue par de nombreuses personnalités de l'époque, telles que Jacques Necker, frère Côme, le marquis de La Fayette ou encore l'.
La jeune Marguerite Guillomance qu'elle élève et fait passer pour sa « nièce », l’accompagne dans ses voyages. Elles rencontrent le chirurgien Jean-Pierre Coutanceau à Bordeaux en 1770, et celui-ci épouse Marguerite Guillomance en 1773. À partir de 1783, Marguerite Coutanceau remplace sa tante dans les séances de démonstration.
L'épisode révolutionnaire bouleverse leur vie. En 1789, Madame du Coudray demeure chez Marguerite Guillomance à Bordeaux. Elle perd la pension que lui a octroyé . L'avènement de la Révolution fait craindre que l'instruction des sages-femmes ne soit plus une priorité. présente un mémoire à l'Assemblée nationale pour en rappeler l'importance. Elle cite le cas de La Fayette, dont la naissance quasi miraculeuse est due à du Coudray. Mais La Fayette tombe en disgrâce et Alphonse Leroy, un vieil ennemi, se manifeste. Il dénonce l'ignorance de toutes les sages-femmes et parle de la (femme non mariée) qui enseigne les accouchements avec une poupée. Félix Vicq d'Azyr lance une enquête et constate que les provinces sont largement favorables à Madame du Coudray. La proximité ancienne de Madame du Coudray et du pouvoir royal joue contre elle. Les titres sont abolis : n'importe qui peut se dire .
Marguerite Coutanceau, aidée de son mari chirurgien mais sans aucun soutien officiel depuis le dépôt de son mémoire, reprend la charge d'Angélique du Coudray. Elle devient, le , la première directrice d'une maison de maternité qui vient d'être fondée. La Terreur s'installe. Dans la peur générale, les deux femmes obtiennent un certificat de civisme. du Coudray meurt, dans le dénuement et la solitude, un jour où sa nièce et son mari sont absents.
Contributions La vignette|Spécimen de la « Machine de Madame du Coudray » en 2013 au musée Flaubert et d'histoire de la médecine. redresse=1.22|vignette|Fac-similé réalisé en 2004 de la « machine de Madame du Coudray » exposé au Musée de l'Homme, à Paris Angélique du Coudray invente un mannequin qu'elle appelle « La machine de Madame du Coudray ». Elle est conçue pour les démonstrations publiques et pour permettre aux étudiantes, durant leur formation de deux mois, de pratiquer. Ce mannequin représentait le bassin d'une femme, la matrice, son orifice, ses ligaments, le conduit appelé vagin, la vessie, et l'intestin rectum. J'y joignis un modèle d'enfant de grandeur naturelle, dont je rendis les jointures assez flexibles pour pouvoir les mettre dans des positions différentes[,] un arrière-faix, avec les membranes, et la démonstration des eaux qu'elles renferment, le cordon ombilical, composé de ses deux artères, et de la veine, laissant une moitié flétrie, et l'autre gonflée, pour imiter en quelque sorte le cordon d'un enfant mort, et celui d'un enfant vivant, auquel on sent les battements des vaisseaux qui le composent. J'ajoutai le modèle de la tête d'un enfant séparée du tronc, dont les os du crâne passaient les uns sur les autres.Approuvé par l'Académie de chirurgie le , le dispositif est démontable afin de faciliter son transport dans tout le pays.
Abrégé de l’art des accouchements (1759) En 1759, Madame du Coudray publie sous le nom de « Madame Le Boursier du Coudray, ancienne sage-femme de Paris » l’Abrégé de l’art des accouchements, qui est son manuel scolaire. Elle y expose les grossesses gemellaires, alors particulièrement risquées à cette époque.
La deuxième édition, parue en 1777, est remarquable par les illustrations de en taille douce en couleurs. Les peintures sont signées de P. Chapparre et les gravures en couleur de Jean Robert.
L'Abrégé d'Angélique du Coudray connaît cinq éditions et inspire d'autres manuels tels que celui de Jean-Louis Baudelocque. Plus simples que les traités de médecine auparavant usités, ils permettent de toucher un public plus large, notamment dans les campagnes où les futures sages-femmes sont parfois peu instruites.
Œuvres
Onderwys voor de leerlingen in de vroed-kunde ofte konst der kinder-bedden […], traduction néerlandaise de F. D. Vandaele, 1775
Hommages et odonymie Plusieurs voies publiques portent son nom en France : Une allée Angélique-du-Coudray à Pont-du-Château et à Rennes Une place Angélique-du-Coudray dans le Une rue Angélique-du-Coudray à Cormontreuil, à Cournon-d'Auvergne, à Melun, à Thorigné-Fouillard, à Tours, à Saint-Genis-Laval et à Vannes Une rue Madame-du-Coudray à Clermont-Ferrand, Un square Angélique-du-Coudray à Angers.
Les maternités de l'hôpital de Melun et de l'hôpital Delafontaine à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) portent son nom.
Une bande dessinée lui est dédiée : La Sage-femme du Roi d'Adeline Laffitte et Hervé Duphot, éditée par Delcourt, parue le .
Un polyptyque, Parto (2017-2019), évoquant et copiant la "machine à accoucher" sur l'un des panneaux, a été réalisé par le peintre Anthony Freestone.
En 2026, elle fait partie des 72 femmes scientifiques dont le nom figurera sur la tour Eiffel avec les 72 savants hommes qui y figurent depuis 1889.
Notes et références
Bibliographie [medarus] « Angélique-Marguerite Du Coudray Le Boursier », site medarus.org . [Delacoux 1834] Alexis Delacoux, Biographie des sages-femmes célèbres, anciennes, modernes et contemporaines, 1834 — Voir particulièrement l'article « Ducoudray (Angélique-Marguerite Leboursier) ».
[Gelbart 1998] Nina Rattner Gelbart, The king's midwife : a history and mystery of Madame du Coudray, Berkeley – Los Angeles – Oxford, University of California Press, 1998. Jacques Gélis, « Sages-femmes et accoucheurs : l'obstétrique populaire aux », dans Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, , , 1977, . Jacques Gélis, L’arbre et le fruit : la naissance dans l’Occident moderne, –, Fayard, 1984. Jacques Gélis, La sage-femme ou le médecin : une nouvelle conception de la vie, Fayard, 1988.
.
Jennifer S. Uglow et Maggy Hendry, The Northeastern dictionary of women's biography, . Jérôme van Wijland, Enluminer les accouchements, éclairer l’enseignement — Les planches de l’Abbrégé de l’Art des Accouchemens de Madame du Coudray. .
Liens externes
Demain Clermont, , novembre 2007, — Magazine de la ville de Clermont-Ferrand. Dans le catalogue Joconde, Rechercher (boîte de dialogue « accès au catalogue ») la chaîne « Du Coudray Angélique Marguerite ». Voir aussi le site du CHU de Rouen.
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