La Disparition d'Alice Creed () est un thriller britannique écrit et réalisé par J. Blakeson, sorti en 2009. Film indépendant se déroulant à huis clos et ne comprenant que trois personnages, il narre l'histoire de l'enlèvement d'une jeune femme (Gemma Arterton), fille d'un homme riche, par deux anciens taulards (Eddie Marsan et Martin Compston).
Blakeson voulait tourner un film à petit budget, mais eut du mal à trouver un financement, jusqu'à ce qu'une société de production accepte de l'aider et au soutien de l'île de Man. Le film fut tourné sur l'île en quatre semaines dans un plan de travail assez serré.
Le film a été présenté au Festival du film de Londres en 2009 ainsi qu'au Festival international du film de Toronto avant d'être présenté au Festival du film de Tribeca en 2010 et de connaître une sortie en salles le au Royaume-Uni et le en France. Il rencontre un succès auprès de la critique.
Le film a fait l'objet d'un remake allemand en 2019 : Kidnapping Stella.
Synopsis Vic et Danny, qui se sont connus en prison, préparent minutieusement un projet : le kidnapping d'une jeune femme, Alice Creed, fille unique d'un homme riche. Lorsqu'ils réussissent à l'enlever, ils la séquestrent dans une chambre insonorisée. Cagoulés, ils attachent ses poignets et ses chevilles à un lit par des menottes et des cordes. Puis ils la déshabillent et la bâillonnent avec une boule en caoutchouc. Ils la photographient nue. Ils exigent de Creed, le père d'Alice, une rançon de deux millions de livres, s'il veut la revoir.
Le plan semble se dérouler sans accroc. Profitant de l'absence de Vic, parti momentanément pour appeler Creed, Danny retourne dans la chambre et voit Alice faisant signe de vouloir aller aux toilettes. Il la démenotte. Elle en profite pour s'emparer de son arme, et, dans la lutte, lâche un coup de feu. Craignant pour sa vie, Danny se démasque : il est son ancien amant. Il explique avoir tout manigancé pour extorquer de l'argent à Creed, qui a coupé les vivres à sa fille. Après quoi, il doublera Vic, et entamera une nouvelle vie avec Alice et l'argent. Il n'a pas mis Alice dans la confidence pour éviter d'éveiller les soupçons de Vic. Alice est furieuse de n'avoir pas été prévenue. Elle accepte toutefois de jouer le jeu et d'être rattachée, de peur que Vic ne les tue.
Tandis que Vic nourrit la jeune femme, Danny aperçoit la douille de la balle qu'elle a tirée. Il s'en saisit de justesse et se trouve obligé de l'avaler afin de la faire disparaître. Vic s'absente de nouveau le lendemain pour vérifier que Creed a retiré l'argent. Alice est détachée par Danny, qui couche avec elle. Elle en profite pour le menotter, tente de fuir, mais se heurte à une porte verrouillée. Elle trouve un téléphone portable et le pistolet de Danny. Elle réussit à joindre la police sans pouvoir dire où elle se trouve. Elle menace Danny de son arme pour qu'il lui donne les clefs. Celui-ci fait mine de s'exécuter, et parvient à maîtriser la jeune femme en essayant de l'étouffer. Croyant d'abord l'avoir tuée, Danny est rassuré quand il remarque qu'elle respire encore. Il la rattache.
Vic est de retour. Il annonce que l'argent a été retiré. Il va voir seul Alice. Il trouve par hasard le portable dans la poche du survêtement de la captive et découvre l'impact de balle dans le mur. Il force Alice à révéler les véritables intentions de Danny. Vic est choqué par la déloyauté de son complice, mais, lorsque celui-ci les rejoint, il ne lui dit pas ce qu'il vient d'apprendre.
Les deux hommes transportent la captive dans un van. Ils la conduisent en pleine nature, dans un entrepôt désaffecté, où ils l'enferment. Contrairement au plan initial, Vic demande à Danny de le suivre afin de récupérer la rançon dans les bois. Là, il tire sur son amant. Touché, celui-ci parvient à fuir. Vic se débarrasse de toutes les preuves compromettantes, dont le van. Il va chercher le butin. Il revient à l'entrepôt afin de tuer Alice. Mais Danny, très mal en point, surgit et tire sur Vic, le blessant grièvement. Puis il décide d'abandonner Alice, attachée, en compagnie du mourant. Il fuit dans la voiture de Vic, avec le magot. Vic, mourant, lance un trousseau de clefs à la captive pour qu'elle se libère des menottes et d'un antivol qui l'entravent au poignet et au cou.
Ayant réussi à se détacher, Alice quitte le hangar. Elle marche sur la route, où elle aperçoit bientôt la voiture. Elle y trouve Danny, mort, et l'argent. Après quelques instants de réflexion et de larmes, elle enlève le corps et quitte les lieux avec la voiture et l'argent.
Fiche technique Note : Sauf mention contraire, la fiche technique est issue du site IMDb. Titre : La Disparition d'Alice Creed Titre original : The Disappearance of Alice Creed Réalisation et scénario : J Blakeson Musique : Marc Canham Photographie : Phillipp Blaubach Direction artistique : Sally Black Décors : Ricky Eyres Costumes : Julian Day Maquillage : Sarita Allison Distribution des rôles : Lucy Bevan Montage : Marc Eckersley Pays d'origine : Langue de tournage : anglais Directeur de production : Nicky Earnshaw Production : Adrian Sturges Co-production : Andrew Fingret Production exécutive : Steve Christian et Marc Samuelson Supervision de la post-production : Miranda Jones Sociétés de production : CinemaNX et Isle of Man Film Sociétés de distribution : WestEnd Films, Anchor Bay Films, Haut et Court Budget : Mark Olsen, « Indie Focus: ‘The Disappearance of Alice Creed’ and ‘Henri-Georges Clouzot’s Inferno’ »", sur latimes.com, (consulté le 28 décembre 2025). Format : couleur — 35 mm — 2,35:1 Arriflex, Cooke et Zeiss Master — son Dolby Digital Genre : thriller Durée : 100 minutes Dates de sortie, consulté le 10 janvier 2014 : Canada : (Festival de Toronto) Royaume-Uni : (Festival de Londres) ; (sortie nationale) France : (Festival de Beaune) ; (sortie nationale) Classifications : Classification BBFC : 18Au Royaume-Uni, le film est interdit aux moins de 18 ans lors de sa sortie en salles. Classification MPAA : R (Restricted) (visa d'exploitation ) Le R signifie que les mineurs (17 ans ou moins) doivent être accompagnés pour pouvoir assister à la projection du film. Classification CNC : interdit aux moins de 12 ans, Art et Essai (visa d'exploitation délivré le )
Distribution Gemma Arterton (V.F. : Marion Nguyem Phe) : Alice Creed Eddie Marsan (V.F. : Philippe Allard) : Vic Martin Compston (V.F. : Sébastien Hébrant) : Danny
Source et légende : Version Française (V.F.) sur Cinéclap
Production Développement L'idée de La Disparition d'Alice Creed est venue du réalisateur et scénariste J Blakeson, co-scénariste de The Descent 2, qui avait envie de réaliser un film avec un petit budget, à savoir , impliquant à une économie de personnages et de lieuxLa Disparition d'Alice Creed, dossier de presse du distributeur Haut et Court. Blakeson voulait s'amuser à explorer un concept simple, en le poussant dans ses retranchements, à la manière de Panic Room, de David Fincher. Selon le jeune réalisateur débutant, son projet ne respecte les codes du film de kidnapping traditionnel. Au début, Blakeson eut du mal à trouver du financement, car si le scénario plaisait, certains producteurs, qui étaient prêts à le financer, trouve que c'est un problème qu'il soit encore débutant. De plus, aucun ne voulaient lui confier la réalisation. Il réussit, toutefois, à trouver une aide financière et le soutien de l'île de Man, un archipel anglais indépendant, grâce à la société CinémaNX. Casting Le casting de La Disparition d'Alice Creed contient la particularité de n'avoir que trois acteurs, à savoir Gemma Arterton dans le rôle de la jeune femme kidnappée et Eddie Marsan et Martin Compston incarnant les deux ravisseurs de cette dernière.
Gemma Arterton, presque inconnue au moment du tournage, est choisie pour le rôle-titre, car elle fut immédiatement attirée par le personnage et que, selon elle, c'était un défi qu'elle a eu envie de réaliser. Pour la jeune actrice britannique, elle aborda car et que .
Les deux kidnappeurs, Danny et Vic, sont respectivement incarnés par Martin Compston, ancien footballeur professionnel révélé par son rôle dans Sweet Sixteen, de Ken Loach et Eddie Marsan, connu pour son rôle de l'inspecteur Lestrade dans Sherlock Holmes, de Guy Ritchie, mais également pour sa participation dans Vera Drake, 21 Grammes et Be Happy, qui lui ont valu des prix d'interprétations. Pour Marsan, son personnage et , tandis que pour Compston, le personnage qu'il interprète est un et qu' car .
Tournage
La Disparition d'Alice Creed s'est tourné sur l'Île de Man, pour des raisons financières, en quatre semaines.. Le plan de travail est très serré, ne laissant peu de place à l'improvisation, toutefois Blakeson apporta quelques corrections à une ligne de dialogue qui ne pourrait pas correspondre à l'interprétation du personnage par l’acteur. Le tournage était assez difficile, puisque les scènes de l'appartement furent tournés dans l'ordre chronologique, devant respecter un délai de trois mois pour corriger, monter l'équipe et répéter. L'équipe discuta sur la façon de filmer Arterton pour qu’elle ne se sente pas utilisée comme un objet. De plus, Blakeson avait pour objectif de respecter les délais, de savoir gérer la vitesse et l’intensité d'exécution et selon lui, .
Pour Arterton, le tournage n'était pas de tout repos, puisque le plus dur pour elle a été de se voir réduite à l’état d’objet, attachée et vulnérable, car pendant toute la première partie du film, soit on ne voit pas son visage, soit elle est terrifiée et qu'il fallait donc qu’elle gère parfaitement sa concentration pour se mettre dans cet état psychologique. Selon Blakeson, car . Arterton ne disposait que de courtes pauses entre chaque plan, ayant selon les propos du réalisateur, , alors que l'équipe a tout fait pour rendre cela le moins désagréable possible en lui apportant le plus de confort qu'ils pouvaient lui proposer.
Pour la photographie, Blakeson l'a confié à Philipp Blaubach, qui a travaillé sur Ultime évasion et un thriller horrifique à petit budget, Hush. Le réalisateur voulait une image très stylisée, partageant ses références et sa vision du film à Blaubach, parlant également des choix de caméra, d’objectifs et en optant pour une caméra numérique RED, afin d'offrir une belle image dans , rappelant les films des années 1970.
Pour le montage, confié à Mark Eckersley, tout a été story-boardé, mais il fut parfois nécessaire de trouver le bon rythme dans la salle de montage afin de faire avancer l’histoire sans pour autant se précipiter, comme pour la scène de la soupe, par exemple, qui a été très difficile à monter car il a fallu trouver, en autres, la bonne durée et insuffler le rythme idéal, faisant une vingtaine de versions avant d’être satisfaits.
Box-office Sorti le au Royaume-Uni dans 67 salles, La Disparition d'Alice Creed prend la douzième place du box-office avec , pour une moyenne de par salles pour son premier week-end d'exploitation. En second week-end, le long-métrage engrange , pour une moyenne de par salles, avec une perte de 64 % de ses bénéfices et de cinq salles. Le total des revenues brutes atteignent . Le film a engrangé un total brut de de recettes lors de son troisième week-end à l'affiche, ayant engrangé au cours de cette période, pour 440 £ dans les 51 salles à le diffuser, soit une perte de 56%. Le film finit à la du box-office britannique avec , après être resté sept semaines à l'affiche.
Le film totalise de recettes mondiales, dont en sortie limitée aux États-Unis. En France, distribué dans 59 salles, le film totalise .
Réception critique La Disparition d'Alice Creed a rencontré un accueil globalement favorable dès sa sortie en salles, obtenant 82 % d'avis positifs sur le site Rotten Tomatoes, basé sur 92 commentaires collectés et une note moyenne de , ainsi qu'un score de sur le site Metacritic, basé sur 19 commentaires collectés.