Paul Demiéville né à Lausanne le et mort à Paris le est un sinologue français d'origine suisse ayant marqué les développements des études sinologiques en France au .
Il a été professeur au Collège de France.
Il est le fils de Paul Demiéville (, Châtillens - Lausanne), professeur à la polyclinique médicale et chirurgicale de la faculté de médecine de Lausanne (1892-1927) et membre du conseil de santé et des hospices.
Biographie Musicologue de formation, il commence l’étude du chinois à Londres en 1915 avant de poursuivre ces études à l’École des langues orientales vivantes.
Il devient l'élève d’Édouard Chavannes (1865-1918) au Collège de France, et étudie aussi le sanskrit avec Sylvain Lévi (1863-1935) ainsi que le japonais. Diplômé de l’École des Langues orientales en 1918, il est nommé membre de l’École française d'Extrême-Orient en 1920 et séjourne à Hanoï (1920-1924). De 1924 à 1926, il enseigne à l'Université d'Amoy, dans le sud-est de la Chine, le sanscrit et la philosophie. De 1926 à 1930, il est pensionnaire, puis directeur de la Maison franco-japonaise de Tōkyō. Il y assure également la rédaction en chef du Hōbōgirin. Dictionnaire encyclopédique du bouddhisme.
Lorsqu'il rentre en France en 1930, il prend la nationalité française (naturalisé par décret le ) et il est nommé professeur de chinois à l'École des langues orientales en 1931. En 1945, il devient directeur d'études à l'École pratique des hautes études, où il donne un enseignement de philosophie bouddhique jusqu'en 1956. En 1946, il est nommé professeur au Collège de France à la chaire de langue et littérature chinoise, en remplacement de Henri Maspero, poste qu'il occupe jusqu'à sa retraite en 1964. En 1951, il entre à l'Académie des inscriptions et belles-lettres.
Il a été, de 1945 à 1975, le directeur de la revue T'oung Pao. La disparition durant la Seconde Guerre mondiale des trois grands sinologues Paul Pelliot (1878-1945), Henri Maspéro (1883-1945) et Marcel Granet (1884-1940) le laisse seul maître des études sinologiques en France durant la période de l'après-guerre. Son rayonnement s'étend non seulement sur la Chine et le Japon, où il avait conservé des liens avec des savants chinois et japonais rencontrés au cours de ses séjours dans ces pays, mais également, à divers titres, en Belgique, en Italie, aux États-Unis. Son œuvre, qui comprend environ 180 livres et articles sans compter les comptes rendus et les notices bibliographiques, a été réunie pour une bonne part dans les Choix d'études sinologiques et les Choix d'études bouddhiques.
Publications (sélection) « Les versions chinoises du Milindapañha », Bulletin de l’École française d’Extrême-Orient, t. 24, 1924, 258 p. « Un traité d’architecture chinoise : Le Ying-tsao-fa-che de Li Ming-tchong des Song » (compte-rendu) Bulletin de l’École française d’Extrême-Orient, t. 25, 1925, p. 213-264 « L'état actuel des études bouddhiques », Revue de théologie et de philosophie, vol. 15, n° 62, 1927, p. 43-65 « Notes d’archéologie chinoise : I. L’inscription de Yunkang ; II. Le Buddha de K’o-chan ; III. Les tombeaux des Song méridionaux », Bulletin de l’École française d’Extrême-Orient, t. 25, 1925, p. 449-467 « Sur l’authenticité de Ta-tch’eng-k’i-sin-louen », Bulletin de la Maison franco-japonaise, vol. 2, n° 2, 1932, p. 1-78. « L’origine des sectes bouddhiques d’après Paramârtha », Mélanges chinois et bouddhiques, I, 1935. En collaboration avec G. Ecke, The Twin Pagodas of Zayton. A Study of later Buddhist Sculpture in China, Harvard, Harvard University Press, 1935, 99 p. + 72 p. de planches Le Concile de Lhasa. Une controverse sur le quiétisme entre bouddhistes de l'Inde et de la Chine au siècle de l'ère chrétienne, Paris, PUF, 1952, 399 p. + xxxiii p. de planches. . Rééd. Institut des hautes études chinoises, 1987, 2006.
Matériaux pour l’enseignement élémentaire du chinois : écriture, transcription, langue parlée nationale. Paris, Maisonneuve, 1953,175 p. (Plusieurs rééd.) Anthologie de la poésie chinoise classique (sous la direction de Paul Demiéville), Paris, Gallimard, 1962, coll. Paris, 1962. Collection « Connaissance de l'Orient » (Ouvrage Publié sous les auspices de l'UNESCO dans le cadre de la Collection UNESCO d'œuvres représentatives). Rééd. Gallimard, coll. « Poésie », 1982, 624 p. « Le bouddhisme chinois », dans Henri-Charles Puech (Dir.), Histoire des religions, vol. I, Paris, Gallimard, coll. « La Pléiade », p. 1249-1319. Réed, « Folio », 1999. Entretiens de Lin-tsi, (traduction du chinois et commentaires), Paris, Fayard, 1972, 254 p. Choix d'études sinologiques, Leyde, E. J. Brill, 1973 . Les débuts de la littérature en chinois vulgaire. Paris. Académie des Inscriptions et des Belles Lettre 1952, Langue et littérature chinoise, Enigmes taoïstes, langue et littérature chinoise. Kyoto 1954, La situation religieuse en Chine au temps de Marco Polo.
Choix d'études bouddhiques, Leyde, E. J. Brill, 1973 .
Notes et références
Voir aussi
« Titres et travaux de Paul Demiéville 1948 », cote BNF 8-LN27-72002.
Bibliographie
Comptes-rendus de ses œuvres
Liens externes Fiche biographique sur le site de l'EFEO Paul Demieville dans Les grands sinologues Notice nécrologique sur le site JSTOR Article de Paul Demiéville « Henri Maspero et l'avenir des études chinoises » sur le site classiques des sciences sociales
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