Jules César (en latin : à sa naissance, après sa mort), aussi simplement appelé César, est un conquérant, homme d'État et écrivain romain, né le 12 ou le à Rome et mort assassiné le (aux ides de mars) dans la même ville.

Son parcours unique, au cœur du dernier siècle de la République romaine , marque le monde romain. Ambitieux, il s'appuie sur le courant réformateur et démagogue () pour favoriser son ascension politique. Stratège et tacticien, il repousse, à l'aide de ses armées, les frontières de la République romaine jusqu'au Rhin et à l'océan Atlantique lors de la guerre des Gaules. Il utilise ensuite ses légions pour s’emparer du pouvoir au cours de la guerre civile l’opposant à Pompée, son ancien allié, puis aux républicains.

Acclamé comme un imperator favorisé des dieux, seul maître à Rome après une suite de victoires foudroyantes sur ses adversaires, il entreprend de réformer l’État et satisfait les revendications de la mouvance des . Pour ce faire, il concentre progressivement de nombreux pouvoirs exceptionnels, adossés à une politique de culte de la personnalité inédite reposant sur ses ascendances divines et sa fortune personnelle.

Adoré du peuple, pour qui il fait montre de largesses frumentaires, économiques et foncières, il se fait nommer dictateur, d'abord pour dix ans avec des pouvoirs constitutionnels, puis à vie. Soupçonné de vouloir instaurer par ces mesures une nouvelle monarchie à Rome, il est assassiné peu après par une conspiration de sénateurs dirigée par Brutus et Cassius. Jules César est néanmoins divinisé.

Son héritage est rapidement l'objet d'une nouvelle guerre civile entre ses partisans et successeurs, Marc Antoine et son fils adoptif par testament, Octave. Triomphant de ses adversaires, Octave achève par sa victoire et par l'élimination des derniers républicains la réforme de la République romaine, qui laisse place au principat. Le nom César devient synonyme de pouvoir. Sa personnalité et son parcours sont l'objet de nombreux récits plus ou moins enjolivés dans les cultures du monde entier ; de même, sont désignées par le terme de « césarisme » les attitudes politiques visant à faire reposer un pouvoir personnel fort sur l'approbation populaire et sur le plébiscite.

Sources L'époque de Jules César est connue grâce à de nombreuses sources historiques, qu'elles soient primaires (littéraires, numismatiques, épigraphiques, archéologiques) ou secondaires, parmi lesquelles on reconstitue les écrits ayant servi à leur composition, dans la discipline historique de la .

Le problème est que César a souvent été vu comme un personnage paradoxal en raison de ses actes et de sa personnalité, de sorte que les contemporains adoptèrent un jugement divisé, ambigu, propice aux réhabilitations et aux fréquents changements de points de vue. Quoique cette période de l'Antiquité soit l'une des plus fournies en sources, le portrait est faussé en fonction de l'idéologie et de la vision que l'on a de lui.

Sources primaires Les sources primaires permettant de connaître la vie de César, ses actions et ses idées sont naturellement en premier lieu les écrits de César lui-même et les trois récits de guerre insérés dans le corpus césarien. À ce premier noyau de source, il faut ajouter d'autres contemporains : l'historien Salluste, bien que ses deux Lettres à César en 50 et 46 av. J.-C. soient probablement apocryphes.. ; les informations issues du prolifique Cicéron sont fondamentales : contemporain du dictateur, tantôt adversaire, tantôt allié de circonstance, il fait de nombreuses mentions de ses relations avec César dans sa correspondance. Le fameux orateur romain est une source historique de premier intérêt grâce à ses traités et à sa correspondance, bien que les recueils ne respectent pas la chronologie précise.. Varron, homme politique et grammairien de la fin de la République romaine, est également une source mais fait vraisemblablement peu profession de ses idées personnelles et ne rallie le camp de César qu'après sa victoire à Pharsale, une fois Pompée éliminé.

La Libertas que confisque César au profit de son idéal réformateur et de son ambition d'éteindre la guerre civile eut un effet relativement négatif sur bon nombre de commentateurs contemporains, issus de l'aristocratie romaine. Asinius Pollion, dont la chronique est perdue, aurait ainsi changé de camp, se ralliant à Octave. Les mêmes problèmes d'interprétation se posent pour un historien inconnu et dont l'œuvre est perdue, probablement Lucius Aelius Tubero (qui aurait apprécié la stratégie militaire de César mais critiqué sa politique) ; il est utilisé par Dion Cassius. Tite-Live, surnommé « le pompéien » par Auguste, n'est pas conservé pour l'époque césarienne, seules subsistent des periochae très sommaires, son attitude à l'égard de César nous sont inaccessibles, bien qu'il soit probable qu'en tant que proche d'Auguste, il ait été relativement clément à l'égard du dictateur assassiné, malgré son ambivalence entre monarchisme contraint ou républicain convaincu, selon Ronald Syme. La periocha rapporte néanmoins plusieurs motifs qui valent à César la haine de ses concitoyens.

Sources secondaires d'époque impériale Les sources secondaires sont confrontées à plusieurs problèmes car certaines des œuvres faisant état de la vie de Jules César oscillent entre une quête de moralisme et un vrai souci d'analyse historique. Ces sources, surtout contemporaines des débuts de l'Empire, portent en elles la distance avec la défense du régime républicain, désormais aboli et lointain. Peu de sources secondaires furent donc hostiles à César, mais il peut y subsister des influences venant des sources primaires utilisées par les historiens ultérieurs. Tite-Live a été beaucoup lu, notamment par Lucain. Asinius Pollion, contemporain de César a laissé une œuvre, aujourd'hui perdue, qui contenait de nombreuses informations sur les événements. Cet ouvrage a servi de source pour bon nombre d'écrivains postérieurs comme Florus et Suétone.

Les propos de Florus, Suétone, Flavius Josèphe, Plutarque, Appien et Dion Cassius sont généralement plutôt favorables à César., bien qu'emprunts d'une forme d'exagération voire de complaisance.

Numismatique, épigraphie et archéologie Parmi les autres sources contemporaines, la numismatique est surtout utilisée pour la dernière partie de sa carrière, pour ce que les émissions monétaires disent de sa communication politique et religieuse. L'épigraphie est beaucoup moins développée qu'à l'époque impériale et est souvent mal attribuée, telle les tables d'Héraclée, probablement plus anciennes que l'époque de Jules César.. L'archéologie demeure une source fondamentale pour comprendre notamment les entreprises militaires de César : au cours de ses longues campagnes en Gaule et par la suite, César entreprend de nombreux sièges, campements de marche, établit de nombreuses colonies à travers le monde romain, tant et si bien que de nombreux lieux portent encore la trace de ce passage dans leur toponymie. Les camps romains dits sont nombreux en France bien que plusieurs d'entre eux soient inauthentiques. Parmi les sites archéologiques célèbres sur lesquels la présence de Jules César est attestée, on peut mentionner bien sûr le site de la bataille d'Alésia, ou encore Bibracte et Gergovie. L'archéologie à Rome et en Gaule permet également de mieux cerner César et les constructions qui lui sont attribuées, notamment le Forum de César et les Saepta Julia.

Biographie Jeunesse et formation Origines familiales L'appellation Caius Julius Caesar « IV » est une convention des historiens modernes ; elle est liée à l'habitude, dans les familles patriciennes romaines (les gentes), de donner les mêmes prénom (praenomen), nom de gens (nomen) et surnom ou nom de famille (cognomen) aux descendants en ligne directe d'un même pater famillias, lesquels se trouvent donc avoir tous le même nom romain complet sur plusieurs générations d'héritiers, ce qui peut être source de confusion.

Dans le cas de la suite des différents « Caius Julius Caesar », l'identité des numéros III (le père de Jules César), et II (son grand-père), ne fait pas de doute, ils sont notamment mentionnés par Suétone et Pline l'Ancien et cités dans les Fastes d'Antium. Pour Wilhelm Drumann le numéro I est son arrière-grand-père, qu'il identifie à un historien mentionné par Tite-Live., mais les indices sont ténus.. On connaît un autre Caius Julius Caesar dans l'ascendance de Jules César : Caius Julius Caesar Strabo Vopiscus, peut-être son arrière-arrière-grand-oncle. Jules César est le fils de Caius Julius Caesar III et d’Aurelia Cotta, femme exemplaire et de grande vertu, selon Tacite et Plutarque, également d’origine patricienne puisque issue de la gens Aurelia (trois de ses frères furent consuls). L'essentiel de la recherche contemporaine s'accorde au sur la naissance généralement rapportée par les sources antiques, qui la posent à la date du Les hypothèses se fondant non sur les témoignages mais basées sur les leges annales des cursus honorum, tant de Mommsen, qui proposait l'année 102, ou de Carcopino, avec l'année 101 ne sont plus suivies dans la mesure où les divergences relevées par ces auteurs ont trouvé explications. La date du 12 juillet, précisément contextualisée par Macrobe dans ses Saturnales, est largement suivie par les auteurs anciens, à l'exception de Dion Cassius qui la fixe le 13, sans pour autant citer de source ; cf. et . .

Jules César est issu d'une gens patricienne, les Jules ou Iules (Iulii), qui fait remonter ses origines aux temps les plus anciens de l'histoire de Rome.. Les Iulii revendiquent des origines mythiques qui la font descendre de Vénus et de son fils Énée, dans une histoire dont la trame semblent déjà établie vers 200 On trouve des évocations du mythe sur des monnayages de Sextus Iulius Caesar en 129 av. J.-C. et de Lucius Iulius Caesar en 103 ; cf. . : le fils d’Énée et de Créuse, Ascagne — qui a gagné le nom de Iulus au combat — fonde et règne sur Albe la Longue, où se sont établies les familles rescapées de la Guerre de Troie ; lorsque Albe est détruite par le roi romain Tullus Hostilius, ce dernier transfère les familles « troyennes » à Rome où elles sont intégrées au cercle restreint des familles patriciennes. César évoque à plusieurs reprises ce lignage divin, notamment à l'occasion des funérailles de sa tante Julia Caesaris, veuve de Marius, et consacre un temple à Venus Genitrix sur le forum Julii.

Initialement praenomen, Caesar devient le cognomen familial à une date inconnue, et son origine donne lieu à diverses interprétations antiques, qui n'ont toutefois pas de fondement solide.. Entre autres explications, une origine populaire du nom est évoquée par le grammairien Sextus Pompeius Festus pour lequel il dériverait de caesaries (« cheveux »). mais Ovide évoque également le terme caeso, dérivé du verbe caedere (« couper »)Deux explications supplémentaires ont eu court ; l'une se référant au mot punique casai désignant l' « éléphant », l'autre à des « yeux brillants » (occulus caesis) ; voir pour l'ensemble des explications ..