Passe-Partout est une émission de télévision québécoise pour enfants en de conçue pour l'éducation préscolaire, financée par le ministère de l'Éducation du Québec et diffusée entre le et le sur Radio-Québec et rediffusée le lendemain à la Télévision de Radio-Canada.

Entre le et le , une nouvelle version de la série est diffusée sur les ondes de Télé-Québec, produite par Attraction Images. Lors de la diffusion du premier épisode de la cinquième génération diffusé le , étaient à l'écoute.

Historique Dès son lancement aux États-Unis en 1969, la série Sesame Street, mettant en vedette les marionnettes créées par Jim Henson, connaît beaucoup de succès auprès des jeunes d'âge préscolaire et des éducateurs professionnels. thumb|upright=1.2|right|Laurent Lachance en 2010, le « père de Passe-Partout ». En 1970, le gouvernement du Québec, motivé par la philosophie du programme Head Start aux États-Unis, lance l'Opération renouveauExtrait d'une étude sur l'Opération renouveau au Québec et Head Start aux États-Unis dans les années 1960-1970. « Dans la foulée de l’Economic Opportunity Act (PL88-452) (U.S. Congress, 1964) et des projets «Head Start» (Bissel, 1971) pour la petite enfance initiés aux États-Unis, la plus importante commission scolaire montréalaise, la Commission des écoles catholiques de Montréal (CÉCM), a expérimenté, à la fin des années soixante, le Projet d’action scolaire et sociale (CÉCM, 1967) qui a servi d’assise pour la conception d’un plan d’action devant permettre à l’école de lutter contre la pauvreté et d’assurer l’égalité des chances en éducation: l’Opération Renouveau, OR (CÉCM, 1994). Dès son premier plan quinquennal, en 1970, l’OR s’inspirera largement des expériences américaines en instaurant des services en milieu scolaire pour les élèves de cinq ans. » avec pour objectif de donner aux enfants issus de milieux défavorisés l'accès à des maternelles à mi-temps. L'instauration de tels établissements à l'échelle du Québec s'avérant une solution très coûteuse, on opte pour une démarche moins onéreuse et inspirée de Sesame Street, soit la production d'une série télévisée.

À l'automne 1971, le ministère de l'Éducation demande à son Service général des moyens d'enseignement (SGME)Ce service a pour mission de produire le matériel didactique du ministère, d'élaborer des méthodes d’enseignement par correspondance et de réaliser des émissions de télévision éducative. de concevoir et de produire une série télévisée originale et Québécoise destinée à l'éducation des enfants d'âge préscolaire. C'était le mandat initial et le commencement d'une très longue et tumultueuse période de gestation, presque sept ans en fait, avant que ne débute le tournage des épisodes..

Le « père de Passe-Partout »

Le projet chemine au sein du ministère et, en 1972, son exécution est finalement confiée à Laurent Lachance, alors chargé de projets pédagogiques au SGME et considéré aujourd'hui comme « le père de Passe-Partout »..

Le SGME entreprend des échanges sur le concept avec Radio-Québec, société d'État créée en 1968 et mandatée pour concevoir et produire des émissions de télévision éducative et culturelle. Laurent Lachance et ses collaboratrices, Louise Poliquin et Carmen Bourassa, développent le concept sans relâche mais « les tensions sont constantes entre le SGME et Radio-Québec ». Après trois années de discussions, c'est l'impasse et en 1975, Laurent Lachance recommande au patron du SGME d'«aller voir ailleurs». Le patron lui répond: «D'accord, Laurent. Tu as fait la preuve que Radio-Québec est incapable de produire cette série. On va aller voir ailleurs. On va aller au privé.» Après un appel d'offres, le SGME et le ministère de l'Éducation choisissent la proposition faite par JPL Production, une filiale de Télé-Métropole et, le , confient à cette société la production d'une série de télévision de 125 épisodes pour enfants « s'adressant à la population globale, avec une attention particulière au milieu défavorisé ».

Depuis ses origines le projet avait été baptisé Saperlipopette, et ce même au printemps de 1977, quand le ministre de l'Éducation, Jacques-Yvan Morin, donne le feu vert. Mais à la veille du tournage des épisodes par JPL Production, en , un sous-ministre exige un changement de nom. Saperlipopette est un juron, anodin peut-être, mais un juron quand même et on ne peut donner ce nom à une émission pour enfants. Laurent Lachance doit trouver un autre nom sur-le-champ. Ce sera Passe-Partout .

Passe-Partout est non seulement le nom du personnage fort de la série, mais il a une autre qualité. Laurent Lachance estime, en effet, que ce nom est symboliquement très proche de celui de Sesame Street. «Ces deux titres sous-tendent des valeurs analogues: la clé du savoir, de l'ouverture au monde»Note de service de Laurent Lachance, citée par Steve Proulx, L'Opération Passe-Partout, Trécarré, Montréal, 2007, page 60.

La première diffusion de la série Passe-Partout a lieu deux ans plus tard, le . L'émission est diffusée à Radio-Canada, à Radio-Québec et TV Ontario.

Succès et pétition à l'Assemblée nationale

La première édition de la série de Passe-Partout, celle de 1977 à 1979, est un grand succès à travers le Québec. Ainsi, en 1980, le premier album des chansons originales tirées de la série se vend à et obtient le Félix du disque le plus vendu toutes catégories confondues. « Lorsque le public se rend compte qu'il n'y aura pas d'autres épisodes que les 125 premiers, les protestations fusent et une pétition de est déposée à l'Assemblée nationale pour exiger une suite! ». En bout de piste, en 1991, on aura réalisé 289 épisodes d'une durée de 30 minutes chacun. Un net dépassement du mandat initial.

La série Passe-Partout est diffusée et rediffusée à la télévision de Radio-Canada, de Télé-Québec et de TV Ontario jusqu'en 1998. Pendant plusieurs années, les principaux personnages de la série-culte font des tournées théâtrales au Québec et au Canada francophone. Les enfants du Québec qui ont grandi avec cette série font partie de ce qu'on appelle la « génération Passe-Partout ». En 2006, on annonce le lancement d'un premier coffret DVD de la série.

La ministre de la Culture souligne le de création

En 2007, la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine St-Pierre, et le député de Borduas, Pierre Curzi, font adopter par l'Assemblée nationale du Québec une motion pour rendre hommage à Passe-Partout, à ses interprètes et à Laurent Lachance, à l'occasion du de création de la série.

Puis en , l'histoire se répète. L'album musical Génération Passe-Partout est certifié disque d'or, une compilation de 17 morceaux tirés de la célèbre série et reprises par des artistes contemporains. .

« Ce pur enchantement pour une génération d'enfants »

La série Passe-Partout, , s'appuyait sur des valeurs éternelles : . Steve Proulx, auteur de L'Opération Passe-Partout., sorti en 2007, s'intéresse ainsi aux auteurs de la série culte et il souligne particulièrement le témoignage de Laurent Lachance, . Proulx révèle aussi que … Que cette .

Structure de l'épisode Chaque épisode de la série est divisé en trois volets: les marionnettes, les fantaisistes et l'entrevue avec les enfants.

Les marionnettes

L'objectif premier de Passe-Partout est d'inculquer aux enfants la confiance en soi et, pour y parvenir, on recrée un milieu de vie qui leur est familier. Or les marionnettes permettent de réaliser des mises en situation avec les parents, les amis, les voisins, d'établir une distanciation entre les enfants et les personnages, et donnent à ceux-ci la possibilité d'aller plus loin dans l'expression des émotions.

Les fantaisistes

Les fantaisistes complètent l'imaginaire des marionnettes en interprétant des exercices de motricité et des situations physiques. La présence humaine apporte une chaleur, qui est essentielle au module de confiance qui survient généralement en fin d'émission. Les principaux fantaisistes sont Passe-Carreau, Passe-Partout et Passe-Montagne.

L’entrevue avec les enfants

L'entrevue avec les enfants est la « marque » de la série. Ce volet livre un message clair aux enfants en les invitant à passer à l'action, à sortir de l'émission, à s'intéresser à quelque chose de réel, bref à se dire: « Moi aussi, j'suis capable! ».

L'Équipe de Passe-Partout Comédiens vignette|202x202px|Passe-Partout, Grand-Mère et Passe-Carreau.

(1977-1979) Marie Eykel : Passe-Partout Jacques L'Heureux : Passe-Montagne Claire Pimparé : Passe-Carreau Pierre Dufresne : Fardoche Kim Yaroshevskaya : Grand-Mère André Cartier : André Jocelyne Goyette : Julie

Reine France : Lucille Jacques Thériault : Tancrède J. Léo Gagnon : Ti-Toine Serge Turgeon : Le pharmacien Septimiu Sever : Johnny maître cordonnier Edgar Fruitier : le vétérinaire Marc Legault : le pompier et ami de Julie

à (1983 à 1992) Marie Eykel : Passe-Partout Jacques L'Heureux : Passe-Montagne Sylvie Gosselin : Tourmaline (2e et 4e génération; 1984; 1991-1992) Claire Pimparé : Passe-Carreau (2e génération; jusqu'à 1984) Pierre Dufresne : Fardoche (2e génération; jusqu'à 1984) Jani Pascal : Bubu (2e génération; 1983-1984) Linda Sorgini : Lourloupette (3e génération; 1987-1988) Sylvie Potvin : Chari-Vari (3e génération 1987-1988) Daniel Dõ : Passe-Midi (3e et 4e générations; 1988-1992) Joujou Turenne : Passe-Tourelle (3e et 4e générations; 1988-1992) Denis Mercier : Tourbillon (le père de Tourmaline) (4e génération; 1991-1992) Mariline Trahan : Oran (3e et 4e génération; 1987-1992) Marcelle Hudon : Outan (3e et 4e génération; 1987-1992)

(2019-2024) : Passe-Partout : Passe-Montagne : Passe-Carreau Widemir Normil : Fardoche Danielle Proulx : Grand-Mère Chadi Alhelou : Tancrède

Élodie Grenier, née en 1991 et originaire de Boisbriand, sur la rive nord de Montréal. Elle a étudié au Conservatoire d’art dramatique de Québec. Depuis 2018, elle personnifie Passe-Partout autant à la télé qu’au théâtre et même avec l’Orchestre Métropolitain pour le spectacle Passe-Partout Symphonique.

Selon 7 Jours, le magazine d’actualité artistique et culturelle, on pourra voir la comédienne dans la prochaine saison d’Alertes, à TVA. Elle y jouera le rôle de Catherine Vézina.

Jean-François C. Pronovost, acteur et animateur québécois. Diplômé de l’École Nationale de théâtre du Canada en 2012, il enchaine depuis de nombreux rôles percutants. Au petit écran, c’est en 2013 qu’il a fait sa première apparition sur les ondes de Télé-Québec dans l'émission Tactik.

Lors de la dernière interview accordée en au Journal de Montréal, Jean-François C. Pronovost a déclaré qu'il était un fan fini de l'émission « Bouledogue Bazar ».

Gabrielle Fontaine, née le , est une actrice québécoise. À l’âge de 15 ans, elle obtient son premier contrat à la télévision, dans la télésérie jeunesse Tactik. Elle est la fille de Martin Fontaine, célèbre imitateur d'Elvis Presley.

Selon les informations publiées dans le Journal de Montréal en , Gabrielle Fontaine a annoncé son mariage avec son amoureux, Jonathan.

Marionnettes

Ève Gagnier : voix de Cannelle Mirielle Lachance : voix de Pruneau Robert Maltais : voix de Perlin Louise Rémy : voix de Perline Jean-Claude Robillard : voix de Grand-Papa Bi Paul Berval : voix d'Alakazou Élizabeth Chouvalidzé : voix de Rigodon Michèle Deslauriers : voix de Ti-Brin, de Zig Zag et de Bijou Jacques Brouillet : voix de Virgule Gaétan Gladu : voix de pantins à 5 sens (Porte-Mains, Porte-Nez, Porte-Bouche, Porte-Oreilles, Porte-Yeux), variés. Normand Gélinas : voix de Guillemet Jocelyne Goyette : voix de Mélodie Marthe Choquette : voix de Hélène Lasnier : voix de Carmine Nicole Fontaine : voix de Doualé Yolande Michaud : voix de Porte-Plume Pierre Dufault : voix d'annonceur Louise Matteau : voix d'Alakazique Ronald France : voix de Pierre Régimbald : créateur des marionnettes et manipulateur Nicole Lapointe : créatrice des marionnettes et manipulatrice

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